Un homme de 22 ans tué dans les manifestations en Turquie

ANKARA – Un jeune homme de 22 ans est décédé lundi à l’hôpital après avoir été blessé par balle pendant une manifestation dans le sud de la Turquie, a annoncé la télévision privée NTV.

Abdullah Comert a été grièvement blessé (…) par des coups de feu tirés par une personne non identifiée, a indiqué NTV citant un communiqué du gouvernement local de la province de Hatay, près de la frontière syrienne. Le jeune homme est mort un peu plus tard à l’hôpital, précise-t-on de même source.

Il s’agit du 2e décès en lien avec les importantes manifestations qui secouent le pays depuis près d’une semaine pour protester contre le parti gouvernemental islamo-conservateur Justice et Développement (AKP).


Aucune information n’a fait état jusqu’ici de coups de feu tirés soit par la police, soit par des manifestants, mais des militants anti-gouvernementaux ont affirmé que le jeune homme avait été atteint à la tête par un coup de feu tiré par la police pendant une manifestation.

Selon un parlementaire du principal parti d’opposition, Hasan Akgol, cité par NTV, Abdullah Comert était membre de la section des Jeunes du Parti du peuple républicain (CHP).

La police a lancé une enquête sur les circonstances du décès, selon la télévision.

Depuis vendredi, les heurts se sont multipliés dans tout le pays entre les forces de l’ordre et les manifestants qui accusent le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan de vouloir imposer des réformes conservatrices et islamistes dans la Turquie laïque.

Source: AFP via Romandie

 

Turquie: la colère contre le gouvernement s’étend à tout le pays

Des manifestants ont passé la nuit du samedi 1er au dimanche 2 juin sur la place Taksim, à Istanbul, après deux jours d’affrontements avec la police. Le mouvement s’étend désormais à plusieurs villes turques.

Des manifestants ont passé la nuit du samedi 1er au dimanche 2 juin sur la place Taksim, à Istanbul, après deux jours d’affrontements avec la police. Le mouvement s’étend désormais à plusieurs villes turques.

REUTERS/Murad Sezer Par RFI

Des centaines de personnes sont encore rassemblées, ce dimanche 2 juin, sur la place Taksim à Istanbul, désertée par la police après deux jours de violents affrontements. Dans le reste du pays, de nombreuses villes ont connu des heurts similaires, comme à Ankara, où la police a tiré ce dimanche 2 juin des gaz lacrymogènes pour disperser un millier de manifestants.

Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

La situation est très contrastée à Istanbul. La place Taksim en elle-même, où le ministre de l’Intérieur, Muammer Guler, avait promis qu’il ne donnerait pas l’assaut après le départ des forces anti-émeutes hier en milieu d’après-midi, est restée parfaitement calme, très festive. Des milliers de personnes y ont célébré la victoire toute la nuit.

Toutes les rues accédant à cette place sont ainsi restées barricadées et impraticables. Le quartier autour de la place est d’ailleurs très endommagé par les dépravations, mais une atmosphère bon enfant, très arrosée, y a régné toute la nuit.

En revanche, à un kilomètre à peine, le quartier de Besiktas sur les rives du Bosphore, où le Premier ministre a un bureau – et c’est sans doute lui qui était visé – a été le théâtre d’affrontements sévères jusqu’à très tard dans la nuit, et l’odeur des gaz lacrymogènes s’est répandue dans tout le centre-ville, jusqu’aux petites heures des l’aube.

Mais s’il y a encore eu des violences à Istanbul, la contestation ne s’arrête pas là et s’étend désormais dans tout le pays. De nombreuses autres villes sont touchées.

 

50 provinces mobilisées

Ainsi, il y a eu des rassemblements et des accrochages dans près d’une cinquantaine de provinces sur les 81 que compte le pays, et près d’une centaine de villes de Turquie ont connu des heurts similaires à ceux d’Istanbul. C’est dire l’ampleur de cette mobilisation.

Les heurts les plus sérieux ont eu lieu à Ankara et à Izmir surtout, où des banques et des bâtiments officiels ont entièrement brûlé.

Siva, Antalaya, Sentalya, Samsun, Mersin et Alaïa ont connu des incidents de même ampleur. Les affrontements à Istanbul et dans d’autres villes ont fait en deux jours 79 blessés, dont 53 civils et 26 policiers, a indiqué dans la soirée le ministre de l’Intérieur. Selon ses propos, la police a interpellé 939 manifestants au cours de plus de 90 manifestations survenues dans 48 villes.

Un bilan qui va certainement certainement évoluer .De nombreux Turcs se sont dits horrifiés de la violence excessive des forces de l’ordre pour réprimer les manifestations. Les Etats-Unis et l’Union européenne ont fait part de leur préoccupation. Amnesty International a même évoqué la mort de deux personnes.

C’est donc une situation quasi insurrectionnelle qui perdure en Turquie, sans possibilités de prévoir quand il y aura un retour à la normale.


Erdogan maintient son projet et assure « servir son peuple »

Face à la mobilisation, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, ne cède pas sur le projet de réaménagement urbain qui a mis le feu aux poudres. « Nous n’avons pas la prétention de faire disparaître le parc Gezi. A cet emplacement, nous voulons reconstruire à l’identique la caserne construite par le Sultan Selim III en 1780, en protégeant ses espaces verts. En même temps, nous voulons rendre piétonne la place Taksim en faisant passer les voitures sous terre, de manière à ce que les citoyens puissent se promener tranquillement », explique le Premier ministre, qui s’étonne « que tout le monde s’arrête sur un projet de centre commercial ».

Le Premier ministre précise par ailleurs que « de toute façon, on ne peut pas construire sur cet espace un centre commercial aux normes internationales. Et il n’y a pour l’instant aucun projet confirmé d’un tel centre commercial prévu pour cet endroit ».

« Tayyip Erdogan serait un dictateur ? Si vous traitez de dictateur quelqu’un qui s’efforce de servir son peuple, je n’ai rien à dire », a-t-il encore déclaré.

Source et article complet: rfi.fr

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