Une journaliste violée place Tahrir… (MàJ)

Caroline Sinz, violée à Tahrir: «La foule applaudissait»

Photgraphie non datée de la journaliste de France 3, Caroline Sinz, qui dit avoir été attaquée et sexuellement agressée place Tahrir, au Caire, le 24 novembre 2011. FRANCE 3 / AFP

La journaliste de France 3 raconte son calvaire…

Caroline Sinz, reporter couvrant les récents événements en Egypte pour France 3, a été agressée et violée lors d’un tournage, jeudi en fin de matinée. Elle a expliqué à Télérama.fr comment elle et son caméraman avaient été violemment pris à partie pendant trois quarts d’heure par une foule d’hommes, près de la place Tahrir.

«On était dans les rues adjacentes de la place, à interviewer les gens. Des jeunes commençaient à se presser autour nous. Mon caméraman, qui parle arabe, m’a dit « Caro, ça commence à sentir mauvais, faut partir ». On n’a pas eu le temps», se souvient la journaliste. Séparée de son caméraman, elle a été «jetée» sur la place Tahrir, entourée d’abord de jeunes, puis d’hommes plus vieux. «Ils étaient une cinquantaine, ils ont déchiré mes vêtements, ont arraché mon jean, mes sous-vêtements. M’ont violée avec leurs doigts. Pendant 45 minutes. La foule applaudissait autour.»

«La foule tapait sur les parois de l’ambulance pour me récupérer!»

Caroline Sinz raconte qu’elle a cru mourir. Mais finalement, après trois quarts d’heure de calvaire, des hommes parviennent à l’extraire de la foule en folie. «J’ai été recueillie dans une ambulance. La foule tapait sur les parois pour me récupérer! Ils voulaient me lyncher.»

Pour expliquer l’acte de ses agresseurs, Caroline Sinz avance que «la population a eu la tête farcie par l’ancien régime et la presse égyptienne sur le fait que les journalistes occidentaux sont des agents sionistes, pro-américains. Et puis il y a le rapport aux femmes des hommes musulmans, qui n’est pas simple. Les hommes sont souvent frustrés sexuellement. La femme occidentale, surtout blonde, est perçue comme une femme facile.»

Après avoir choisi de rester en Egypte, pour ne pas «avoir l’air de céder», la journaliste a décidé de rentrer en France. «J’ai raconté ce qui m’était arrivé. Comme si c’était quelqu’un d’autre. Mais ce matin (vendredi, ndlr), je me suis effondrée. (…) L’idée de ressortir, de me retrouver en contact physique avec eux, de retomber peut-être sur les mêmes… C’est trop de stress. Et puis, je n’ai pas de femme ici à qui parler.» Mais si elle part, c’est pour mieux revenir, assure celle qui pense que ce qu’elle a vécu «ne changera pas (s)a manière de travailler».

 

 

Nicolas Bégasse
20Minutes
Après l’agression sexuelle de trois journalistes femmes en Égypte, Reporters Sans Frontières a conseillé aux rédactions de ne plus dépêcher de femmes sur place…
Caroline Sinz, Mona Eltahawy, Lara Logan. Toutes trois journalistes, toutes trois chargées de couvrir la révolution égyptienne. Toutes trois battues, agressées sexuellement, dans les six derniers mois, dans les rues du Caire. Toutes trois, femmes.

Caroline Sinz, journaliste de France 3, dernière victime en date, a été agressée ce jeudi, aux abords de la place Tahrir. Elle raconte: «J’ai été tabassée par une meute de jeunes et d’adultes qui ont arraché mes vêtements et qui ont procédé à des attouchements répondant à la définition du viol.»

Reporters sans frontières a aussitôt réagi en publiant un communiqué demandant explicitement aux rédactions de «cesser momentanément d’envoyer des femmes journalistes en reportage en Egypte», en ajoutant: «C’est malheureux d’en arriver là, mais face à la violence de ces agressions, il n’existe pas d’autre solution.»

Communiqué retiré très rapidement du site de RSF, au profit d’une version bien plus nuancée: «Il n’est pas question de renoncer et de cesser de couvrir la situation en Egypte, mais il faut s’adapter aux menaces actuelles. Les femmes reporters qui se rendent sur la place Tahrir doivent avoir conscience de cette situation.»

