Cellule de crise à Fukushima ….

On remercie Pierre Fetet pour son blog qu’il tient à jour, avec tout ce qui concerne ce désastre de Fukushima qui continue de plus belle.

Difficile d’être novateur sur le sujet de Fukushima. Aurait-on déjà tout dit depuis 6 ans que dure la catastrophe ? Eh bien non, avec le film de Linda Bendali, « De Paris à Fukushima, les secrets d’une catastrophe », le sujet de l’attitude de la France nucléaire au mois de mars 2011 n’avait jamais été abordé sous cet angle : alors que le Premier ministre japonais, Naoto Kan, confronté au feu nucléaire, devenait anti-nucléaire, le gouvernement Fillon lançait l’artillerie lourde pour contrer toute véhémence de débat sur ce sujet en France.

Pour le ministre de l’industrie, Eric Besson, il s’agissait d’un incident. Nicolas Sarkozy s’invitait au Japon alors qu’on ne l’y attendait pas pour faire la promotion du nucléaire en pleine crise atomique. Et la France faisait semblant d’aider le Japon en envoyant des produits inutilisables ou dépassés. Donc un bon documentaire pointant des dysfonctionnements tant japonais que français que l’on peut voir en replay ici encore quelques jours. Et une bonne synthèse par Arnaud Vaulerin

Cela dit, ce reportage a réveillé en moi une vieille colère, jamais vraiment éteinte depuis 1986, et vous n’échapperez donc pas aux commentaires que m’inspire ce reportage.

Pierre Fetet

Les mensonges de Tepco

Au début du documentaire, Tepco, champion du mensonge et du non-dit s’exprime par la voix de son porte-parole Yuichi Okamura : « Nous n’avions jamais imaginé qu’un tel accident puisse arriver. A partir des statistiques, nous avions calculé que le tsunami ne devait pas dépasser 5 mètres. Nos prévisions étaient dépassées.»

Il est contredit ensuite par la réalisatrice. Je remercie infiniment Linda Bendali d’avoir insisté sur le fait que le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur Fukushima a donné comme première conclusion que la catastrophe de Fukushima est d’origine humaine. Car peu de gens comprennent l’enchaînement des évènements et l’on entend trop souvent que « la catastrophe de Fukushima a été provoquée par le tsunami ». Or, la véritable chaîne logique a été celle-ci :

1) Irresponsabilité : Tepco décide de construire une centrale nucléaire au niveau de la mer.

2) Stupidité : Alors que sept tsunamis de 12 à 28 mètres de hauteur ont eu lieu au Japon au XXe siècle, les hommes décident de construire une digue de protection de 5 m.

3) Corruption : les organismes de sûreté nucléaire du Japon acceptent les dossiers de construction.

4) Evènement naturel : un tsunami de 15 m de hauteur s’abat sur la côte est de Honshu, et donc sur la centrale de Fukushima Daiichi.

L’IRSN fait sa pub

L’IRSN est toujours pris en exemple et soigne son image de marque. Normal, il est l’organisme officiel de référence. Pourtant j’ai déjà pris plusieurs fois cet institut en flagrant délit de mensonge : assurance que les évacués allaient revenir d’ici trois mois en 2011, assurance qu’il n’y avait pas eu de rejet de strontium et de plutonium au Japon, assurance qu’une centrale nucléaire ne peut pas exploser en France… On a encore eu droit à Thierry Charles dernièrement qui affirme savoir où est le corium alors que même Tepco ne le sait pas…

Dans le documentaire, le narrateur assure que « L’IRSN est le premier organisme au monde à annoncer que le cœur en fusion s’est échappé de son confinement ». Et effectivement on a l’impression, en écoutant Jacques Repussard, que son institut a communiqué sur ce sujet en mars 2011. Or six mois après le début de la catastrophe, l’IRSN était encore à écrire : « Il reste impossible de savoir si du combustible fondu a pu se relocaliser au fond des enceintes et dans quelle quantité. » (Communiqué du 25 août 2011). Pourtant, le gouvernement japonais avait déjà reçu un rapport de l’AIEA le 7 juin reconnaissant la possibilité de perforations dans les cuves des réacteurs 1 à 3…

