Redressement judiciaire pour les chaussettes made in France Labonal…

À l’heure où les consciences citoyennes s’éveillent, où les français veulent retrouver leur souveraineté, on doit soutenir nos entreprises et acheter français, on aura de la qualité et du confort. Les prix varient en fonction de ce que l’on recherche, en fil d’Écosse, action massante, anti-tiques, anti-moutiques. (Suis pas payée pour la pub hein!!). Parler de citoyenneté et de liberté, ça passe aussi par du concret.

L’entreprise de fabrication de chaussettes Labonal, qui favorise le made in France et Alsace, a été placée en redressement judiciaire…

ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Avec des carnets de commandes pleins, un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros en 2016, le fabricant de chaussettes Labonal pourrait prétendre à des jours heureux. Oui, mais voilà le 21 mars dernier, la société a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de grande instance de Colmar (Haut-Rhin). L’entreprise, qui emploie une centaine de salariés a depuis deux ans recentré l’ensemble de la production en Alsace, à Dambach-la-Ville et a repositionné sa stratégie sur le made in France. Une stratégie payante au vu des commandes mais aussi à l’origine d’un passif qu’elle doit gérer avec une trésorerie fragile.

La baisse du volume des ventes

L’entreprise, qui fait des chaussettes depuis 1924, a déjà eu des « moments difficiles », explique son PDG Dominique Malfait. Aujourd’hui, elle fait face à un problème de trésorerie. A la demande de la grande distribution, l’entreprise Labonal avait installé une filiale en Tunisie. Mais avec la perte d’un gros client, l’entreprise a décidé de produire moins de chaussettes pour la grande distribution. Si Labonal a pu compenser les pertes avec sa marque historique, elle doit gérer aujourd’hui des litiges juridiques avec la filiale tunisienne, ce que ne lui permet pas sa trésorerie.

« Nous avons besoin de trésorerie car nous faisons évoluer notre modèle économique vers plus de développement, sans négliger la grande distribution, assure Dominique Malfait. Le redressement judiciaire nous protège un peu. Nous avons eu deux exercices légèrement négatifs, en 2014 et 2015. Le redressement judiciaire permet de rebondir et de favoriser la continuité de productivité avec un apurement du passif. Les carnets de commandes sont pleins. »

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« Il faut acheter du made in France »

L’entreprise développe sa marque historique – Labonal –, multiplie les ouvertures de boutiques sans négliger la grande distribution. Elle diversifie sa gamme aussi, comme les chaussettes contre les tiques, « un problème dont on parle de plus en plus. C’est un produit qui fonctionne bien. Cela devrait, permettre aussi de retrouver du chiffre d’affaires. C’est un levier, comme d’autres », assure Dominique Malfait.

« Nous produisons chaque année 2,5 millions de chaussettes. Cela représente moins de 1 % du marché de la chaussette en France [360 millions de paires], mais cela fait vivre une centaine de familles. C’est un bon ratio, à l’heure où l’on parle de créer de l’emploi. Alors acheter français, c’est aussi un devoir citoyen (rires), personnel, de patriotisme. »

Pour l’heure, le PDG dit ne pas envisager de réduction du personnel et exclut toute liquidation. Nous restons positifs et dans une bonne dynamique, même s’il faut augmenter notre chiffre d’affaires. Nous sommes dans une période d’observation. Le personnel comprend la stratégie et se remonte les manches. En France, le textile c’est difficile. Mais nous faisons confiance à nos clients. »

Auteur Gilles Varela pour 20Minutes/économie

4 commentaires

  • Yanne Hamar

    Le patron a peut-être touché de l’argent pour un emploi fictif….

  • engel

    Dixit:
    -« Mais avec la perte d’un gros client, l’entreprise a décidé de produire moins de chaussettes pour la grande distribution. »

    …Toujours les mêmes!
    Destruction du tissu national: Les grands marchands!

    …Et toujours le même procédé(de captation/saignée):

    – 1) Attirer le fabricant national par des perspectives de marchés importants.

    – 2) S’accaparer la quasi totalité de sa production par des commandes énormes.
    – 2bis) Forcer le fabricant à s’endetter, afin qu’il puisse assurer le surplus de production nécessaire(M.O, Bâti, etc…).

    – 3) Détruire tout naturellement le traditionnel réseau de distribution du fabricant(petits et moyens acheteurs habituels) en le rendant obsolète.

    – 4) Devenu le « seul » et principal client du fabricant, renégocier les termes du contrat échu.
    Afin « tordre le bras », en imposant des conditions qui seront souvent fatales au fabricant(délocalisations, prix de vente extrêmement bas, introduction dans le capitale, etc…); ou, se retirer en le laissant à une mort certaine.

    – 5) Après quoi, le choix s’offre aux matamors:
    * Exploiter directement le secteur devenu libre,
    * Ou, recommencer avec un autre!

    …Voilà bien les véritables exploiteurs, faiseurs de misère!