Officiel: La crise de liquidité, une bombe à retardement

Durant longtemps, ce sont les médias alternatifs principalement qui ont relayé ce genre d’informations, c’est maintenant officiel, et a été relayé par le site les échos. Un krash est inévitable, et celui-ci va être de très grande ampleur, ce n’est qu’une question de temps, nous le savons depuis longtemps maintenant, reste à savoir quand! Cela se compte en jours? En mois? Peu de chance que cela soit en années, ou seulement quelques uns, mais cela arrivera. Quand à la prévision elle-même, elle nous vient d’une pointure de l’économie qu’il est difficile de mettre en doute: Nouriel Roubini, pour ceux qui connaissent…

geluck_krach

NEW YORK – Depuis la crise financière mondiale de 2008, un paradoxe se dessine sur les marchés financiers des économies développées. En effet, la mise en œuvre de politiques monétaires non conventionnelles a généré un important excédent de liquidité. D’un autre côté, une série de chocs récents semble indiquer que la liquidité macroéconomique serait devenue associée à une grave illiquidité du marché.

Les taux d’intérêt directeurs se situent aux alentours de zéro (et parfois en-dessous) dans la plupart des économies développées, tandis que la base monétaire (c’est-à-dire l’argent émis par les banques centrales sous forme d’espèces et de réserves liquides des banques commerciales) a littéralement explosé – doublant, triplant, voire quadruplant aux États-Unis, par rapport à la période d’avant-crise. Ceci a permis de maintenir les taux d’intérêt de court et long terme à un faible niveau (voire à un niveau négatif dans certains cas, comme en Europe et au Japon), de réduire la volatilité des marchés obligataires, ainsi que d’élever le prix de nombreux actifs (parmi lesquels les actions, l’immobilier, ainsi que les obligations à revenu fixe des secteurs privé et public).

Et pourtant, les investisseurs ont des raisons d’être inquiets. Leurs craintes ont débuté au moment du « flash crash » de mai 2010, qui a vu en seulement une demi-heure les principaux indices boursiers américains chuter de presque 10 %, avant de se rétablir rapidement. Est ensuite intervenue la politique du « tapering » au printemps 2013, qui a vu les taux d’intérêt américains à long terme grimper de 100 points de base, après que le président de la Fed, à l’époque Ben Bernanke, ait laissé entendre que la Fed allait cesser ses achats mensuels de titres à long terme.

De même, en octobre 2014, les rendements du Trésor américain ont chuté d’environ 40 points de base en seulement quelques minutes, dans le cadre de ce que les statisticiens considèrent comme ne pouvant se produire qu’une fois tous les trois milliards d’années. Le dernier épisode a eu lieu tout juste le mois dernier, lorsqu’en l’espace de quelques jours les rendements des obligations allemandes à dix ans sont passés de cinq points de base à presque 80.

Ces différents événements ont fait naître la crainte selon laquelle même les marchés les plus ancrés et les plus liquides – de type actions américaines, ou encore obligations gouvernementales aux États-Unis et en Allemagne – pourraient en fin de compte ne pas l’être suffisamment. Ainsi, comment expliquer cette combinaison de liquidité macroéconomique et d’illiquidité des marchés ?

Pour commencer, sur les marchés des actions, les traders haute fréquence (THF), qui utilisent des programmes informatiques algorithmiques afin de suivre les tendances du marché, représentent une part majeure des transactions. Ceci crée naturellement un comportement de troupeau. En effet, le trading effectué aujourd’hui aux États-Unis se concentre principalement sur l’ouverture et la dernière heure du jour de bourse, moments auxquels les THF sont les plus actifs ; pendant le reste de la journée, les marchés présentent une illiquidité, avec peu de transactions réalisées.

Une deuxième explication réside en ce que les actifs à revenu fixe – de type obligations gouvernementales, d’entreprise, et obligations des marchés émergents – ne se négocient pas sur des bourses plus liquides, comme c’est le cas pour les actions. Au lieu de cela, elles sont pour la plupart négociées hors cote sur des marchés illiquides.

