La Russie dans le viseur de la Conférence de Munich

La conférence de Munich est importante, une des plus importantes de la planète, à tel point que les médias n’en parlent qu’à peine, étrange non? Cette conférence dont nous avons parlé le 4 Février  va se pencher sur le « cas russe », sans garantie que cela soit en toute impartialité…Surtout que dans le thème qui sera abordé, une des questions sera de savoir si la Russie est un pays en faillite. Vous ne voyez pas la grosse arnaque? Les pays qui vont discuter de cela ont en endettement qui oscille entre 80% et bien au delà de 100 du PIB, et ils vont décider si la Russie est en faillite avec ses 15,7% d’endettement du PIB.

Les personnalités politiques qui se réuniront le 6 février à Munich seront invitées à se prononcer sur le rôle de la Russie dans le conflit ukrainien.

La 51e Conférence sur la sécurité, qui débutera vendredi à Munich, portera principalement sur la crise en Ukraine, le rôle de la Russie dans ce conflit, le risque d’une nouvelle guerre en Europe et la lutte contre le terrorisme international.

Qu’est-ce que Moscou entendra cette fois-ci de la part des participants à la conférence? Les organisateurs du forum invitent les délégations à discuter pour savoir ce que représente la Russie actuelle: une grande puissance ou un pays en faillite.

« Russia: bear ou bust » (Russie: ours ou pays en faillite), c’est ainsi que ce thème est formulé dans le principal document de travail. Tout porte à croire que Moscou sera de nouveau confronté à une vague de menaces et d’accusations. Cependant, estiment les experts, l’Occident n’arrivera sûrement pas à avoir la peau de l’ours russe.

La Conférence de Munich figure parmi les forums politiques les plus importants du monde.

Pour les eurosceptiques, elle est l’occasion d’organiser un rassemblement de protestation.

Source: Sputniknews.com

La Russie, à souligner, n’est pas dans le viseur uniquement de la conférence de Munich, le problème est bien plus important, la Russie est dans le viseur des États-Unis qui veulent contrôler la planète, et ils n’acceptent pas qu’une nation leur résiste à ce point.Vous aurez plus d’infos sur le sujet en lisant cet article généreusement traduit par Laurent que je remercie chaleureusement.

Traduit de ©Paul Craig Roberts, 26 janvier 2015 – www.paulcraigroberts.org

L’assaut de Washington contre la Russie est sorti du cadre de l’absurde, pour entrer dans le registre de la folie.

Le nouveau Chef du « US Broadcasting Board of Governors », Andrew Lack, a déclaré que la chaîne d’informations russe RT (anciennement Russia Today http://en.wikipedia.org/wiki/RT_%28TV_network%29), qui diffuse en plusieurs langues, est une organisation terroriste équivalente à Boko Haram et à l’Etat Islamique, pendant que Standard and Poor’s vient de dégrader la notation de la dette Russe en la classant à très haut risque (junk status).

RT International m’a interviewé aujourd’hui, au sujet de cette évolution irrationnelle.

Il y a peu, quand l’Amérique était encore une nation équilibrée, l’attaque de M. Lack l’aurait conduit à quitter l’Institution de contrôle des médias sous les moqueries de ses collègues. Il aurait été contraint de démissionner et de disparaître du domaine public. Dans le monde de faux-semblants actuels, entretenu par la propagande occidentale, la déclaration de M. Lack est prise au sérieux. Une nouvelle menace terroriste vient d’être identifiée – RT. (Même si Boko Haram tout comme l’Etat Islamique font usage de la terreur, elles sont a strictement parler des organisations politiques en quête de domination, pas des organisateurs de la terreur, mais cette distinction serait hors de portée de M. Lack).

Quoi qu’il en soit, je doute qu’il croie lui-même en cette assertion absurde selon laquelle RT serait une organisation terroriste. Alors, quel est son but ?

La réponse est que les médias occidentaux, qui se « presstituent » en devenant les Ministres de la Propagande pour Washington, ont laissé beaucoup d’espace pour la Russe RT, l’Iranienne Press TV, et la Qatarie Al Jazeera. De plus en plus de gens se tournant vers ces sources d’informations plus honnêtes, la capacité de Washington à fournir des explications sur-mesure a sévèrement diminué.

