Les grandes villes sont toujours infestées de rats vecteurs de maladies et parasites….

Avec dans les grandes villes, le « jem’enfoutisme » de certains individus, qui jettent tout n’importe où, même à 50 cm d’un point de collecte, se débarrasser des rats ne va pas être une partie de plaisir.

Pour la première fois, des chercheurs ont étudié les rats surmulots d’un parc public francilien, mettant en évidence la grande diversité génétique de leur population, leur résistance génétique aux raticides et la présence de nombreux parasites dont certains transmissibles à l’Homme et aux animaux. Autant d’observations à même d’alimenter des réflexions autour de la maîtrise des populations de ces rongeurs qui représentent toujours une menace pour la santé et la biodiversité.

L’adage populaire dit que pour chaque habitant d’une grande ville, il y aurait trois rats. En fait, « estimer l’abondance des rats en ville est très difficile. Lorsque l’on voit des rats la journée, on peut penser que la population est importante car ils n’ont plus peur de sortir. En ville, la nourriture est toujours disponible et la température est souvent plus atténuée qu’à la campagne. Mais la densité de rats en milieu urbain semble très variable en fonction des patches « , nous indiquent Gwenaël Vourc’h, directrice de l’UMR EPIA (INRA – VetAgro Sup) et Amélie Desvars, (de l’université Vétérinaire de Vienne).

Extrêmement prolifique et adaptable, le rat surmulot (Rattus norvegicus) est un voisin familier de l’Homme dont il colonise les habitats. Pour mieux le comprendre et le caractériser dans son milieu, des chercheurs de l’Inra, de VetAgro Sup et de l’Institut Pasteur l’ont étudié dans un parc départemental de la région Île-de-France[1]. 86 rats, de tout âge et des deux sexes, ont ainsi été capturés et examinés sous toutes les coutures.

Les chercheurs ont d’abord établi le profil génétique des rats. Contre toute attente, ils ont mis en évidence une grande diversité génétique parmi les individus capturés, révélant l’existence de connections spatiales et d´échanges génétiques entre différentes populations de rats au-delà des limites du parc et du périmètre de dispersion fréquemment admis pour ces animaux.

Bien que le règlement intérieur du parc interdise l’utilisation de raticides, les scientifiques ont mis en évidence des résidus de ces produits dans le foie de la moitié des individus (48 %), preuve de leur consommation – soulignons que 10 % des rats recélaient jusqu’à quatre résidus différents. Plus encore, les chercheurs ont révélé que plus de la moitié des rats (56 %) étaient génétiquement résistants aux raticides couramment utilisés pour contrôler les populations de rongeurs. Ces éléments laissent notamment supposer que des rats rejoignent le parc depuis l’extérieur où ils auraient pu consommer des raticides.

Où les rats sont-ils les plus nombreux ?

C’est bien connu, les égouts des grandes villes seraient infestées de rats qui profitent de la moindre accumulation de déchets pour se montrer au grand jour. Mais ce n’est pas aussi simple : « le type de sol et la disponibilité en nourriture influencent grandement la densité de rats. Les surfaces imperméabilisées…(béton, routes….les surfaces étanches dans lesquelles on ne peut pas creuser et sans végétation) ne sont pas favorables. Les terrains naturels, avec une végétation basse et rampante, qui permet de creuser pour faire les nids et aussi de se cacher tout en se déplaçant dans les corridors dissimulés par la végétation rampante, sont très favorables« , nous expliquent Gwenaël Vourc’h et Amélie Desvars qui ajoutent : « Les rats n’aiment pas les milieux ouverts… Ils utilisent des corridors et longent les éléments naturels. Un milieu très urbanisé peut être favorable aux rats s´il y a un parc urbain avec des espaces pas entretenus. D´après les études écologiques, il semble qu´une route large et très passante (en véhicules) soit une vraie barrière physique pour les rats. »

Cela dit, la prolifération des rats pose de vrais problèmes, notamment à Paris où la municipalité vient de mettre en oeuvre un plan à long terme pour « enrayer l’augmentation récente de ces rongeurs ». Les services de la ville sont lucides : « éradiquer complètement l’existence de ces rongeurs s’avère impossible, l’objectif de la Ville est donc de réduire significativement leur présence en :

  • empêchant les rats de sortir des égouts ;
  • éliminant progressivement les rats dans les parties en sous-sol des immeubles bâtis et dans les zones faisant l’objet de travaux ;
  • ciblant drastiquement la population de rats indépendants des égouts, vivants en surface ;
  • dans les parcs et jardins de la ville, les zones les plus touchées commencent à être clôturées et de nouveaux pièges sans risque pour l’environnement seront expérimentés. »

Doit-on encore avoir peur des rats ?

