L’assurance maladie prévoit 1,9 milliard d’euros d’économies en 2018…

Il faut faire des économies, alors que le premier ministre Philippe dénonce le «dérapage» budgétaire légué par le gouvernement Hollande. Nul doute que ça permettra au nouveau gouverne-ment, de ne pas tenir certaines de ses promesses.

L’année 2018 sera une année de très grosses économies, prévient la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam) des travailleurs salariés.

C’est le document de l’Assurance maladie le plus attendu de l’année. Dénommé «Charges et produits», ce pavé de 200 pages liste à la fois les économies envisagées et les propositions de la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam) des travailleurs salariés pour l’année prochaine. Et 2018 sera encore une année de très grosses économies : 1,94 milliard d’euros, soit 300 millions d’euros de plus que l’an dernier à périmètre comparable.

Objectif : gagner en efficience, réduire le gâchis et la fraude, et surtout compenser la hausse «naturelle» des dépenses (hausse des salaires, des produits et services…) autour de 4% par an, soit environ 7 milliards d’euros de dépenses supplémentaires. Ce document est d’autant plus important qu’il inspire toujours et considérablement le Projet de loi de financement de la sécurité sociale, PLFSS, voté à l’automne.

L’Assurance maladie, qui ne connaît pas encore le montant autorisé d’augmentation maximum des dépenses d’assurance maladie (Ondam, lire ci-dessous), a donc décidé de faire des économies partout où c’était possible. Sans réelles surprises, mais avec quelques innovations.

Mieux prescrire. La prescription plus efficiente des médicaments et soins et la promotion des génériques doivent produire l’an prochain la plus grosse réduction de dépenses : 750 millions d’euros. S’agissant par exemple, des médicaments génériques, une économie de 150 millions d’euros est attendues, notamment grâce à la promotion des «biosimilaires», ces biomédicaments sont des «copies», dont le prix est inférieur d’environ 15% en France au médicament princeps, contre 20 à 25% chez nos voisins.

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Davantage d’actes sans hospitalisation. L’autre levier important d’économies, c’est l’augmentation de l’activité ambulatoire, ces actes réalisés de jour, sans hospitalisation. L’économie attendue, avec une meilleure orientation des patients, est de 470 millions d’euros pour 2018. Cette stratégie, lancée voilà plusieurs années, part du principe que la France compte encore trop de lits : 6,2 pour 1 000 habitants, contre 3 en Espagne, 3,3 en Italie, 2,7 en Grande-Bretagne, 2,9 aux Etats-Unis…

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Eviter les abus et gâchis. Grosse économie attendue encore en 2018 du côté de la pertinence des soins : 510 millions d’euros. Par exemple, l’hôpital va devoir mieux organiser son recours aux ambulances, quitte à organiser des transports collectifs ou utiliser plutôt des taxis. En tout, l’enveloppe consacrée aux ambulances devra diminuer de 160 millions d’euros. De même, les médecins vont devoir encore levier le pied sur les arrêts de travail et permettre une économie de 100 millions d’euros.

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Lutte contre la fraude. Chaque année, les contrôles de l’assurance maladie, aussi bien auprès des patients que des professionnels de santé permettent de récupérer des sommes non négligeables : 240 millions d’euros par exemple en 2016. Prudent, pour 2018, le directeur de la Cnam, Nicolas Revel, a fixé un objectif de 210 millions d’euros.

Innovation et nouveau forfait. Première en France, l’Assurance maladie va expérimenter un forfait pour les prothèses de hanche, qui font l’objet assez souvent de retour à l’hôpital pour cause de complications, ce qui augmente considérablement la facture. «Une reprise de hanche coûte trois fois plus cher qu’une pose, car c’est beaucoup plus complexe», explique ainsi Lamine Gharbi, président de la fédération de l’hospitalisation privée, FHP. Toute la chaîne sera concernée par ces forfaits, y compris le kinésithérapeute et le médecin de ville. Vertueuse, l’idée, venue de Suède, consiste à mieux rémunérer l’acte et les soins initiaux pour encourager de meilleures pratiques et éviter la ré-hospitalisation des patients.

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Source Le-Parisien/Société

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