Non, sérieusement. Tout d’abord, le premier organisme qui a annoncé la fusion des trois cœurs, c’est Tepco, le 24 mai 2011. Et l’IRSN l’a annoncé le lendemain. Auparavant, l’IRSN n’a jamais rien écrit d’autre, pour les réacteurs 1, 2 et 3, que « L’injection d’eau douce se poursuit. Le débit d’injection d’eau est ajusté afin d’assurer le refroidissement du cœur qui reste cependant partiellement dénoyé. »

En 2011, la première personne qui a osé briser l’omerta du lobby nucléaire est Mishio Ishikawa, fondateur du JANTI (Japan Nuclear Technology Institute) : lors d’une émission télévisée japonaise, le 29 avril 2011, il a affirmé que les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 de Fukushima Daiichi étaient fondu à 100%. C’est ça l’histoire, c’est comme ça que ça s’est passé. L’IRSN n’a jamais dit cela avant quiconque. L’IRSN a respecté l’omerta sur la fonte totale des trois cœurs comme tous les acteurs du monde nucléaire et a attendu docilement que Tepco annonce la réalité pour acquiescer, quoi qu’en dise Jacques Repussard six ans plus tard.

Le mythe Naoto Kan

L’image du Premier ministre du Japon d’alors est à nuancer. On a l’impression, après avoir vu le documentaire, que Naoto Kan est intervenu en héros. Or il faut admettre également qu’il a fait plusieurs erreurs :

– Naoto Kan est allé à la centrale de Fukushima Daiichi en pleine crise et a fortement dérangé la gestion en cours. Le directeur Masao Yoshida a été sommé de s’expliquer, et d’expliquer ce qu’il était en train de faire, faisant perdre un temps précieux à ceux qui essayaient de résoudre les problèmes un par un (C’était juste avant les explosions du n°2 et du n°4 !). Le documentaire laisse entendre que Masao Yoshida allait quitter la centrale avec tous les ouvriers, et que grâce à l’intervention de Kan, ils ont été obligés de rester. C’est faux. Tepco avait peut-être l’intention de quitter le navire, mais le directeur responsable de la centrale a démenti tout projet d’abandon du site.

– Le documentaire montre bien Naoto Kan qui s’agenouille devant Nicolas Sarkozy. Politesse ou pressions industrielles ? On ne sait pas pourquoi il n’a pas osé contrer le VRP du nucléaire français.

– Naoto Kan restera pour tous les habitants des zones évacuées celui qui a décidé de faire passer la norme de 1 à 20 mSv/an. D’un côté, il était prêt à faire évacuer Tokyo mais de l’autre il a fait subir à toute une région un taux d’irradiation très important. Quelque chose est bizarre dans ces attitudes opposées.

Le spectre de Tchernobyl

Pierre Pellerin, même disparu, fait encore des dégâts… Entre deux parties du documentaire, Frédéric Boisset, rédacteur en chef de Brainworks Press, présente l’histoire de Tchernobyl de cette manière : « En 1986, le nuage radioactif se répand sur toute l’Europe. Les autorités n’ont pas les moyens techniques pour mesurer les retombées, donner des consignes aux Français. Peut-on manger des fruits et des légumes ? Faut-il se calfeutrer ? C’est pour éviter ce type de ratage qu’on a créé cet institut [l’IRSN]. »

Or ce n’est pas une interview prise sur le vif, c’est un texte soigneusement préparé avant l’enregistrement. Frédéric Boisset soutient donc sans sourcilier que le SCPRI de 1986, un ancêtre de l’IRSN, n’avait pas les moyens d’alerter les Français des dangers de la radioactivité !  Quelle énormité ! En Allemagne, ils avaient les moyens d’interdire la vente des épinards et des salades, de confiner les élèves à l’intérieur mais pas en France. Frédéric Boisset nous refait le coup du nuage qui s’arrête à la frontière ? C’est invraisemblable qu’un journaliste perpétue la désinformation commencée en 1986.

