AH, AH, AH ! LA CRIIIISE…

Un article de Max Angel du site Médiapart, qui soit dit en passant, nous propose une version french de wikileak! enfin presque! (abonnement 9€ par mois et période d’essai de 15j/1€) Pour lire l’intégralité de certains articles….connaissant leur propension à fouiller et dénicher ce qui ne devrait pas être su, ça promet des moments savoureux, quand on verra comment les zélites vont s’emberlificoter dans leurs mensonges, pour nous faire croire qu’ils parlent sans langue fourchue et le reste….

 

Image/Médiapart

Je me marre. Pourtant, il paraît que ce n’est pas drôle. Ah bon ! M… Edwy Plenel nous a remis en mémoire le « discours de Toulon » de notre Immense Président. Impeccable. Des propos d’une sagesse, d’une clairvoyance, d’une volonté qui forçaient nécessairement le plus minus des minus. Mêmes les anti-sarkosystes ! Sur le cul.

Deux minutes, parce que déjà, je me souviens, je m’étais doucement marré.

« Je vais moraliser le système »… «  Nous allons supprimer les paradis fiscaux… », déjà rien que ces deux saillies, ça valait son pesant de sperme de mammouth.

Et le plus bidonnant, c’est qu’il nous a sorti ça avec une conviction, un allant, une sincérité à faire pleurer les rombières et se pâmer les petits porteurs.

Parce que, comme disait l’autre : « Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages ».

La seule morale du système, c’est de s’en mettre jusque là par tous les moyens en ayant des gouvernements à sa botte.

Parce que les paradis fiscaux, même les états y ont recours et non seulement par le truchement des entreprises nationalisées ou mixtes, mais les états tout seuls.

Je me marre.  

N’importe quel lycéen qui redouble sa troisième terminale sait que le capitalisme ne vit que de crise en crise. C’est du yoyo. « Tu vends quand ça a bien monté et t’achètes quand ça a bien baissé. » Donc, pour cela, il faut que ça monte et que ça baisse. Et comme la mode est aux tours, aux gratte-ciel, crois-moi que l’ascenseur il monte et il descend de plus en plus vite, de plus en plus fréquemment.

T’ajoutes à ça des martingales de crânes d’œufs issus de l’X, de Sup de Co, qui te transforment du vide en plein, de la faillite en futur gain, de la dette en subprimes, de la titrisation, de l’entourloupe et du vent, et on va se marrer. TOUS.

Et le tournis, l’illusion capitalistique, la grande déconnade financière, ça a commencé vraiment avec Reagan et Thatcher, les néo-cons, les pourfendeurs de keynesisme, les ennemis jurés  du care et du welfare, les vampires de la classe ouvrière, des suceurs du sang des pauvres, qui se faisaient mettre et suçaient les riches auxquels ils s’étaient acoquinés.

« Le Saint Marché priez pour nous ! »

La solidarité devant l’adversité ? C’est fini !

La défense de la veuve et de l’orphelin ? C’est fini !

Le rôle régulateur de l’Etat ? C’est fini !

Les entreprises nationalisées ? C’est fini !

Tout au privé. Tout. Le Marché s’autorégule, rien à craindre, tout le monde s’en trouvera bien. Regardez-nous ! Ex- mauvais acteur de séries B devenu Président de l’Empire Amerlocain. Ca vous en bouche un coin, ça ! And me, fille d’épicier, devenue Lady, avant de devenir gaga. Et que je te cogne sur ces salauds de pauvres qui font rien qu’à réclamer de ne plus l’être en voulant que les riches partagent leurs richesses. Mais où est-ce qu’on a vu ça ?

Quand le charbon polak ou chinois débarqué sur les quais de Liverpool ou de Dunkerque vaut dix fois moins que celui qui vient d’à-côté, il n’y a pas photo. A la poubelle, les mineurs. Et plus vite que cela. Peuvent crever de faim comme un salaud d’irlandais, soit disant prisonnier politique que l’on traite comme un assassin  et qui ne vaut même pas le prix de la balle qu’on ne peut même pas lui faire entrer dans le crâne. La G-B, c’est pas la Chine. Mais la Chine, elle a bien du charme.

On a vu les délocalisations vers la Maghreb, puis encore plus loin, vers l’Inde et la Chine, et dans quelques mois, on va encore tourner et du coup, on va p’t’être bien relocaliser parce que les salaires seront tellement tombés bas en Europe et aux States que cela redeviendra rentable d’investir dans ces pays-là.

