Intervention en Libye : oui, les médias occidentaux ont trompé l’opinion

Pas vraiment une découverte pour qui a suivi ce conflit depuis les blogs de réinformation, tout cela n’était qu’une vaste fumisterie pour empêcher un dirigeant, même un peu fou, de protéger son pays d’investisseurs étrangers, de réinstaurer le dinar-or qui aurait affaibli encore plus le dollar, et bien plus encore… Une petite recherche sur ce blog (et sur d’autres) vous permettrons de (re-)découvrir les événements sur le sujet et tous les mensonges qui nous ont été imposés dans les médias mainstream.

Dépêché en Libye au début de l’année 2012 par un groupe d’investisseurs asiatiques, Samuel Laurent a pour mission de parcourir le pays afin d’évaluer les risques et les opportunités de cette révolution. Il découvre alors une nation à l’agonie, rongée par la violence et l’anarchie. Extrait de « Sahelistan » (1/2).

Bonnes feuilles

La couverture des événements en Libye par les médias occidentaux a suivi une logique très partiale.La couverture des événements en Libye par les médias occidentaux a suivi une logique très partiale. Crédit Reuters

« La couverture des événements par les médias occidentaux a suivi une logique très partiale, depuis le début, en décrivant les mouvements de protestations comme non violents, et en suggérant de façon répétée que les forces du régime massacraient aveuglément des manifestants qui ne présentaient aucun risque pour la sécurité. » Ainsi s’exprime Donatella Rovera au sujet de la Libye, dans le bulletin d’Amnesty International de mars 2012.

Les médias occidentaux ont fait feu de tout bois pour souligner l’urgence de la situation et la nécessité d’une intervention militaire en Libye : ils ont dénoncé la menace des mercenaires étrangers, le Viagra offert aux soldats, les viols en série, la graisse à fusil distribuée en guise de lubrifiant, les massacres et bombardements indiscriminés…

Or ils nous ont trompés, comme George Bush avait tenté de le faire pour l’Irak à propos des armes de destruction massive. La propagande qui sous-tend notre entrée en guerre repose sur une série de petits mensonges dont des « conseillers » officieux du président vont s’emparer pour leur donner de l’importance dans les médias. Avec le recul, nous pouvons plus facilement lever le voile sur certains d’entre eux. Que penser, par exemple, des prétendus mercenaires et de leur présence massive sur le territoire ? S’agit-il d’une légende ou d’une réalité ?

En février 2011, au début du soulèvement, Kadhafi promet de faire appel à des renforts venus d’Afrique. La peur s’installe et les médias alimentent l’hystérie collective, renforçant la crédibilité d’une menace qui s’avérera sans le moindre fondement. Peter Bouckaert, de Human Rights Watch, explique comment la rumeur progresse au fur et à mesure de la révolution : « De nombreux journalistes s’introduisent dans les zones de détention. Ils prennent des photos de prisonniers puis les présentent comme des mercenaires dans leurs articles et dans leurs reportages. Mais c’est faux ! […] Jusqu’à présent, nous n’avons pas trouvé le moindre mercenaire dans l’est du pays, après des centaines d’interviews et des semaines d’enquête. » Bouckaert se rend par exemple à Beida1 pour rencontrer cent cinquante-six « mercenaires », arrêtés par les révolutionnaires. En réalité, il s’agit de soldats libyens appartenant aux tribus noires du pays. Aucun d’entre eux ne vient de l’étranger. Il en ira de même tout au long de son périple.

Donatella Rovera, la responsable d’Amnesty International dans ce pays, ne trouvera « aucune information concrète sur la présence de mercenaires ». Selon elle, « au tout début du conflit, quelques ouvriers clandestins venus d’Afrique subsaharienne furent présentés à la presse étrangère comme des mercenaires, avant qu’on les relâche dans la plus grande discrétion. L’absence de toute déclaration publique sur leur innocence a permis au CNT de maintenir l’ambiguïté, en brandissant le spectre du “mercenaire” tout au long de ce conflit, dès que le besoin s’en faisait sentir ». Un ressort commode, tant la haine de l’Africain s’enracine profondément au coeur de la société libyenne : « Les révolutionnaires capitalisent sur la xénophobie ambiante », explique Diana Eltahawy, une autre membre de l’équipe d’Amnesty.

Article complet et couverture du livre sur Atlantico.fr

6 commentaires

  • criminalita

    Nous savions que la propagande était fausse.
    Hé bien les merdias on ne vous lit plus, allez tromper votre mère.

  • pokefric pokefric

    Bonjour tlm.
    Au fait, vous avez vu le joli false flag en Turquie , un 11 pour ceux qui douteraient…..

    • Maverick Maverick

      Je pencherais assez pour le false flag aussi ; la Turquie annonce avoir déjà identifié la cellule syrienne, qu’elle savait que les voitures étaient en préparation et sous surveillance, etc. Curieux mélange d’efficacité et d’incompétence, non ?

      • Jissaoui

        Les victimes sont alaouite et chiite…. Dans ces villages de la frontière torco-syrienne il est organisés de nombreuses manif en soutien au peuple et président Syrien.
        Peu après l’attentat la Turquie avait pourtant accusé un groupe proche de Al-Nostra (copain des occidentaux, Turques, Quataris et Israélien).
        Encor une info prise à contre-sens.

  • Maverick Maverick

    Les merdias nous ont menti … Mais le Vietnam est l’exemple de ce qui arrive à un pays qui fait la guerre sans avoir ses media avec lui. Et les Nord-Vietnamiens ont utilisé les média US sans vergogne. La Propagande est une arme : le false flag en est l’expression la plus efficace.

  • anoushka35

    Et nous on connaît par hasard, la vérité. Pourquoi toujours mentir pour adouber le bras occidental et remettre en question l’équlibre, parfois bancal, mais réaliste des zones de combats.
    On nous ment, pas seulement à notre insu. C’est devenu une réalité montrueusement bien montée, et huilée avec un bien-fondé arrogant. Quelles couleuvres vont-ils nous inventer la prochaine fois pour rendre audible une nouvelle incursion au sein de pays en voie de développement sur un système différent du notre et s’insinuer dans la vie politique des dits pays en voie de développement et qui gênerait à nouveau l’ordre établi international.
    Etablit, oui mais par qui???
    Pourquoi les pays émergeants, n’ont-ils pas le droit à un développement comme bon leur semble, nous occidentaux n’avons quand-même pas le monopole du savoir. Et si un pays en voie de développement mettait à mal l’économie d’un « grand pays », alors il y a sans doute mieux que notre façon de voir la croissance!!!