la chute d’un système

Moi, ingénieur, 10 ans d’expérience, 1500 euros par mois…

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Pour mon premier article j’avais envie d’écrire mon témoignage pour montrer comment on décourage les gens qui veulent travailler, aujourd’hui en France, et les tristes conséquences que cela a sur le monde industriel actuel.

 

Comme il me semble loin le temps où je pensais gagner ma vie correctement grâce à mon travail ! Ce n’est pourtant pas si loin en fait, 10 ans à peine, ou un peu plus… Et durant ce laps de temps je dois dire que j’ai sérieusement déchanté sur les possibilités qui sont encore offertes en France de s’enrichir lorsqu’on est honnête et bosseur, et sur l’existence des opportunités de construire quelque chose à soi et pour soi.
Ou alors ça existe, mais alors pas pour moi…
J’ai tout fait pour m’en sortir
Peut-être que vous vous reconnaîtrez dans ma petite biographie…
Titulaire d’un Bac scientifique avec mention, je faisais partie des meilleurs de mon lycée de province, et je rêvais alors de devenir ingénieur en mécanique. Je croyais à la vertu du travail, car jusqu’au Bac l’égalité existe encore et ce sont les meilleurs qui obtiennent les meilleures notes. Point. Pas d’inégalités. Alors je bossais dur pour me construire une meilleure vie.

Mais malheureusement pour moi financièrement je faisais partie de la fameuse « zone noire » des classes moyennes, dans laquelle vous êtes un peu trop riche pour avoir droit à une bourse et beaucoup trop pauvre pour pouvoir financer un diplôme hors de prix dans une grande école (approximativement 15000 euros par an pour financer les frais de scolarité, le logement et les frais de vie, et ce durant 5 ans soit 75000 euros au total).