Je me marre…un peu moins.

« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » qu’il leur avait suggéré le barbu de Trier réfugié à London. Pas con le Marx, pas con !

Les riches ont reçu le message 5/5, et mis en application. La planète est devenue un « village » dirigée par des pantins que la finance a bien en mains parce que justement, dans le système politique libéral, pour que les esclaves se donnent des maîtres, ceux-ci doivent faire la pute, se vendre, et ça coûte de plus en plus cher. Faut lever des fonds énormes. Record détenu par Barrack Obama. Mais il n’y a pas que là. En Sarkosye aussi, une campagne électorale ça coûte bonbon. Alors tous les coups et toutes les entourloupes sont permis, mais à condition qu’il y ait retour sur investissement. Lire Médiapart et toutes ses enquêtes sur les rapports frelatés de Nico de Neuilly et la pègre affairiste.

A la téloche, sur les écrans je les vois, nos « représentants », au G8, à l’ONU, à Bruxelles. Ils ont des costards taillés à leurs mesures, des robes griffées, mais en réalité, ils n’ont rien sous la jupe et plus souvent le pantalon aux chevilles qu’à la ceinture. (Au figuré le plus souvent, mais aussi au sale, apparemment, si j’en juge par la rencontre fortuite entre un certain DSK et une femme de ménage peu respectueuse de l’intimité des clients de l’hôtel.) Parce qu’ils sont à la merci, aux ordres de ceux qui les financent, qui pourraient les reconduire dans leurs fonctions de « chefs d’état ou de gouvernement ».

Les rois du CAC 40, les princes de la thune, les filous et prédateurs en chefs, croyez-moi, ils sont comme moi quand ils les voient se serrer les pognes, se bisouter, se tapoter les épaules, sourire jaune devant les caméras, ils se marrent.

Ils « crisent ».

La preuve, en 2008, les états ont garanti les pertes, avancé de l’oseille réelle et fictive, et évité le « krach boum hue final ». Celui qui mettra le dollar au niveau du CFA et l’euro à parité avec le monopoly.

Vu ce que l’on avait entendu, à Toulon, et repris par les folliculaires, les « voix de son maître », la meute des bassets en quête de maroquins ou titulaires et désirant le rester, c’est humain ces inhumains-là, on s’attendait à ce que les états si généreux avec la racaille en cols blancs exigent des garanties, nationalisent un peu, demandent un droit de regard, élèvent des barrières de sécurité. Que dalle ! Nada ! Niente ! Nothing !

Les pauvres et les couches moyennes paieront. Désengagement des états. Privatisation à tout va.

Même les routes nationales, on parle de les faire payer quand on les porte à deux fois deux voies sur certains tronçons. Après avoir revendu au privé des autoroutes payées par les contribuables et dont les péages, avant, contribuaient à leur entretien et à la création de nouveaux axes mais qui aujourd’hui, servent à enrichir ceux qui ont des actions chez les compagnies que l’on n’a pas trop « égorgées » au moment de la vente. Politique envisagée sous Jospin et mise en musique avec de Villepin.

Ajoutons à cela des exonérations pour les plus hautes fortunes, une législation de la contribution des citoyens, impitoyable pour les salariés, les revenus moyens, les petits entrepreneurs et d’une compréhensive douceur pour les plus fortunés, qui, eux, ont les moyens de se payer des « avocats fiscalistes » et autres « conseillers fiscaux ». De l’art d’échapper à l’impôt en toute légalité.

Auquel s’ajoute, l’illégalité par le truchement de sociétés écrans avec boites à lettres dans les paradis fiscaux dont on nous avait promis, juré, craché, la disparition.

Et je ne parle pas des expatriés en Suisse ou à Monaco, ces grands et immenses français admirables, Halliday, Aznavour et autres joueurs de tennis, de golf ou de foot. Copains comme cochons avec les marionnettes de l’info.

Depuis, quelques jours, suite aux émeutes britanniques, les pilleurs de magasins défilent à la barre des tribunaux ouverts vingt quatre heures sur vingt quatre. Le président est tout rouge sous sa perruque, et il éructe des condamnations à la face de cette racaille de jeunes qui sont allés faire leurs courses sans payer et en brûlant un peu quelques immeubles, quelques voitures.

