Les retraités dans la rue contre la perte de pouvoir d’achat et d’autonomie

 

A Paris, 3 200 retraités, selon la police, et 10 000, selon la CGT, ont défilé pour la prise en charge de la perte d'autonomie et la défense du pouvoir d'achat.

A Paris, 3 200 retraités, selon la police, et 10 000, selon la CGT, ont défilé pour la prise en charge de la perte d’autonomie et la défense du pouvoir d’achat. AFP/MIGUEL MEDINA

Ils étaient plusieurs milliers de retraités à défiler, jeudi 6 octobre, dans toute la France, pour dénoncer le report sine die de la réforme de la dépendance et la perte de leur pouvoir d’achat.

A l’appel de l’UNSA-Retraités, l’UCR-CFDT, l’UNAR-CFTC, l’UCR-CGT et de la FGR-FP, qui font du niveau des pensions une priorité, des manifestations ont eu lieu dans 110 villes. A Paris, ils étaient 3 200 selon la police et 10 000 selon la CGT, à Toulouse entre 450 et 1 500, à Nantes entre 350 et 1 000, à Metz entre 200 et 400 et à Montpellier quelques dizaines.

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PROMESSE DE CAMPAGNE NON TENUE

Leur revendication phare : une grande réforme de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie, quels que soient l’âge et le handicap.

« Depuis cinq ans le gouvernement promet de s’attaquer au problème de la perte d’autonomie, or rien n’est fait. On a bien compris que ce serait reporté après la présidentielle, or il est urgent d’agir », a déclaré Jean-Paul Tripogney, secrétaire général de l’UNSA-Retraités.

Promesse de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, cette réforme, qui devait améliorer la qualité de la prise en charge des personnes âgées et en alléger le coût pour les particuliers, a été plusieurs fois reportée, dont la dernière fois fin août. Mais elle est la grande absente du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2012, présenté mercredi en conseil des ministres, même s’il est prévu comme chaque année des hausses de crédits pour les personnes âgées.

Autre promesse du gouvernement, la prise en compte de la pénibilité dans le départ à la retraite est encore à la peine. Depuis l’entrée en vigueur de la réforme, le 1er juillet, à peine plus d’un millier de salariés ont déposé une demande de retraite anticipée pour pénibilité, selon la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV).

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DÉGRADATION DU POUVOIR D’ACHAT

Concernant le pouvoir d’achat, « qui continue de se dégrader », les cinq syndicats craignent une nouvelle diminution à cause du plan anti-déficit du gouvernement annoncé fin août. Dans le même temps, ils revendiquent une augmentation significative des retraites, en particulier pour les basses pensions, un minimum de pension au niveau du smic ainsi qu’une nouvelle modalité d’indexation.

 

"La plupart des retraités qui ont travaillé toute leur vie touchent moins de 1 000 euros par mois."

« La plupart des retraités qui ont travaillé toute leur vie touchent moins de 1 000 euros par mois. »AFP/PHILIPPE HUGUEN

« La plupart des retraités qui ont travaillé toute leur vie touchent moins de 1 000 euros par mois, alors ne parlons pas de ceux qui ont un parcours professionnel en dents de scie ! », souligne Roselyne Garcia, porte-parole de Solidaires. Car à l’augmentation des dépenses contraintes, s’ajoute celle des complémentaires santé, dont les tarifs croissent avec l’âge des usagers, et un problème de logement, notamment en maison de retraite, des pensions incomplètes particulièrement pour les femmes.

La réforme des retraites a introduit le recul progressif de l’âge de départ de 60 à 62 ans d’ici 2018, et de 65 à 67 d’ici 2023 pour l’âge de l’annulation de la décote. Les générations nées à partir de 1955 devront en outre cotiser 41,5 ans pour la retraite à taux plein.

Les socialistes ont apporté leur soutien aux manifestations, rappelant leur attachement à la retraite à 60 ans, et dénonçant la situation de Français au chômage et en fin de droits qui ne peuvent accéder à la retraite.

Source : lemonde.fr

By: Lecteur

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