Et les études d’ingénieur, en plus d’être cher, c’était aussi loin de chez moi.
Ailes brisées sèchement d’entrée de jeu, je suis resté sur le carreau devant les portes des grandes écoles. J’ai alors vu ces fameuses portes s’ouvrir en grand pour de bien moins bons élèves que moi, et ce sur des critères purement financiers qui nous triaient tous par origine sociale. « Tu peux payer, tu rentres ». « Tu ne peux pas payer, tu restes dehors ». Qui que tu sois, c’est comme ça…
Mais j’avais la gnaque, persuadé que le travail peut tout…
Ce que les autres achetaient, moi j’avais décidé de le gagner ! Alors pendant plus de dix ans j’ai successivement suivi des cours en alternance, fait des petits boulots mal payés, mis de l’argent de côté pour me payer des diplômes supérieurs ou des formations hors de prix. La gnaque ! J’ai travaillé dans plusieurs bureaux d’études, dans des régions différentes, dans plusieurs domaines différents. La gnaque ! J’ai grimpé le échelons, j’ai fait des heures sup, j’ai prouvé ma valeur en obtenant des promotions et en devenant cadre intermédiaire. La gnaque ! La gnaque ! Licencié économique pendant la crise de 2008, j’ai rebondi pour passer un Master de Mécanique et finalement j’y suis arrivé : aujourd’hui je peux prétendre au titre chèrement gagné d’ « Ingénieur en Mécanique ». J’ai mis plus de dix ans à obtenir ce qu’un fils à papa achète en cinq ans avec l’argent de ses parents.
J’ai réussi, enfin !
Et armé de mon précieux diplôme et de toute l’expérience acquise pendant ces années de galère, j’ai passé des entretiens d’embauche au cours desquels on m’a proposé un contrat d’un an… à 1500 euros net par mois !…
La ridicule récompense du travail
1500 euros net… Une misère… ou alors 1800 mais il faut accepter une mobilité nationale pour laquelle je peux très bien me retrouver à travailler une semaine à Lille, puis une semaine à Lyon, puis une semaine à Marseille en encaissant tous les frais de déplacement et d’hébergement à ma charge. Autant dire une arnaque !
On appelle ça « être consultant ».
Et le type que j’avais en face de moi, la mine abusivement tristounette, me racontait que ce n’était pas sa faute et que c’était la crise qui voulait ça, que c’était une opportunité à saisir, qu’il faisait un vrai effort et qu’à la fin du contrat, si mes résultats étaient satisfaisants, il relèverait bientôt mon salaire à un niveau mirobolant qui me laisserait probablement pantois.
J’ai fait mine d’accepter l’espace de quelques secondes, et alors la durée du contrat est passée instantanément de 12 à 24 mois. J’avais ma preuve : le type était un bel escroc, j’ai donc refusé de signer.
Il mentait à coup sûr : à son poignet il l’avait, lui, la fameuse Rolex qui prouve qu’on a réussi sa vie ! Et en sortant de son immeuble j’ai bien remarqué l’énorme berline flambant neuve garée sur le parking orné du panneau « direction ».
C’était le bouquet final, cet entretien ! Le moment où j’ai eu envie de tout arrêter, de changer de métier et de quitter l’activité pour laquelle j’avais tant travaillé. Car je ne voudrais pas que vous croyiez que je ne l’ai pas vu venir : cet entretien est l’atterrissage de la longue dégringolade de l’industrie française, dont j’ai été l’humble témoin durant ces dix dernières années, et que je vais essayer de vous raconter.
La chute
Je vais vous condenser ce que j’ai vu dans les entreprises que j’ai traversé, comme si j’étais resté dans la même durant tout ce temps.
Il y a un peu plus de dix ans, lorsque j’ai commencé à travailler, nous étions tout un panel de techniciens, et au-dessus de nous nous avions un chef de service qui était plus expérimenté, plus compétent, et qui avait donc un gros salaire et les responsabilités qui allaient avec.
C’était normal, ça ne choquait personne. Mais les années passant, j’ai constaté la disparition de cette structure pourtant logique, pour passer à un autre organigramme dont le but n’était plus du tout l’efficacité technique.
D’abord les chefs de service ont été exterminés, car très compétents ils coûtaient aussi trop cher. Progressivement ils ont été remplacés par des managers, c’est-à-dire des types sans compétences ni expérience particulière, soi-disant capables d’encadrer une production de yaourts comme d’encadrer la fabrication d’une voiture. Des grandes gueules surcaféinées, la plupart du temps primées pour obtenir du rendement et des résultats mesurables par des indicateurs (et pas forcément la qualité du travail fourni).
