Grèce: ha la belle arnaque que voilà!

Ha je le sent bien venir là! Pour remplacer Papandréou, il faut bien quelqu’un de conciliant qui ne va pas à son tour vouloir un référendum, la dictature européenne en dépend, et dans les favoris au poste de premier ministre: Lucas Papademos, conseiller de Papandréou et ancien vice-président de la Banque centrale européenne. Ben voilà! On pousse le premier vers la sortie pour le remplacer par un banquier! C’est exactement la même technique qui a été utilisée en aout après la décote des États-Unis, le président de l’agence de notation poussé à démissionner pour le remplacer par un ancien de Citygroup.

Athènes (Grèce), dimanche soir. Georges Papandréou quitte le Palais présidnetiel après son entrevue avec le leader de l'opposition et le président. 

Athènes (Grèce), dimanche soir. Georges Papandréou quitte le Palais présidnetiel après son entrevue avec le leader de l’opposition et le président. | AFP PHOTO / LOUISA GOULIAMAKI

Un accord pour un gouvernement d’union nationale sans Georges Papandréou a été trouvé entre les deux principaux partis politiques grecs, dimanche soir. Cet accord a été obtenu de haute lutte lors d’une rencontre entre le Premier ministre sortant et Antonis Samaras, le n°1 de Nouvelle démocratie, principal parti de droite, en présence du président grec, Carolos Papoulias. 

Comme prévu, Papandréou s’est engagé à démissionner.

Ce gouvernement sera chargé de «mettre en œuvre le plan européen anticrise» et de le ratifier avant la fin de l’année, avec son train de mesures d’austérité. Après seulement pourront se tenir les élections anticipées chères à la droite. Dans la foulée, le ministère des Finances a indiqué que les deux parties étaient tombées d’accord pour convoquer des élections législatives anticipées le 19 février.

Nouveau gouvernement , conseil de l’Eurogroupe : un lundi crucial

Georges Papandréou voulait éviter un « vide du pouvoir » et conditionnait sa démission à un accord de gouvernement, mais Andréas Samaras réclamait l’exact inverse. Aucun nom de Premier ministre n’a encore été fixé, les deux hommes devant avoir un nouvel entretien lundi pour le désigner et faire ensemble la composition du nouveau gouvernement. C’est le ministre des Finances actuel, Evangélos Venizélos, qui se rendra ce lundi à la réunion de l’Eurogroupe, selon l’accord trouvé dimanche soir. Il est en charge des négociations depuis la mi-juin.

Il fait figure de favori pour le poste de Premier ministre. Avec son nom est cité de Lucas Papademos, conseiller de Papandréou et ancien vice-président de la Banque centrale européenne. Le journal libéral «Kathimérini», sous un titre dénonçant des «Marchandages à bord du Titanic», avance lui l’hypothèse de Stavros Dimas, ex-commissaire européen à l’environnement, qui accompagnait samedi Antonis Samaras lors d’une intervention télévisée.

Le calendrier apparaît d’autant plus serré que la Grèce entend commencer à négocier dès lundi lors du conseil de l’Eurogroupe le versement d’un soutien de 80 milliards d’euros d’ici fin février, dans le cadre de l’accord de désendettement conclu par la zone euro fin octobre à Bruxelles. Elle doit ratifier ce plan au Parlement d’ici fin 2011, qui inclut de nouveaux douloureux sacrifices pour les Grecs.

Les Grecs plébiscitent l’euro à 80%

Antonis Samaras, devenu au fil du psychodrame vécu par la Grèce et la zone euro depuis une semaine le pivot essentiel de cette partie politique, avait réitéré samedi son refus de soutenir en l’état et sous forme «d’un chèque en blanc» de telles mesures d’austérité. Fort à 60 ans d’une carrière politique construite pour l’essentiel sur l’inflexibilité, il a dénoncé depuis deux ans le «dosage» de la politique dictée par les créanciers du pays, jugeant qu’en imposant la rigueur à tout prix, elle risque de tuer l’économie. Mais face au risque d’un dérapage incontrôlé du pays, il s’est pour la première fois engagé à soutenir le vote du plan de Bruxelles.

Une avancée qui prend acte de l’europhilie que les Grecs continuent de nourrir. Selon trois sondages parus dimanche, ils plébiscitent l’euro à près de 80%, en dépit de la grogne contre l’austérité qui a semé la fronde contre Georges Papandréou dans la majorité socialiste, fait gronder la rue et grippe à coup de grèves à répétition la machine étatique.

«L’absence d’un consensus risquerait d’inquiéter nos partenaires européens sur notre volonté de rester dans l’euro», avait mis en garde samedi Georges Papandréou. Même l’influente Eglise orthodoxe de Grèce est intervenue dimanche pour prêcher la « responsabilité » aux acteurs du grand marchandage politique, un appel également lancé par le patronat.

Source: LeParisien.fr

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