Ces hauts fonctionnaires qui vivent à vos crochets

Il faut éviter l’austérité, lutter contre la dette, réduire les dépenses inutiles, et si nous économisions sur certains salaires de parvenus pas aussi utiles que cela?  Car il y a là de très grosses économies à réaliser, très très grosses…

01-222x300Bien payés, indéboulonnables, jaloux de leurs privilèges, les 15 000 hauts fonctionnaires français ont verrouillé le système pour leur seul bénéfice. Formée dans les mêmes écoles et partageant les mêmes privilèges, cette noblesse d’Etat puise abondamment dans les caisses de la République : plus de 30 000 euros par mois pour les super nantis.

 Article extrait de «Les enfants gâtés de l’Etat»Les Enquêtes du contribuable d’octobre/novembre 2014 – 3,50 €€ Comme disait Clemenceau, « les fonctionnaires sont un peu comme les livres d’une bibliothèque : ce sont les plus haut placés qui servent le moins ». Combien sont-ils, ces bouquins inutiles ? Difficile de le savoir. Selon les dernières statistiques de l’INSEE, la France comptait plus de 5,5 millions de fonctionnaires fin 2012. Dans ce sérail, qui représente près de 22 % de la population active, les hauts fonctionnaires occupent quelques milliers de postes, dont environ 5 000 pour les anciens de l’ENA. Corps de direction des administrations, corps préfectoral, corps diplomatique, corps des magistrats, corps techniques de l’Etat, corps d’inspection générale, corps supérieurs de l’éducation et de la recherche… Ils trustent tous les postes clés de l’Etat et, spécificité française, produisent des hommes politiques qui, formatés par ce système, renoncent à le réformer quand ils sont élus.

Selon le journaliste Yvan Stefanovitch qui a consacré un livre au haut clergé administratif (lire son interview pages 21-23), on recense environ 15 000 hauts fonctionnaires en France, pour la plupart formés par l’ENA, Polytechnique ou l’Ecole normale supérieure. Au sein de cette caste, domine une aristocratie de 400 à 500 personnes que l’on trouve à l’Elysée, à Matignon, dans les grands ministères et à la tête des principales entreprises publiques. Outre la fonction publique d’Etat, ces privilégiés de la République pullulent dans la fonction publique territoriale dont les effectifs ne cessent d’enfler (+ 1,6 % en 2012) mais aussi dans la fonction publique hospitalière (+ 0,7 % en 2012). Une fois en place, ni l’incurie, la paresse voire l’incapacité, ne permettent de se débarrasser de ces indé­boulonnables recrutés sur concours, pouvant travailler à leur guise (même si, reconnaissons-le, beaucoup d’entre eux sont extrêmement compétents et ne rechignent pas à la besogne), et libres de se lancer dans des aventures politiques avec une position de repli assurée.

Sauf cas rarissimes, les hauts fonctionnaires resteront à la charge des contribuables durant leurs 42 années de carrière, 21 ans de retraite plus, en moyenne, 10 ans de pension de réversion. 656 fonctionnaires gagnent plus que le chef de l’Etat Si, le coût d’un rond-de-cuir gagnant 2 200 euros nets par mois peut être évalué à près de 50 000 euros par an, charges comprises, l’addition s’envole quand il s’agit des fonctionnaires de catégorie A. Le « canard est trop gras ». Voici quelques mois, Sébastien Denaja, député socialiste de l’Hérault, a proposé de baisser les salaires de ces grands commis de l’Etat pour réduire la dépense publique.

