Noël sur une terre éplorée….

Le réveil des peuples, est bien long à se faire contre toutes les atrocités dont ils sont les témoins. Le matraquage ambiant, anesthésie les consciences, au point d’endormir le restant d’humanité… Palestine, Yémen, Libye, Irak, etc..

Le monde devient fou. Les libéraux russes tels la candidate aux présidentielles, Ksenia Sobtchak, comptent laisser à Kiev le loisir de rétablir l’ordre dans le et de relancer un référendum international sur le statut de la Crimée. Un autre libéral, invité d’« honneur » dans beaucoup d’émissions sur les chaînes d’Etat russes, un certain Leonid Gozman, trouve tout à fait évident que le Donbass ait intérêt à se faire pilonner et à enterrer ses enfants : quel prix ne paierait-on pas pour se faire remarquer ?

RT France, obsédé par sa politique de dédiabolisation, préfère la mettre en veilleuse alors donc que la trêve de Noël est violée dans les Républiques résistantes, deux ou trois civils ont trouvé la mort lors du pilonnage de Iasinovataya, plusieurs familles sont restées sans gîte, d’autres, planquées dans les abris, ont faim et froid. Enfin Washington annonce, par la voix de son incontournable sénateur McCain, qu’il se décide finalement à livrer des létales (missiles antichar de type Javelin en premier lieu) à Kiev. Qu’à cela ne fasse : dans l’imaginaire bisounours, Trump est toujours la marionnette de et, bien que ce soient les Républiques soi-disant « pro-russes » que l’on soumette quotidiennement à des douches d’acier et seulement elles, la reste LE pays agresseur. Néanmoins, admettant unanimement que la a agressé l’, Macron et Merkel regrettent le retrait des officiers russes du CCCC (Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu, en Ukraine).

En effet, le postpostmodernisme avec l’accent qu’il porte sur le joug de la virtualité et ses innombrables corrélations l’aura depuis peu emporté sur le postmodernisme qui nous était plus familier. La ne se dénature plus, elle se construit à partir de rien, dans un immense fossé moral que rien n’a jamais égalé en profondeur. Les nazis ne se cachaient pas de leurs crimes qu’ils expliquaient par leur idéologie. Les Américains, toujours aussi adulés dans les milieux intellectuels européens, expliquent la livraison d’armes sophistiquées par le fait que tous les pays en ont et qu’il n’y a aucune raison à ce que l’Ukraine, un allié, ne puisse en profiter. Eussent-ils largués par hasard ce genre d’arsenal comme ils l’avaient fait à moultes reprises au , dans les zones contrôlées par Daesh, que nous n’en serions pas plus étonnés !

Dans la presse postpostmoderniste, le mal se ferait tout seul, par hasard, par malentendu, et le coupable, c’est toujours celui qui dérange parce qu’il ne partage pas votre idéologie. Quant aux victimes objectives, elles sont masochistes. Le Donbass a intérêt à se faire détruire, il a tort de voter contre Kiev alors que Kiev lui veut du bien. Les Syriens ont tort de voter Assad qui est une abomination ne méritant pas de vivre sur terre de même qu’ils ont tort de ne pas soutenir l’opposition modérée malgré les dérapages nerveux dont celle-ci est coutumière. Le Yémen n’existe pas. L’Arabie Saoudite a juste cautionné la destruction de groupes affiliés au Hezbollah, ce qui, accessoirement, a conduit à la destruction de tout un Etat aujourd’hui plongé dans la famine et des épidémies comme le choléra. Mais qu’à cela ne fasse ! Trump nous a encore raconté que là où les USA passent, le monde trépasse, mais n’en devient que meilleur. Alors que tout un monde est rasé au bulldozer, immolé sur l’autel de la mauvaise foi, on veut nous faire croire que les démocraties libérales et l’interventionnisme ont encore une légitimité et qu’elle se révélerait à terme bénéfique.

Ces réalités toutes forgées gomment les notions de bien et de mal ce qui est l’apanage du Malin aujourd’hui particulièrement gâté en termes de suppôts. Vous connaîtrez la Vérité et la Vérité vous affranchira, est-il dit dans l’Evangile (selon St Jean, v32). Ce message n’est pas seulement un constat. Il s’agit d’un message d’espoir dont nous avons toutes et tous besoin. Notamment en ce jour de Noël où j’ai une pensée particulière pour les 400 nouvelles victimes civiles du Donbass à qui 2017 n’a pas apporté la paix qu’elles souhaitaient tant. J’ai une pensée particulière pour les 85 victimes civiles qui, toujours en 2017, se sont endormis à tout jamais. La douleur des uns faisant toujours écho à celle des autres, – les bourreaux sont différents, mais les commanditaires sont les mêmes –  je pense aux morts du Moyen-Orient et d’Afrique, chrétiens et musulmans tous confondus, mais aussi à celles et ceux qui, la mort dans l’âme, en Occident, voient leurs crèches disparaître de l’espace public, leur foi proscrite, leurs idéaux conspués. A toute une civilisation fragilisée comme jamais et qui a besoin, pour contre-attaquer, d’un éveil à la réalité. Puisse le Sauveur nous y aider !

Françoise Compoint

source:http://nrt24.ru/fr/news/noel-sur-une-terre-eploree

Publié par Réseau-International

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