Hollande c’est fini…

Je n’emploierai pas le « bon débarras » suggéré par un mouton. Au vu des réactions dans la sphère politique, qui ne tarit pas d’éloge sur le « courage », la « dignité » « l’abnégation » etc.. pour « l’intérêt supérieur de la nation ». Ils semblent tous soulagés, de la décision de celui qui n’a qu’un regret, celui d’avoir proposé la déchéance de nationalité.. Les « poulains » auront désormais les coudées franches pour suivre les « recommandations bruxelloises« , ou penser à la France et, envoyer les technocrates sur les roses. On peut rêver! ….

De nombreuses personnalités politiques se sont exprimées après que le président de la République a annoncé, jeudi, renoncer à briguer un second mandat à la tête de l’Etat.

A gauche :

Manuel Valls, premier ministre, a salué « un choix difficile, mûri, grave. C’est le choix d’un homme d’Etat. Je veux dire à François Hollande mon émotion, mon respect, ma fidélité et mon affection », a écrit le chef du gouvernement dans un communiqué, sans évoquer son éventuelle candidature à la primaire initiée par le Parti socialiste (PS).

« Ministre de l’intérieur, puis premier ministre, je connais son courage, son sang-froid, celui d’un grand dirigeant, qui a su affronter des épreuves douloureuses pour la France. Il l’a fait avec un souci constant, protéger nos concitoyens, réformer notre pays, assurer son redressement dans la justice. L’action se poursuit et je ne doute pas que ce quinquennat sera apprécié à sa juste valeur : cinq années de progrès pour la France et les Français. »

Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle : « C’est une décision courageuse et digne », a-t-il réagi sur RTL, soulignant qu’il avait « toujours exprimé » son « respect à l’égard de la personne et de la fonction ». « Je pense que c’est une décision qu’il a prise en conscience, qu’il a mûrie. Ce que le président de la République a annoncé aux Français est une décision éminemment difficile à exprimer. Il a lui-même fait état de son bilan de la situation de la France et de tout ce qu’il y a fait avec aussi l’état des échecs relatifs et de ses regrets ».

Se refusant à commenter le bilan plutôt positif que tire François Hollande de son quinquennat, il a rappelé avoir eu « des désaccords avec François Hollande. Je les ai exprimés, ils m’ont conduit à faire des choix que j’ai assumés et qui n’étaient pas faciles ».

Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de gauche, a lui aussi salué la « décision courageuse » de François Hollande. Ce choix lui vaudra « la reconnaissance du peuple de gauche ». C’était « un plaidoyer émouvant qui montrait à quel point l’homme était touché ». Le chef de l’Etat « a choisi de clore par lui-même et de lui-même un quinquennat au bilan controversé », a-t-il ajouté. Cette décision « permet à la gauche de préparer son avenir, qui commence aujourd’hui même avec la primaire ».

Yannick Jadot, candidat à la présidentielle d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a déclaré au Monde : « J’ai trouvé que Hollande avait de la lucidité sur sa trajectoire politique, beaucoup moins sur son bilan. Ce sont dix minutes d’humiliation pour s’éviter six mois de galères. La réalité, c’est qu’il laisse son camp comme un grand blessé polytraumatisé. On voit monter le triste bal des ministres qui l’ont servi pour régler entre eux la clarification du socialisme entre un social-libéralisme à la Macron, le républicanisme autoritaire d’un Valls ou le patriotisme un peu obsolète d’un Montebourg. Cette primaire s’annonce raide. Pour moi, ça ne change rien même si cette élection présidentielle est complètement dingue. »

Sylvia Pinel, candidate du Parti radical de gauche (PRG) à la présidentielle – elle a renoncé à se présenter à la primaire de la gauche –, a estimé que « François Hollande a montré son sens aigu des responsabilités. Il prouve ainsi, en dignité, qu’il place la France au-dessus de toute autre considération. L’élection présidentielle qui s’ouvre prend désormais une nouvelle dimension dont chacun devra tenir compte. M. Hollande laisse le pays dans une situation assainie et offre à la gauche de nouvelles perspectives pour rassembler les Français. »

Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche, a estimé que la décision de François Hollande n’était « pas simple pour un président de la République ». « C’est rare dans la Ve République de faire un tel choix ». Sur la primaire à venir, le député des Yvelines a déclaré qu’« il nous revient face à la droite totale de François Fillon d’incarner une gauche totale, (…) sans quoi nous ne serons pas au second tour de l’élection présidentielle et nous aurons à choisir entre Marine Le Pen et François Fillon. »

Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise, s’est exprimé sur Twitter : « Maintenant, il y a le choix entre François Fillon qui dit “chacun pour soi et Dieu pour tous” et moi qui dis “Un pour tous, tous pour un”. La déclaration de François Hollande est un énorme aveu d’échec. »

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a déclaré sur Twitter : « Le président de la République avec élégance, hauteur de vue, sens de la France et non sans émotion, a décidé de protéger son bon bilan. »

Philippe Poutou, candidat pour le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) à l’élection présidentielle, a réagi dans un communiqué : « Hollande est satisfait de son bilan, c’est pourquoi il le dépose (…) Cette décision ne nous fait ni rire ni pleurer. Ce sera sans doute Valls qui va prendre la relève pour assumer le bilan de ces cinq ans d’attaques antisociales et sécuritaires. Avec ou sans Hollande, comme avec ou sans Sarkozy, les classes populaires n’ont rien de bon à attendre des candidats de droite, d’extrême droite et de la gauche libérale. »

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale, s’est exprimée sur Facebook. « Je veux saluer la décision d’un homme d’Etat, qui a toujours fait passer l’intérêt de la nation avant sa personne (…). Face à l’Histoire et face au pays, il a pris la décision qui lui semblait la mieux à même de permettre à la gauche de continuer à incarner l’espoir. »

Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères, a salué sur Twitter « la décision digne et courageuse de François Hollande, dont la seule motivation est l’intérêt supérieur de la France. »

Christiane Taubira, ancienne garde des sceaux, a pointé sur Twitter « un moment de dignité comme la politique en était devenue avare. L’exigence pour les gauches est colossale. »

A droite :

François Fillon, le candidat du parti Les Républicains (LR) à la présidentielle, a déclaré que « le président de la République admet, avec lucidité, que son échec patent lui interdit d’aller plus loin ». « Ce quinquennat s’achève dans la pagaille politique et la déliquescence du pouvoir, a-t-il ajouté. Plus que jamais, l’alternance et le redressement de la France doivent être bâtis sur des bases solides : celle de la vérité sans laquelle il n’y a pas de confiance des Français et celle de l’action courageuse seule en mesure d’obtenir des résultats. »

Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de l’Essonne et candidate malheureuse à la primaire de la droite, a estimé sur France 2 que « les Français ne voulaient plus de François Hollande et ils ne veulent plus de la politique de François Hollande ». « En tant que premier ministre sortant, Manuel Valls est solidaire et coresponsable du bilan. Comme Emmanuel Macron et Benoît Hamon dans une moindre mesure », a-t-elle ajouté.

Bernard Accoyer, secrétaire général de LR, a déclaré que « ce retrait prématuré d’un président en exercice, inédit dans l’histoire de la Ve République, résonne comme un terrible aveu d’échec de l’ensemble de son quinquennat qui aura été synonyme de reculs majeurs pour la France ».

Jean-Christophe Lagarde, le président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), a estimé que « Hollande a enfin fait preuve de lucidité sur sa politique aux résultats désastreux. Au-delà de la zizanie dans son propre camp, le chef de l’Etat encore pour cinq mois s’occupera t’il enfin de son pays ? L’année prochaine, il est maintenant certain que nous changerons de président de la République. Au-delà des personnes, il faut changer de politique tout court. »

Christian Estrosi, président (LR) de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et président de la Métropole Nice-Côte d’Azur, a salué « la dignité du geste. Il est rare dans une vie politique de privilégier l’intérêt général du pays plutôt que son ego et ses sentiments personnels ». « Si cette décision ne manque pas de courage, elle ne manque pas non plus de lucidité », a-t-il ajouté.

Florian Philippot, vice-président du Front National, a réagi sur Twitter : « Deux présidents de la République hors course en deux semaines. A quoi cela servirait-il de faire courir leurs doublures, leurs seconds ? »

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Source Le-Monde

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