Pourtant, l’IRSN, digne héritier de l’esprit du SCPRI, a fait ce communiqué le 15 mars 2011, jour où le nuage radioactif de Fukushima est arrivé à Tokyo : « Une légère élévation de la radioactivité ambiante à Tokyo est constatée par quelques mesures. Cette élévation n’est pas significative en termes d’impact radiologique. » Pierre Pellerin n’aurait pas dit mieux ! Dans le même temps, Olivier Isnard, expert de l’IRSN dépêché à Tokyo, préconisait le calfeutrage des locaux de l’ambassade de France. Heureusement, Philippe Faure, l’ambassadeur de France au Japon, communiquait autrement auprès de ses expatriés à 10 h : « Restez dans vos maisons, en veillant à les calfeutrer au maximum, cela protège efficacement contre les éléments radioactifs de faible intensité qui pourraient traverser Tokyo. » Mais à 20 h, il change de ton et reprend le discours officiel dicté par l’IRSN : « La situation reste à l’heure qu’il est tout à fait saine sur Tokyo. Une très légère hausse de radioactivité a été enregistrée. Elle ne présente aucun danger sur la santé humaine. » 100 Bq/m3 ne présenterait aucun danger pour la santé pour un nuage radioactif sortant directement d’un réacteur nucléaire ? Je ne suis pas plus rassuré qu’en 1986 malheureusement. La Criirad non plus, qui publiait le 14 mars 2011 ce communiqué : « Alertes nucléaires au Japon » 

Le tabou de l’explosion de vapeur

Une dernière tromperie. L’IRSN a trafiqué la traduction des paroles de Masao Yoshida, directeur de la centrale de Fukushima Daiichi. Juste après l’explosion de l’unité 3, celui-ci, affolé, appelle le quartier général pour l’informer de la situation. Tepco a livré cet enregistrement et l’IRSN l’a diffusé dans une vidéo en 2013.  Je ne connais pas le japonais mais j’ai des amis japonais qui m’ont assuré de la traduction de ses paroles. Je vous donne donc les deux versions, celle de mes amis et celle de l’IRSN. Les japanophones pourront vérifier d’eux-mêmes.

Version TV japonaise

https://youtu.be/OWCLXjEdwJM?t=7m38s

7:38 – 7:48

Version IRSN

https://youtu.be/tjEHCGUx9JQ?t=52m52s

52:56 – 53:06

  • QG ! QG !
  • Oui, ici le QG.
  • QG ! QG ! C’est affreux ! L’unité 3 a explosé maintenant. Je pense que c’est probablement la vapeur.
  • QG, estce que vous m’entendez ? On a un problème. Écoutez-moi s’il vous plait.
  • QG ! QG ! C’est terrible ! On a eu un problème sur le site n°3 !

 

Le documentaire donne une autre version : « QG, QG, c’est terrible ! C’est très grave ! – Oui, ici le QG. – Il semble qu’il y a eu une explosion sur le réacteur 3 qui ressemble à une explosion d’hydrogène ». Qui a soufflé ce texte aux journalistes ? Pourtant « Yoshida dit bien « suijôki » (vapeur) et non « suiso » (hydrogène). La traduction de l’IRSN censure donc l’hypothèse émise par le directeur de la centrale : l’explosion de vapeur. C’est normal, c’est la version officielle du gouvernement japonais et l’IRSN ne peut pas aller contre.

L’explosion de vapeur est un sujet tabou des communicants du nucléaire. Les experts en parlent entre eux, réalisent des études, des thèses, mais n’en parlent jamais au public car le sujet de l’explosion d’une centrale nucléaire est trop anxiogène. Si jamais on apprenait qu’une explosion de vapeur était arrivée à Fukushima, cela mettrait à mal l’image du nucléaire mondial. En France, le lobby politico-industriel a misé sa communication sur la maîtrise de l’hydrogène : toutes les centrales françaises ont des recombineurs d’hydrogène pour éviter les explosions d’hydrogène. Mais contre une explosion de vapeur, il n’y a rien à faire. Quand la cuve de confinement est pleine d’eau et que le corium à 3000°C tombe dedans, ça fait boum, que l’on soit au Japon ou en France, que ce soit un réacteur à eau bouillante ou un réacteur à eau pressurisée.

