La Banque de Grèce lance un avertissement solennel de la dernière chance…

Le feuilleton continu, les nuages s’amoncellent et les milliards vont affluer, pour tenter de sauver ce qui ne peut plus l’être.

Le siège de la Banque de Grèce, le 9 novembre 2011 Louisa Gouliamaki afp.com

Un défaut de paiement n’est plus loin pour la Grèce…

La Grèce doit choisir entre une « descente incontrôlée » et un « effort total », a averti solennellement mercredi la Banque de Grèce (BdG), selon laquelle le deuxième plan d’aide décidé par la zone euro fin octobre constitue « probablement la dernière chance » pour le pays.

Elle craint l’éventualité d’un défaut de paiement «incontrôlé» du pays si les mesures prévues par le plan européen ne sont pas mises en œuvre et réalisées très vite.

Le «maintien du pays dans la zone euro» est «en jeu», affirme le rapport, en soulignant que la période actuelle «est la plus critique pour la Grèce depuis la Seconde guerre mondiale».

La BdG rappelle régulièrement à l’ordre la classe politique, les responsables économiques ou les partenaires sociaux grecs devant la montée des périls qui pèsent sur le pays, menacé de défaut de paiement sur sa dette avant la fin de l’année.

La Grèce a le choix entre une descente incontrôlée qui «saperait la plupart des réalisations des décennies passées, ferait sortir le pays de la zone euro, ferait reculer le niveau de vie de la Grèce » et « un effort total dans la zone euro, en coopération étroite avec nos partenaires européens et la communauté internationale pour atténuer le choc, raccourcir la difficile période d’ajustement et poser des fondations solides pour restructurer l’économie et retrouver la croissance», explique le rapport.

« De nouveaux retards » ou le non-respect des objectifs «doivent être évités de toutes les manières possibles», indique le texte en demandant que tous les efforts soient faits au contraire pour «dépasser les objectifs».

Les dirigeants de la zone euro ont mis au point les 26 et 27 octobre un deuxième plan d’aide à la Grèce comportant un volet d’effacement de dette de 100 milliards d’euros négocié en ce moment avec les banques privées, un nouveau prêt de 100 milliards d’euros et 30 milliards pour la recapitalisation des banques.

Ce plan est assorti d’une stricte poursuite de la politique de rigueur et d’un contrôle accru sur la politique budgétaire du pays. «Jusqu’à présent, le rythme et le degré de mise en œuvre des politiques ont échoué à convaincre les marchés et l’opinion publique que la Grèce est en route pour réaliser les objectifs fixés», estime la Banque.

Selon elle, le «déficit de crédibilité» de la Grèce tient au fait que les réformes économiques ont été conduites de façon «parcellaire, indécise, avec des retours en arrière et des retards, et plutôt en suivant les événements qu’en les précédant».

La BdG réitère les sombres prévisions économiques pour 2012, avec une récession qui doit se poursuivre pour la cinquième année consécutive, la reprise de la croissance du PIB n’étant pas attendue avant 2013, et très modérée (moins de 1%).

Importé par 20minutes.fr

18 commentaires