La nuit la plus longue de Stanislav Petrov…

Il y a des héros méconnus. Nous rendons hommage à Stanislav Pétrov. C’est grâce à lui si nous pouvons le faire et aussi, à l’américain Léonard Perroots. En 1983 nous sommes passés à un cheveu d’une conflagration nucléaire. Merci Messieurs Petrov et Perroots ! Y a-t-il encore des hommes capables de réfléchir aujourd’hui ?

Il avait «sauvé le monde» pendant la Guerre froide en évitant une possible conflagration générale. La mort de Stanislav Petrov résonne d’une étrange actualité en ces jours de tensions nucléaires.

Il était «l’homme qui a sauvé le monde», mais le monde ne s’est pas souvenu de lui. Stanislav Petrov est mort, en mai dernier, dans son taudis d’une ville délabrée, à la périphérie de Moscou.

Il a fallu attendre ces derniers jours pour que sa disparition soit révélée par Karl Schumacher, un réalisateur allemand qui, le premier, avait raconté dans les années 90 son histoire. Début septembre, Schumacher a tenté d’appeler son vieil ami pour lui souhaiter un joyeux 78e anniversaire. Mais c’est son fils qui a répondu. L’homme était décédé depuis quatre mois, dans l’indifférence générale.

Escalade nucléaire

Stanislav Petrov? Alors que le monde se préoccupe aujourd’hui des velléités nucléaires de la Corée du Nord, alors qu’il frémit devant une possible spirale incontrôlable, ce nom était revenu ces dernières semaines comme un leitmotiv, comme le synonyme d’un antidote miraculeux. Nous sommes en septembre 1983, une époque où les agissements de Kim Jong-un auraient presque passé pour d’inoffensives facéties. Trois semaines plus tôt, les chasseurs de l’Union soviétique ont abattu un Boeing 747 sud-coréen, faisant 269 victimes, dont un membre du Congrès des Etats-Unis parmi 60 autres Américains. Le président Ronald Reagan n’en finit plus de parler de «l’empire du mal», donnant le sentiment que les Etats-Unis sont résolus à le terrasser pour de bon.

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Aux commandes à Serpukhov-15

Retour à Stanislav Petrov, lieutenant-colonel et fonctionnaire émérite de 44 ans. Au cœur de la tourmente, il est en charge du Serpukhov-15, ce centre niché dans les profondeurs d’une forêt proche de Moscou qui, dans l’Union soviétique de cette époque, apparaît comme le nec plus ultra de la technologie. Il est minuit passé de quelques minutes, ce 26 septembre 1983 lorsque des avertissements en lettres rouges commencent à clignoter sur les écrans et qu’une puissante sirène retentit dans toute la base militaire.

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Un jeu qui en vaut la chandelle

Stanislav Petrov le sait: il n’a que quelques minutes pour s’acquitter de la tâche qui lui échoit à son poste.

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Défaillances en cascade

De fait, les vingt minutes qui suivent seront les plus longues de sa vie.

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Des détails qui font la différence

Il faudra attendre plusieurs années après l’effondrement de l’URSS pour que les événements de cette nuit commencent à être divulgués.

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La suite du cauchemar

La fin d’un cauchemar? Pas si vite. Car, pas plus que le reste des Occidentaux, Ronald Reagan n’aura connaissance de ce qui s’est passé cette nuit-là à Serpukhov-15, quand le monde a frôlé l’abîme.

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Le cercle de la paranoïa

Ironie de l’histoire et de cette année 1983 qui se sera révélée comme l’une des plus dangereuses de l’histoire de l’humanité: c’est Léonard Perroots, un autre héros inconnu, Américain celui-là, qui tint alors le monde entre ses mains.

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Source Le-Temps.ch

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