Le député PS pointait notamment du doigt Nicolas Dufourcq, énarque et ancien inspecteur des finances, aujourd’hui directeur de la Banque publique d’investissement (BPI), dont le salaire s’élève à 450 000 euros bruts annuels, 37 500 euros bruts par mois ! Le patron de la BPI n’est pas le seul canard à se gaver au sein de la basse-cour publique. Si, à leur arrivée au pouvoir, le Président « normal » et son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ont baissé leur salaire de 30 %, les hauts fonctionnaires n’ont pas eu à faire les mêmes efforts. Avec chacun un salaire de 14 910 euros bruts par mois (12 696 euros nets), les numéros 1 et 2 de l’exécutif se situent au 657e rang des rémunérations de l’Etat. Ils sont supplantés par une tribu de hauts fonctionnaires, plus de 600 personnes, employés pour une bonne part par le ministère des Affaires étrangères et celui des Finances. « Dans les capitales les plus prestigieuses, les rémunérations des ambassadeurs peuvent frôler 38 000 euros par mois et environ 120 sur 157 gagnent plus de 18 000 euros mensuels », souligne Yvan Stefanovitch. Après les diplomates, les attachés de défense (des militaires faisant partie d’une mission diplomatique) sont les plus gâtés par l’Etat avec une moyenne de 15 000 euros pour un lieutenant-colonel et de 30 000 euros pour un général. Avec ceux du Quai d’Orsay, ce sont les hauts fonctionnaires de Bercy qui piochent le plus dans les fonds publics. Les instances financières regroupent 193 des 219 fonctionnaires les mieux payés de France.

Au sommet de cette pyramide, on trouve d’abord les administrateurs généraux des finances publiques. Ils exercent notamment en tant que directeurs départementaux des finances publiques (les anciens tréso­riers-payeurs généraux, TPG, dont le nom et le statut ont été réformés en 2009, lors de la fusion entre les Impôts et le Trésor public).Leur patron, Bruno Parent, le directeur général des finances publiques, est à la tête de 115 000 agents. Il percevrait 20 000 euros bruts par mois. On emploie le conditionnel tant les hauts fonctionnaires de Bercy ont su organiser (au grand dam de leurs ministres de tutelle qui auraient aimé y mettre leur nez) l’opacité autour de leurs revenus. Selon un rapport de la Cour des comptes de 2008 cité par l’hebdomadaire Challenges, plus d’une cinquantaine de TPG (Hauts-de-Seine, Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille…) gagnaient entre 15 000 et 20 000 euros nets par mois, grâce notamment à une part variable fonction du montant des transactions financières gérées. Un mode de rémunération qui n’est pas sans rappeler celui des fermiers généraux du XVIIIe siècle, qui, jusqu’en 1791, gagnaient des fortunes extravagantes sur le dos des Français. Antoine Laurent de Lavoisier, le plus célèbre d’entre eux, eut d’ailleurs à subir les affres de la guillotine. Au Sénat, on s’en sort aussi très bien. Par exemple, les deux secrétaires généraux de la Présidence et de la Questure gagnent plus de 20 000 euros nets par mois (contre environ 15 000 euros pour leurs homologues de l’Assemblée), et les 14 directeurs de services encaissent autour de 15 000 euros mensuels. Autre oasis financière : selon le rapport 2010 des députés Christian Vanneste (UMP) et René Dosière (apparenté PS), les autorités administratives indépendantes offrent également de belles opportunités. Bien qu’il ait vu sa rémunération réduite en 2011, le président de l’Autorité des marchés financiers, par exemple, est rémunéré à hauteur de 19 658 euros bruts par mois. Il est suivi par les présidents de la Haute Autorité de santé, avec 17 178 euros mensuels, de la Commission de régulation de l’énergie (16 017 euros), du Conseil Supérieur de l’audiovisuel (15 413 euros, avantages en nature compris)…
En matière de privilèges financiers, la culture n’est pas en reste. Ainsi, Stéphane Lissner, qui vient de prendre la direction de l’Opéra national de Paris, toucherait, selon Mediapart, 30 000 euros par mois (hors primes). Marylise Lebranchu, la ministre de la Fonction publique, avait pourtant annoncé en avril dernier que les fonctionnaires encaissant plus de 9 940 euros bruts par mois manifesteraient un « geste de solidarité » avec le reste de la population. Ladite population attend toujours… Dans les placards dorés de la République Trop nombreux, trop chers, trop puissants, trop gâtés, les hauts fonctionnaires jouissent d’un job à vie, même s’ils ne servent plus à rien. Des centaines d’entre eux seraient payés à plier des trombones, notamment ceux qui ont pu bénéficier du « tour extérieur » qui permet au président de la République et au Premier ministre de nommer à vie leurs chouchous dans différentes institutions (Finances, Affaires sociales, Education nationale…). Des placards dorés servent aussi à recycler des fonctionnaires en fin de carrière. Le Conseil général de l’environnement et du développement durable, le Contrôle général économique et financier et l’Inspection des finances seraient les aires de repos les plus fréquentées par ces pistonnés de la République. Au total, ce sont plus de 1 600 hauts fonctionnaires qui regarderaient l’herbe pousser aux frais des contribuables.
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9 commentaires

