L’antiterrorisme français va fournir ses données secrètes à la CIA

Que se passe-t-il? Serions-nous trop couillons en France pour gérer la masse d’informations secrètes visant à lutter contre le terrorisme? Officiellement nous ne posséderions pas les « outils américains » pour être pleinement efficaces, ni pour assumer l’ensemble informations secrètes collectées, mais est-ce une raison pour leur fournir ainsi encore plus d’informations et leur donner accès au Big Data français? C’est ce qu’il semble au vu du contrat passé avec la société Palentir qui travaille également pour la NSA, le FBI et la défense américaine.

Après le scandale de l’armée française rendue aisément piratable par les USA en imposant l’ensemble des outils Microsoft au parc informatique militaire national (voir ce documentaire sue le sujet), après avoir accepté que les Etats-Unis contrôlent les marchés mondiaux et ce que la France peut faire ou non vis-à-vis des autres pays, voilà qu’on leur sert les données les plus sensibles de la lutte contre le terrorisme sur un plateau d’argent… Assez effrayant de voir tout ce qu’il se passe…

Submergée par les données informatiques liées au terrorisme, la DGSI vient de signer un contrat déléguant leur traitement à une société américaine, créée par la CIA. Une décision nécessaire dans un souci d’efficacité mais qui donne des informations secrètes aux services de renseignements américains et pose une question de souveraineté nationale.

La guerre contre le terrorisme se mène aussi sur Internet. Or, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ne dispose pas des moyens technologiques pour traiter l’afflux de données informatiques liées ou échangées entre les djihadistes. Fin novembre, après plusieurs mois de négociations, le service policier de renseignement français a signé un contrat avec la firme américaine Palantir. Cette société, basée à Palo Alto en Californie, va désormais analyser le Big Data en matière de terrorisme pour le compte de la DGSI. Concrètement, la très puissante technologie de Palantir et ses experts, qui ont formé des agents français à leurs outils, vont extraire, recouper et décrypter les précieuses données informatiques permettant d’identifier et de remonter des réseaux terroristes, voire de déjouer des attentats.

Depuis la Syrie et via Internet, des djihadistes de l’État islamique, notamment le Français Rachid Kassim, ont pu recruter et commanditer plusieurs attentats. Celui-ci était en contact direct avec les auteurs des attaques de Magnanville, Saint-Étienne-du-Rouvray et de la tentative avortée d’attentat à la voiture piégée bourrée de bonbonnes de gaz en plein coeur de Paris. Pour communiquer, les terroristes utilisent des messageries cryptées, comme  Telegram. Ils ont aussi recours à des forums en ligne, tel Ansar-alhaqq (Les compagnons du Vrai) ou, plus simplement, à Facebook où les communications se comptent par plusieurs dizaines de milliers. Littéralement submergée, la DGSI n’a eu d’autre choix que de recourir à l’expertise et à l’expérience de Palantir. Cette firme a été créée en 2004 par la CIA via son fonds d’investissement In-Q-Tel, avec Alex Karp et Peter Thiel, le fondateur du système sécurisé de paiement en ligne PayPal.

Outre son activité pour la CIA, Palantir œuvre dans le traitement des données pour le compte de la NSA, du FBI et des forces armées américaines. On lui prête un rôle majeur dans la localisation d’Oussama Ben Laden qui a conduit à son élimination en mai 2011.

Source et suite sur Paris-Match

 

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