Troisièmement, non seulement les revenus fixes présentent-il davantage d’illiquidité, mais la plupart de ces instruments – qui ont considérablement augmenté en nombre, en raison de l’émission proliférante de dettes publiques et privées, antérieurement et postérieurement à la crise financière – sont aujourd’hui détenus dans le cadre de fonds communs de placement dont les investisseurs sont autorisés à s’extraire du jour au lendemain. Imaginez une situation dans laquelle une banque investirait dans des actifs illiquides, tout en permettant à ses déposants de récupérer leurs espèces du jour au lendemain : en cas de ruée sur ces fonds, la nécessité de vendre les actifs illiquides pourrait très rapidement faire diminuer leur prix, dans le cadre de ce qui s’apparenterait à une véritable vente au rabais.

Quatrièmement, antérieurement à la crise de 2008, les banques étaient teneurs de marché s’agissant des instruments à revenus fixes. Elles détenaient un important stock de ces actifs, fournissant ainsi une liquidité et atténuant les excès de volatilité des prix. Or, les nouvelles réglementations étant venues sanctionner de telles transactions (au moyen de charges de capital plus élevées), les banques et autres institutions financières ont réduit leur activité de tenue de marché. C’est pourquoi lorsqu’un épisode inattendu vient modifier les prix et rendements des obligations, les banques ne sont plus là pour agir en tant que stabilisatrices.

En somme, bien que la liquidité macroéconomique créée par les banques centrales permette de maintenir les rendements obligataires à un faible niveau tout en réduisant la volatilité, elle génère également un phénomène de similarité des transactions (selon un comportement de troupeau autour des tendances de marché, exacerbé par les THF) ainsi que davantage d’investissements dans des fonds obligataires illiquides, tandis que le resserrement des réglementations dissuade toute présence des teneurs de marché.

C’est ainsi que lorsque surviennent des situations inattendues – par exemple lorsque la Fed annonce la fin anticipée des taux d’intérêt zéro, lorsque les prix du pétrole explosent, ou que la croissance de la zone euro amorce une reprise – la nouvelle notation des actions, et particulièrement des obligations, peut se révéler abrupte et dramatique : chacun se retrouvant coincé avec les mêmes transactions, il s’agit de s’en extraire rapidement. Ce comportement d’imitation prend alors une direction inverse. Seulement voilà, de nombreux investissements s’inscrivant dans le cadre de fonds illiquides, et face à l’absence des teneurs de marché qui habituellement atténuent la volatilité, les vendeurs n’ont d’autre choix que de concéder des rabais.

Cette coexistence de liquidité macro-liquidité et d’illiquidité des marchés constitue une véritable bombe à retardement. Jusqu’à présent, elle n’a abouti qu’à une volatilité de krachs éclair et autres changements soudains affectant les rendements obligataires et les prix des actions. Or, au fil du temps, plus les banques centrales persisteront à créer de la liquidité afin d’éliminer la volatilité à court terme, et plus elles alimenteront une bulle des prix des actions, des obligations, et des autres marchés d’actifs. Tandis que les investisseurs seront de plus en plus nombreux à se ruer sur des actifs surévalués et à l’illiquidité croissante – de type obligations – le risque de krach à long terme augmentera lui aussi.

Les réponses politiques apportées à la crise financière produisent un résultat paradoxal. Tandis que la liquidité macroéconomique alimente les booms et les bulles, l’illiquidité des marchés est en fin de compte vouée à provoquer éclatements et effondrements.

Traduit de l’anglais par Martin Morel

Source: Project-syndicate.org

 

18 commentaires

  • Thibault Erikson Thibault Erikson

    On connaît la chanson , je ne lis même plus ce genre d’infos

    H.S mais à voir

    Walter C. Vetsch : Les Jouets des Dieux

    https://

    http://www.youtube.com/watch?v=4dMr9xVao2I&list=PLD6BGEx8nHFNDyOwIZu5_MOb0dX4ZSRjM&index=1

    http://stopmensonges.com/decouvrez-les-jouets-des-dieux-en-une-serie-de-videos/

    PAS DE HTTPS:// POUR YOUTUBE

    • Cordule22

      Ah, tu ne lis même plus ce genre d’infos…? Tu dois avoir la science infuse alors…