« L’image du rat est aussi associée à celle de la peste. Il n’y a plus de peste en France, mais elle sévit encore dans d’autres pays comme à Madagascar notamment. Plutôt que craindre, il s´agit de mieux comprendre cette espèce afin d´évaluer si elle constitue un danger sanitaire pour l´homme et les animaux domestiques et aussi pour limiter sa pullulation. Il est aussi source de destruction des infrastructures, câbles électriques (source de feu potentielle), il détruit les emballages alimentaires mal stockés, peut contaminer les aliments…. Il est un cout très important pour la société« , soulignent  Gwenaël Vourc’h et Amélie Desvars.

En effet, les rats sont connus pour être des vecteurs potentiels de nombreuses maladies et parasites, ce qui a été confirmé par les analyses sur les 86 rats capturés : 16 genres parasitaires différents ont été identifiés, soit huit espèces de vers, trois espèces de puces, un protozoaire et quatre genres bactériens. Ce portage, diversifié, met en évidence une importante richesse parasitaire individuelle puisque la majorité des rats (88 %) abritent au moins deux parasites. Les parasites les plus fréquents sont deux vers digestifs, spécifiques du rats et non transmissible à l´homme, Heterakis spumosa et Syphacia muris.

« La présence, chez ces rats, de sept parasites potentiellement responsables de maladies chez l’homme et les animaux, dont le ver plat Hymenolepis diminuta responsable de teniasis, la bactérie Francisella tularensis agent de la tularémie, ou encore des bactéries du genre Leptospira responsables de la leptospirose et dont le rat est le principal réservoir, soulève la question du rôle de ces rongeurs dans la maintenance de tels pathogènes et de leur potentielle transmission à l’homme et aux animaux qui fréquentent ce parc », nous apprend l’INRA.

Les chercheuses sont catégoriques : « les rats sont une nuisance pour l’Homme (transmission de maladies, destruction des infrastructures, source de stress,….), et les animaux domestiques (puisqu´ils peuvent leur transmettre des maladies). Ils sont aussi un réservoir potentiel de bactérie résistantes aux antibiotiques« . D’où la nécessité de développer et mettre en œuvre des méthodes de lutte intégrée contre des populations de rongeurs en milieu urbain, respectueuses de l’environnement et adaptée au contexte local.

Soulignons enfin, que, à l’instar de nombreuses espèces envahissantes, « les rats ont été introduits par l’Homme partout et se sont hautement adaptés« , nous rappellent Gwenaël Vourc’h et Amélie Desvars. En effet, originaires d’Asie, ils ont conquis la plupart des régions, via les liaisons maritimes, et notamment des milieux écologiques fragiles comme les îles où ils ont ravagé la biodiversité locale.

Ce n’est pas pour rien que le rat, juste devant le chat, est considéré comme le plus grand destructeur (après l’Homme) d’espèces, et nous en sommes, une nouvelle fois, les responsables, même indirectement.

Auteur Christophe Magdelaine pour Notre-Planète-Info

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20 commentaires

    • La végane elle dit que une fois de plus l’homme est responsable de la dégradation de la situation….

      Akasha.

      • engel

        Bonjour ma belle et douce Akasha,

        Toi qui est instruite et qui connaît bien l’histoire antique sumérienne, égyptienne…

        – Tu pourrais sûrement m’expliquer pourquoi le chat fut sacré, voir déifié à cette époque?
        – Pourquoi cette reconnaissance de l’animal correspond à sa domestication et donc sa sédentarisation en milieu urbain naissant ?
        – Et toujours pourquoi, cette sédentarisation fait suite à l’invention de l’agriculture.

        Trois indices: Graine- Grenier-Rat/sourie

        …Et maintenant relies ta phrase. https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gif

        Ps: Sache que l’omnivore, que je suis et qui respecte les vaganes, ne rend pas l’actuelle collectivité végane responsable des agissements de leurs ancêtres et des conséquences actuelles.https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gif

        Bisou.

      • logic

        euuhhh je dirai plutôt que le chat est une race supérieure a l’homme car il a réussi a lui faire croire qu’il était domestiqué, or le chat a le gîte et le couvert gratos et ne fout rien de sa journée, pendant que l’humain trime et lui ramène sa pitance!! quel talent ces Chats!

      • Coucou Engel :)
        Holla que de compliments tu me ferais presque rougir

        C’est vrai que je suis passionnée de l’histoire sumérienne et égyptienne, ainsi que celle de la Rome antique ou avant, étrusque. Mais je ne suis pas encore une érudite à proprement parlé. Cependant, là dessus je puis te répondre.

        Le chat était vénéré car il protégeait les récoltes des petits rongeurs et des rats, cela évitait aussi toute contagions comme la peste et je suppose que ça a aider à la sédentarité. Il a aussi contribuer à s’installer à proximité des champs car il chassait aussi les serpents.

