La grande muraille d’Amérique….

La dictature n’est pas loin, la liberté du net est en passe d’être enchainée…..On sait que ce qui est mis en place aux USA, est un exemple à suivre……………… :no:

J’aime bien lire le New York Times. On y apprend des choses fascinantes dans la section Opinions.Tenez, justement cette semaine a été publié un article intitulé « Stop the Great Firewall of America».
Rebbecca MacKinnon, de la New America Foundation et fondatrice de Global Voices Online, y rapporte qu’un projet de loi à l’étude aux États-Unis permettrait au procureur général de créer une liste noire de sites devant être bloqués. Vous avez bien lu. Une liste noire de sites interdits.

Cette liste noire serait transmise aux fournisseurs de services Internet, aux moteurs de recherche, aux fournisseurs de paiement et aux réseaux de publicité pour les contraindre à ne diffuser ni l’adresse Web du site ni son contenu.

Je vais l’écrire autrement.

Une autorité centrale pourrait décider de bloquer des sites Web et d’empêcher les internautes d’y accéder en forçant les intermédiaires (fournisseurs d’accès Internet, moteur de recherche, etc.) à ne pas afficher les pages en question.

J’insiste pour le dire plus directement encore, afin de dissiper tout doute.

Si un Américain voulait accéder à un site et que ce site se trouvait sur la fameuse liste noire, il ne le pourrait tout simplement pas si cette loi était adoptée.

Cette liste noire serait élaborée de façon discrétionnaire, sans qu’aucune cour ait au préalable statué sur son contenu. Arbitrairement, quoi.

Donc. Je reprends (je veux être sûr de ne perdre personne en cours de route).

Une autorité centrale pourrait censurer arbitrairement des sites Web pour empêcher la population d’accéder à ce qu’elle considère comme des contenus subversifs.

Toute ressemblance avec le parti unique chinois et sa grande muraille pare-feu informatique ne serait que pure coïncidence. Car ce n’est pas de censure politique dont on parle aux États-Unis, seulement de protection des droits d’auteur.

Sous les pavés, le plagiat

Tel est le but du projet de loi appelé Stop online piracy act. Un nom inoffensif, mais dans les faits le résultat est le même qu’en Chine.

Car le projet de loi va encore plus loin. Il permettrait à toute entreprise privée de poursuivre les fournisseurs de services qui reproduisent du contenu interdit, même brièvement, même sans le savoir, sur leurs serveurs. Si le contenu en question touche le droit d’auteur, s’entend.

Depuis le début, Internet a radicalement remis en cause la notion de droit d’auteur ou, plutôt, le lobby industriel du droit d’auteur.

YouTube, Twitter et Facebook sont des sites de contenus générés par les utilisateurs. Actuellement, le Digital millennium copyright act américain garantit à ces sites une immunité contre les poursuites aussi longtemps qu’ils agissent de bonne foi pour protéger les droits d’auteur des ayants droit qui en ont font la demande.

Le projet de loi inverse cette logique : les contenus devraient être validés avant leur mise en ligne, sinon les intermédiaires risqueraient une poursuite judiciaire.

Rebbecca MacKinnon, l’auteur de l’article, va jusqu’à dire que le projet de loi ne fait qu’imiter le projet chinois de censure en cherchant à provoquer une « auto-discipline » dans toute l’industrie. Il modifierait la loi actuelle qui protège les opérateurs dont le contenu est déposé par ses clients et usagers. Le projet de loi leur retirerait cette protection. Le fardeau de la preuve leur incomberait : ce serait à eux de prouver que leur site n’a pas servi à transgresser les lois sur le droit d’auteur.

En Chine, on scrute et censure les contenus pour ne pas s’attirer les foudres des autorités. Dans le doute, on efface. Et le droit de parole passe à la trappe.

Honni soi qui mal hyperlie

L’effet immédiat de cette loi, si elle est adoptée, est de créer un filtrage de tout ce qui est publié et diffusé en ligne aux États-Unis.

Si votre site au Canada ne plaît pas à une entreprise aux États-Unis, les fournisseurs d’accès et les moteurs de recherche américains n’auront pas d’autre choix que de bannir votre adresse en ligne sur simple demande grâce à cette liste noire, et ce, avant même qu’il n’y ait procès.

Si vous pensez que ce genre de procédé constituera une exception, vous vous leurrez. Il deviendra une pratique courante pour éliminer des concurrents. Ce sera simplement une arme commerciale de plus.

Ah, oui. À la trappe, aussi, les mouvements politiques alternatifs comme le printemps arabe ou les 99 % des indignés. Qui prendra le risque d’afficher cette racaille en ligne? La démocratie est bien moins importante que le marché, n’est-ce pas?

Bien sûr, la propriété intellectuelle doit être protégée, là n’est pas le débat. Mais la façon de s’y prendre ne doit pas limiter l’innovation, le droit de parole et les droits civiques sur les réseaux. Une grande muraille en Amérique n’augurerait rien de bon…

Un article de Martin Lessard
Source Blog-Radio-Canada.ca partagé avec l’Eveil2011

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