(mise à jour 15/02/17)

Auteur Pierre Fetet pour FUKUSHIMA-BLOG

Merci Le4Them

17 commentaires

  • dereco

    Un robot Japonais est incapable de pénétrer dans un des 3 réacteurs fondus parce qu’il ne résiste pas aux radiations plus de 1 heure et demi soit une dose de 1000Sieverts ( 200 fois plus que ce qui tue nous les humains, dans d’atroces souffrances ) !
    Il faudra des siècles avant que la radioactivité ait décru assez !!

    Les Japonais avaient eu en 1933 et 1896 des stunamis de près de 30 m, énormes, sur cette côte entre Tokyo et Hokkaido et donc ils ont systématiquement sous estimé le risque avec un mur de 5m pour économiser, en ignorant le risque réel vécu moins d’un siècle avant !!
    Le lobby nucléaire au Japon a menti sans cesse !!
    En France on sous estime le risque réel aussi.

  • Balou

    Le plutonium a une demie-vie de 29000 ans. Après ce temps, il aura perdu la moitié de son activité. Et ce n’est pas l’isotope radioactif qui a la plus longue durée de vie loin de là. C’est juste le plus mortel, dans rapport poids / effet. On ne parle plus en siècles mais en millénaires. Pendant ce temps, ce qui s’échappe jour après jour depuis bientôt six ans est dissout à jamais dans la nature et va s’emmagasiner dans la chaine alimentaire. Au bout de 6 ans on est toujours au point mort. Dans cent ans ce sera pareil, si les responsables continuent de verrouiller l’info et d’endormir les gens par le silence de la censure. Il faut se rappeler que le gouvernement a fait passer des lois qui mettent le nucléaire sous le sceau du secret. De lourdes peines sont encourues par qui divulgue des informations qui ne vont pas dans le sens de la propagande officielle au Japon. Depuis fin 2013.

  • Balou

    La répression du « secret » dans l’après-Fukushima au Japon

    La loi du secret, adoptée dernièrement par le Parlement japonais, donne au gouvernement
    carte blanche pour désigner des secrets d’Etat et restreindre l’information sur tout sujet
    à sa convenance. Les blogueurs et les journalistes indépendants diffusant des informations
    sur Fukushima vont-ils subir des pressions dans un avenir proche ?

    Saul Takahashi, avocat japonais spécialisé dans les droits de l’homme, expose dans cet article
    ses inquiétudes face à la montée en puissance de pratiques qui rappellent des années sombres.

    http://www.fukushima-blog.com/2013/12/la-repression-du-secret-dans-lapres-fukushima-au-japon.html

  • Balou

    Des SDF recrutés pour nettoyer Fukushima

    En 2003, un envoyé spécial d’El Mundo, David Jimenez, constatait que les SDF
    étaient recrutés pour nettoyer les centrales nucléaires au Japon. Dix ans plus tard,
    la technique est la même pour les sales boulots de la centrale de Fukushima.

    http://www.fukushima-blog.com/2013/12/des-sdf-recrut%C3%A9s-pour-nettoyer-fukushima.html

    Allez sauver votre conscience à Fukushima, maudits journalistes,
    si tant est que vous n’en ayez jamais eu une !

  • Remifasol57

    Une info passée sous silence à propos de Fukushima …
    avant la construction, la colline faisait 35 mètres de haut. Les ingénieurs ont fait raser la colline sous prétexte que ça faisait trop cher de monter l’eau nécessaire au refroidissement à 35 mètres …
    Conclusion: FUKUSHIMA N’EST PAS UNE CATASTROPHE NATURELLE
    http://www.20minutes.fr/planete/757562-20110713-falaise-protegeait-fukushima-contre-tsunamis-rabotee-lors-construction-centrale

    • dereco

      En plus les Japonais avaient eu en 1933 et 1896 des stunamis de près de 30 m, énormes, sur cette côte entre Tokyo et Hokkaido et donc ils savaient que 30 m était une hauteur minimale de protection.
      Ils ont systématiquement sous estimé le risque avec un mur de 5m pour économiser, en ignorant volontairement le risque réel vécu moins d’un siècle avant !!
      Le lobby nucléaire au Japon a menti sans cesse !!
      En France on sous estime le risque réel aussi de séismes et tsunamis, surtout ne ne pensant pas que ce qui est arrivé à un endroit en séisme passé peut arriver 300km plus loin aussi, même sur le Rhône, loin d’être nul; même si plus faible qu’au Japon.