RT en particulier bénéficie d’une importante audience en Occident. Le contraste entre la véracité des reportages de RT et les mensonges crachés par les médias US mine la mainmise habituelle de Washington sur les tenants et aboutissants. Ce n’est plus acceptable.

M. Lark envoie un message à RT. Ce message dit: baissez d’un ton; cessez de diffuser des informations différentes des nôtres; arrêtez de contester les faits tels que Washington et les presstituées les rapportent; rentrez dans le rang, sinon…

En d’autres termes, la “liberté d’expression” que Washington et ses marionnettes de l’UE, du Canada et d’Australie, défendent, signifie liberté de propagande et de mensonges, mais aucune pour la vérité. La vérité c’est le terrorisme, puisque c’est la plus importante menace pour Washington.

Washington préfèrerait éviter les inconvénients liés à une fermeture de RT, ce que son vassal le Royaume uni a fait avec Press TV. Washington veut simplement faire taire RT. Le message de M. Lark à RT est une exigence d’autocensure.

A mon avis, RT a déjà mis le pied sur le frein dans ses reportages et rapports, de même qu’Al Jazeera. Les deux medias d’information ont intégré le fait qu’ils ne peuvent pas être trop « directs », du moins pas trop souvent ni sur de trop nombreux sujets.

Je me suis souvent demandé pourquoi le gouvernement Russe autorise environ 20 pour cents des medias Russes à agir comme la cinquième colonne de Washington sur leur territoire. Et je soupçonne qu’en tolérant la propagande éhonté des Etats Unis en Russie, le gouvernement espère qu’en échange, quelques faits avérés pourront être diffusés aux USA à travers les réseaux de RT ou d’autres organisations d’information Russes.

Ces espoirs, comme bien d’autres vis-à-vis de l’Occident, risquent fort d’être finalement déçus. Si RT est forcé à fermer, ou forcé à reprendre le discours des presstituées occidentales, cela passera comme une lettre à la poste, alors qu’au cas où le Gouvernement Russe faisait pression sur un média occidental, tous de fieffés menteurs, on entendrait parler jusqu’à la fin des temps des Russes diaboliques ayant foulé aux pieds la « liberté d’expression ». Rappelez-vous, la seule liberté d’expression acceptable est la propagande États-Unienne.

Seul le temps nous permettra de savoir si RT prendra le risque d’être fermé en disant la vérité, ou si, à l’inverse, il ajoutera sa voix au discours unique proposé par Washington.

L’autre sujet abordé pendant l’interview fut la récente requalification de la dette Russe comme étant à très haut risque.

La dégradation effectuée par Standard and Poor’s est, sans aucun doute, un acte politique. Il confirme ce qu’on savait déjà, que les agences de notation américaines sont corrompues par le pouvoir politique. Vous vous souvenez des excellentes notes attribuées par ces mêmes agences aux produits financiers des « subprimes » ? Ces agences de notations sont à la solde de Wall Street, et par conséquent, comme Wall Street, au service du Gouvernement des USA.

L’observation des faits est très utile pour révéler la nature politique de ces influences. N’attendez pas de la presse financière américaine, tellement corrompue, qu’elle s’attache aux faits ; faisons nous-mêmes cette analyse, en replaçant les faits avérés dans le contexte de la situation d’endettement des USA..

Les indicateurs de l’endettement disponibles en ligne présentent l’endettement national de la Russie à 11 pour cent de son PIB. Il est de 105 pour cent du PIB pour les USA, environ 10 fois plus élevé. Mes co-auteurs, Dave Kranzler, John Williams, et moi avons montré que, mesuré de manière plus correcte, le pourcentage d’endettement aux Etats Unis par rapport au PIB est bien plus élevé que la valeur officielle. L’endettement par habitant en Russie est de $1,645. Il s’établit à $56,952 pour chaque américain.

