Armée de terre : l’avenir bouché des colonels

Pour les officiers, Bercy envisage une loi de radiation des cadres à compter de 2020.

La grande réunion qui s’est tenu vendredi 21 juin à la Direction des ressources humaines de l’armée de terre (DRHAT) a du casser le moral de plus d’un officier supérieur, notamment chez les colonels qui rêvent d’un képi étoilé et qui trouveront sans doute un chapeau mou (1)…

Voici les données fournies au cours des cinq heures de réunion dont une partie a été consacrée à la suppression des postes d’officiers. Sur la période 2014-2018, l’armée de terre supprimera entre 1690 et 2475 postes : le premier chiffre est celui proposé par la DRHAT, le second celui réclamé par Bercy. On devrait donc être autour de 2000…

Prenons le cas des colonels (1). Ils sont actuellement 960 dans l’armée de terre. La DRHAT veut réduire ce chiffre de 120, Bercy demandant 190. Soit 20 à 35 colonels à faire partir chaque année, en plus du flux normal de départ. (Pour les autres grades les chiffres sont les suivants (DRHAT/Bercy) : lieutenant-colonels 500/765, commandants 370/535, capitaines 700/965)

Des mesures incitatives sont à l’étude (pécule de départ prorogé, promotion fonctionnelle avec un cdd court, pension au grade supérieur), mais elles s’annoncent soit couteuse, soit peu efficace. Bercy envisage une loi de radiation des cadres à compter de 2020 en fixant des plafonds d’âges d’accès aux grades. 

Pour le généralat (l’armée de terre compte 177 officiers généraux), l’avenir est bien bouché. La liste d’aptitude a été réduite de moitié depuis 2006 et compte actuellement une vingtaine de nominés chaque année… Or, sur les 960 colonels en activité, 268 sont considérés comme à haut potentiel et 41 à très haut potentiel. Bref, un colonel à très haut potentiel n’a qu’une chance sur deux de se retrouver à la liste !

(1) En langage militaire, prendre le chapeau mou signifie se reconvertir dans le civil.

Source: l’opinion

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