Nicolas Hulot, ne laissez pas l’ASN sacrifier la sûreté pour sauver l’industrie nucléaire…

On ne retient les leçons de rien, de Tchernobyl à Fukushima, les deux désastres nucléaires, dont on ne peut que contenir la radioactivité, avec un sarcophage qui a coûté des milliards pour l’un, et laisser les radiations empoisonner le monde pour l’autre, car nous sommes incapables de gérer les radiations et les déchets. Et on veut mettre en route une centrale qui a coûté elle aussi des milliards, avec une cuve défectueuse, dont on ignore les réactions. Nous avons en France 58 réacteurs, s’il y a un accident ce sont des régions entières qui seront inhabitables pour des siècles. Il est inconcevable de prendre des risques pour sauver la filière nucléaire d’EDF de la faillite,  au détriment de la sécurité des citoyens. On va voir si le nouveau ministre de l’environnement Nicolas Hulot, va intervenir en faveur des citoyens, ou en faveur de la caste nucléocrate. Les enjeux sont énormes, mais notre sécurité n’a pas de prix. Nous avons besoin de tout le monde, pour dire non à cette aberration.

La pétition lancée par le réseau « sortir du nucléaire » a du être remise les 26 et 27 juin 2017.

Depuis 2005, L’Autorité de Sûreté Nucléaire savait que les procédures de fabrication de la cuve de l’EPR de Flamanville comportent de graves manquements. Or, la cuve est une pièce maîtresse d’un réacteur nucléaire. L’ASN avait à l’époque averti EDF et Areva des risques encourus, mais ces derniers ont tout de même lancé sa construction.

Le gendarme du nucléaire doit rendre un avis définitif sur la question en septembre prochain mais subit une pression considérable de la part d’EDF, d’Areva, de l’État français et même de la Commission Européenne dans l’optique de faire homologuer cette cuve défectueuse. C’est dans 6 jours que se réunit le prochain groupe d’experts mandaté par l’ASN.

Empêchons les intérêts de l’industrie nucléaire de
l’emporter sur la sécurité de chacun.e d’entre nous,
interpellons l’ASN pour qu’elle refuse d’homologuer cette cuve !

Source Sortir-du-Nucléaire

Malgré tout le 28 juin l’ASN a conclu que les caractéristiques mécaniques du fond et du couvercle de la cuve sont «suffisantes».

Tout comme le réseau sortir du nucléaire, GreenPeace n’est pas de cet avis:

Deux journées de débats intenses entre experts viennent de se terminer sur les anomalies de la cuve de l’EPR de Flamanville et son couvercle. L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) doit maintenant communiquer son avis sur la robustesse de ces pièces. Ce matin, nous nous sommes réunis devant le chantier de l’EPR pour dénoncer l’irresponsabilité d’EDF et d’AREVA et interpeller le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot.

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) subit une pression sans précédent de la part d’EDF et AREVA. Cette situation inédite montre que cette décision de l’ASN ne relève désormais plus seulement de la sûreté nucléaire : elle est devenue avant tout politique.

Que cherchent à faire EDF et AREVA ? Déroger aux standards les plus élémentaires de sûreté nucléaire pour que l’EPR de Flamanville soit mis en fonctionnement malgré ses pièces défectueuses. Derrière l’autorisation de cette cuve de l’EPR, c’est bien la survie de l’industrie nucléaire française qui est en jeu.

En effet, EDF et AREVA jouent gros sur l’EPR de Flamanville : les décisions qui seront prises sur ce chantier auront des conséquences lourdes sur l’avenir des projets vendus au Royaume-Uni, en Finlande et en Chine.

Nous en appelons à la responsabilité de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire et en charge de la sûreté nucléaire. L’ASN ne peut plus prendre une décision de sûreté en toute indépendance et ne peut résister à la pression. Quant à nous, citoyens français, nous n’avons pas à payer le prix des erreurs stratégiques et techniques d’EDF et AREVA. En mettant fin au chantier de Flamanville, Nicolas Hulot peut encore nous l’éviter.

Le nucléaire “made in France” n’existe pas

Les experts qui ont participé aux débats de ces deux derniers jours sont unanimes : la cuve et son couvercle ne sont pas conformes. Quant aux tests qui ont été effectués pour prouver le contraire, ces mêmes experts ont largement questionné leur représentativité. Pour nous, la conclusion est sans appel : si l’ASN valide la cuve de l’EPR de Flamanville et son couvercle, les marges de sûreté seront rognées.

Sur une technologie aussi puissante mais donc potentiellement dangereuse que celle de l’EPR, il ne peut pas y avoir de demi-mesure sur la sûreté : ou bien les pièces sont conformes ou bien elles ne le sont pas. Il n’y a donc qu’une seule réponse possible : la cuve doit être rejetée, tout comme son couvercle.

Les échanges qui ont lieu entre les experts, en présence des clients étrangers qui assistaient aux débats l’ont montré une fois de plus : EDF est incapable de mener à bout le projet d’EPR. L’usine Creusot Forge d’AREVA n’a pas été en mesure de forger des pièces conformes. EDF a d’ailleurs déjà passé commande au Japon pour remplacer le couvercle de la cuve de Flamanville, et pour les deux réacteurs EPR d’Hinkley Point. En réalité, le « nucléaire made in France » n’existe pas.

L’avis final d’autorisation de démarrage de Flamanville ne sera donné par l’ASN qu’en 2018, au plus tôt, au moment où les premiers tests hydrauliques seront effectués. EDF n’est pas au bout de ses peines. Et nous n’avons pas dit notre dernier mot. L’ASN ne peut pas prendre sur ses épaules le poids d’une industrie aux abois. Nicolas Hulot doit intervenir pour que la sûreté nucléaire ne soit pas sacrifiée au profit d’un nucléaire français en faillite.

