David Suzuki : Le gaspillage alimentaire est un crime contre la planète (Infographie)

Une phrase circulant sur internet disait qu’il est étrange que tant de personnes cherchent à maigrir alors que certains ne désirent qu’une seule chose: avoir quelque chose à manger… À l’heure actuelle, encore trop de gaspillage chaque jour, des tonnes de nourriture qui pourraient encore être consommées finissent au fond d’une poubelle ou dans une décharge, à croire que dans cette société dans laquelle la nourriture se veut toujours plus accessible, nous avons oublié à quel point celle-ci peut être précieuse et difficile d’accès. Enlevez le supermarché, le commerce de proximité, le point d’accès facile, comment allez-vous faire? Vous allez chasser? Faire pousser et attendre plusieurs semaines que le repas pousse, s’il veut bien pousser…

N’oublions pas le véritable prix de la nourriture, sa valeur est bien plus grande que ce qui est indiqué sur une simple étiquette, les dates ne sont qu’une indication, les restes se cuisinent, ne jetons plus et sachons consommer plus intelligemment.

gaspillageDavid Suzuki : Le gaspillage alimentaire est un crime contre la planète

À l’approche de Thanksgiving, la fameuse fête nord-américaine célébrant « les grâces » de l’année en cours, l’environnementaliste David Suzuki se penche sur la question du gaspillage alimentaire qui gangrène la société américaine dans des proportions inimaginables : ce gaspillage représenterait près de 150 milliards d’euros par an aux USA.

Thanksgiving est probablement la fête la plus attendue aux États-Unis avec Noël. Historiquement, il s’agissait de célébrer les bonnes récoltes de l’année par un remerciement collectif. Aujourd’hui, la fête est une occasion de se réunir en famille et entre amis, de partager un repas traditionnel ou de faire de bonnes actions. Mais cette période représente aussi une débauche de consommation multipliée par le Black Friday (vendredi noir des soldes) qui intervient le lendemain de Thanksgiving. Cette fête est dès lors la plus importante en terme de consommation aux États-Unis après Noël. À son approche, le Dr. David Suzuki, mondialement connu pour ses combats pour l’environnement, s’est exprimé sur le gaspillage alimentaire colossal qui se produit durant les fêtes. Nous avons traduit sa tribune libre publiée sur ecowatch.com.

Dr. David Suzuki : Thanksgiving est un évènement pour se réunir entre amis et en famille afin d’apprécier les bienfaits de la récolte d’automne. Manger représente une dimension personnelle et sociale importante de notre vie et les préférences alimentaires de chacun peuvent même créer de vifs débats durant le dîner.

En Amérique du Nord, nous (militants) avons tendance à nous concentrer sur la façon dont la nourriture est cultivée et récoltée. Les consommateurs font face à une myriade d’étiquettes lorsqu’ils déambulent dans les magasins pour les fêtes de Thanksgiving : bio, élevage en plein air, MSC (pèche durable), le commerce équitable, sans-OGM, végétarien et produits locaux, notamment. Et pourtant, du point de vue de la durabilité, la question la plus importante est absente des étiquettes : Est-ce que cette nourriture sera mangée ou va-t-elle contribuer au problème du gaspillage alimentaire mondial ?

On entend beaucoup de choses concernant les déchets alimentaires ces derniers temps. Chaque année, une part stupéfiante d’un tiers des 1,3 milliard de tonnes de nourriture produite dans le monde est gaspillé après production : 45 % des fruits et légumes, 35 % des poissons et fruits de mer, 30 % des céréales, 20 % des produits laitiers et 20 % de la viande. Ces déchets alimentaires finissent dans les décharges, augmentent les émissions de méthane et contribuent de manière significative au changement climatique. Une étude récente a révélé que les américains gaspillent près de 200 milliards de dollars sur les aliments non consommés contre 31 milliards pour les canadiens.

Ces chiffres ne représentent pourtant que 29 % du coût total du gaspillage. Ils ne comprennent pas les facteurs annexes tels que la main-d’œuvre, l’utilisation de carburants pour transporter les marchandises vers les marchés mondiaux, les pertes liées à de mauvais choix dans les aliments utilisés pour produire de la viande et du poisson, et la nourriture non-récoltée. Alors que les méthodologies d’étude et de comptabilité s’améliorent, on est en mesure de dévoiler un gaspillage encore plus élevé. Dans de nombreux pays, des dizaines d’études avec des méthodologies différentes confirment non seulement la réalité du gaspillage alimentaire, mais suggèrent des chiffres encore plus élevés et en nette hausse. Au Canada, les coûts de ce gaspillage sont passés de 27 milliards à 31 milliards de dollars entre 2010 et 2014.

Dans un monde où une personne sur neuf souffre de la faim, dont beaucoup d’enfants, cela est inadmissible. Selon le Programme Alimentaire Mondial (WFP), la malnutrition tue 3,1 millions d’enfants de moins de cinq ans chaque année. Dans le monde, cette malnutrition cause près de la moitié des décès d’enfants dans cette tranche d’âge. S’il est vraiment question de nourrir le monde, la distribution et la gestion des déchets semble être un plus grand problème que le nombre d’humains. Et pourtant, nous continuons à détruire de plus en plus de forêts, à drainer les zones humides et à vider les océans de leurs poissons pour répondre aux besoins d’une population mondiale croissante.

Et ce n’est pas qu’une question de faim. Les pertes économiques monumentales du gaspillage alimentaire représentent une manne d’argent qui pourrait être utilisée pour financer des programmes sociaux et environnementaux indispensables. Cet argent gaspillé pour l’Amérique du Nord pourrait couvrir le budget fédéral du Canada. Le gaspillage alimentaire des foyers de Vancouver (district régional) représente une facture annuelle de 700 dollars par an.

Article en intégralité+vidéo sur Mrmondialisation.org

Quand à la France, pays dans lequel je vis, le gaspillage y est également une pratique encore trop répondue. Le site Helping.fr a créé une infographie sur le sujet en prévision de la journée du 16 Octobre,  le « Journée de l’alimentation ».

Le Gaspillage Alimentaire en FranceSi réellement vous ne voulez plus de certains aliments, n’oubliez pas que certains en ont besoin, et que donner fait toujours plus de bien qu’autre chose…

2 commentaires

  • De plus à cause de leur politique de ne pas stocker de réserve d’aliment pour ne pas faire chuter les prix, chaque année on arrive bien trop tôt, à se qu’on appelle le « jour de dépassement » on tourne au alentours des 8 mois chaque années, donc en aout, on a épuisé toutes les ressources écologiques de la planète.

    – En moins de huit mois, l’Homme a épuisé son budget annuel des ressources naturelles

    « Ce jeudi 13 août, la planète aura consommé la totalité des ressources qu’elle est mesure de renouveler en un an. Selon l’ONG Global Footprint Network, ce « jour du dépassement » arrive quatre jours plus tôt que l’an dernier. »

    http://tinyurl.com/nnhghav

    Orné

  • GROS

    Quant à la France