      Thibault Erikson, je t’ai vu mettre ce meme commentaire sur 4 articles différents des ME aujourd’hui, et également ici: http://lesbrindherbes.org/2015/06/10/si-il-ny-a-ni-tele-ni-barbecue-a-voir-absolument-les-dieux-oublies/

      J’ai lu les 46 pages de « Jouets des dieux » de Walter C. Vetsch ici: http://3108.info/play/PLAY_FR.pdf
      Au bout de 2 ou 3 pages à peine, on commence à sentir l’entourloupe. Au bout de 40, on se dit vraiment qu’on a perdu notre temps. C’est un énorme ramassis de conneries, dans lequel toutes les affirmations reposent sur des argumentations fallacieuses et non vérifiées. Comme toujours, pour nous faire croire qu’on est dirigé par des reptiliens etc, ils essayent de mélanger quelques vérités avec leurs mensonges, agrémentés de corrélations argumentaires arrangeantes, le tout dans une bonne soupe émotionnelle.
      « Walter C. Vetsch est né en 1947 en Louisiane, aux E-U, avec un don qu’il définit lui-même comme étant le « savoir inné » ». Ben voyons…

      • Thibault Erikson Thibault Erikson

        C’est normal quand on a jamais lu ce genre d’infos . C’est comme avec les charlies si tu leur parle juste à peine d’économie ils t’insultent de parano.

        Si j’avais lu les jouets des dieux des années en arrière j’aurais surement répondu pareil.

        Ben oui je la diffuse sur plusieurs site en com’ , j’en fais la pub.

        Et je lis plus ces articles en entiers car c’est toujours le même contenu depuis des mois , inéluctable.

      • Cordule22

        Que tu en fasses la pub ne me dérange pas, ce qui m’irrite est que tu ne prêches pas une « bonne » vérité, celle qui est prouvée, ou du moins, hypothéquée par des faits.
        Dans son essai, les faits sont totalement inexistants, les indices inventés, et il utilise des raccourcis grossiers pour étayer une opinion gravement « New Age ».

        Ce simple paragraphe illustre, à lui seul, le fouillis global de cet essai (p. 31):
        Point 9. A la fine pointe de la technologie
        « 9.3 La physique
        Tout ce qu’il faut savoir au sujet des sciences physiques est maintenant connu. Il n’y a plus
        aucune «incertitude» au sujet du fonctionnement de la matière. Les livres de physique disponibles
        dans le domaine public mentionnent une panoplie de ces «principes d’incertitude» et de phénomènes
        encore incompréhensibles. On nous induit en erreur délibérément, afin de garder la personne moyenne
        dans l’ignorance. Pour ceux qui sont un peu plus intelligents, la supposée «théorie des cordes » est un conte de fée inventé pour orienter les curieux dans la mauvaise direction. Toute la mécanique de la matière et de l’univers a été résolue, testée et vérifiée. De vrais livres de physique «complets» ont déjà été publiés, mais vous avez besoin d’une autorisation top secret pour mettre la main dessus. »

        Navré, ce n’est pas dans 46 pages que vous trouverez la Vérité.

      • Bonsoir Cordule,http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_bye.gif

        Et MERCI !!! http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_good.gif

        Cela fait du bien de lire que la Vérité n’est pas dans un livre…

        Cela est VRAI ! http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif

        Méfions-nous des individus qui prétendent La détenir en s’appuyant sur le fait qu’Elle soit écrite…

        C’est tout autant vrai que le slogan « Vu à la télé »…http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif

  • robertespierre

    http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/le-rendement-du-bund-a-10-ans-a-plus-de-1-pour-la-premiere-fois-depuis-aout-2014-1058962.php

    Suivez attentivement l’évolution du Bund Allemand 10 ans
    c’est le meilleur révélateur
    Tous ses équivalents suivent

    Il est entrain de dévisser

    OAT OBLIGATIONS

  • Robert

    Je trouve quand même le ton de l’article un peu timoré. Les causes du problème sont très bien expliquées, mais l’auteur n’aborde pas les conséquences que cela entraînerait (i.e. un effondrement comparable à celui de 2008, qui arrive à grands pas).

    Tout va très bien, madame la marquise…http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gif

  • Yanne Hamar

    Est-ce ce qui a causé les démissions à la tête de la banque allemande ?

