Revenu universel, réforme du RSA… Que proposent les candidats en matière de minima sociaux ?…

Cet article date de février 2017, avant que nous connaissions les candidats sélectionnés. Aussi je ne mettrai que ce que prévoient les nominés. Les autres candidats n’ayant pas été interrogés, on attendra une mise à jour de l’article. Vous pourrez consulter tous les avis en suivant le lien vers la source. La Gazette interroge les fonctionnaires territoriaux sur les questions politiques  Merci à X’yd.

La Gazette fait le point sur les propositions des principaux candidats à la présidentielle : qui sont les partisans du revenu universel ? Ceux qui prônent une fusion des minima sociaux ? Ou ceux qui semblent peu intéressés par le sujet ?

Si le revenu universel s’est invité dans la campagne par les propositions de plusieurs candidats aux primaires de droite ou de gauche, la question de la réforme des minima sociaux, plus ancienne devra être traitée par le-la prochain-e président-e de la République, notamment du point de vue du financement. Rien que pour le Revenu de solidarité active (RSA), l’explosion du nombre de bénéficiaires alors que l’Etat compense de moins en moins le montant de l’allocation, a mis les conseils départementaux dans une situation financière très délicate et qui ne peut perdurer indéfiniment.

Les pro-revenu de base

Benoît Hamon (PS)

« Je me base sur des données qui anticipent que 10% des emplois pourraient être menacés par l’automatisation et la robotisation. Le secteur industriel n’est plus le seul menacé, le secteur des services – et pas seulement les métiers les moins qualifiés – l’est aussi », explique Benoît Hamon pour justifier la mise en place d’un revenu de base.

Le vainqueur de la primaire de gauche veut se positionner dans « une société post-croissance » qui refuse la baisse du chômage grâce à la précarisation et la paupérisation d’une partie des salariés.

Dès son élection, le candidat socialiste souhaite automatiser le RSA et mettre en place le revenu universel pour les 18-25 ans, avec un montant de 600 euros. Cette première étape serait suivie, à la fin du quinquennat par la généralisation du dispositif, sous condition de ressources : seuls les plus pauvres toucheraient donc une somme chaque mois. A plus long terme, une véritable généralisation du revenu de base serait mise en place.

Pour décider du montant de ce revenu, du seuil maximum de réception, des prestations à intégrer (allocations familiales, allocations logements…), du versement aux 0-18 ans, Benoît Hamon déclare : « nous ouvrirons en parallèle à la première phase une grande conférence pour penser ce que devra être le revenu universel. Je ne tranche pas dès aujourd’hui ».

Le coût de la mesure – et donc les modalités de son financement – n’a donc été présenté que pour la première étape. Le surcoût est estimé à 45 milliards d’euros par an, financé par un impôt sur le patrimoine, issu de la fusion de la taxe d’habitation et de l’impôt sur la fortune.

Le pro-fusion des minima

François Fillon (LR)

Objectif numéro 1 pour une véritable justice sociale : créer une allocation sociale unique pour une meilleure efficacité des aides, trouve-t-on dans le programme du candidat de droite. Les minima sociaux seront donc fusionnés comme le préconisait en avril 2016 le rapport Sirugue, mais les allocations logement seront aussi incluses. François Fillon veut en effet plafonner le système des aides à « 75 % du Smic », soit 847 euros, pour encourager les allocataires à rechercher un travail.

Le financement de cette nouvelle allocation proviendrait des financements actuels des différents dispositifs.

Ceux qui parlent peu des minima sociaux

Jean-Luc Mélenchon (PG)

S’il parle beaucoup salaires, le candidat du Parti de gauche s’exprime peu sur les minima sociaux. La question n’a pas été choisie par ses partisans pour faire parti des 10 priorités de la campagne, présentées à l’automne 2016.

