Berlin veut qu’Athènes « reste membre de la zone euro »…

L’article d’hier annonçant la sortie de la Grèce de la zone euro et repris par Agoravox et Wikistrike date de Mai 2007, L’actualité étant comme on l’a vu, critique à ce sujet, j’ai publié sans vérification (pan! sur le bec), me fiant aux deux sites. C’est tellement d’actualité que ça semblait plus que probable. Il n’est pas certain d’ailleurs, que ça ne se vérifie pas dans les jours qui viennent, malgré les vœux de Berlin… Merci à Chevalier Jedi pour l’avoir signalé.

« Le gouvernement grec doit savoir que les aides prévues dépendent de l’engagement de la Grèce à se réformer », prévient Philipp Rösler.AFP/WOLFGANG KUMM

L’Allemagne « veut que la Grèce reste membre de la zone euro », a déclaré, lundi 12 septembre, un porte-parole du ministre de l’économie. Dans une tribune lundi dans Die Welt, le ministre de l’économie allemand, Philipp Rösler, n’excluait pas une faillite de la Grèce pour sauver l’euro.

« Notre objectif commun est la stabilité de l’euro », a déclaré son porte-parole, interrogé sur cette publication. Mais « la Grèce a manifestement rempli ses engagements avec peu de fermeté », a-t-il ajouté.

« L’Allemagne attend que la Grèce fasse tout pour tenir ses engagements », a pour sa part déclaré le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert. La Troïka, composée d’experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI), en sera la seule juge, a-t-il ajouté.

« Nous avons une ligne claire en ce qui concerne la Grèce, aider à des conditions très strictes » de réforme du pays, a encore dit M. Seibert.
Un porte-parole du ministère des finances a reconnu que les services de celui-ci, comme les autres instances du gouvernement allemand, « se préoccupaient de développements potentiels », évoquant sans la nommer l’éventualité d’un défaut de paiement grec et les préparations à ce scénario. « Vous êtes en droit d’attendre que chaque administration mène des réflexions » sur ces sujets, a-t-il dit.

ATHÈNES À COURT DE LIQUIDITÉS

Lundi matin, le gouvernement grec a annoncé que le pays serait à court de liquidités le mois prochain. « Nous avons des marges de manœuvre en octobre. Nous essayons de faire en sorte que l’Etat puisse continuer à fonctionner sans problèmes », a déclaré Filippos Sachinidis, vice-ministre des finances du pays, lors d’un entretien accordé à la chaîne de télévision Mega.

Il soulignait ainsi la nécessité pour Athènes de remplir les conditions lui permettant d’obtenir le versement de la prochaine tranche dans le cadre d’un plan d’aide international en cours. Le pays a annoncé, dimanche, une nouvelle taxe immobilière, détaillée lundi matin dans le Financial Times, destinée à aider Athènes à respecter son objectif de déficit budgétaire et, de ce fait, à tâcher de garantir que lui soit versée la prochaine tranche du programme d’aide internationale.

VERS L’EFFONDREMENT DE L’EURO

La prise de position de M. Rösler intervient au lendemain de la publication par le magazine Der Spiegel d’un autre article sur le sujet. Dans celui-ci, le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, explique qu’il étudiait l’impact potentiel d’un défaut de la Grèce, imaginant plusieurs scénarios, dont l’abandon de l’euro par Athènes. Et, signe que la persistance de la crise de la dette inquiète profondément en Allemagne, l’ancien ministres des affaires étrangères Joschka Fischer, a déclaré que l’euro pourrait s’effondrer sous le poids de la crise.

Selon le Spiegel, que la Grèce reste ou non dans la zone euro, les responsables allemands sont d’avis que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) jouera un rôle clef dans la gestion d’un éventuel défaut du pays. Le magazine ajoute que le FESF devrait être équipé le plus vite possible des nouveaux pouvoirs qui avaient été définis par les dirigeants européens le 21 juillet.

Un porte-parole du ministère des finances a refusé de commenter l’article du Spiegel, tout en indiquant que Berlin travaillait à la mise en place de l’accord du 21 juillet, facteur de divisions en Allemagne. « La situation en Europe n’a jamais été aussi sérieuse. Jusqu’à présent, je ne pensais pas que l’euro pouvait échouer, mais si les choses continuent comme cela, alors il va s’effondrer », déclare Joschka Fischer dans le journal Bild am Sonntag.

« GARDER SON CALME »

Le commissaire européen chargé des marchés financiers, Michel Barnier, a réaffirmé lundi pour sa part sa « confiance » dans la solidité des banques européennes. « Il faut que certains gardent leur calme et leur sang-froid », a dit le commissaire français à la presse en marge d’un colloque, au sujet de la nouvelle dégringolade des places financières.

Alors qu’on lui faisait remarquer que les tests de résistance sont critiqués car ils ne prennent pas en compte l’hypothèse d’un défaut de paiement des pays fragiles comme la Grèce, il a répondu : « Nous faisons tout pour que cette situation ne se produise pas. » « Il faut faire ce qu’on a dit, le plus vite possible, notamment les décisions du 21 juillet ».

Une explosion de la zone euro plus impossible

Pour Denis Kessler, le PDG du réassureur français Scor, une explosion de la zone euro « n’est malheureusement plus impossible, car la crédibilité des solutions proposées est entamée ». Dans un entretien que publie lundi Les Echos, l’ancien vice-président du patronat français décalre qu’il faut désormais agir « d’urgence ».

Pour M. Kessler, les dirigeants mondiaux ont fait une erreur d’analyse en cherchant à sortir de la crise par une relance keynésienne classique, c’est-à-dire en augmentant les dépenses publiques. « On s’est trompé sur la posologie », en recourant à l’augmentation massive de la dette et de la création monétaire, selon lui. « Résultat : alors que la crise pourrait à nouveau s’aggraver, nous n’avons plus de munitions et avons perdu un temps précieux. »
– (avec AFP)

Source LEMONDE.FR Avec AFP et Reuters

Voir aussi:

La menace d’une dégradation de la note des banques françaises se rapproche

Blog Paris est furieux de la démission de Jürgen Stark, économiste en chef de la BCE, en pleine crise financière

10 commentaires