La dette souveraine de la Russie est de $235 milliards; celle des USA est de $18.000 milliards, 76,6 fois plus importante. Prenons un peu de recul : selon les données accessibles, le PIB des Etats Unis est de $17.300 milliards, celui de la Russie de $2.100 milliards. Donc, le PIB des USA n’est que 8 fois supérieur à celui de la Russie, alors que la dette nationale US est 76,6 fois supérieure à celle de la Russie.

Il est évident que c’est l’appréciation de la dette des USA qui devrait être dégradée, et classée à haut risque. Mais cela n’arrivera pas; toute agence de notation US qui énoncerait ce genre de vérités serait fermée et poursuivie en justice, et l’absurdité des charges retenues ne ferait rien à l’affaire, l’agence serait reconnue coupable d’anti-américanisme, d’être une organisation terroriste au même titre que RT, etc.. Et les agences le savent, raison pour laquelle il est futile d’espérer que les affiliés de Wall Street dissent la vérité; ils gagnent leur vie en entretenant le mensonge.

Les informations relayées par ce site: http://people.howstuffworks.com/5-united-states-debt-holders.htm#page=4 permettent d’évaluer la dette des USA envers la Russie, en janvier 2013, à $162.900 milliards. Comme la dette souveraine Russe s’élève à $235 milliards, 69 pour cent de la dette nationale Russe est couverte par les obligations US sur cette même dette.

Si ça s’appelle une crise de la dette russe, je suis Alexandre Le Grand.

Considérant que la Russie détient suffisamment de Dollars US pour rembourser entièrement sa dette souveraine, et qu’il lui resterait dans ce cas encore une paire de centaines de milliards, qu’est-ce qui cloche avec la Russie ?

Un des problèmes de la Russie consiste en sa Banque centrale ; pour la majorité, les économistes Russes sont les mêmes incompétents néolibéraux qui prospèrent en occident ; ils sont passionnément attachés à leurs relations avec le monde occidental, tellement « supérieur », et à l’impression qu’ils ont que le prestige de ces contacts rejaillit sur eux. Aussi longtemps que ces économistes accordent leurs analyses avec celles de l’occident, ils sont invités à des conférences dans le monde entier. Ils sont de facto des agents américains, qu’ils en aient conscience ou pas.

Actuellement, la banque centrale Russe est en train de gaspiller ses importantes réserves de monnaies étrangères, afin de faire face aux attaques occidentales contre le rouble. C’est un jeu de dupes, qui ne devrait être mis en œuvre par aucune banque centrale. Elle devrait se rappeler, ou apprendre si elle ne le sait pas, la manière dont Soros s’est attaqué à la Banque d’Angleterre.

Les réserves de change Russes devraient être employées à en finir avec la dette souveraine, faisant de ce pays le seul au monde sans aucune dette nationale. Et le solde positif de dollars US devrait servir à la dévaluation, dans une action coordonnée avec la Chine pour détruire cette monnaie, qui est à la base de la puissance de l’impérialisme américain.

Une tactique alternative pourrait être l’annonce, par le gouvernement Russe, qu’en réponse à la guerre économique conduite contre lui par Washington et les agences de notation, il fera défaut sur ses emprunts auprès des prêteurs occidentaux. La Russie n’a rien à perdre, étant d’ores et déjà coupée des marchés financiers occidentaux par les sanctions États-Uniennes. Un tel défaut déclencherait la consternation et une crise très importante au sein du système bancaire européen, exactement ce dont la Russie a besoin pour faire voler en éclats l’appui des européens aux sanctions américaines.

Mon sentiment est que les économistes néolibéraux qui commandent la politique économique Russe, sont un bien plus grand danger pour la souveraineté de leur pays que les sanctions économiques et les bases de missiles des USA. Pour faire face à Washington, la Russie a désespérément besoin d’analystes qui n’aient pas une vision romantique de l’occident

Pour entrer dans le vif du sujet, si le Président Poutine me proposait la nationalité Russe, et m’autorisait à engager Michael Hudson et Nomi Prins comme collaborateurs, je prendrais la direction des opérations à la banque centrale Russe afin de mettre l’occident hors d’état de nuire. Cependant cela obligerait la Russie à prendre les risques associés à la victoire ; les atlantistes intégrationnistes à l’intérieur du gouvernement Russe veulent que ce soit l’occident qui gagne, pas leur pays. Une nation dans laquelle la trahison s’est infiltrée jusqu’au cœur du gouvernement n’a que peu de chances contre un opposant aussi déterminé que Washington.

