Google dépose un brevet inquiétant pour les libertés individuelles

Google a déposé un brevet pour contrôler automatiquement ce qu’écrit un utilisateur. Une tierce personne sera immédiatement informée si le contenu du message viole une règle privée ou publique.

Nous savons que Google regarde dans les documents que nous lui confions afin de mieux cibler les publicités qu’il nous propose. Un brevet déposé le 2 mai montre que la firme de Mountain View pourrait, bientôt, « lire » les mails que vous écrivez et vous dire si c’est légal. Dans le cas contraire, un signalement sera automatiquement transmis à une tierce personne.
Vous êtes en train d’écrire un mail quand soudain, une fenêtre pop-up surgit et vous informe que ce que vous êtes en train d’écrire pourrait être en infraction avec le règlement intérieur de votre entreprise, ou les termes de confidentialité de votre contrat de travail.
Dans le même temps, le service juridique de votre employeur reçoit une notification: « Monsieur X. est peut-être en train d’enfreindre telle ou telle loi. » C’est ce que la technologie nouvellement brevetée par Google serait, théoriquement, en mesure de faire.

Big Brother contrôle ce que vous écrivez

Le formulaire du brevet déniché par Slashdot.org et relayé par le HuffingtonPost.com précise que le « Policy Violation Checker » (vérificateur de violation de règles) est capable de reconnaître une série de « phrases problématiques » inscrites dans une base de données, qui présentent « des implications légales pour une personne ou une compagnie ».
C’est un peu comme si l’on avait un avocat dans notre boîte mail, nous avertissant lorsque ce que nous écrivons risque de se retourner contre nous, ou notre entreprise.
Certaines entreprises, qui utilisent Gmail comme système de mail professionnel, pourraient s’en servir pour contrôler la correspondance de leurs employés avec des critères qui leur sont propres. En effet, chaque entreprise serait libre de choisir et paramétrer les éléments déclencheurs. On peut imaginer, par exemple, que tout message semblant dénigrer son entreprise soit automatiquement relevé par la direction, qu’il soit à destination de ses partenaires, de ses collègues, ou de son délégué syndical.
Mais Big Brother ne se contente plus de lire, il contrôle ce que vous écrivez. Car le système est en mesure de proposer des reformulations plus acceptables envers le règlement intérieur.

Sanctionné avant même d’avoir commis un impair

Cet outil menace-t-il les libertés individuelles? Pas le moins du monde, selon la doctrine d’Eric Schmidt, à l’époque PDG de Google.
Il avait déclaré, dans une interview donnée à la chaîne CNBC en 2010, au sujet des traces personnelles laissées sur le Web: « S’il y a quelque chose que vous voulez tenir secret, peut-être n’auriez-vous pas dû le faire en premier lieu. » Utilisant, au passage, le fameux argument du « ceux qui n’ont rien à cacher n’ont pas à le craindre » qui abolit à lui tout seul tout concept de vie privée, en partant du principe que ceux qui maîtrisent ces technologies seront toujours animés des meilleures intentions.
Dans ce monde merveilleux, des gens pourront être sanctionnés avant même d’avoir commis les faits qui leur seront reprochés, puisque le système sera activé à la frappe et une tierce personne prévenue avant l’envoi du mail ou la transmission du document. Mais tout va bien, nous explique Google dans le brevet : « C’est dans l’intérêt des entreprises de prévenir les violations de leurs règles ou lois avant qu’elles aient lieu. »

Vers une surveillance généralisée des internautes ?

Mais que se passera-t-il si ces bases de données, compatibles avec tout type de terminal, comme un smartphone géolocalisé, sont utilisées par des patrons un peu trop autoritaires? Par des régimes moins démocratiques que le nôtre? Google va-t-il être tenu de livrer les malfaiteurs à la police? De rendre automatiquement public les écarts sentimentaux des personnages publics? De mettre en place, en fait, une surveillance généralisée de ses utilisateurs?
Déposer un brevet ne veut pas dire l’exploiter, et il reste à voir comment il sera appliqué. Mais si d’aventure la firme de Mountain View devait mettre en marche un tel système, un grand débat pourrait naître tant ses possibilités théoriques sont inquiétantes. Cela pourrait être le faux-pas qui ferait définitivement de Google « le mal incarné » aux yeux du public, comme Microsoft en son temps.
Source: 01net.com
Merci à Françoise pour l’info

9 commentaires

  • engel

    La prochaine étape :
    « On vous dénonce pour ce que vous auriez pu écrire. »

    Liberté d’expression qu’il disait!