Source GreenPeace

5 commentaires

  • Arnaud M

    Décision difficile, parce que le gouvernement qui sortira du nucléaire va se prendre le lobby du nucléaire du nucléaire, et surtout tous les français qui n’en ont rien a foutre que l’uranium soit volé aux nigériens par Bolloré, aux prix d’exactions et de massacres. Il faut savoir pourquoi ça coûte si peu cher, et que si le coût du démantelement était pris en compte (démantelement qu’on n’a pas l’air de savoir faire puisque que pour l’instant on ne fait que repousser la date de clôture) on se mettrait à construire des tonnes d’éoliennes beaucoup plus rentables finalement. Là encore, le lobby du nucléaire encouragerait les manifs anti-éoliennes, ce qui marche vu que depuis 50 ans (Giscard d’Estaing, le plus grand constructeur de centrales nucléaires en France dont on ne savait quoi faire de l’électricité à l’époque, Giscard qui avait son frère directeur de mines d’uranium en Afrique, la femme de Giscard étant la nièce du créateur de Framatome et la petite fille du baron schneider) les français ont reçus un matraquage intense pro-nucléaire, déjà 3 générations qu’on se répète le mantra « nous avons les centrales les plus sûres du monde, nous sommes les meilleurs ».
    Sortir du nucléaire c’est un suicide politique, et ça c’est à cause de nous le peuple qui continuons à vivre dans des maisons des années 1980, où la seule isolation entre dehors et dedans au niveau du toit c’est une plaque de plâtre de 5 mm d’épais (on ne se faisait même pas chier dans la plupart des constructions à mettre les 10 cm symboliques de laine de verre). Le tout avec des radiateurs électriques encrassés de poussière, avec plein de vieux électroménager énergivores.
    Du coup on préfère croire que le nucléaire c’est bon pour le CO2 de la planète, en se disant que c’est une filière bien maîtrisée et totalement sécure, que les accidents ne peuvent pas se produire en France (même les japonais commencent doucement à oublier Fukushima et relancent leurs centrales…)

    • Ayus-Ved

      Pendant des années, les responsables et compagnie nous ont fait croire que le nucléaire était la seule solution, que l’électricité était la bonne solution pour se chauffer pas chère, la voiture électrique serait aussi la bonne solution, sauf ben non, ce n’est pas la bonne.

      De plus, elles surchauffent l’été et saturent en hiver.

      Maintenant il faut penser au démontage, le hic ! comment on fait ! combien ça va coûter et les déchets on en fait quoi, ben non, il n’y a pas de solution, oubli au départ volontaire ou pas .

      Seul solution qu’ils leurs restent, laisser pourrir la situation.
      Voila ou nous en sommes aujourd’hui!

      Rappel:
      il faut 3Kw pour en produire 1Kw,
      Rendement 30 %, chercher l’erreur!

  • Ecomotard

    Astucieux cette communication de bien faire le focus sur la seule pièce remplaçable qui compose la cuve.
    Le « coeur » du problème est la calotte de fond de cuve qui elle est totalement irremplaçable.
    – Je rappelle que de nombreuses éprouvettes était très largement inférieures aux normes (et même les normes d’il y a 40 ans). Certaines éprouvettes tenaient seulement 36 joules au lieu de 60 joules mini selon la norme. Et encore, vous pouvez compter sur le Creusot pour faire disparaître les pires éprouvettes…
    – Alors que Areva fait croire que les normes métallurgique du nucléaire sont trop drastique, je rappelle que la nuance d’acier choisi est sensé tenir les 220 joules. Donc atteindre seulement 36 joules prouve que cette cuve est une vrai passoire et un pure fiasco industriel.
    – Je rappelle qu’Aréva sait depuis presque 10 ans que cette cuve est une « merde » mais a attendu que tout soit monté et donc irremplaçable avant de l’annoncer à l’ASN (Stratégie grossière du fait accompli)
    – Je rappelle qu’il est maintenant largement prouvé que la forge du Creusot a falsifié par dizaines des rapports techniques de contrôles (générateurs de vapeurs…)
    – Je rappelle qu’avant même de commencer à forger les calottes pour l’EPR (couvercle et fond de cuve), le Creusot savait qu’il n’avait pas les moyens techniques d’écarter correctement les zones défectueuses de ségrégation sévère.
    Cette mascarade industrielle est gigantesque, aussi grosse que la crédulité des mougeons.

    Pas d’alternative, « Nos enfants nous accuseront »

  • Ecomotard

    Face à l’oligarchie du nucléaire qui se fout de notre santé et de notre avenir, je ne vois plus qu’une seule chose à faire :
    Créer et cotiser à un fond pour verser une prime de sabotage au premier employé qui mettra un gros coup de disqueuse sur le fond de cuve (ou verser quelques litres d’acide bien costaud).
    Au niveau international (greenpeace…), ca doit être jouable de lever 1 Million d’€ en bitcoin… De quoi vite mettre fin à cette mascarade.
    Juridiquement, je ne suis même pas sure que l’employé prendrait du ferme.

  • Planete bleu Planete bleu

    Saint-Vulbas – Déclenchement du plan d’urgence interne à la centrale nucléaire du Bugey

    http://www.voixdelain.fr/blog/2017/06/29/saint-vulbas-declenchement-du-plan-durgence-interne-a-la-centrale-du-bugey/