Mais ces managers étant dépourvus de compétences spécifiques aux usines dans lesquelles ils travaillaient, ils voulaient bien du gros salaire mais pas des responsabilités qui allaient avec. Ils ont donc créé des postes intermédiaires « fusibles » destinés à les protéger en cas de pépin. Des postes de « responsable sécurité » ou « responsable technique » par exemple, uniquement posés là pour protéger leur chef de tout incident éventuel.
A mesure que ces postes fusibles se créaient pour protéger le manager principal incompétent, des postes de techniciens disparaissaient pour compenser le déplacement de la masse salariale vers le haut de l’organigramme, vers ces types qui ne produisaient rien et qui nous regardaient travailler. Ils étaient la plupart du temps diplômés de l’une de grandes écoles qui m’avaient été inaccessibles (donc venant souvent de familles plus riches que la mienne), et dépourvus de compétences particulières leurs salaires ont commencé à baisser au profit du niveau supérieur managerial qui aspirait toujours plus d’argent.
De notre côté, parmi les techniciens, on nous demandait de travailler de plus en plus vite tout en étant de moins en moins nombreux, en utilisant le prétexte de l’informatisation croissante et de la concurrence internationale.
L’arrivée des marchands d’esclaves
La structure étant en place, il a fallu qu’ils s’attaquent aux gens qui la composaient. C’est là que sont entrés en scène les « prestataires de services ».
L’idée, c’était de maintenir les gens en permanence sous pression, de les obliger tous les jours de leur vie à gagner leur place dans la société. Pour cela la solution est connue : développer la précarité, faire en sorte que les gens soient en permanence sous la menace d’une fin de contrat qui les précipiterait vers le chômage.
Et ces prestataires de services, qui prenaient une commission sur le travail des gens sans effectuer réellement de travail eux-même, ont largement contribué à creuser les écarts de salaire entre les managers et les « exécutants » qui devenaient alors d’une façon péjorative « opérateurs ».
Clairement, leur but était de vendre leurs effectifs le plus cher possible aux entreprises, tout en reversant le minimum aux employés en question. Peu à peu, ils devenaient marchands d’esclaves en recherchant à tout prix la marge maximale sur des effectifs désormais obligés de passer par eux pour travailler.
Car désormais la fracture est sèche et nette : d’un côté les maîtres qui dirigent sans connaître et de l’autre les esclaves qui obéissent et subissent pour des salaires qui tournent au ridicule.
Des salaires qui baissent, d’autres qui s’envolent
Donc les salaires de la base exécutante (cadres y compris) baissaient, baissaient, baissaient encore sous la pression de la recherche du profit maximal tandis que ceux des managers s’envolaient, goinfrés qu’ils étaient comme sous l’effet de balancier de l’appauvrissement des autres.
Parlons « chiffre », pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté : il y a vingt ans, me disait un ancien collègue, un dessinateur projeteur gagnait 20000 francs par mois (3000 euros). Or aujourd’hui le même poste ne permet de gagner que 1600-1800 euros net par mois. Si la moyenne des salaires français a continué d’augmenter, tout comme le pouvoir d’achat et qu’entre temps le montant des loyers a explosé alors qu’on m’explique où est passé l’argent si ce n’est dans la poche des managers et des dirigeants ?
J’ai assisté à tout ça, j’en ai été le témoin. J’ai vu les effectifs des entreprises se scinder en deux groupes bien distincts : ceux qui ordonnent à prix d’or et sans savoir et ceux qui savent et qui obéissent pour une bouchée de pain. Et durant ce temps je me disais : « Un jour pour moi ce sera différent, car moi je mériterai ma place en étant compétent pour le poste que j’occuperai et que j’aurai gagné. »
Mais je me trompais, comme je l’ai constaté.
La disparition des élites
Je me trompais car l’examen rapide de l’encadrement actuel d’une entreprise montre clairement l’impossibilité d’obtenir quoi que ce soit par la force du travail, car parmi cet encadrement ne se trouve actuellement personne qui ait obtenu sa place par la maîtrise du domaine dans lequel il évolue.
