Gilles de Robien sera jugé devant le tribunal correctionnel d’Amiens pour homicide involontaire….

Une info du journal Fakir, (le journal fâché avec tout le monde ou presque)..

Pour soutenir la famille, et exiger justice et vérité, venez nombreux.

Il y a treize ans maintenant, le 22 février 2002, Hector Loubota mourait écrasé sous 600 kilos de pierres sur un chantier d’insertion, à la citadelle d’Amiens.

Et il faut treize ans, semble-t-il, en France, dans une ville comme Amiens, où justice et mairie font bon ménage, pour qu’un accident du travail soit enfin jugé.

L’enjeu n’est plus de savoir s’il y a eu faute.

Elles sont nombreuses et manifestes, mises en lumière par les experts : « Aucun filet de protection », « aucun suivi régulier », « aucune analyse préalable », « aucune mesure de prévention », « aucune sécurité collective », etc.

La mairie a tout fait de travers, dans l’urgence, pour avoir le « plus grand chantier d’insertion en Europe ».

Non, l’enjeu est ailleurs : les responsables de la mairie se déclarent aujourd’hui tous irresponsables, l’ancien maire Gilles de Robien charge son ancien adjoint Bernard Némitz, l’ancien adjoint son ancien directeur des services, et tous se déchargent sur un lampiste.

La famille d’Hector Loubota est ainsi baladée depuis treize années, avec le sentiment qu’on se moque d’elle. Jusqu’à ces derniers jours :

vendredi dernier, le cabinet de la maire d’Amiens les appelle, pour leur proposer une rencontre. Rendez-vous est donc pris.

Mais voilà que ce lundi, la mairie rappelle les Loubota – et annule, sans raison.

Avec quels interlocuteurs, quelles victimes la municipalité se permettrait-elle pareil mépris, pareille légèreté, pareil comportement ?

« Je fais tout pour me contenir, pour rester dignes, confirme M. Loubota, mais ils nous fâchent vraiment. »

Pour que vérité soit faite, pour que les notables ne règlent pas leurs petites affaires entre eux, nous vous invitons donc à venir jeudi et vendredi au Palais de Justice d’Amiens (rue Robert de Luzarches).

Une table pour informer les Amiénois sera tenue ce mercredi, à 17 heures, à la place Gambetta. Coup de main bienvenu.

Pour infos : contact@fakirpresse.info

Notre dossier de 2002 : http://fakirpresse.info/IMG/pdf/fakirn12-dossier-citadelle-2002.pdf

Notre article sur la pose d’une plaque en mémoire d’Hector : http://fakirpresse.info/Hommage-a-Hector-Loubota.html

Tout savoir:

Le contexte

Au début des années 2000, sur l’ancienne citadelle d’Amiens, est lancé un chantier d’insertion – que les élus vantent volontiers comme « le plus grand d’Europe ». Il s’agit de fournir des centaines d’emplois précaires à proximité d’un quartier Nord au taux de chômage record. Le vendredi 22 février 2002, Hector Loubota, un jeune homme (19 ans) d’origine congolaise, est grimpé sur un échafaudage. Il s’applique à des travaux de maçonnerie par temps de pluie. D’un coup, un pan de mur s’effondre, et il meurt écrasé sous 600 kilos de pierres.

L’enquête

Dans le dossier d’instruction, l’expert M.Saissi rend un rapport accablant : le chantier a été lancé sans « aucune analyse des terrains », sans « étude préalable du bâti », sans « aucun suivi régulier », sans même « le nom d’une personne chargée de la sécurité » ! Il mentionne ainsi « l’absence d’étaiements » : la ville n’a planté aucun piquet pour soutenir le mur initial – qui ne tenait que grâce « à la terre et aux racines ». Des erreurs d’autant plus coupables que, dans les années 70, « cet ouvrage s’était déjà en partie effondré ». Il aurait fallu, avant de démarrer l’entreprise, estime l’expert, « procéder à des sondages, relever les fissurations, vérifier la stabilité du sol. » Aucun permis de démolir, ni de construire, n’avait d’ailleurs été déposé…

L’attente

« Je fais confiance à la justice de ce pays », avait commencé par dire M. Bernard Loubota, le père de la victime. Mais au printemps 2007, après cinq années d’attente, il commence à trouver le temps long : c’est qu’étrangement, les juges d’instruction se refilent le dossier – puis l’oublient. Lui écrit donc au procureur Beau, qui le reçoit dans son bureau : le magistrat lui garantit que l’affaire sera menée jusqu’à son terme. Prudemment, patiemment, le tribunal d’Amiens attend néanmoins que Gilles de Robien ne soit plus ni ministre, ni maire, ni député. Puis on met en examen un vague directeur de service, un inconnu, un « Monsieur Morelle »…………

[…]

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