Son conseiller chargé des questions du travail, Guillaume Etievant, s’est néanmoins positionné contre le revenu universel, « cheval de Troie pour casser notre modèle social ». Le mouvement craint que ce revenu ne serve aux patrons à précariser toujours plus les salariés.

Pour les jeunes de 18 à 25 ans, le candidat de «la France insoumise »veut néanmoins mettre en place une allocation d’autonomie de trois ans, sous réserve d’une formation qualifiante et sous condition de ressources.

Emmanuel Macron (En Marche !)

« Le revenu universel existe déjà. Cela s’appelle le RSA. Si on savait le multiplier par deux, j’ose espérer qu’on l’aurait fait depuis longtemps », a déclaré Emmanuel Macron lors d’un meeting à Lyon le 4 février. Le député PS Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement En Marche !, avait déjà expliqué être contre le revenu universel, « extrêmement difficile à chiffrer et qui financerait durablement le chômage de longue durée». Emmanuel Macron se présente en effet comme le défenseur du travail.

L’ancien ministre de l’Economie a ainsi exprimé sa volonté de transformer le RSA « pour accompagner le retour à l’activité ». Le 1er février sur France Inter, il a affirmé :

Aujourd’hui, le lissage n’est pas bon, ce qui fait que quand vous rentrez dans le travail avec un Smic à temps partiel ou un Smic et que vous étiez au RSA, vous n’avez par la prime d’activité, vous n’êtes pas incité forcément à travailler

Marine Le Pen (FN)

« Nous sommes contre le revenu universel car il est infinançable, nous avons fait le calcul », expliquait en décembre à La Gazette Bernard Monot, l’un des économistes du FN et eurodéputé. La mesure est bien absente du programme de la candidate frontiste, présenté début février. Tout comme une réforme à une réforme globale des minima sociaux.

Le RSA n’est même pas cité dans les 144 propositions ; seules l’ASPA (Allocation de solidarité aux personnes âgées, ex-minimum vieillesse) et l’AAH (Allocation aux adultes handicapées) sont mentionnées et seraient revalorisées si Marine Le Pen arrivait au pouvoir.

Côté financement de ces revalorisations, les choses restent assez floues. Bernard Monot précise tout de même que « tout ce qui est allocations liées à l’immigration clandestine – AME, aide au logement, éducation des enfants d’illégaux, CMU… sera supprimé. »

Voir les dossiers liés

RSA : faut-il demander aux allocataires leurs relevés bancaires ?

Cet article fait partie du Dossier
Présidentielle 2017 : les enjeux-clés pour les collectivités territoriales:

**Il est très complet ce dossier, c’est en bas de page, par ICI**

Source La Gazette des Communes

 

18 commentaires

  • samedi soir

    Bonjour, d’après le dernier rapport du comité d’évaluation du RSA, 50% des bénéficiaires ne le réclame pas.
    Près de 70% selon la secrétaire d’Etat à la lutte contre l’exclusion…
    On est loin de l’image d’Epinal, ou des hordes d’indigents, viennent siphonner les caisses de l’Etat.

  • Le veilleur

    Qu’ils commencent par baisser les charges en France et les gens auront envies de s’installer sans avoir peur de perdre leurs investissements et de finir par déposer le bilan. Première chose !

    Ensuite, le revenue de base est tout à fait possible en taxant les transactions financières et impôts sur les hauts revenus, les TVA sur les produits de luxes et polluants mais surtout par la simplification d’une très longue liste d’allocations déjà existantes et l’économie de gestion administrative devenue inutile.

    Seulement voilà, les politiques laissent l’argent fuiter hors du pays ou dans les paradis fiscaux. Ceux qui devraient payer des impôts sur les grandes fortunes en sont pour la plupart exonéré gracieusement ou résident à l’étranger comme bon nombre d’artistes Français qui se sont enrichis grâce à la France et qui demandent aux Français de nourrir, loger et vêtir les migrants de leurs poches ! Suivez mon regards ! Et pendant ce temps-là, les sans dents Français deviennent toujours plus précaires.

