Ravagée par le chômage, Détroit mise sur une alimentation collaborative… et gratuite !

Benji nous avait mis en 2014, les photos de cette ville de Détroit, complètement ruinée. Cette ville, qui s’est déclarée en faillite, était le fleuron de l’industrie automobile américaine. Faut il un désastre pour que la solidarité s’exprime? Regardez ce que cette ville est devenue. Je dédie cet article à mon complice Benji, qui était si affecté par la situation des habitants de cette ville, abandonnés par leur pays et livrés à eux mêmes..

Des quartiers entiers transformés en zones cultivables, vous y croyez ? Tel est le pari génial et audacieux d’une ville en pleine reconversion !

Source : The Michigan urban farming initiative

En 1950, Détroit, sorte d’Eldorado de la construction automobile, était une ville prospère et comptait alors 1 850 000 habitants.

Aujourd’hui, ravagée par la délocalisation et le chômage (jusqu’à 50% de sans-emploi !), elle n’abrite plus que 680 250 personnes ! En 2011, accablée par 18,5 milliards de dollars de dette, elle s’est même déclarée en état de faillite… Mais, heureusement, le bout du tunnel n’est peut-être plus très loin !

Source : The Michigan urban farming initiative

Symbole de cette renaissance : la multiplication du nombre de fermes urbaines. Détroit en compterait aujourd’hui 1 600 ! Un chiffre parfaitement inouï…

Récemment, en partenariat avec une association locale (Michigan urban farming initiative), la ville et ses habitants ont par exemple lancé la conversion totale de l’un de ses quartiers en territoire cultivable. Nom de code du projet : Agrihood.

Source : The Michigan urban farming initiative

L’idée ? Avec l’aide de tous, transformer une zone désertée en jardin extraordinaire, 100% bio, 100% durable… et 100% gratuit !

Fonctionnant uniquement sur la base du volontariat, Agrihood accueille déjà 200 arbres fruitiers et un jardin sensoriel pour les enfants. Et ce n’est pas fini : on attend aussi l’arrivée prochaine d’un café communautaire ainsi qu’un centre éducatif.

Source : The Michigan urban farming initiative

Sur le modèle des Incroyables comestibles, non seulement le système recrée du lien entre les habitants autour d’un beau projet mais, en plus, il permet à la ville de viser l’autosuffisance alimentaire.

22 tonnes de fruits et de légumes bios seraient déjà sortis de la terre de Agrihood. Une quantité impressionnante de nourriture distribuée gratuitement à 2 000 familles. Ça compte, surtout dans un pays où l’insécurité alimentaire touche 13% de la population…

Fruit d’un travail collectif et solidaire, ces performances exemplaires redonnent espoir à toute une ville. Ça n’est d’ailleurs pas un hasard si le nombre de fermes urbaines explose à Détroit !

Est-ce que ça inspirera d’autres territoires ? C’est à souhaiter.

Auteur Axel Leclercq pour Positivr.fr

Voir aussi:

En misant sur le bio et le gratuit, Albi est en route vers l’autosuffisance alimentaire !

Il construit lui-même sa maison passive. Résultat ? Un petit bijou de performance et d’esthétisme !

Il exprime sa créativité avec des sculptures végétales poétiques dans les forêts françaises.

 

9 commentaires

  • Serait ce une « fausse nouvelle »?
    Les distributeurs du ministère de la vérité annoncent 5 % max de chômage chez oncle sam…..

    • mirzabad

      Non, hélas… Le délabrement de Détroit est connu depuis pas mal de temps déjà…

      L’illustration fait penser à ce qui a fleuri à Cuba depuis le blocus…
      La roue tourne, mais toujours au détriment des mêmes catégories sociales, qui ont plus d’un tour dans leur sac pour s’en sortir, encore et toujours….

  • Le veilleur

    Très bonne initiative qui nous montre que dans les moments de pénuries et de désespoirs ce n’est pas sur les politiques qu’il nous faut compter pour nous sauver mais sur nous même individuellement et collectivement, de plus lorsque nous avons le ventre plein, alors nous pouvons réfléchir à notre avenir et trouver la force de reconstruire.
    http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_good.gif

    • laspirateur

      Comme beaucoup d’autres régions du monde délaissées par le capital sioniste, l’individualisme tend à s’effacer devant une solidarité active et une autre manière de vivre surgit de cet état de délabrement. Le délabrement matériel aujourd’hui est une victoire pour qui sait apprécier à sa juste valeur la beauté et la grâce de la vie!http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yes.gif

  • dereco

    Les chômeurs, les exclus, les abandonnés, peuvent travailler dur, pour eux mêmes en un circuit local hors économie pour s’en sortir pour manger bio au prix de leur travail, comme en Afrique très pauvre, mais en survivant !
    Avec un peu d’imagination, des ingénieurs au chômage, ils peuvent faire des robots jardiniers bio qui cultivent automatiquement et faire fortune avec du vrai bio pas cher aux US, qui n’empoisonne pas et moins cher que les OGM poisons !!

  • Nous parlions justement sur le forum de communautés de survie.
    J’ai l’impression – détrompez-moi si besoin – qu’il faut attendre que l’économie et le politique s’écroule pour agir. Car alors il n’y a plus personne pour faire respecter la loi et le positif (comme le négatif) peut survenir.
    Je m’explique: difficile de mettre de la terre sur le bitume ou d’envahir un jardin public pour me mettre à cultiver car l’espace public est réglementé.
    La misère, la crise, peuvent être une force et amène à la collaboration. Et cette force, ce qui resterait de pouvoirs publics ne pourrait pas la contrôler.

    • Voltigeur Voltigeur

      Tu devrais regarder la vidéo proposée par Thierry65, ils réfléchissent justement au sénat, à cette vague de démocratie participative, comment les gens s’affranchissent du pouvoir pourritique, pour gérer à leur niveau localement de plus en plus. Et à mon avis s’ils s’en occupent, on ne va pas tarder à avoir des « échos ». Peut être un bridage pour éviter que nous prenions trop de liberté qui sait, je vais la poster demain cette vidéo. On verra bien l’impact.

    • @Biquette.

      Il ne faut justement pas attendre que le systeme s’écroule, il faut être prêt avant. Construire un réseau en local ainsi que dit sur le for um.

      Sur un jardin de 500 m2 avec 200 € de semence ancienne tu deviens autonome en nourriture. Pour être autonome en énergie il ne faut pas être en appartement, mais cela peux aider si plusieurs personnes se regroupent .

      Bizoux.

    • Salut biquette!

      Les esprits enragés se rencontrent, on faisait le même constat (énième?) ici avec Jbl et PB.

      Prends l’exemple des communautés zappatistes, qui ont été « attaquées » par le pouvoir , une fois que l’Etat s’est enrichi.

      Si seulement les jesuischarlie pouvaient devenir je suis résilient…

      http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_bye.gif