Un Madoff belge a fait main basse sur 100 millions d’euros…

Avidité ou naïveté ?….

Stéphane Bleus et Monseigneur Léonard, lors d’une visite de la librairie, en 2013.

Stéphane Bleus, aujourd’hui en fuite, a abusé de la confiance de plusieurs dizaines d’investisseurs. Proposant des rendements élevés par le biais de la société Pegasius, il aurait détourné près de 100 millions d’euros. L’objectif ultime? Attirer l’Église dans ses filets…

Tout part d’un mail envoyé à la rédaction il y a une bonne semaine. « Message urgent pour le rédacteur en chef. Une escroquerie (type Madoff) a été découverte à Bruxelles il y a deux semaines avec des ramifications en Belgique, au Luxembourg et ailleurs en Europe. Il s’agit de dizaines de millions disparus. Plusieurs faillites ont été prononcées par les tribunaux. L’auteur de cette escroquerie a disparu mais est recherché. Pour de plus amples informations, merci de me contacter« .

Sur les traces du gourou

C’est court, c’est bref, mais tout s’y trouve. « Merci de me contacter« , concluait le signataire de ce mail. Ce que nous avons fait. 

En semaine, en fin de matinée, il n’y a pas grand monde à « L’Ultieme Hallucinatie », Rue Royale, à Bruxelles. Un client, un seul, semble attendre, un verre de bière posé devant lui. Le signataire du mail est là, il attend, prêt à raconter. Avant d’entamer son récit, il veut assurer son anonymat, il ne veut pas être cité. Son identité protégée, notre interlocuteur est rasséréné, il peut se confier.

Le schéma de l’escroquerie « type Madoff » qu’il déballe est malheureusement classique. Paul — appelons-le ainsi — a été séduit par l’intelligence et le savoir d’un certain Stéphane Bleus. L’homme ne lui était pas tout à fait inconnu. Bon nombre d’amis de Paul avaient déjà investi dans Pegasius, une société luxembourgeoise créée par Stéphane Bleus. De bons placements avec des rendements garantis plutôt intéressants. Jugez plutôt: de 9 à 25%! « Un pourcentage différent en fonction du type d’investisseur« , glisse Paul, amer, entre deux gorgées de bière. « Je trouvais Stéphane Bleus brillant, il inspirait confiance, il venait parfois à la maison, j’aimais dialoguer avec lui« . En confiance, Paul a investi. Sans méfiance.

Grain de sable immobilier

Chaque mois, Paul recevait un compte rendu de la société luxembourgeoise Value Axis. Des extraits de comptes en quelque sorte. En préambule, chaque fois, un résumé de la situation sur les marchés dans le monde. Et puis, un topo des capitaux placés et des intérêts obtenus. Nous avons vu ces comptes rendus, imprimés sur du beau papier. Aussi léger que léché. Du vent, en réalité. Mais cela, Paul l’a appris plus tard, à ses dépens.

À la fin du mois de janvier, un investisseur contacte Stéphane Bleus. Soucieux d’acheter un bien immobilier, cet investisseur veut récupérer ses billes auprès de Pegasius. Mais il n’y a plus de billes. Pas assez en tout cas pour rembourser l’investisseur. La machine se grippe. Allô, Bernard Madoff, vous êtes là?

En un mot comme en cent, Stéphane Bleus prend la poudre d’escampette, il met les voiles, laissant dans son sillage les bouts de ficelle d’une fameuse escroquerie. Oui, une fumeuse arnaque…….

[…]

Lire la suite

Auteur Nicolas Keszei

Source  L’Echo.be

Voir:

Les nouveaux calculs européens menacent la dette de la Belgique

L’Eu­rope s’in­ter­roge sur la comp­ta­bi­lité de la Bel­gique. Le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral doit no­tam­ment jus­ti­fier l’uti­li­sa­tion du Fonds APETRA. Une requalification pourrait pousser la dette belge au-delà du seuil symbolique de 100% du PIB….

 

5 commentaires