Paris: un papy trainé hors de sa voiture prête à être embarquée par la fourrière

Les policiers à l’heure actuelle servent qui exactement? Le citoyen ou le pouvoir? Leur rôle est-il d’assurer la sécurité du territoire ou des citoyens? Ou sont-ils là pour permettre le fonctionnement de la « cash-machine »? C’est exactement la question que l’on pourrait se poser à l’heure actuelle avec une telle scène, alors qu’un papi refuse que sa voiture soit enlevée par la fourrière de la ville, et qu’il fini trainé de force hors du véhicule et arrêté de manière musclée. Et ce n’est là qu’un problème parmi tant d’autres qui sont abordés plus bas…

illustration-Fourrière

Ambiance surchauffée, scène musclée et déjà vue… cet après midi, rue des Batignolles (XVIIe). Un sexagénaire a refusé de descendre de sa voiture alors que le camion de la fourrière avait commencé à l’embarquer. Au final, après une heure de vaines négociations, les policiers, appelés à la rescousse par les ASP (agents de surveillance de Paris) de la Préfecture de Police, ont dû sortir le rebelle de son véhicule manu militari, sous les huées du public.

« Le papi s’était garé sur un bateau, en face d’une porte cochère, précise Paul Arnaud, jeune photographe et témoin. Le petit vieux s’est précipité sur sa voiture, a sauté dedans et a tenté de la démarrer ! Les roues arrières étaient déjà accrochées au véhicule de la fourrière. Et l’une d’elle s’est décrochée dans la manœuvre, raconte Paul ».

« C’était ambiance ! poursuit le jeune photographe. Il y avait du monde partout ! Une bonne vingtaine de policiers — à vélo, à pieds, en voiture, en gilet pare-balles — et bien une quarantaine de badauds, riverains, passants, beaucoup immortalisant la scène avec leur smartphone, invectivant les policiers : « Bravo les gars, à 20 contre un papi ! ».

A terre, l’automobiliste récalcitrant aurait fait un léger malaise. « Les policiers lui ont passé de l’eau sur le visage, puis hop ! Dans la voiture de police, direction le commissariat pendant que le fouriériste embarquait finalement le véhicule ! ».

A la préfecture de police, qui avait dû gérer un incident du même acabit le 15 mai dernier rue Saint-Charles, on indique que faire obstacle à un enlèvement, à partir du moment où les deux roues sont hors sol, est passible de 3 mois d’emprisonnement, 3 750€ d’amende, 6 points de retrait au permis et suspension du permis de conduire.

Source: Le parisien

Le véritable problème n’est d’ailleurs pas le fait que ce papi se fasse arrêter même si ce geste peut-paraître contestable pour beaucoup, mais le fait que la police puisse collaborer avec un « système » qui n’est même pas contestable, cela va bien au delà… C’est le travail de la fourrière lui-même qui ne devrait pas avoir lieu car les abus sont très fréquents sans que rien ne soit réellement fait pour endiguer le problème.

Premier point, depuis le 1er Janvier 2015, le coût de la prise en charge des véhicules a explosé, +20% pour l’enlèvement du véhicule, et jusqu’à 200% d’augmentation pour les « frais de garde » en fourrière, mais pour les véhicules des français lambda, pour les véhicules saisis par la police lors d’une enquête, là, il n’y a plus de place en fourrière, surtout que cela ne rapporte rien au final, ou si peu…

Autre point, et pas des moindres, la légalité parfois très relative de l’enlèvement des véhicules:

Les véhicules de la fourrière arpentent nuit et jour les boulevards des grandes agglomérations. La consigne est donnée aux chauffeurs : sus à l’automobiliste mal stationné ! Un mal nécessaire ? Sûrement. Des pratiques toujours licites ? Rien n’est moins sûr.

Rapides et maniables, ce sont principalement des petits 4×4 qui veillent au grain dans les centres urbains. Equipés d’un panier de levage articulé, ils soulèvent avec une déconcertante facilité n’importe quel véhicule mal garé. Grâce à leur gabarit compact, ils évoluent au mieux dans la circulation et, détail d’importance, s’engouffrent sans peine dans les parkings étroits ou souterrains des préfourrières. Rien ne vaut l’efficacité de telles “abeilles”.

