Spécial Fukushima: menace sur les canalisations d’eau et le CNRS: entre révolte et déni

Trois articles autour d’un seul et même sujet: Fukushima, car non seulement la catastrophe n’a jamais cessé, mais elle continue chaque jour avec une issue qui n’a rien de réellement positive. Métaphoriquement, on voit bien que l’histoire de la centrale est à l’image de l’économie du pays, et même en étant optimistes, on ne peut occulter la réalité des faits…

COMME ANNONCE LE GEL MENACE LA CENTRALE FUKUSHIMA ET SES KILOMETRES DE CANALISATIONS D’EAU

Les dernières chutes de neige sur la région de Fukushima n’on pas fondu comme on le voit sur cette photo de la web cam de l’ aéroport de Fukushima prise ce matin à 13H 27 heure locale .

Aéroport fukushima neige

Aéroport de Fukushima Jeudi 17 janvier à 13 H 27

Les températures sont maintenant négatives le jour, comme on le voit sur cette carte météo sur Google Hearth

Relevé de température à 13H30 heure locale le Jeudi 17 janvier 2013 au Japon

Relevé de température à 13H30 heure locale le Jeudi 17 janvier 2013 au Japon

Les prévisions pour les prochaines 72H  indiquent que le froid devrait s’intensifier la nuit prochaine pour atteindre un pic à – 12° C la température ne redevenant plus positives dans la journée.

Prévision météo à Fukushima le Jeudi 17 Janvier 2013

Prévision météo à Fukushima le Jeudi 17 Janvier 2013

Avec cette vague de froid sans précédent depuis la catastrophe de Fukushima les prochaines heures vont donc être décisives pour les centaines de réservoirs de stockage d’eau contaminée , et les kilomètres de canalisations d’eau qui participent au refroidissement des réacteurs . Il est à espérer que la proximité de la mer crée un micro-climat à la centrale nucléaire qui permette de passer ce cap difficile.

Les conditions devraient être normalement plus douces au bord de la mer, toutefois les prévisions annoncées pour la ville Tomioka située à proximité même de la centrale nucléaire sinistrée , montrent seulement un léger passage en températures positives dans le milieu des après midi des jours froids, mais sans différence notables la nuit, avec des températures de – 8°C à – 10°C .

Après un combat contre les très hautes températures des coeurs fondus des réacteurs, c’est maintenant le gel qui menace les installations sinistrés , et paradoxalement tout le système de refroidissement provisoire .

Position de la ville de Tomioka au Nord de la centrale de Fukushima

Position de la ville de Tomioka au Nord de la centrale de Fukushima

Source: fukushima-informations.fr

 

L’Observatoire du nucléaire accuse le CNRS de tromperie

Lire le document complet – PDF

Le 7 janvier 2013, le CNRS a annoncé ( http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2933.htm ) par communiqué la publication d’un document multimédia sur le nucléaire, prétendant que « Cette animation donne au grand public des clés pour mieux comprendre la problématique du nucléaire et ainsi participer au débat qui se déroulera de janvier à avril 2013.« 

Le CNRS pouvait éventuellement prendre position en faveur de l’atome, mais à condition de le faire de façon affichée et assumée. Au contraire, jouant de toute évidence de son statut d’organisme public, le CNRS laisse habilement penser que le contenu de son document est non partisan et ne fait que présenter de façon neutre et honnête les éléments du débat sur le nucléaire. Il s’agit d’une tromperie délibérée.

Le document du CNRS navigue entre réécriture de l’Histoire et propagande insidieuse. D’ailleurs, dès l’introduction, le ton est donné avec la mise en exergue d’un slogan : « La fission de 1 gramme d’uranium 235 produit autant d’énergie thermique que la combustion de 1,6 tonne de fuel ou de 2,8 tonnes de charbon« , évacuant comme par magie l’impact – des mines d’uranium jusqu’à la production de déchets radioactifs – de l’utilisation de ce gramme d’uranium.