Personne.
Les chefs de service qui nous servaient d’exemple il y a une dizaine d’années, compétents et expérimentés, sources d’expérience et de savoir-faire, n’existent plus. Virés car trop chers. Ils nous servaient pourtant de modèle de réussite et nous donnaient une raison de travailler pour gagner une meilleure situation.
Posez aujourd’hui une question technique à votre chef il sera sûrement incapable d’y répondre car il n’a pas les connaissances pour le faire. Membre d’une pseudo-élite, il occupe bien souvent cette place grâce à la mise en œuvre d’un réseau quelconque : familial, scolaire, sportif ou autre. Bref, il est là en quelque sorte grâce à son origine sociale, me rappelant ainsi le fameux « tri financier » qui s’effectuait à l’entrée des grandes écoles.
Une conclusion s’imposait donc : gagner une meilleure situation devenait impossible par le travail, mais possible par d’autres méthodes comme un fait très médiatique allait me le prouver bientôt.
Rien ne sert de courir, tout dépend d’où l’on part.
Lorsque Jean Sarkozy s’est retrouvé catapulté à la tête de l’EPAD, j’en aurais vomi ! Que ce type qui a déjà tout sans jamais avoir rien gagné se retrouve ainsi mis en sécurité à une poste de direction alors qu’il est incapable ne serait-ce que d’obtenir un DEUG de droit m’a donné une nausée comme jamais je n’en avais eue dans ma vie. C’était une honte ! Une véritable honte !
Aucun travail fourni, et pourtant une belle récompense qui tombe !
Décidément le traitement entre eux et nous n’est vraiment pas le même !
Car cette nomination, au-delà du statut de « fils à papa » qui vous permet d’obtenir une place sans l’avoir méritée, prouve un fait qui est a recouper avec ce que j’ai déjà écrit plus haut : le fait que beaucoup de postes d’encadrement aujourd’hui, voir de direction, ne demandent absolument aucune compétence ni aucune formation particulière. Pour ça : Jean Sarkozy est la preuve ! Nous sommes à deux doigts de l’emploi fictif.
Je cite cet exemple parmi tant d’autres car c’est le plus connu d’entre tous, le plus flagrant, le plus insupportable, mais certainement pas un cas isolé. Car les entreprises françaises sont vérolées par le jeansarkozisme, l’emploi imérité ou de complaisance. C’est ça qui les tue, et pas autre chose. Pas la crise, ni la concurrence ni quelque prétexte du même genre.
Jamais de vraies raisons, mais toujours des prétextes.
Des prétextes, j’en ai entendu par brouettes durant ces dernières années pour justifier la baisse des salaires. Des menaces de délocalisations soit-disant conséquences de la concurrence internationale mais destinées en fait à maximiser les profits en exploitant des pays à bas salaires. Et ces prétextes, au fil du temps, ont vu leur bouc-émissaire changer suivant la situation internationale.
D’abord ce fut les pays de l’est qu’on nous montrait du doigt, puis ce fut la Chine, ensuite la crise financière, et maintenant la deuxième crise financière. Et ainsi les salaires baissaient par à-coups pour être dangereusement rattrapés par le SMIC.
Je parle de prétexte car il ne peut s’agir de vraies raisons, dans la mesure où parallèlement à ça la production intérieure n’a cessé d’augmenter, tout comme le pouvoir d’achat soi-disant chiffre révélateur et infalsifiable. La population de ce pays n’ayant pas explosé brutalement, je ne vois pas de raison à la baisse des salaires si ce n’est une exécrable répartition prouvant la cupidité grandissante de dirigeants non-élus, de plus en plus puissants prêts à tout pour s’enrichir encore plus.
Il n’existe aucune raison valable justifiant cette absurdité néo-monarchique qui est en train de se mettre en place. Aucune.
Médiocrité et démotivation
Les conséquences de cette absurdité sont doubles :
D’une part la médiocrité croissante des dirigeants et des cadres (Pas tous heureusement mais de plus en plus). Prélevés parmi les plus riches plutôt que parmi les meilleurs ils sont bien souvent incapables de soutenir la concurrence internationale formée de gens qui se sont extraits des masses par leur travail et leurs compétences pour devenir de véritables capitaines d’industrie. Par exemple face à une industrie allemande qui favorise la recherche et qui a l’intelligence de se placer sur des marchés innovants sur lesquels elle peut imposer ses prix, l’industrie française fait trop souvent pâle figure…