Des privés au service de l’Etat
Les préfets confient ce marché à des sociétés privées, sur le principe de la délégation de service public. Un très bon moyen pour l’Etat de se décharger des problèmes de fonctionnement du système, et un très très bon moyen d’aiguiser la hargne du fourriériste, qui se rémunère sur le nombre de véhicules enlevés. Rien de répréhensible a priori sachant que sont ici sanctionnées des infractions au code de la route. Pour autant est-ce une raison suffisante pour confondre juge de paix et chasseur de primes ? Car l’affaire prend des tours et des détours forts différents selon que vous habitez Marseille, Lyon ou Champigny- sur-Marne (94). Bon an mal an, on dénombre environ 700 mises en fourrière par jour à Paris (2,2 millions d’habitants) contre 70 seulement pour le département du Val-de-Marne (1,3 million d’habitants). Notez par ailleurs que le montant à payer pour récupérer son auto s’avère plus élevé dans les villes de plus de 400 000 habitants. D’autre part, si l’on admet que code de la route et code pénal oeuvrent pour le bien de tous, les fourrières auraient elles-mêmes à craindre le glaive de la justice…

On s’arrange avec les règles ?
Avec cette enquête vous allez découvrir les failles juridiques d’un système qui tourne à plein régime. A Paris, les PV d’enlèvements tombent parfois au rythme d’une voiture enlevée toutes les deux minutes. Or, la simple lecture des textes de loi éclaire sur l’illégalité d’une bonne part de ces mises en fourrière quotidiennes. Pourtant, en haut lieu, on évite d’y regarder de trop près, alors même que forces de l’ordre, dépanneurs, gardiens de fourrière savent tous pertinemment que les règles sont bafouées. Et pour cause, tous connaissent les limites techniques et légales d’une si secrète “carte blanche”. Explications.

Une loi très évasive
Dès que l’on se penche sur les textes réglementaires, divers problèmes surgissent. Flou juridique, contradictions, contraintes opérationnelles… Dans certains cas, la procédure d’enlèvement devient aussitôt particulièrement contestable.

1. D’office, un métier au cadre flou
Toute opération de remorquage est régie par l’arrêté du 30 septembre 1975. Ce texte, pas tout jeune, fixe avant tout le cadre réglementaire de la profession de dépanneur. Il y est fait état du mode opératoire d’un dépannage dit “relatif à l’évacuation des véhicules en panne ou accidentés”. Et la fourrière, on en parle où ? Le problème : cet arrêté de 1975 ne reconnaît en fait absolument pas l’évacuation d’un véhicule mal garé ! Une mise en fourrière n’a en effet rien à voir avec une panne ou un accident de la route. Au passage, si un incident majeur survenait lors de ces opérations d’enlèvement, n’importe quelle juridiction ne manquerait pas de souligner cette étrange attribution de compétences… Mais, au fil du temps, l’usage a voulu que soit acceptée cette dérive juridique. Les professions de dépanneur et de fourriériste ont été considérées comme ne faisant qu’une. Dès lors, c’est bien l’arrêté de 1975 qu’il faut appliquer. Appliquons-le et passons au point n° 2.

2. Des restrictions catégorielles
L’article 7 de ce fameux arrêté de 1975 précise que “tout véhicule de remorquage […] doit être pourvu d’une autorisation du préfet de mise en circulation délivrée sous la forme d’une carte blanche barrée de bleu” (voir ci-dessous). Cet indispensable sésame s’obtient après en avoir fait la demande auprès des Dreal * (Driee ** en Ile-de-France). Cette carte fait état de diverses mentions administratives (propriétaire, immatriculation, poids…) et permet de répertorier les dépanneuses en quatre catégories : A, B, C, E. Chaque catégorie s’y voit signifier ses limites (poids maxi à tracter, rayon d’action) en termes de remorquage. En cas de souci de conformité, les services gouvernementaux doivent, en principe, s’opposer à la délivrance de la carte blanche. Dans les faits, et puisque leurs responsables sont nécessairement au courant des choses, on autorise ouvertement les dirigeants de fourrière à utiliser des véhicules non adaptés à la situation. La preuve avec les points 3 et 4.

