Climat : Al Gore vous demande de polluer le web…

Mais c’est subversif ça!!

Pour lutter contre la pollution, Al Gore a décidé… de polluer les commentaires sur internet. Son nouveau truc : vous demander de « flooder » les réactions aux articles évoquant le réchauffement climatique, afin de diffuser la bonne parole.

Le projet est parti d’un constat de départ : « Les entreprises de l’énergie sale ont répandu des mensonges sur le climat, semant la confusion », affirme le site de l’opération. « Résultat ? les gens ne savent plus s’ils doivent agir contre le changement climatique – ni même s’il existe. Les médias ne rapportent pas les faits exacts. »

Pour « propager la vérité », Al Gore a lancé le site Reality Drop, qui répertorie les articles de presse évoquant le changement climatique. Certains sont jugés conformes à la réalité scientifiques, d’autres non. Dans tous les cas, l’internaute est invité à commenter ces articles… sans trop se fatiguer. Car Reality Drop lui fournit du texte tout prêt, à copier-coller dans les commentaires.   

Un éditorial du Washington Times a par exemple été repéré par Reality Drop, qui le considère comme mensonger à cause de cette citation : « 1998 a été une année chaude, mais depuis, le réchauffement climatique s’est arrêté ». Le site a donc proposé à ses lecteurs une phrase toute faite : « 2005 a été plus chaude que 1998, et les dix années les plus chaudes jamais enregistrées l’ont été ces 14 dernières années ». Avec un lien vers les faits selon Skeptical Science, un collectif de scientifiques « luttant contre la désinformation ».

Agaçant, mais efficace

Résultat : une dizaine de commentaires identiques, parmi la cinquantaine de contributions. Certes, la parole est de fait, entendue, mais cette répétition nuit au débat. Quoi de plus agaçant, dans une conversation en ligne, que ces messages copiés-collés, généralement associés à du spam robotisé ? Des méthodes généralement utilisées par des organisations moins respectables… Reality drop explique d’ailleurs qu’il s’agit d’une riposte à leur égard « [les entreprises de l’énergie sale] polluent les commentaires en ligne avec de fausses informations ».

Néanmoins, on ne peut s’empêcher de noter que, quelques heures après la publication de l’article, le Washington Times a retiré la citation problématique… Une victoire pour Reality Drop.

Al Gore espère réunir, grâce au bouche-à-oreille, de plus en plus de slacktivistes pour flooder le web. Et pour les garder, il mise sur la gamification. A chaque commentaire publié, chaque tweet envoyé, chaque statut Facebook partagé, l’internaute accumule des points et remporte des badges. Pas sûr que cela soit suffisant pour contrer les millions de dollars de lobbying des industries polluantes.

 

Un article de Morgane Tual, publié par techethique.blog.youphil.com et relayé par SOS-planete

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