  • Le veilleur

    Je recommande aussi « Aux frais de la princesse » un livre d’Enquête sur les privilégiés de la République »
    de Yvan Stefanovitch.

    http://www.editions-jclattes.fr/livre-aux-frais-de-la-princesse-enquete-sur-les-privilegies-de-la-republique-yvan-stefanovitch-222992

  • ROY

    Ces « hauts fonctionnaires » sont payés par les impôts que l’on paye! Sans compter leurs primes, leurs pensions !!!
    Au bout du compte ils participent au déficit public, il est temps de réformer tout ce beau monde.
    Il est temps de mettre dehors tous ces privilégiés et là seule une révolution mettra un terme aux abus que nous subissons tous.
    Quand l’on voit les sous effectifs dans les hôpitaux on se dit qu’avec le fric balancé à toutes ces crevures on pourrait en embaucher des agents hospitaliers (ceci est un exemple il y a en bien évidemment d’autres).
    Il serait intéressant de connaître les sommes qui s’envolent pour tout ce petit monde qui pue de plus en plus.

    • sceptique

      1 administratif pour 1 soignant, c’est surtout le problème de l’AP: les hôpitaux sont là pour effectuer des soins, pas pour traiter des données administratives; et on oublie dans le lot les passe-droits liés à la corruption: le scandale des protocoles, véritables monopoles des traitements créés au seul bénéfice final des labos, les professeurs de médecine nommés par cooptation,…
      Le problème de toutes ces Grandes Écoles nommées, c’est qu’elles produisent des gens à la fois pour le service public et pour le privé: dans le premier cas on sert l’intérêt général, dans le second, on se sert; les deux sont incompatibles. L’autre problème est que ces gens sont effectivement indéboulonnables et non soumis à rémission de compte; on devrait pouvoir les licencier en cas d’incompétence; c’est plus cela que leur rémunération, inférieure à celle du privé à rang égal, qui me gêne: le salaire est indécent proportionnellement à l’absence de risque professionnel individuel et de responsabilité des acteurs vis à vis de leurs tâches.
      Les fermiers généraux, eux, étaient responsables sur leurs deniers de leurs résultats, et étaient non seulement recrutés sur concours, mais sensés renflouer l’État en cas de perception insuffisante lors d’une mauvaise année: « les financiers nommés fermiers généraux, au nombre de quarante,apportaient une énorme caution pour garantir le bail périodique des impôts indirects. Mais ce n’étaient pas forcément des Crésus. Beaucoup étaient des administrateurs aussi zélés et compétents que les officiers royaux. » in « l’Ancien Régime, institution et Société » François Bluche.

  • kalon kalon

    En outre, il a été établi qu’au-delàs d’un certain traitement, disons 10.000,00 euros, les personnes passent plus de la moitié de leur temps, non pas à s’occuper des devoirs liés à leur fonction mais à « manigancer » afin de garder cette fonction ou d’obtenir un avancement !
    Ce qui, par déduction, établit que ces rémunérations sont données, non pas pour un emploi à temps complet mais, dans les faits, pour un emploi occupé à mi-temps !http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gif

  • Le veilleur

    Eurodéputés qui taxez les peuples vous en payez peu: les gens vont vous pendre et ils auront raison.

    http://www.youtube.com/watch?v=6rHnjAxartk