3. Pas plus de 1 800 kg en remorque
Les “dépanneuses” de la fourrière qui nous préoccupent aujourd’hui relèvent de la catégorie A : cellequi distingue ces agiles petits 4×4 des plus grands camions plateaux (catégorie B ou C). Le Toyota Land Cruiser ou le Land Rover Defender visibles sur les photos ci-contre sont deux modèles représentatifs de cette catégorie, et les plus utilisés. Le problème : une catégorie A n’a pas le droit de remorquer un véhicule d’un poids total autorisé en charge (PTAC) supérieur à 1 800 kg ! L’article 6 de l’arrêté de 1975 se révèle très explicite sur les possibilités des catégories A : “véhicule permettant de remorquer un autre véhicule d’un poids total autorisé en charge inférieur ou égal à 1 800 kg”. Léger souci, la plupart des autos actuelles dépassent allègrement ce PTAC. Cela freine-t-il les fourrières ? Voyez ci-contre…
Autre injonction de la loi : interdiction de dépasser 60 km/h durant le remorquage. Course au rendement oblige, nous avons constaté que cette limite n’était guère respectée et ne l’avons jamais vue sanctionnée.

4. Parfois limité à 500 m et 25 km/h
En fonction de sa date de mise en circulation et de son équipement, une petite dépanneuse de catégorie A peut aussi intégrer la catégorie E et devient alors A-E. Cela concerne “les véhicules spécialisés dans les opérations de dégagement rapide des chaussées” qui leur impose d’être équipés “d’un ou plusieurs dispositifs [engin de levage, chariot, dolly]”. Les dolly en question sont justement les chariots à roulettes dont se servent les fourriéristes pour soulever, déplacer et tracter les autos en infraction. Le problème : la catégorie E n’est pas autorisée à remorquer un véhicule avec roulettes sur plus de 500 m ! Elle n’est censée que le rapprocher d’un camion plateau, qui trop gros, n’aura pu intervenir, dans une rue étroite par exemple.
Et 500 m c’est peu… Durant notre enquête, nous avons maintes fois suivi de tels équipages sur plusieurs kilomètres ! De plus, en configuration E, la loi impose un maxi de 25 km/h. Là encore, on roule bien au-dessus…

5. Des interprétations “pratiques
Interrogés par nos soins, les plus avertis du monde du dépannage s’offusquent parfois de toutes ces contradictions juridiques. Pour se dire “en règle”, certains se retranchent derrière les possibilités de conduite offertes avec un permis BE (remorque de plus de 750 kg) ou C (poids lourds) et les règles communes du remorquage. C’est oublier un peu vite que, dans ce cas, la prétendue remorque (en l’occurrence une voiture mal garée) devrait posséder un système de freinage indépendant. Condition à laquelle elle ne peut aucunement répondre. D’autres, empêtrés dans les textes, concluent (à tort) qu’une dépanneuse de fourrière tractant un véhicule est aussitôt à considérer comme un ensemble à trois essieux, et donc légal… Un micmac dû à l’absence de textes officiels clairs qui laisse le champ libre à toutes les interprétations.

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Auto Plus N° 1357 – 05.09.2014
Par Eric Boulière

Source: Maitredufour.com

Le mieux est donc de suivre ces quelques conseils simples pouvant toujours être utiles. Et au pire, si vous avez quelques minutes devant vous avant que la dépanneuse n’arrive et que vous vous retrouvez coincé avec un sabot, tentez une petite astuce qui vaut ce qu’elle vaut:

Wheel Lock is Not a Problem for This Guy (5 pics)

Wheel Lock is Not a Problem for This Guy (5 pics)
Wheel Lock is Not a Problem for This Guy (5 pics)
Wheel Lock is Not a Problem for This Guy (5 pics)
Wheel Lock is Not a Problem for This Guy (5 pics)

Trouvé sur Acidcow

8 commentaires

  • Dubitatif

    Dans mon quartier, tous les soirs, entre 16 et 18hoo le ballet débute:
    je vois d’abord arriver la voiture contenant les personnes qui vont mettre les P.V. qui se gare n’importe où…
    suivie de près (tenez-vous bien) par 10 (dix) voitures de
    la fourrières l’une derrière l’autre….

    elles se garent n’importe où, et attendent que les 1er aient
    mis leur P.V. ensuite, les seconds à une vitesse fulgurante
    (à croire qu’ils s’exercent pour la rapidité d’exécution) ils font la manœuvre….

    NOUVEAU… d’ailleurs, le PV papier posé sur la vitre n’existe plus…. vous recevez la contravention surprise chez vous

    Perso j’ai pas le permis donc pas de voiture (vaut mieux pour vos abatis) mais je suis
    énervée de voir SUR LES TROTTOIRS le nombre grandissant des motos de toutes tailles garées n’importe comment qui gênent les piétons. Eux, la fourrière leur fout la paix….