D’autre part la démotivation croissante de l’ensemble des forces de travail autres que dirigeantes (oserais-je dire « inférieures » ? Le terme pourrait presque convenir…). A quoi bon continuer à travailler quand aucune récompense n’est à la clé, qu’elle soit sous forme de salaire comme sous forme de promotion ? Les employés dont je fais partie ont aujourd’hui l’impression de courir sur un tapis roulant, ou d’être des hamsters dans une cage circulaire que l’on ferait tourner de plus en plus vite. Car pour « évoluer » en France on ne peut plus s’extraire de la masse, il faut en être prélevé. Prélevé par quelqu’un de bien placé qui vous enverra sans l’avoir forcément mérité vers un poste important.
Il existe bien des exceptions à la baisse des salaires : elles sont là aussi consternantes. Les plombiers font fortune ! Ils n’ont rien fait pour, ça leur est tombé dessus par hasard. Expulsés précocement du système scolaire ce sont aujourd’hui les rois du pétrole et ils regardent avec ébahissement leur succès tombé du ciel sans y croire vraiment. Là aussi le constat est ahurissant : seuls ceux qui n’ont pas essayé de s’élever et qui ont (plus ou moins forcés) choisi une place de simple exécutant arrivent aujourd’hui à s’en sortir, comme si tout était fait pour décourager les prétentieux pauvres de la populace à qui il prendrait l’idée saugrenue de vouloir s’élever dans la société.
A qui la faute ?
Alors à qui la faute de ce naufrage ?
On accuse bien souvent le système scolaire, qui il est vrai porte une part de responsabilité. En effet je suis obligé de constater que l’école, depuis vingt ans, sélectionne les meilleurs parmi les pauvres pour les envoyer en masse vers une voie de garage. Au lieu d’opérer un tri qui permettrait de permettre l’émergence d’une véritable élite basée sur le mérite et non sur les moyens financiers, l’école française préfère nous orienter en masse vers une université en ruine qui n’a plus les moyens ne serait-ce que de repeindre régulièrement ses propres murs. Il en résulte, par la noyade des bons et des mauvais élèves sous un même diplôme, une dévalorisation des diplômes universitaires qui joue en faveur des grandes écoles privées réservées aux catégories les plus aisées. La sélection de l’élite par l’argent est là : elle est flagrante.
Est-ce là une volonté délibérée des Énarques qui nous dirigent ? C’est bien possible car rien n’est fait pour améliorer la situation.
Autre bouc émissaire actuel : le « Grand Méchant Chinois », l’émergence d’un nouveau mythe. Pas un mois ne se passe sans que l’on ne nous montre les pauvres ouvriers chinois qui travaillent en ne gagnant qu’à peine de quoi vivre. Les journalistes qui font ces reportages ne savent-ils pas qu’un ouvrier smicard français ne gagne rien non plus, ou bien l’ont-ils délibérément oublié pour ne pas donner de relief à leurs reportages ?
Des étudiants chinois qui viennent faire leurs études en France, j’en ai croisé à l’université. Oubliez la propagande de la télévision : les types ont été sélectionnés dans les campagnes, sur le critère de leurs capacités, pour faire des études à l’étranger dont ils tireront le maximum. Et le gouvernement chinois leur a donné une vraie chance de gagner leurs vies et de s’élever dans la société chinoise en pleine expansion. La Chine, elle, est en train de se fabriquer une véritable élite méritante bien loin de l’élite artificiellement entretenue de notre vieux pays.
Car le véritable problème de l’industrie française, c’est je crois la prédominance des réseaux divers sur le mérite et la récompense du travail. C’est ce que j’appellerais le jeansarkozisme, c’est-à-dire le catapultage des privilégiés vers des postes qu’ils ne devraient pas obtenir normalement, mais qu’ils obtiennent tout de même sur des critères relationnels et familiaux.
Et moi, de mon côté, malgré tout ce que j’ai fait pour m’en sortir on ne me propose que 1500 euros net par mois pour payer 700 euros de loyer… C’est ce qui fait que je vais probablement être obligé de changer de métier, ou de pays, car je constate qu’en France le travail ne mène plus à rien…