      • Balou

        Arnie Gundersen – Que savaient-ils et quand le savaient-ils ?

        Depuis le début de la catastrophe, Tepco et le gouvernement japonais cachent des informations importantes pour éviter l’effondrement de l’industrie nucléaire mondiale. Les melt-throughs ont été cachés, la fuite de 300 m3/j d’eau radioactive dans la mer aussi. Mais ce que dévoile Arnie Gundersen dans cet exposé va bien au-delà de ce qu’on peut imaginer. D’une part, l’histoire démontre que des tsunamis beaucoup plus importants avaient déjà eu lieu durant le siècle précédent, et malgré cela, une digue ridicule a été construite. Pire, la population japonaise a été soumise à un nuage radioactif à cause du grave défaut de confinement des réacteurs Mark 1 : des aérosols radioactifs ont été libérés jusqu’à atteindre Tokyo. Ce défaut était connu par les ingénieurs depuis les années 70. Or, rien n’a été fait pour contrer ces vices. La catastrophe nucléaire était donc inévitable.

        Partie 1 : http://fukushima.over-blog.fr/arnie-gundersen-que-savaient-ils-et-quand-le-savaient-ils-1
        Partie 2 : http://fukushima.over-blog.fr/arnie-gundersen-que-savaient-ils-et-quand-le-savaient-ils-2

      • Balou

        Fukushima : digue colmatée avec des déchets radioactifs

        Selon une information rapportée par Canal+, une digue située à une vingtaine de kilomètres au sud de la centrale de Fukushima Daiichi, a été colmatée avec des sacs remplis de déchets radioactifs. Une nouvelle fois, il est mis en évidence que la gestion des déchets radioactifs au Japon est totalement absurde. La moindre tempête disséminera à nouveau la radioactivité collectée dans ces sacs.

        Source et vidéos de Canal+ et Arte : http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-digue-colmatee-avec-des-dechets-radioactifs-116145089.html

  • Balou

    Appel international

    Par jeep le mardi 8 octobre 2013

    Après ses récents « mensonges » le premier ministre du japon admet la nécessité d’une aide pour contenir le désastre de Fukushima

    The Times, 6 octobre 2013 :
    Le Japon admet qu’il a besoin d’aide pour arrêter les fuites radioactives (…) Le Premier ministre japonais a demandé à la communauté internationale d’aider à contenir les fuites radioactives de la centrale nucléaire de Fukushima, un mois après avoir promis au Comité Olympique International que le problème était sous contrôle. Shinzo Abe a dit lors d’une conférence scientifique internationale à Kyoto, hier, « mon pays a besoin de vos connaissances et votre expertise » face à la détérioration de la situation à la centrale. (…)

    http://enenews.com/after-recent-lies-japan-pm-admits-needed-contain-fukushima-disaster-senior-official-warns-new-problems-plant
    Source de ce texte : http://aweb2u.free.fr/dotclear/index.php?post/2013/10/08/Appel-international

  • Balou

    Fukushima : catastrophe sans fin

    Publié le 7 octobre 2013

    Les Jeux Olympiques sous la menace de la contamination. Les eaux radioactives vont probablement toucher les USA et le Canada au début de l’année prochaine.

    Traduction partielle d’un texte Publié le 15 Septembre 2013 sur le site du dr Helen Caldicott
    (lien : http://www.helencaldicott.com/2013/09/endless-fukushima-catastrophe-2020-olympics-under-contamination-threat/#more-614)

    « Comme la fuite de radiations à Fukushima semble pratiquement impossible à arrêter, il y a encore des mesures que les gouvernements du monde entier devraient prendre pour en prévenir les pires conséquences. L’un d’eux serait l’annulation des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