L’utilisation de ce slogan ne relève aucunement d’une information pédagogique en direction du grand public, mais tout simplement de la propagande. A titre indicatif, si le document du CNRS avait été rédigé honnêtement, il se serait ouvert sur une phrase du genre : »L’énergie nucléaire : des avantages et des inconvénients, et un grand débat de société« . A condition toutefois que l’ensemble soit impartial.

L’Observatoire du nucléaire publie une critique point par point du document du CNRS, démasquant de nombreuses tromperies, souvent habiles comme les mensonges par omissions. Par exemple :

– Le CNRS justifie l’option nucléaire par « la diversité géographique et politique des pays producteurs d’uranium« , oubliant délibérément que, depuis 40 ans, la France utilise prioritairement l’uranium du Niger qu’elle s’accapare à un tarif dérisoire : aujourd’hui encore, le Président du Niger n’est autre qu’un ancien directeur… d’une filiale d’Areva !

– Le surgénérateur Superphénix n’est évoqué que pour signaler qu’il est en démantèlement, le CNRS censurant l’échec catastrophique de ce prototype qui n’aura réussi qu’un seul « exploit » : désintégrer 10 milliards d’euros.

– Le réacteur EPR de Flamanville (Manche) est évoqué mais… en oubliant totalement de signaler le retard de 5 ans du chantier, les nombreuses malfaçons détectées, et en minimisant l’ampleur du surcoût. Au contraire, l’EPR est valorisé – « son intérêt réside dans sa très grande sûreté« – alors que les péripéties du chantier et la conception (datant du début des années 90) laissent au contraire craindre le pire.

– la fusion nucléaire est présentée comme « un rêve qui justifie les moyens colossaux mis en œuvre par ses promoteurs« , le CNRS valorise le projet ITER en oubliant de préciser qu’il a été condamné par trois Prix Nobel de Physique, dont les français Pierre-Gilles de Gennes et Georges Charpak (cf http://reacteur.iter.free.fr ).

Par ailleurs, les catastrophes nucléaires sont présentées comme d’excellentes opportunités pour « tirer des enseignements » et « améliorer encore le sûreté des réacteurs« , et le nombre de morts causés par Tchernobyl est celui de l’AIEA, « moins de 50 », le CNRS faisait fi des estimations alternatives (jusqu’à 200 000 décès).

L’Observatoire du nucléaire demande au CNRS d’afficher clairement son engagement partisan en faveur de l’atome ou, mieux, de remplacer son document par un autre qui soit, cette fois-ci, réellement honnête et non-partisan.

Source: observ.nucleaire.free.fr

Un chercheur du CNRS en poste au Japon se rebiffe:

« Fukushima : le CNRS tait la vérité et domestique les masses »

Par Thierry Ribault,  Economiste au CNRS
Une Tribune du 16/01/2013 sur Rue89

Je vous invite à aller lire l’article entier sur Rue 89.
En voici quelques extraits:

«« Le CNRS a rendu accessible le 7 janvier un dossier scientifique multimédia sur l’énergie nucléaire, destiné au «  grand public  ». Chercheur au CNRS en poste au Japon, où je travaille sur les modalités de la protection humaine dans le contexte du désastre de Fukushima, je tiens à me dissocier des propos tenus dans cette «  animation  », destinée à domestiquer les masses et taire la véritable situation à Fukushima.

Dans ce dossier «  scientifique  » aux desseins animés, les affirmations dénuées d’argumentation et prenant des allures d’évidences indiscutables sont légion.
… …
Ce que le dossier du CNRS se devait d’établir concernant le désastre de Fukushima, et que ses exécutants académiques ont choisi de ne pas dire, je souhaite le dire aujourd’hui après bientôt deux ans de travail sur place.

Le désastre de Fukushima, c’est une diffusion de césium 137 dans l’atmosphère 500 fois plus importante qu’à Hiroshima, …
C’est un tiers du département de Fukushima contaminé à un taux supérieur à 37 000 becquerels par mètre carré (pour le seul césium 137), et au moins treize départements contaminés, le tout représentant 8 à 10% du territoire japonais.