«Des journalistes comme les autres»

Internautes et journalistes n’ont pas lésiné à exprimer leur désaccord avec le conseil de RSF. Une tentative de dissuasion «humiliante» pour Marie-Françoise Colombani, éditorialiste du magazine ELLE. Une «régression» pour Pierre Haski, co-fondateur de Rue 89, un «renoncement majeur qui en règlerait rien» pour Olivier Siou, rédacteur en chef adjoint sur France 2.

Le syndicat des journalistes CGT de France Télévisions a quant à lui fortement critiqué la prise de position de RSF. Dans un communiqué, le SNJ-CGT estime «que les femmes sont des journalistes comme les autres et qu’elles ont le droit d’exercer leur métier comme tout confrère (…). La presse ne doit pas plier devant ceux qui voudraient cantonner nos consœurs au rôle d’épouse et de mère.»

Et vous, comprenez-vous la position de RSF? Voyez-vous dans ce conseil une simple volonté de protection d’une population prise pour cible? Ou un conseil avilissant pour les femmes reporters? Une telle distinction, fondée sur le sexe est-elle moralement admissible? Le danger, aussi avéré soit-il, peut-il justifier d’écarter les femmes journalistes de la couverture de certains événements?

Déposez votre avis dans les commentaires ou écrivez-nous à reporter-mobile.@20minutes.fr .

299 commentaires

  • heaventramp

    Pfff ! il ya des fotes d’ortografe ! scuse…

  • delphine

    Bonsoir,
     
    tout et son contraire est dit et pensé concernant ce viol. mon esprit simple s’arrêtera à des fondamentaux :
    primo : on ne viole pas une femme
    secundo : si on est témoin, on ne laisse pas violer une femme
    quelles que soient les circonstances sociales, hormonales , il n’y a aucune excuse. ils n’ont pas de femmes, qu’ils s’en prennent à leur société archaïque. n’oublions pas que dans nombres de sociétés dites « traditionnelles » actuelles il est de bon ton quand madame est encore enceinte, de bénéficier des progrès de la science: si l’échographie révèle une fille,on avorte plus facilement que s’il s’agit d’un mâle.il y a donc des déséquilibres qui commencent à émerger entre populations mâle et femelle. en plus q’ils sont au chômage, pas d’argent pour se marier. dans un sens ce n’est pas plus mal, vu le sort réservé à la femme lambda dans ces « cultures ».
    nous n’avons aucune leçon à recevoir de rétrogrades. si nos femmes sont jolies cela ne signifie pas qu’il faut leur sauter dessus comme un troupeau de crétins en rut. mais cela augure très mal de l’avenir de nos sociétés si non seulement, elles ne se dressent pas contre ces modèles, mais encore les laisse s’infiltrer insidieusement au coeur de nos valeurs humaines, démocratiques et citoyennes.
    certains soupçonnent une manipulation obscure….j’ai du mal à capter la chose. En effet, si on a monté un coup médiatique, cela n’a aucun sens puisqu’en France, tous les médias, cercles mal-pensants, intelligentsia avariée et autres racailles  liées au pouvoir et soutien du pouvoir font bloc pour que les choses ne s’enveniment pas avec leurs petits protégés.merci de m’expliquer ce qu’a gagné cette femme  à devoir étaler une situation dégradante et humiliante. et que personne parmi les dirigeants n’allait se risquer à un commentaire carré! :evilgrin:
    au risque de paraître obtuse, rien ne justifie un viol, même si la femme est blonde et même si elle est aguicheuse (ce que n’était certes pas cette journaliste en mission) un homme normal devrait savoir contrôler ses pulsions.
    l’enseignement que je retire de cette triste histoire:
    les peuples, c’est comme les meubles, grattez le vernis. certains bois apparaîtront complètement vermoulus, là où certains montrerons la beauté et la noblesse de leur  matière….
    prenez des peuples arriérés et gynophobes, nourrissez les pendant plusieurs siècles de religion totalitaire….puis laissez les veulement nous donner des leçons de civilisation :shutmouth:
    les femmes ont vraiment intérêt à se réveiller avant qu’il ne soit trop tard.