De nombreuses habitations détruites, un civil mort et trois blessés à Yassinovataya suite au bombardement mené par l’armée ukrainienne…

Escalade, trêve et re-escalade. Quelle triste fin d’année pour les ukrainiens. Même si vous n’êtes pas très intéressés, sachez que le danger est réel que la situation  dérape. Ce ne sera pas un joyeux Noël pour tous, dans ces pays en guerre..

Hier 20 décembre 2017, après 22 h, l’armée ukrainienne a ouvert le feu sur les quartiers résidentiels du centre de Yassinovataya, depuis ses positions situées à l’Ouest d’Avdeyevka.

Les bombardements ont été effectués à l’aide d’artillerie de 122 mm (interdite par les accords de Minsk), mais aussi par ce qui semble être des obus de chars d’assaut (eux aussi pourtant interdits par les accords de Minsk) d’après les habitants de l’une des rues lourdement bombardées.

En plusieurs endroits, les cratères et trous laissés par les obus indiquent sans l’ombre d’un doute que ces tirs venaient bien d’Avdeyevka, où stationne l’armée ukrainienne.

La zone touchée est à plus de 5 km de la ligne de front, ce qui exclut toute excuse du type « erreur de tir », et en pleine zone exclusivement civile, ce qui disqualifie totalement l’excuse fournie par l’armée ukrainienne, à savoir qu’il s’agirait d’un tir de réponse après que l’armée de la RPD aurait prétendument tiré sur les positions de l’armée ukrainienne.

Sauf que l’armée de la RPD n’a aucunement tiré sur les positions de l’armée ukrainienne avec des armes interdites par les accords de Minsk comme l’a confirmé Édouard Bassourine, de une. Et deuxième point, depuis quand un tir d’une armée sur les positions d’une autre justifie en quoi que ce soit de tirer volontairement sur une zone civile, qui n’a strictement rien à voir avec l’armée ?

Tirer volontairement sur les civils est un crime de guerre !!! Que l’armée qui défende ces civils ait tiré ou non auparavant sur les positions de l’armée ukrainienne, rien ne peut justifier un tel bombardement massif d’une zone purement résidentielle. S’il devait y avoir un tir de réponse c’est sur les positions de l’armée de la RPD qu’il aurait dû avoir lieu.

Lors de ce bombardement, plusieurs maisons et appartements ont été touchés de plein fouet par certains des 28 obus qui ont été tirés de nuit par les soldats ukrainiens. Deux maisons de la rue Karl Marx et un appartement du 102e quartier ont été littéralement éventrés par les obus qui leur sont tombés dessus, et un autre a traversé le toit d’un immeuble.

Dans la rue Karl Marx un vieux monsieur me montre les deux cratères laissés par les obus qui ont frappé sa maison, un sur le trottoir, et un dans son jardin qui a éventré sa maison (qu’il décrira comme étant un obus de char d’assaut).

Il ne veut pas être filmé et garde une certaine contenance tant que la caméra tourne, mais une fois éteinte, il se met à pleurer.

« Cette maison c’était le travail de toute ma vie. Elle est détruite maintenant. Il ne reste rien de ma vie. Ils ont détruit ma vie, » dit-il dans un sanglot.

Je ne trouve pas les mots qui le consoleraient de la destruction de sa maison. Sur le trottoir d’en face la maison de ses voisins est dans le même état, après qu’un obus ait traversé le toit juste à l’endroit de la jonction avec un mur extérieur. Le mur est pulvérisé, la maison éventrée.

En plus des 14 maisons et immeubles touchés (et des nombreux appartements désormais sans fenêtres, voire sans mur pour certains), ces bombardements ont fait un mort et trois blessés parmi les civils. Un jardin pour enfants, plusieurs gazoducs et des lignes électriques ont aussi été touchés.

Comme on peut le voir l’escalade se poursuit, et le seul espoir d’éviter un Nouvel An sanglant réside désormais dans la nouvelle trêve conclue hier à Minsk, et qui prendra effet le 23 décembre à minuit.

Christelle Néant pour DoniPress

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