    • Robert

      Mauvaise gestion, perte de confiance des actionnaires, en plus de certaines histoires louches (manipulation des taux, blanchiment d’argent, etc.) Bref, ils se sont fait montrer la porte dans une tentative pour sauver les meubles.

    • Maverick Maverick

      Sur ZH, j’ai lu que cette démission pourrait être liée à une grosse claque que la Deutsche Bank a pris sur des produits dérivés dans les deux semaines précédentes … L’un des deux démissionnaires était d’ailleurs spécifiquement chargé de mission sur les dérivés, et avait reçu une promotion trois semaines avant son départ ? http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_scratch.gif

  • dereco

    Le comportement en moutons de Panurge, qui prennent peur, et rendent les bourses et finances instables, chaotiques et aussi imprévisibles, que pour les séismes (demain aussi probable que dans des siècles ), n’est pas nouveau, avec des exemples, comme même des prix Nobel en économie piégés pour avoir oublié cette évidence, en croyant à leur théorie idéale de martingale !!
    Planquez tout sous forme de lingots d’or dans la forêt et un sanglier malin les déterrera !!!

  • CoolDude

    Salut à tous…

    Donc:
    Illiquidité ou insolvabilité?
    Un ITEM* est en situation d’illiquidité lorsqu’elle ne peut plus faire face à ses échéances, conséquence d’une durée des emplois supérieure à celle des ressources.

    En gros les banques ont tout et ne veulent rien risquer ou prêter…
    Les entreprises (entre autre) plus rien?
    C’est ca?
    Ou pire???
    Les valeurs des actions ne valent plus rien… Une énorme bulle en fait!
    J’ai rien compris à l’article…
    Ils sont énervants avec leurs vocabulaires.

    Bref, si c’est la cas, on y est presque.
    C’est bien…
    Apprenons de nos erreurs.

    Marx aurait-il raison?
    Enfin, c’était plié d’avance pour moi.
    C’était mathématique!

    On ne laisse pas la monnaie et l’économie qui sont des outils d’intérêt public à des intérêts privés.
    Ils se sont engraissés comme des porcs sur notre dos et c’est finir. Game over???

    Ils sont pétés de tune, mais non, je ne prête pas, pas rentable.
    Allez, j’ai encore une vie pour jouer au Monopoly.

    Pfff… Ce qui veut dire qu’il va falloir apprendre à faire sans et que je ne suis pas prêt de trouver un boulot. C’est moche.
    Chiche un big reset et je te fais un bisous.

    *: J’aime bien ce mot générique item… Désolé.

  • DESPERADOS

    A ce propos :

    https://
    http://www.youtube.com/watch?v=csG23xLEGdc

    PAS DE HTTPS:// POUR YOUTUBE

  • Dubitatif

    bonjour à tous
    l’économie est le fer de lance de toutes les décisions
    prises par les Etats.

    la dette mondiale a quadruplé depuis 2008 à cause de ces magouilleurs/tueurs,

    je pense que c’est pour cette raison
    qu »ILS » veulent nous faire avaler l’idée de l’argent VIRTUEL

    j’ai déjà posté de nombreux billets sur les conséquences
    multiples si cette idée folle passe.

    En attendant… pour ceux qui aiment l’histoire sensée ne
    pas se répéter, toutes les crises économiques débouchent
    sur de grandes guerres.

    Or, le plus endetté ce sont les US d’où son forcing pour
    s’en sortir: nous faire accepter sous la contrainte des lois débiles, folles et dangereuses pour l’Europe, les conflits fabriqués de toutes pièces pour s’en sortir…

    Franchement on est mal, très mal et le pire EST DEVANT NOUS

  • Yanne Hamar

    En fait, tout ce qui est lié à la liquidité nous pousse du même côté : les monnaies alternatives et surtout le troc. Et ça, personne ne pourra l’empêcher. Comme quoi de bonnes choses peuvent arriver grâce à un malheur.

  • Dans la vie, il y a deux catégories de personnes.

    Celles qui ont du cash et un PEC (Plan Epargne Conserves),

    et les autres…

    Me marre d’avance en imaginant le futur Bankrun (Euh, Bankruine ?…)

    Un événement qui se jouera à « guichet fermé »…
    http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gifhttp://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gifhttp://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gif