    Les estimations scientifiques prédisent que le flot radioactif vers l’est à travers le Pacifique atteindra
    probablement les côtes de l’Oregon, État de Washington, et le Canada en début d’année prochaine.
    La Californie sera probablement affectée plus tard cette même année. Parce que le flux continu de l’eau du site du réacteur sera pratiquement impossible à arrêter, un flot radioactif va continuer à migrer à travers le Pacifique affectant Hawaii, l’Amérique du Nord, Amérique du Sud et, éventuellement, l’Australie pendant plusieurs décennies.
    Nous ne parlons que des courants océaniques, cependant, les poissons nagent des milliers de miles
    et ne suivent pas nécessairement les courants. Comme indiqué dans la Partie I, les gros poissons concentrent la radioactivité plus efficacement, et des thons contenant du césium de Fukushima ont déjà été capturés au large de la côte de la Californie. Les Algues aussi concentrent efficacement les éléments radioactifs.

    Quand je pense à l’avenir de Fukushima, il me semble que la fuite de rayonnement est pratiquement
    imparable. Les niveaux de rayonnement dans les bâtiments 1, 2 et 3 sont maintenant si élevés qu’aucun humain ne peut entrer ni s’ approcher des coeurs fondus. Il sera donc impossible d’enlever ces noyaux pendant des centaines d’années voire jamais.

    (…ici H Caldicott décrit la situation actuelle dans la centrale dévastée)

    Compte tenu de ces problèmes en cours, comment le Premier ministre japonais Shinzo Abe peut-il dire que Tokyo est sûre pour les Jeux Olympiques ? Il a dit qu’ « il n’y a absolument aucun problème »
    et « la situation est sous contrôle ». Ne comprend-il pas que des quartiers de Tokyo sont déjà contaminés par la radioactivité et que son gouvernement déverse dans la baie de Tokyo des cendres provenant de l’incinération de milliers de tonnes de débris radioactifs provenant du tsunami et du tremblement de terre ? Est-ce là que les athlètes nageront ?

    Que faire s’ il y a une nouvelle émission majeure de rayonnement avant les Jeux Olympiques ? Les jeunes qui ont effectué un entraînement rigoureux pendant des années ne doivent en aucun cas être exposés à radioactivé de l’air, de la nourriture ou de l’eau. Et comment Abe peut-il envisager de dépenser tout cet argent pour loger les gens dans des logements onéreux et de construire des stades etc., alors que son propre peuple — 160.000 réfugiés de Fukushima — vit dans des cabanes, que des millions de gens vivent encore dans des zones hautement radioactives et que le complexe Fukushima est hors de contrôle ? »

    Publication originale de cet article ici : http://rt.com/op-edge/fukushima-catastrophe-nuclear-olympics-883/

    Helen Caldicott est une médecin australienne, militante anti-nucléaire, née à Melbourne en 1938.
    Après avoir obtenu son diplôme de médecine à l’Université d’Adélaïde (Australie), Helen Caldicott rejoint l’Hôpital pour enfants d’Adélaïde, puis le quitte en 1977 pour celui de Boston (USA) et enseigne la pédiatrie de 1977 à 1978 à la Harvard Medical School. Elle abandonne sa carrière médicale dès 1980 pour se consacrer au mouvement anti-nucléaire.

    Le site du Dr Helen Caldicott : http://www.helencaldicott.com/

    Note :
    De plus en plus de scientifiques pensent et affirment que la situation à Fukushima daiichi est hors de contrôle humain. Les ingénieurs nucléaires ont accumulé là bas des quantités d’énergie énormes dont ils ont perdu le contrôle. Les fuites dans l’océan risquent de durer des dizaines d’années; la récupération des coeurs fondus est impossible ; personne ne peut s’en approcher sous peine de mort.
    Aucune technique actuelle ne permet de reprendre la maîtrise de la situation. Des experts américains sont ou doivent arriver sur le site… Pour l’instant la gestion de la catastrophe par Tepco semble avoir été mauvaise (euphémisme).

    Source : http://www.vivre-apres-fukushima.fr/fukushima-catastrophe-sans-fin/

  • Balou

    « Crime d’état » à Fukushima : « l’unique solution est la fuite »

    http://www.rue89.com/2013/07/03/crime-detat-a-fukushima-lunique-solution-est-fuite-243864