    Il nous faudrait un Poutine à la tête de la France, pour obliger les grosses entreprises à rester en France et à embaucher des Français. Voyez par vous-même !

    http://www.youtube.com/watch?v=14JH5-Tia5k

    Le revenu de base : un nouveau droit humain.

    http://www.youtube.com/watch?v=pZOUv5QQMz0

    Et pour ceux qui en douteraient, en France ce n’est pas l’assistanat qui coûte le plus cher.

    Assistanat : un mythe qui ronge la solidarité.

    http://www.youtube.com/watch?v=rnu9e1ft5qw

    • le problème ne vient pas du montant des charges a payer, sauf pour les petites entreprises.
      Il ne faut pas oublier que c’est la force de travail de l’ouvrier, qui en réalité produit cette somme.
      donc cette somme devrait revenir a l’employé qui par son travail a produit cette plus value qui va etre répartie dans plusieurs caisses qui seront gérées par des sociétés privées en réalité.

  • engel

    …Et les maximas sociaux c’est pour quand?http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gif

  • de toutes façon voila a quoi tient la crédibilité de hamon.

    Exclure les petits candidats des débats présidentiels ? Rien de plus logique pourrait dire Benoît Hamon, c’est la loi. Lors du débat présidentiel sur TF1 et LCI, Benoît Hamon n’a pas eu un mot pour les candidats écartés. Et pour cause, il connaît bien les dispositions légales régissant l’accès aux médias des candidats, il en a co-signé le projet de loi organique qui sera votée en avril 2016, et qui oblige le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

    En clair, si le résultat des élections passées témoigne d’un attachement à l’onction du suffrage universel, les instituts de sondages se voient consacrés dans une loi organique comme critère d’appréciation. Benoît Hamon aurait donc été bien en peine de jeter la pierre à TF1. La chaîne, qu’on le déplore ou non, a agi en accord avec la loi en ne retenant que les cinq premiers candidats… selon les sondages.

    https://francais.rt.com/france/35587-petits-candidats-exclus-hamon-signataire-loi-organique

  • Tu luttes, tu luttes et tu r’luttes mais rien n’avance. Toujours les mêmes qui la prennent, l’austérité et toujours les mêmes qui la mettent, l’austérité. Alors que eux font la fête.

    1’49 » : https://www.youtube.com/watch?v=dQnKwncpLRA

    Sérieux, j’ai fait un effort après 4 heures de yoga j’ai regardé leurs ébats de candidats.
    Allez savoir pourquoi mais 3 minutes après je tournais déjà aux tranquillisants. Je tiendrai, je tiendrai me répétais-je pour me motiver.

    10 minutes plus tard je me jetais sur les anti-vomitifs. Contrôle ta respiration me disais-je, voila c’est bien doucement. Tu vas y arriver.

    20 minutes après je happais la boite d’ anti-diarrhéique. Reste zen tu peux le faire. Pourtant la suite prouva que non.
    Probablement plongé dans état pleinement conscient mes pensées s’égarèrent et devinrent bien plus nettes, le candidat idéal se présenta comme l’accomplissement du st Graal.

    Une voix sourde envahit la petite pièce :  » Nathalie Duponpoutoulineau tel est mon nom, je vais te présenter le futur »

    Ohé c’est bon là ! j’ai déjà passé une soirée de MisèrE alors va faire ton baratin ailleurs. Je viens de me cloquer les frères truelle et maintenant j’aimerai roupiller.

    J’attends juste le deuxième pour voir la tête de Mélenchon quand il va appeler à voter Fillon contre Lepen . http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gifhttp://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gifhttp://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gif

  • suzanna

    C’est le patronat qui fait marcher au pas le gouvernement pour qu’ils n’augmentent plus les salaires.