C’est 1 532 barres de combustible de 3 tonnes et de 4 mètres de long chacune, stockées dans la piscine du réacteur n°4, au cinquième étage d’un bâtiment qui menace, à la première secousse, de s’effondrer, suscitant ce commentaire laconique du Pr. Hiroaki Koide, spécialiste des réacteurs à l’université de Kyoto : « Ce serait la fin ».

C’est 100 000 habitants de Fukushima qui ne peuvent pas partir

Le désastre de Fukushima, c’est 24 000 employés ayant travaillé sur les lieux depuis mars 2011, dont seulement 3,7% peuvent bénéficier d’un examen de détection de cancer proposé par les autorités et TEPCO.

C’est seulement 10% des enfants du département déplacés en dehors de celui-ci.
C’est un tiers des 300 000 habitants de la ville de Fukushima affirmant vouloir partir sans pouvoir le faire.
Ce sont les aides au retour mises en place par le gouvernement, pour inciter les réfugiés à revenir dans des zones pourtant identifiées comme contaminées, et c’est depuis décembre 2012 la suppression de la gratuité des logements publics pour les nouveaux réfugiés hors du département.

Sur les 80 000 enfants examinés pour la thyroïde, 39% présentent des nodules de moins de 20 mm et des kystes de moins de 5 mm d’épaisseur. Un premier cas de cancer de la thyroïde a été officiellement déclaré chez un enfant de moins de 18 ans le mardi 11 septembre 2012.

Voilà la «  protection  » mise en œuvre à Fukushima, qui ne suscite que silence dans le dossier nucléaire du CNRS. «  L’ignorance c’est la force », disait Orwell.
»»
lire la tribune de Thierry Ribault sur Rue 89


NB.
1. Quand on est sur le terrain, on ne voit pas la même chose que les industriels dans leurs usines et les chercheurs dans leurs laboratoires. Ce que Thierry Ribault reproche au document c’est de ne pas tenir compte de la souffrance des populations présentes et futures.

2. J’ai regardé le film….bof, un film de propagande pour l’industrie nucléaire, bien léché.
On peut le voir ici

3. CNRS: Centre National de la Recherche scientifique (France).

Source: vivre-apres-fukushima.fr

9 commentaires

  • engel

    Magnifique.
    Je desespèrai…
    Enfin un Héros en activité au CNRS qui accepte de sacrifier sa carrière à son humanité.

  • robertespierre

    J’attire l’attention de vous tous qui vous interessez à Fukushima
    Le Chercheur du CNRS qui vient de dénoncer les malfaisances du CNRS est en Grand DANGER DE MORT
    Ils n’ont pas hésité avec Mirko Beljanski:le vrai découvreur de L’ARN Assassiné
    renseignez-vous auprès de son épouse Monique
    Je ferai tout ce que je peux pour vous alerter et surveiller les malfaisants
    Il en va de notre dignité
    Je salue un GRAND RESISTANT

  • Maverick Maverick

    On attendait les problèmes du côté sismique, et voilà que c’est la météo qui crée des soucis. Décidément, on est gâtés :(

  • domi26 domi26

    100 % D’ACCORD AVEC VOS COMM’S ET MERCI A robertespierre POUR NOUS PRÉVENIR ET NOUS TENIR AU COURANT

    je ne me rappel pas ou j’avais vus un article , ah c’est là je croit qui nous annonçais que 2013 ALLAIS ETRE UNE ANNÉE A GRAND REBONDISSEMENT AUSSI BIEN NATURE QUE POLITIQUE
    BEN JE VOIS QUE NOUS NE SOMME QUE LE 17 JANVIER 2013 ET ÇA COMMENCE BIEN ………….. NOUS NE SOMMES PAS ENCORE EN FIN D’ANNÉE CELA LAISSE ENCORE PAS MAL DE CATASTROPHE EN PERSPECTIVE NON ???????????????????

    AMICALEMENT LES AMIS

  • Emy Emy

    oui, mais ils ne peuvent pas juste mettre un peu d’eau chaud pour que l’eau soit a la bonne température et ne gèle pas dans les tuyaux.

    comment ils faisaient avant la casta.