« Shame on you ! ».

A la City, on vole les états à coups de milliards de livres, on joue sur les cours du pétrole, du cacao, du blé, du riz. On réduit à la famine des régions entières. On jette à la rue des familles par milliers. On condamne des pauvres types à la déchéance matérielle, puis morale, et certains se suicident, ce qui fait au total bien plus de victimes que durant les émeutes. Du moins pour le moment.

Que fait la justice ?

Que fait la police ?

Elles protègent ces braves employés de banques, ces vertueux traders, gardiens du système, ces pourvoyeurs de fraîche pour les hommes politiques qu’ils financent.

Un abruti pris la main dans le sac est condamné avec la plus extrême rigueur, parce que c’est d’abord un imbécile qui joue petit.

Une racaille qui joue des milliards et la vie de milliers de gens, c’est un génie de la calculette. Tant qu’il gagne.

On a vu avec Kerviel, que lorsqu’il perd trop, on lui fait pan pan cul cul. « Ce n’est pas bien, cher Monsieur ».

Je me marre… jaune.

Moi, je n’ai pas de portefeuilles, je n’ai que ma retraite que j’aimerais bien qu’on continue de me payer. Je paie des impôts. Ce qui est normal, bon signe. J’aimerais même en payer plus, ce qui signifierait que j’en gagnerais plus. Si je me marre tout de suite, en cas de grand krach, j’espère bien continuer à me marrer jusqu’à ce que je me fasse péter le caisson ce qui hâterait de quelques années une fin inéluctable.

Ce qui m’emmerde au plus haut point, c’est l’avenir de mes enfants et petits-enfants. Mais je dois être un peu con sur les bords.

Regardez les riches. Ils n’en n’ont rien à cirer de l’avenir de leur progéniture. Mais alors rien de rien. Ils crèveront asphyxiés par un air devenu irrespirable, emportés par des cyclones, des typhons, des ouragans, noyés par la montée des eaux, irradiés par des centrales obsolètes, repliés dans leurs marinas défendues de la pollution des mers et des océans par des filets… Et alors ?

Ce qui compte, c’est « accumuler du capital ». Point final.

Pour quoi ?Pour rien. Parce que c’est comme ça. Vous ne voulez tout de même pas la fin du système capitaliste ? Non. Bon.

Vous voulez l’améliorez ? Pourquoi pas.

Avec qui et contre qui ?

Ah, ah ! On a du mal à répondre. On peine. On se mord les doigts. On se triture les méninges.

En taxant.

Ben voyons ! Le plus facile.  En taxant les plus riches ? Oh ! Vous ne seriez pas un petit peu à gauche. Hein ?

Hum ! En taxant le moins possible les riches et le plus possible le plus grand nombre.

Voilà qui est mieux. Beaucoup mieux. Je sens que l’on va s’en sortir.

On.

Que les riches vont encore s’en sortir.

C’est qui les riches, au fait ? Hein ?… On commence à combien de revenus par mois ? Eh, eh… Pas facile.

Bof ! Un riche, pour moi, c’est quelqu’un qui ne sait pas exactement combien il possède.

Ah ! La criiiise ! Je me marre.

Tenez, une dernière poilade avant de nous quitter.

Je suggère, « en cette période d’austérité nécessaire pour rééquilibrer les comptes de la Nation de supprimer le Sénat, de le transformer en appartements pour les sans-abris et à reverser les avoirs et la valeur de sa cassette au Trésor Public.

Je propose que les déplacements du Chef de l’Etat soient considérés comme inutiles au bien de la Nation et relèvent de son intérêt strictement personnel, ils seront donc inclus dans les frais de campagne électorale.

Je souhaite que les indemnités versées aux élus à quelque échelon des assemblées auxquelles ils appartiennent soient versées au prorata de leur présence aux séances de travail de ces dites assemblées.»

La taxe Tobin que je porte à 0,5% sur les fluctuations boursières me semble obligatoire sur l’ensemble des places financières de la planète, le montant serait reversé au trésor de l’ONU à charge de le redistribuer aux ONG, Gouvernements sérieux, banques d’investissements de travaux d’infrastructures des pays les plus pauvres.

J’arrête là pour aujourd’hui.

Et là, j’en connais qui ne se marrent plus du tout.

Auteur Max Agel

Source Médiapart

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