  • romulus

    Ben comme ça, ça ira encore plus vite pour virer les gens; il suffira de le mettre dans le règlement intérieur. Bientôt plus de contestation des décisions, plus d’arrêt maladie, seuls subsisteront les plus productifs: le pied quoi! Idem pour la vie privé: je préconise de coupler le logiciel avec les Assurances privées qui régiront notre santé: -30% de remboursement pour les mauvais sujets, etc etc….Faisons bien la fête car lorsque le piège va se refermer en plein, il sera (presque) trop tard. Ce qui m’inquiète réellement, c’est que tous les trucs que je lis à ce sujet depuis 4 ans, qui paraissaient farfelus se réalisent finalement, et ce, très rapidement.

    • yep et le pérou veut désormais du 0% OGM dans tout le pays.

      SI ces pays ne sont pas attaqué par qui nous savons à l’avenir, alors ils seront dans ma tête de liste si je devais quitter la france.

  • LkyGh

    C’est là qu’il devient primordiale de connaitre les bases de la cryptographie.
    Chiffrons toutes nos communications, messagerie instantanée, courriel, des moyens simples existent!

    https://fr.wikipedia.org/wiki/PGP
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cryptographie

    C’est a nous de changer de nos habitudes.

    • Yanne Hamar

      Entièrement d’accord avec toi ! il est si simple d’écrire avec des jeux de mots, des homophonies et des acrostiches ! Rien d’aussi bête qu’un ordinateur, ça ne pige aucune subtilité, aucun sens figuré. Une machine, quoi !

  • David 31

    Que voilà au contraire, en dépit des apparences, une nouvelle fort réjouissante !

    Je pense en effet, que cela fait déjà des années, et ce n’est d’ailleurs pas un secret, que les Américains, via le système Echelon, s’emploient à tout savoir sur tout le monde, interceptant toutes les communications, que ce soit par mail, par téléphone, toutes les communications via internet, et sans doute à l’occasion ce que nous pouvons écrire sur notre ordinateur si des interceptions de courriers nous ont fait apparaître à leurs yeux comme des personnes classées ‘sensibles’.

    Ce qui est nouveau, c’est la volonté qui s’exprime désormais sans fard de ne plus seulement se contenter de tout savoir sur nous, de tout savoir de nos pensées, mais de nous interdire de seulement exprimer nos pensées, et pire encore, de nous forcer à contraindre notre pensée, jusqu’au point où nous ne serions pas seulement menacés de poursuites pour avoir envoyé un écrit déplaisant les puissants, mais d’avoir exprimé ses pensées sur le clavier, avant de se rétracter, de s’auto-censurer.

    Je pense qu’il n’est pas anodin que cette information soit parue avant-hier. Cela témoigne de toute la haine que les puissants expriment à l’encontre des petits, et cela, d’abord, en Amérique. Je pense que cela déjà fait un bon moment que Google, facebook,… scrutent, sauvegardent toutes nos pensées, y compris et surtout les pensées que nous auto-censurons, les pensées que nous couchons sur le clavier avant de revenir en arrière, les pensées que nous publions avant de les effacer promptement, les pensées que nous publions avant de les amender juste après les avoir publiées,…

    Je pense que nous devons en être rendus au point où leurs cervelles malades ont dépassé le point d’ébullition.

    Leur rêve secret a toujours été de parvenir à connaître toutes nos pensées les plus intimes. Ce rêve est devenu réalité. Il est devenu leur pire cauchemar. Un petit peu comme dans ces récits où des gens se découvrent doués de télépathie et en souffrent énormément. Ils souffrent d’être plongés dans un brouhaha. Ils souffrent de partager bien involontairement la souffrance d’autrui. Ils souffrent de toujours tout savoir sur ce que les gens peuvent penser d’eux.

    Les maîtres du monde viennent d’accéder à ce vieux rêve qu’est la télépathie, et ils savent désormais ce que les gens pensent d’eux. Avant même les attentats de Boston, une majorité d’Américains ne croyait déjà plus à leurs fables sur le 11 septembre. Depuis les attentats de Boston, ils sont devenus la risée des Américains. Et depuis les frappes de samedi dernier sur Damas, ils leur font horreur.

    Oh bien sûr, ils pourraient éteindre leurs systèmes sophistiqués de surveillance, mais ce sont des voyeurs viscéraux. Alors ils nous demandent de taire nos pensées. Pauvres petits.

    Taisez-vous ! Sont-ils en train de hurler dans leur souffrance ! Imaginez-les sur le point de se rouler par terre de souffrance, et réjouissez-vous au contraire qu’ils sachent tout de toutes vos pensées les plus intimes.

  • Mais biensure lorsque Julian Assange, ou autres, révèlent des cables diplomatiques,
    documents secrets des armées, etc… On crie au scandale!
    On réclame la prison à perpétuité, voir la peine de mort,
    on justifie l’enlèvement et la torture, les larmes et le sang qui coulent.

    Entre flicage des pauvres et impunité des riches,
    la transparence à deux vitesses?