source : agoravox

By: chafy

18 commentaires

  • moutondu22

    bon courage .

  • Dr.um

    Je partage grandement cette analyse à un détail prêt cependant :
    « car jusqu’au Bac l’égalité existe encore et ce sont les meilleurs qui obtiennent les meilleures notes »
    La je dit non, ce sont les meilleurs moutons qui apprennent le mieux par cœur et qui n’ont aucun recul qui ont les meilleurs notes actuellement…
     
    L’objectif des dirigeants est claire pour moi abêtissement de la population pour un meilleur contrôle.

  • mandragore

    Hallucinant! Je suis moi-même chef de projet dans la mécanique et je gagne péniblement tout juste 2000 € net pour les mêmes raisons citées ci dessus et puis faut bien que notre super directeur industriel ai lui un bon salaire!
    Sa seule compétence professionnelle … avoir mis une ambiance de merde !!!
    Et les augmentations…de salaire surtout pas, par contre augmentation de taf et de responsabilités alors là ya pas de souci!
    Et faut surtout rester motiver!
    En tout cas cet article est criant de vérité, car je suis dans une PME d’environ 60 personnes et ce qui se passe est écrit ici.

  • lafleur

    Et oui bienvenu au club des bosseurs courageux!
    Notre schéma d’éducation correspondait à un temps ou le travail était reconnu, comme une richesse pour nous, nos enfants et le respect de votre entourage.
    La phrase des années 60/70  » c’est un bosseur, il est courageux, il réussira » est devenu en 1980  » le con, il bosse sans arrêt tu parles d’un abruti » (c’est du vécu). Une société qui a fait croire à toute une jeunesse que l’on rentrait dans l’ère des loisirs en 1990 est condamnable. Une société qui a créé un ministère du temps libre, Monsieur le ministre Richard, avait 20 ans d’avance, nos enfants et ceux que nous appelons actifs ont du temps libre…. mais plus de rêves ni argent…
    Je suis un simple jardinier qui paysage depuis 40 ans. Je continu à travailler j’aime ça et même si je n’aimais pas il faudrait continuer quand même. Alors, je comprends cet Homme, son indignation, sa colère. Longtemps j’ai été en rage de ne pas trouver en France d’hommes ou de femmes jeunes pour travailler dans mon métier. Puis sont arrivés en 2000 de nombreux jeunes intelligents qui se tournent vers la nature, reviennent aux simples.De ce retour et de cette intelligence ils regardent les »élites » et ils ne voient ,non pas des vautours car eux sont utiles, mais des vampires suceurs du sang de leur travail. Des chimères qui leurs donnent des jeux qui les rendent dépendants, volent le temps de la contemplation de l’amour ou de la tendresse. Malheureusement, les « élites » n’ont qu’un seul remède contre la prise de conscience des peuples, de sa jeunesse c’est le conflit. Ravageur, mais tellement bénéficiaire pour eux et quelques miettes pour les survivants. Irak, Libye, etc… Ou alors , la Nature qui vas faire le vide sans distinction d’élite ou de bosseurs ça c’est possible aussi. Pétroliers, Financiers, pollueurs en tous genre le prix du kilo de carottes sera indexé sur la valeur de celui ou celle qui saura la faire pousser …la carotte.

    • engel

      @ Lafleur (partout sauf au fusil!)

      D’accord à 100% avec ton analyse, y compris pour la chronologie sur l’évolution des mentalités.

      SVP spécialiste,… HELP à l’ homme de l’art !!!

       tu n’aurais pas un truc autre que le poison et le piègeage contre les mulots.
      Ces sales bêtes ont transformé mon potager et mon verger en parking souterrain !
      Même mes jeunes arbres fruitiers sont en survis.
      ET les carottes elles  les aiment aussi… 

  • lafleur

    Si ta vie est un échec, si tu rate tout ce que tu entreprends, n’oublie pas, qu’avant, le grand chêne a été un gland, comme toi.

  • Art-tisan

    Ce qui est décrit dans ce post est une facette d’un problème beaucoup plus vaste qui est la fin du professionalisme au profit d’un amateurisme opportuniste grandissant dans tous les domaines d’activités, allant de la culture à la politique, une acculturation générale sans respects moral des droits ou du travail des autres… Mais il ne faut pas désespérer… tout cela est fragile et ne tient qu’à des prises de courant… quand elles seront débranchées, ceux qui savent construire gagneront… et c’est pour bientôt.

  • ratgana

    bosseurs courageux = harcelés en puissance.
    Tu signes un contrat de travail pour te soumettre contre de l’argent. Tes diplômes et autres années d’expérience ne servent qu’à évaluer ta capacité à la soumission. Tu t’étonnes ?

  • phytoectoplasme

    Intéressant témoignage. Du brut, du vécu. Rien à voir avec la masse des articles qui lissent la réalité.
    Je voulais te consoler en te disant qu’avec une origine basané cela aurait été pire, mais si tu es le chaby du site un peu prosélyte sur les bords, ceci explique peut être un peu cela.
    Pour les femmes, savoir coucher, ça aider. Pour les hommes, savoir sucer, ça aide aussi. Sucer ou sodomiser. C’est le secret pour « réussir ».

    • chafy

      non du tout ce n’est pas mon temoignage.
      je travaille pour un grand groupe Français et je peux vous assurer un technicien dans ma boite touche plus de 2000€ par mois, alors je vous dis pas un ingénieur.

  • Alice

    Et encore, tu as de la « chance » d’arriver à 1500€…car beaucoup travaillent pour bien moins que ça avec des loyers aussi chers
    Le manque de professionnalisme est effectivement visible partout, mais dans la suite logique, et en faisant preuve d’un brin d’optimisme, un jour où l’autre, les gens seront tellement en manque de vrais professionnels, qu’ils s’organiseront autrement, et seront alors plus compétitifs (par la création d’emploi en coopératives, etc)
    Mais bon, avant d’en arriver là…
    En tout cas, ta description des entreprises actuelles est parfaite
     