    Pourquoi bosser à plein temps pour toucher un salaire qui ne permet pas « légalement » de se loger, on doit être le seul pays en occident qui empêche les citoyens de se loger quand ils touchent le salaire minimum légal.

    Pour avoir envie de travailler, il faut d’abord en récolter de la satisfaction, si on ne peut pas avancer dans la vie avec son salaire, on ne travaille plus pour vivre, mais on vie pour travailler, alors pourquoi voudrait-on se torturer ainsi ?

    D’où le fait qu’on finit par se contenter du même résultat, mais en restant inactif et en touchant les aides de l’état.

    Une chose est certaine, avec Macron, ce sera un quinquenat d’émeutes.

    • sombre

      Tout à fait.

      Cela fait des années que je suis étonné par les propositions de tout les parties politiques, même les plus underground :
      Personne ne semble faire passer le message que augmenter les salaires, ou les minimas sociaux, ou le SMIC ne sert à rien !
      Qu’importe les changements proposés ; les prix des biens et services s’aligneront.
      Si le SMIC est à 1000 et quelques euros, et qu’il passe à 1500 … qui peux croire qu’on aura gagner 500€ de pouvoir d’achat ?

      La raison est simple, ces biens et services, en excluant les services publics, sont proposé par des entreprises privés. Il n’y à rien qui empêche le profit : il est même encouragé.
      Si les biens et services était la propriété de l’état (lorsque c’est possible : il y a des biens et services qu’on ne produit pas en France qui bénéficie au Français), que la population entière devenait fonctionnaire de ce dernier, alors les prix pourrait être contrôler.
      Si bénéfice il y a, ça pourrait alors être utiliser pour tout les services publics sans enrichir actionnaires, banques …

      Le capitalisme est une compétition malsaine.
      Qu’importe la définition des capitalismes qu’on trouve sur le net, la réalité c’est que le capitalisme met en compétition les individus entre eux.
      Dés lors, toutes les dérives sont possibles et toutes les lois peuvent être modifier, détourné ou supprimer pour s’aligner à la volonté de ce système.
      De cette compétition né les inégalités; de la pauvreté extrême du tiers monde à des multi-milliardaires, des entreprises et groupes financiers plus riches que des états.
      Corrompu, inconscient ou satisfait par le système actuel, les politiques ne s’aligne plus que sur les règles de cette compétition.
      Les ressources planétaire qui s’épuise, la pollution, les guerres, les famines …
      Toutes les problématiques que nous connaissons trouve leurs explications dans cette compétition, et pour rajouté de l’ironie à la scène : on en appelle à la solidarité des gens !
      Bien sur, faire des actions personnelles pour améliorer les choses à du sens ! mais l’humanité n’a jamais mieux progresser qu’en groupe.

      Alors voilà. Qu’importe sur qui se portera nos choix pour les présidentiables, si la finalité ne permet pas :
      – Le vote et le contrôles des loi et de la constitution par le peuple
      – La nationalisation totale de la production de biens et de services
      Alors la situation actuel ne pourra que perdurer. Ont aura beau obtenir le pouvoir de faire les lois, tant qu’on à pas le pouvoir sur les biens et services, les problèmes de notre société continueront même dans une plus faible mesures.
      Bref, le capitalisme sous la forme de compétition existera peut-être toujours entre les états, mais il faut qu’il disparaisse au sein de l’état.

  • kalon kalon

    Je ne vois pas très bien ou est l’intérêt d’écouter des programmes politiques qui ne seront JAMAIS suivis ! http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_unsure.gif

  • engel

    En parlant de la nécessité d’un maxima (du plafond d’aide sociale)…afin qu’un minima, accessible à TOUS, puisse survivre.

    Ça,…. vous en pensez quoi?
    https://www.youtube.com/watch?v=kSs7c76VBjM

    Oui je sais. Politiquement, totalement incorrect pour la meute.
    Mais bon, malgré tout, le résultat explose dans le quotidien de plus en plus de français.

Laisser un commentaire