Une autre cinquième colonne opérant contre la Russie depuis l’intérieur est incarnée par les ONG d’origine US et allemandes. Ces agents des USA se griment aux couleurs d’organisations « des droits de l’homme », « des droits des femmes », « de défense de la démocratie », ou autre titres pompeux qu’on peut mettre à profit à l’ère du politiquement correct, et que personne ne peut contester.

Il existe une autre source de menaces pour la Russie, dont l’origine est à chercher dans l’attractivité, pour les jeunes générations, de la culture occidentale dépravée ; permissivité sexuelle, pornographie, drogues,.. Telles sont les promesses culturelles de l’ouest. Plus, bien sur, la guerre contre les musulmans.

Si les Russes veulent tuer des gens « pour le plaisir » et dans le but d’asseoir l’hégémonie des USA sur le monde et sur leur propre pays, ils sont fondés à soutenir l’intégration atlantiste et à tourner le dos au nationalisme. Pourquoi être Russe quand vous pouvez être un vassal des USA?

Que peuvent espérer de plus les néoconservateurs américains, que de voir la Russie s’engager pour défendre la mainmise de Washington sur le monde entier ? C’est exactement ce que souhaitent les économistes Russes néolibéraux, de même que les partisans de l’intégration européenne, ces citoyens russes qui désirent se mettre sous la coupe des américains, afin de faire partie intégrante de l’occident et de percevoir les revenus juteux de leur trahison.

Pendant que j’étais interrogé sur ces questions par RT, le journaliste insistait dans ses tentative de confronter les allégations de Washington avec les faits. Il est surprenant de voir que les journalistes d’information Russes ne comprennent pas que les faits ne sont pas pertinents en l’occurrence. Ceux parmi ces professionnels qui restent à l’écart des pots-de-vin américains semblent convaincus que les faits sont importants et permettent d’éclairer les débats concernant les actions russes. Ils pensent que les attaques perpétrées contre des civils, par les Nazis ukrainiens que les US appuient, sont un fait. Mais bien évidemment, il n’existe aucun fait de cette nature dans les principaux médias occidentaux. Ils expliquent que les Russes, et eux uniquement, sont responsables des violences en ukraine.

Washington raconte que c’est la tentative de restauration de l’Empire Soviétique, orchestrée par le diabolique Poutine, qui est la cause du conflit. Cette vision des choses, relayée en occident, ne peut s’appuyer sur aucune réalité factuelle.

A mon avis, la Russie est en grand danger ; les Russes s’en remettent aux faits, quand Washington s’appuie sur la propagande. pour les USA, les faits ne sont pas pertinents, et les voix Russes ne pèsent pas lourd face aux voix occidentales. L’absence de visibilité du message Russe est principalement à rechercher en Russie, qui a accepté de vivre dans un monde contrôlé par la finance américaine, les lois et les télécommunications américaines. Vivre dans un tel monde implique que seule la voix de Washington peut exister.

Comment la Russie en est-elle arrivée à accepter cette inégalité stratégique ? C’est un mystère, mais ce fut indubitablement une erreur. En additionnant les complicités américaines au sein même du gouvernement Russe, la puissance économique des oligarques et des fonctionnaires liés à l’occident, l’influence occidentale dans les médias Russes et auprès de la jeunesse, avec les centaines d’ONG financées par les USA et l’Allemagne, et qui ont la capacité de faire descendre la population dans les rues pour contester chaque action défensive de la Russie, l’avenir de cette nation souveraine est remis en cause.

Les néoconservateurs américains sont sans merci. Leur adversaire Russe est affaibli par le succès, en son sein, de la propagande héritée de la guerre froide, qui présente les Etats unis comme l’unique sauveur et le seul avenir possible pour l’humanité.

Les ténèbres de l’Amérique en mode Sauron continuent à se répandre sur le monde.

 

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