Areva reconnaît une pollution près de son usine de la Hague….

Il y a du souci à se faire avec ces « broutilles » nucléaires. Dire qu’il n’y a pas d’impact sanitaire à craindre, alors que l’endroit est déclaré zone de pâturage, que l’exposition par inhalation n’est pas prise en compte et, qu’il faut 432 ans pour que la radioactivité de l’américium 241 diminue de moitié. On croit rêver. Tout va bien à ce niveau comme d’habitude. Cinq ans après Fukushima, la radioactivité dans le pacifique quasi normale. Manger du poisson, des coquillages, il n’y a rien à craindre ?

Areva va « ramasser » des terres polluées à l’américium 241, un élément très radioactif, près de son usine de Beaumont-Hague (Manche), a indiqué ce jeudi son directeur adjoint René Charbonnier après l’étude d’une association révélant cette pollution. Le responsable s’exprimait lors d’une commission locale d’information (CLI) réunissant industriels, syndicats, Autorité de sûreté nucléaire (ASN), élus locaux et associations écologistes.

Cette décision fait suite à une étude de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), un laboratoire indépendant des industriels, qui avait révélé en octobre des niveaux d’américium jugés depuis « anormalement élevés » par l’ASN. Il faut 432 ans pour que la radioactivité de l’américium 241 diminue de moitié.

Présence supposée de plutonium

L’ACRO, qui a refait des prélèvements depuis la publication de son étude, a fait état ce jeudi d’une pollution allant « jusqu’à 200 Becquerels par kilo (Bq/kg) sec » (non humide), soit selon elle « plus de 650 fois » les valeurs trouvées par Areva avant l’étude, dans cette zone de marécages traversée par un ruisseau baptisé Les Landes. Selon l’association, une telle présence d’Américium « laisse supposer qu’il y a du plutonium. On peut s’attendre à trouver jusqu’à 300 Bq/kg sec de plutonium », a affirmé Antoine Bertollin, de l’ACRO, devant la CLI.

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L’ASN n’a toutefois « pas d’inquiétude particulière quant à l’impact sanitaire » de cette « pollution », a indiqué Hélène Héron, directrice de l’antenne caennaise de l’ASN. « C’est un événement passé, ce n’est pas une pollution qui est en train de se faire » mais il reste « un travail important à réaliser pour essayer de comprendre d’où vient ce marquage », a ajouté Hélène Héron.

L’exposition par inhalation non prise en compte ?

Selon Areva « il faudrait ingérer environ 30 kg de terres sèches marquées à 84 Bq/kg sec en Américium 241, soit environ 300 kg de terre fraîche pour atteindre la limite de 1 mSv », seuil limite individuel et annuel que le public ne doit pas dépasser.

L’argument a fait bondir Pierre Barbey, membre de l’ACRO et maître de conférence à l’université de Caen, reprochant à Areva de ne pas tenir compte de l’exposition par inhalation, qui est selon lui « 150 à 200 fois » plus importante pour un adulte que par ingestion.

Ces terres sont extérieurs au site nucléaire mais appartiennent à Areva, selon l’industriel. Selon l’ACRO c’est une zone de pâture.

Le volume, le coût et le calendrier de l’opération sont en cours d’étude, selon Areva. L’usine de retraitement des déchets nucléaires de Beaumont-Hague est le site qui concentre le plus de matière radioactive en Europe.

Source 20Minutes

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