    Un jour un mec sur sa moto roule derrière moi alors que je marchais … ben là où je dois marcher… soit sur le trottoir. Le mec faisait vrombir son moteur mais comme je
    bougeais pas, il me klaxonna. Alors je me suis retournée pour lui dire: « Désolé Mec j’ai pas de tapis volant ! Le trottoir c’est pour mes petons, et là (en lui indiquant la chaussée), c’est pour tes roues. et le mec à suivi la direction de mon doigt.

    je suis contre « les villes sans voitures » car expliquez moi
    comment les livreurs de denrées et autres marchandises feront ?
    Par contre je SUIS CONTRE LES CARS DE TOURISTES. Des milliers à Paris. Au lieu de les laisser aux portes de la ville et que les touristes utilisent les transports en commun. D’ailleurs la ville est si petite, qu’elle peut se
    visiter à pied.

    • N’importe quoi ! Les cars amènent des enfants, des personnes âgées, des personnes qui n’entravent pas une pète de la langue du pays. Visiter la ville en autocar va leur prendre 3 à 4 fois moins de temps qu’en transport en commun. Ils sont un transport en commun, c’est quand même mieux que 25 voitures, non ? Bon, dans le cas de ta ville, un parking obligatoire peut être, mais pour les grandes villes, c’est irréaliste.

  • Trollzilla Trollzilla

    Pour la fourrière urbaine je ne sais pas, mais pour les dépanneurs il existe ce que l’on appelle en préfecture « la carte blanche » qui permet aux camions de remorquage aucune restriction de circulation ni de chronotachygraphe.

    Ce sont les mairies qui mettent en place les demandes de fourrières auprès des remorqueurs.

    Pour avoir travaillé dans ce secteur pendant 17 ans je peux vous assurer que la demande « d’enveloppes » de la part des « forces de l’ordre » et de leurs « représentants » aux sociétés de remorquage définit qui aura « le marché » au jour d’aujourd’hui ; en secteur rural avec une moyenne de 650 sorties à l’année (la fourrière proprement dite ne représentant pas plus de 4% de l’activité à l’époque…) nous avions perdu plus de 90% des interventions pour la gendarmerie par refus de ce système…

    Dire que nos garants sécuritaires ont institutionnalisé ce racket n’est pas qu’une vue de l’esprit, cette mode est « apparue » lorsque le Charklozy a fait recruter à tours de bras tout les incompétents du privé dans le secteur de la police et de la gendarmerie, maintenant ça se ressent à tout les niveaux…
    La « vocation » de ces voyous c’est le racket (EDIT: des intervenants extérieurs à la fonction publique pour avoir le DROIT DE TRAVAILLER !!!) et la violence gratuite, dommage pour ceux qui sortent de l’ancien moule
    http://www.liberation.fr/societe/2007/07/14/un-gendarme-depressif-abat-un-grade-ses-enfants-et-se-tue_98225

    Des fois je me dis que le Chleu est plus arverne que nous autres (petit avant goût de ce qui nous pend au nez)
    http://www.mondialisme.org/spip.php?article1166

  • Hector

    C’est moche la fourrière, mais en même temps, si tu ne te gares pas n’importe ou n’importe comment, tu ne risques rien…

    On peut aussi penser au type qui veut sortir de la porte cochère et qui ne peut pas et doit poireauter un quart d’heure à cause d’un vieux con qui se croit tout permis…

    Et pour le type qui change sa roue et qui est visiblement stationné à l’entrée d’une rue piétonne, c’est super pratique pour les pompiers si il y à une bagarre et que quelqu’un prend un coup de couteau, ou si quelqu’un fait une crise cardiaque…

    Alors du racket, peut-être, mais du racket qui ne touche que ceux qui cherchent la merde… Et étrangement, je n’arrive pas à éprouver de compassion pour eux.

    Allez, dans le même genre, quand on joue au con, des fois, on gagne :

  • Filux

    C’est typiquement à ce genre de réaction qu’on reconnait un site d’extrême droite !

    On pleurniche sous prétexte qu’il y’aurait soit disant pas assez de flics mais dès que l’un d’eux viens vous passer les pinces, tout simplement PARCE QUE VOUS NE RESPECTEZ PAS LA LOI, parce que vous refusez de payer vos impôts ou parce que vous êtes vieux et que vous pensez que votre age vous autorise à faire n’importe quoi, … c’est pas content !