Etats-Unis : la présidente du gendarme boursier démissionne après un mandat ardu

Elle démissionne, pour ce qu’elle a servit… Au niveau efficacité, elle fut aussi fiable qu’un politique français! Le pire, ce sont les propos d’Obama au sujet de cette femme, assez édifiants: »la SEC était aujourd’hui « plus forte » et que le système financier était « plus sûr et mieux en mesure de servir les Américains ». Fallait oser sortir de tels propos quand on sait à quel point ce pourri a protégé les banques et que le système est corrompu comme pas possible!

Mary Schapiro à Washington, le 19 juin 2012

Nommée en 2008 en pleine tempête financière, la présidente du gendarme boursier américain (SEC), Mary Schapiro, a annoncé lundi sa démission après avoir tenté de redorer le blason d’une institution discréditée par le scandale Madoff et la crise des « subprime ».

« Pendant les quatre dernières années, nous avons engagé un nombre record d’actions visant à faire respecter la réglementation, nous nous sommes investis dans une des plus intenses phases de régulation et nous avons obtenu du Congrès plus de moyens pour remplir notre mission », a déclaré Mme Schapiro, citée dans un communiqué de la Securities and Exchange Commission (SEC).

Mme Schapiro, 57 ans, quittera ses fonctions le 14 décembre et sera remplacée par Elisse Walter, déjà administratice de la SEC, dont la nomination a été annoncée lundi par la Maison Blanche.

Le président américain Barack Obama a tenu à rendre hommage à l’action de Mme Schapiro, estimant que la SEC était aujourd’hui « plus forte » et que le système financier était « plus sûr et mieux en mesure de servir les Américains ».

A son arrivée en janvier 2009 la tête du régulateur boursier, où elle avait déjà été administratice entre 1988 et 1994, Mme Schapiro avait trouvé une institution profondément affaiblie.

La SEC était alors accusée de ne pas avoir détecté la gigantesque fraude de 50 milliards de dollars orchestrée par l’investisseur Bernard Madoff et surtout d’avoir laissé se former la bulle spéculative qui avait débouché sur la crise des crédits immobiliers à risque, les fameux « subprime », à l’été 2007.

Le discrédit était tel que l’administration Bush avait envisagé de dissoudre la SEC et de bâtir un organe de régulation plus large couvrant également les marchés des matières premières.

Elisse Walter vient d’être choisie pour présider la SEC, à Washington, le 19 septembre 2011

Quatre ans après, sous le mandat de Mme Schapiro, la SEC a estimé lundi avoir « posé les fondations » d’une nouvelle régulation de produits financiers complexes et d’avoir contraint les fonds d’investissement à s’enregistrer auprès d’elle et à se conformer à ses règlements.

Pendant cette période, la SEC s’est également attaquée aux transactions boursières éclairs (« flash trading ») et a pris des mesures empêchant les banques de concevoir et vendre des produits financiers sur lesquels ils spéculent à la baisse.

Récemment en août, le gendarme boursier a même pris des mesures afin de lutter contre le financement indirect des conflits armés en République démocratique du Congo.

Parmi les mesures phares du mandat de Mme Schapiro, la SEC a poursuivi au printemps 2010 la banque d’affaires Goldman Sachs, l’accusant de tromperie envers des investisseurs à propos de dérivés de crédit peu avant la crise financière, ce qui a donné lieu à une amende record de 550 millions de dollars.

Mais tout au long du mandat de Mme Schapiro, le régulateur a également dû battre en retraite sur plusieurs dossiers (réforme des fonds monétaires…) et n’a pu totalement empêcher les excès de la spéculation.

En mai 2010, elle avait ainsi été impuissante face à un krach éclair qui avait provoqué un plongeon historique à la Bourse de New York.

Fin novembre, un juge de New York avait aussi refusé de valider un accord entre la SEC et Citigroup, accusant l’agence gouvernementale de manquer de fermeté.

A un plan plus personnel, Mme Schapiro a par ailleurs été critiquée pour avoir négligé des alertes concernant le scandale Madoff alors qu’elle était à la tête de l’autorité américaine de régulation du secteur financier (Finra), qu’elle présidait avant de prendre les rênes de la SEC.

Son départ s’incrit dans un vaste remaniement de l’administration Obama après sa réélection en novembre. Hillary Clinton (Département d’Etat) et Timothy Geithner (Trésor) doivent notamment quitter leurs portefeuilles.

Source: Boursorama

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