        En Égypte ils ont été encore plus loin lui vouant un vrai culte car il fut déifié tout d’abord en Ré puis Bastet. Ils iront jusqu’à momifier les chats !

        L’agriculture sera le fer de lance de la sédentarisation car ils apprendront divers techniques pour garder la nourriture en réserve comme dans ce genre d’endroit par exemple :


        Ce réfrigérateur géant fonctionne sans électricité dans le désert depuis 2000 ans

        Mais ils inventeront aussi la botanique et pourront conserver les graines, les répertorier et ainsi faire pousser tout ce qu’ils auront besoin, comme le blé !

        Et pour terminer, je n’ai pas accuser l’omnivore d’être responsable de la situation, mais bien l’homme tout court car il a rompu l’équilibre en supprimant sont principal prédateur ! Tout en favorisant la prolifération du rats en lui donnant tout ce qu’il a besoin en surabondance.

        Akasha.

      • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD

        « le générateur a produit mais rien gagner, »

        L’homme produit pour le chat sans rien gagner et vous traitez le chat de talentueux. Et moi quand je profite du travail des générateurs de généalogie, je suis traité de parasite. Il y a vraiment des choses qui ne tournent pas rond dans vos raisonnements.

      • logic

        @DP
        mon cher Daniel, je ne faisais que de l’ironie sur le dos du chat en comparant son état de domestiqué à notre état d’esclave…

    • sombre

      Pas mieux qu’akasha.

      Je lis une phrase qui me fait bien rire : « D’où la nécessité de développer et mettre en œuvre des méthodes de lutte intégrée contre des populations de rongeurs en milieu urbain, respectueuses de l’environnement et adaptée au contexte local. »
      Allias  » continuons à faire de nos villes des décharges à ciel ouvert mais dispersons des pièges à rat et de la mort au rats « bio » « .
      Si vous voulez moins de rats : il faut moins d’ordures. Ils ne se multiplieront pas autant.
      Donc une meilleur gestion collective comme personnel.

      Sinon , qu’en pense les carnistes ? Pas de réflexions genre  » Les hommes de la préhistoires… enterrer leurs déchets?  » Pour une fois qu’ils peuvent parler des hommes des cavernes sans enchainer sur une connerie… ( Ça aurait était mieux si ils pratiquait le recyclage remarque)

      Ou bien, qu’en pense les chasseurs ? J’espère qu’ils ont pas en tête de venir réguler la population. Déjà qu’en forêt ils arrivent à se tirer dessus, j’imagine pas en ville…

    • engel

      Au choix des conneries ou des lieux communs.

  • Graine de piaf Graine de piaf

    Exactement Akasha ! en plus dans beaucoup de villes ou villages les chats errants sont interdits de séjour d’où la prolifération des souris et des rats. L’homme est un être inconscient et un prédateur de première !!
    Et si les rats prolifèrent c’est encore à cause de lui, de son m’enfoutisme, car si ces animaux n’avaient rien à manger ( de jeté n’importe où sauf dans les poubelles ) il n’y en aurait pas autant…

    • sephiros

      bonsoir je te rejoint si on ne supprimerai pas les prédateur naturel il n’y aurait pas de proliférations
      ses a croire que l’on ne créer que de l’emploi inutile volontairement

      • logic

        exact! les diverses pollutions générées par notre chère société permettent de créer de « pseudo emplois » pour combattre le chômage…en attendant que l’espèce s’aperçoivent enfin que le concept de « travail » est totalement obsolète dans un monde robotisé et numérique , mais cette prise de conscience va être longue car la valeur « travail » est ancrée depuis plusieurs millénaires…. Les solutions d’aujourd’hui répondent aux problématiques d’aujourd’hui car la masse n’est pas encore prête a un changement de paradigme..

      • Et oui. L’homme est maso. Sans sa dose de souffrance quotidienne il est en manque et malheureux. tres peu savent jouir de ce qui s’appelle liberté.

  • logic

    même éveillé, l’humain ne peut s’empêcher de voir le rat comme un nuisible…. en nettoyant nos ordures mal gérées, il est surtout un garant de notre bonne santé, au même titre que les mouches… cela s’appelle la grande chaîne de l’équilibre de la vie..

  • Le parlement européen en est infesté, l’assemblée et le sénat français également.
    Mais c’est l’espèce bipède qui prend le dessus a ces endroits là.
    La mort aux rat ne suffit pas pour ceux la.

  • engel

    Le rat est un animal passionnant très loin de l’idée commune. Il est en vérité propre, très social et très très intelligent.
    La preuve, l’homme est son esclave. Il satisfait tous ses besoins de gîte, couvert, chaleur, réseau de transport performant, lieu de distraction avec partouze assurée et pour finir, fin de vie assistéehttps://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_cool.gif

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