    • Un Mouton Enragé

      Bof, le manque de « vrais professionnels » (terme qui ne veut d’ailleurs pas dire grand chose, dans le sens où un vrai professionnel n’est pas nécessairement un mouton docile, et qu’il peut ne pas y mettre du sien, peut manquer de temps et de motivation pour bien faire) n’est pas le problème, en soi : http://youtu.be/0Mkr7MhRj3c
       

  • Un Mouton Enragé

    Franck Lepage, à travers son spectacle Inculture 2, illustre assez bien le « problème » lié au système. La fin de son show, résume assez bien : http://youtu.be/0Mkr7MhRj3c

    Mais, comme le disent certains, il faut voir plus loin, plus large. Le témoignage est certes du brut, du vécu, et y a un constat critique, mais qui s’arrête à l’aspiration, au point de vue du mouton docile qui aimerait s’intégrer, sans vraiment réfléchir au sens de tout ça. Je ne suis pas pour favoriser l’amateurisme opportuniste, mais je trouve assez « drôle » de le critiquer, sans aller au fond du problème : l’inutilité de pas mal de travails, le manque de place de travail, les fondements du système actuel.
    Il y a des propositions de système, qui, s’ils sont critiquables, ont le méritent de poser des bases de réflexion, peuvent être adaptés.
    – revenu de base : http://youtu.be/-cwdVDcm-Z0

    – économie basée sur les ressources (réponse aux objections courantes, qui illustre un peu en même temps les bases de la proposition) : http://youtu.be/Qd2gLohbqCU

  • Frank

    Il a pas trop eu de bol, il est entré dans la vie active lorsque l’expérience comptait encore comme récompense. C’est après que ça a changé. Pour ceux qui sont entrés alors que la situation était déjà pourrie, c’était plus facile de prendre la tangente.
    Je suis rentré dans la vie active il y a 4 ans, avec un BTS en poche. Mon premier taff était payé au lance pierre, dans les 1100euros net/mois. J’ai mis 8 mois a comprendre ça, je suis parti vite fait bien fait de la France. Le travail suivant a été a Monaco jusqu’à ce que ça prenne le même penchant. Maintenant je travaille hors de l’Europe pour un salaire aucunement comparable a mon premier. La France, tu l’aimes ou tu la quittes LOL

  • CJ

    « le véritable problème de l’industrie française, c’est la prédominance des réseaux divers sur le mérite et la récompense du travail »
    C’est là la parole de quelqu’un qui a mis toute son espérance dans la « réussite » sans jamais se poser de question, et qui s’est trouvé déçu par les conséquences du chômage. Pourtant le mal est bien plus profond que ça, dans l’idée même de « réussite » (par l’argent) dans laquelle il croit.
    C’est la religion du profit et de la croissance, qui tue l’économie. Le népotisme, la dégradation du travail, le chômage, tout ça ne sont que des conséquences.

  • Bouffon

    +1000, il appelle ça le sablier de l’emploi.

  • michael

    Il existe bien des exceptions à la baisse des salaires : elles sont là aussi consternantes. Les plombiers font fortune ! Ils n’ont rien fait pour, ça leur est tombé dessus par hasard. Expulsés précocement du système scolaire ce sont aujourd’hui les rois du pétrole et ils regardent avec ébahissement leur succès tombé du ciel sans y croire vraiment. Là aussi le constat est ahurissant : seuls ceux qui n’ont pas essayé de s’élever et qui ont (plus ou moins forcés) choisi une place de simple exécutant arrivent aujourd’hui à s’en sortir, comme si tout était fait pour décourager les prétentieux pauvres de la populace à qui il prendrait l’idée saugrenue de vouloir s’élever dans la société.
    Bpnjour ,
    Il faut croire que les métiers du bâtiment sont pour les exclus du système scolaire ,tu me rappel mon conseille d’orientation au collège  » Quoi tu veut faire couvreur zingueur , mais non reste dans le système scolaire ! .Rassure toi maintenant tu est mon ELITE a moi . Je m’en vais payer de se pas mon rsi 11664 euros sur 24076 gagné hors impots sur le revenu . Dur d’étre riche de nos jours .
    Cordialement michael
    désole pour les fautes je ne suis qu’un riche abruti du batiment .