Mariage pour tous, loi Travail, écologie, transparence… que votait Edouard Philippe quand il était député (de droite) ?…

Ses prises de positions auront-elles une incidence sur ses futures décisions ?…

ARCHIVES – Edouard Philippe, le nouveau Premier ministre, sera chargé d’appliquer le programme d’Emmanuel Macron. Sera-t-il en phase avec la vision du président de la République ? Pour en avoir le cœur net, LCI récapitule certaines de ses prises de position à l’Assemblée nationale.

Il faut recomposer la vie politique, faire avancer le pays. » Lundi soir, sur TF1, le nouveau Premier ministre Edouard Philippe a défendu son ralliement à Emmanuel Macron, expliquant sa nomination – alors qu’il est membre des Républicains – par « une situation suffisamment unique pour tenter quelque chose de totalement nouveau ».

Edouard Philippe sera donc chargé de mettre en œuvre le projet d’Emmanuel Macron et de conduire les réformes promises pendant la campagne présidentielle. Celui qui était, jusqu’ici, député LR de Seine-Maritime devra-t-il se faire violence pour conduire certains projets ? Pour en savoir plus, nous avons examiné ses prises de position à l’Assemblée nationale, dans ce quinquennat passé où il était dans l’opposition quand Emmanuel Macron siégeait au sein du gouvernement.

Mariage pour tous : abstention

Emmanuel Macron a fait sien l’héritage laissé par son prédécesseur, François Hollande, relatif au mariage pour tous. Lorsqu’il était député, Edouard Philippe avait de son côté fait partie de la poignée de députés (comme Nathalie Kosciusko-Morizet) qui avaient décidé de s’abstenir lors du vote de la loi (retrouvez ici le bilan du scrutin). L’argument consistait à dire qu’ils n’étaient pas opposés au mariage homosexuel mais que la loi posait la question de la procréation médicalement assistée (PMA) et de la gestation pour autrui (GPA), auquel Edouard Philippe était opposé. La majorité de l’opposition de droite avait voté contre la loi Taubira. Seuls six députés ex-UMP avaient voté pour. Ci-dessous, une prise de position d’Edouard Philippe durant les débats qui ont précédé le vote.

Loi de séparation bancaire : contre

La promesse du candidat Hollande en 2012, visant à séparer les activités bancaires (financement de l’économie d’un côté, activités spéculatives de l’autre), s’est traduite, dans une version jugée trop minimaliste par les détracteurs, dans la loi du 26 juillet 2013. Emmanuel Macron n’était pas encore ministre, mais il avait en son temps appuyé l’idée d’une séparation des activités bancaires. Edouard Philippe avait voté contre cette loi, à la différence de certains députés de sa famille politique comme Gérald Darmanin ou Georges Fenech.

Loi sur la transparence de la vie publique : contre

La loi du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique a été adoptée par la majorité, sur fond d’affaire Cahuzac, afin de lutter contre les conflits d’intérêts et d’imposer aux membres du gouvernement et aux parlementaires une déclaration relative à leur situation patrimoniale et à leurs intérêts. Emmanuel Macron a promis d’aller plus loin, avec une loi « de moralisation » de la vie publique. Or à l’époque, Edouard Philippe avait voté contre la loi de 2013. Le nouveau Premier ministre a d’ailleurs été épinglé par Mediapart pour avoir reçu un « blâme » de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, pour avoir refusé d’actualiser, dans sa déclaration de 2014, la valeur de son patrimoine.

Loi contre la fraude fiscale : contre

Emmanuel Macron a promis d’alourdir les sanctions contre la fraude fiscale. Lorsqu’en juin 2013, la majorité avait porté une loi relative « à la lutte contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière », Edouard Philippe avait, comme l’immense majorité de son parti, voté contre cette réforme. A l’ex-UMP, seul Lionel Tardy avait voté favorablement, tandis que d’autres, comme Hervé Mariton ou Thierry Solère, préféraient s’abstenir.

Loi relative au cumul des mandats : contre

En septembre 2013, la majorité s’est penchée sur le texte interdisant le cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou de sénateur. Le député-maire du Havre Edouard Philippe avait alors voté contre cette loi. Idem sur le projet de loi interdisant le cumul de fonction exécutives locales avec celui de député européen. Il devra pourtant porter la promesse d’Emmanuel Macron visant à instaurer une limitation dans le temps du cumul des mandats.

Loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel : contre

A la différence d’autres députés de l’ex-UMP comme Thierry Solère ou Nathalie Kosciusko-Morizet, Edouard Philippe a voté contre la loi de lutte contre le système prostitutionnel, qui comprenait notamment la pénalisation des clients.

Auteur pour LCI

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