République irréprochable ? Rappel……….

Vous avez demandé, que l’on ressorte d’anciens articles pour faire le bilan. Souvenez vous du cas de Sylvie Andrieux en 2015…

Sylvie Andrieux : condamnée à de la prison ferme, elle reste députée. Je suis scandalisée!

LE PLUS. Sylvie Andrieux, exclue du PS après sa condamnation pour détournement de fonds publics, siège encore à l’Assemblée Nationale et elle a même pu voter pour la loi Renseignement. Comment une députée condamnée à quatre ans de prison, dont un ferme, peut-elle encore faire partie des élus de la République ? C’est justement la question que se pose Dom Bochel Guégan.

Édité par Barbara Krief  Auteur parrainé par Aude Baron

Sylvie Andrieux écoute les questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale le 28 mai 2013.(ANTONIOL ANTOINE/SIPA)

Sylvie Andrieux écoute les questions au gouvernement à l’Assemblée Nationale le 28 mai 2013.(ANTONIOL ANTOINE/SIPA)

L’analyse du scrutin du vote sur le projet de loi Renseignement, votée en majorité par les députés le 5 mai, est riche de renseignements.

Outre le fait de savoir ce que votre député a voté ou non (le mien a voté contre), il révèle les frondeurs de pacotille, ceux dont on aurait pu espérer mieux et d’une manière générale, une dérive sécuritaire inquiétante autant qu’une méconnaissance du secteur numérique (mais ceci est un autre sujet).

La lecture de ce scrutin révèle surtout que le monde politique est un monde définitivement hors sol et qui creuse lui-même la fosse à purin dans laquelle il patauge. C’est à ce moment que je réalise que Sylvie Andrieux (ex-PS), condamnée en appel en septembre 2014 à quatre ans de prison dont un ferme est toujours députée

Du coup, je réalise que Sylvie Andrieux est toujours députée malgré sa condamnation à 4 ans de prison en 2014 http://t.co/fOCFJCEbNW

— Dom Guégan Bochel (@Domydom) 5 Mai 2015

Ainsi, le mardi 5 mai, la longue liste des votants nous apprend que Sylvie Andrieux en est et qu’elle a voté pour soit dit en passant.

Condamnée pour détournement de fonds publics

Pour rappel, Sylvie Andrieux a été condamnée pour détournement de fonds publics, il n’est pas inutile de rappeler que qui dit « fonds publics » dit l’argent des contribuables, autrement dit le nôtre.

Sylvie Andrieux a beau clamer qu’elle aurait agi « en son âme et conscience », il n’en reste pas moins qu’elle a été condamnée pour avoir déversé des « charrettes de billets » auprès d’associations fictives dans un but électoraliste. Pire, ce système a perduré malgré un signalement de Tracfin en 2007, des avis défavorables de l’administration (certains datant de 2002) et l’alerte d’une contractuelle qui s’en était inquiétée.

Si on résume, Sylvie Andrieux a été condamnée une première fois à 5 ans d’inéligibilité en 2013 pour des faits datant des années 2000 et elle a vu sa peine alourdie en appel en septembre 2014 d’une année de prison supplémentaire.

La réponse du PS à l’époque s’était limitée à lui demander son retrait du groupe socialiste, mais en aucun cas à son départ des bancs de l’assemblée nationale.

Si le fait de se pouvoir en cassation « suspend » l’exécution de la décision du tribunal permettant à Sylvie Andrieux de siéger encore à l’assemblée, le fait d’y voir une députée pourtant lourdement condamnée pour avoir usé de l’argent public à son seul profit est tout bonnement scandaleux.

La lenteur de la justice quand elle concerne des mandats législatifs ne fait que rendre les condamnations illusoires, rappelons-nous les 18 années de procédure pour les époux Tiberi qui n’avaient finalement aboutis qu’à une condamnation à dix mois de prison avec sursis (pour laquelle ils comptent encore faire appel).

Les politiques promettent et ne font pas grand chose

Le déficit de confiance envers les politiques qui s’aggrave d’année en année se partage désormais entre méfiance, dégoût et lassitude envers nos élus.

En 2013 déjà, 77% des français estimaient que les politiques étaient corrompus. En 2014, 88% des français estimaient que les politiques ne se préoccupaient que d’eux-mêmes.

Abstention, votes extrêmes, désengagement vis à vis de la vie politique en sont les conséquences directes. Les classes moyennes aujourd’hui estiment que les politiques promettent beaucoup et ne font pas grand chose, rêvent d’un « coup d’état citoyen » et estiment que la France gaspille beaucoup l’argent public alors que nos conditions de vie s’aggravent.

Une classe politique trop préoccupée d’elle-même et qui n’a de démocrate que le nom, un changement promis à chaque élection et qu’on ne voit jamais venir. une classe politique qui semble se protéger, s’émancipant des règles qu’elle produit pour les autres.

Tous pourris, tous corrompus

L’exemple de cette élue, pourtant condamnée en 2013, puis en 2014 et toujours présente parmi ses pairs n’est qu’une illustration de plus de cette déconnexion entre la vie ordinaire et la vie politique.

La parole de Sylvie Andrieux, ses opinions comme ses recommandations n’ont plus aucune valeur. Cependant, lire de sa plume que « la France doit être exemplaire », que la « confiance est nécessaire » ou lire son rappel du principe de liberté, d’égalité et de fraternité qui est le nôtre, peut paraître quelque peu indécent.

A l’heure des promesses de transparence, d’exemplarité, de République irréprochable sans cesse répétées, la présence (très très discrète) de Sylvie Andrieux à l’assemblée devient insupportable tout en nourrissant le « tous pourris », « tous les mêmes », si cher à Marine le Pen (bien que son parti ne soit pas exempt de reproches), faisant ainsi un peu plus le lit du FN pour 2017.

Comment peut-on justifier aujourd’hui, alors que le fossé entre politiques et peuple n’en finit plus de se creuser, qu’une élue qui a volé l’argent de ses concitoyens et électeurs puisse deux ans après avoir été condamnée être encore payé(e) par ces mêmes contribuables (6755€ par mois hors indemnités selon sa déclaration) qu’elle a spoliés ?

Parmi les maux de la politique, la prévarication est l’un des pires puisqu’il viole le contrat moral passé entre l’électeur et l’élu, le détournement de biens publics est à la politique ce que le plagiat est à la création intellectuelle, dès lors, une condamnation pour détournement d’argent public devrait automatiquement, systématiquement et sans délai éloigner le ou la fautive de tout mandat législatif et/ou public.

Auteur Chroniqueuse société pour Le-Plus du Nouvel-Obs

Pour ne pas en rester là, que devient cette élue? La-Provence nous donne une piste..

Législatives à Marseille : Sylvie Andrieux, le retour dans le jeu ?

« Parfois, la justice peut prendre des décisions qui remettent tout à plat », glissait, en mai dernier, le conseiller municipal PS des 13e et 14e arrondissements de Marseille, Stéphane Mari, proche de Sylvie Andrieux. La suite pourrait lui donner raison. Le 9 novembre prochain, on saura en effet si la Cour de cassation annule la condamnation en appel de la députée ; une décision qui rendrait à cette élue qu’on dit toujours influente à Marseille, une vigueur politique certaine.

Or, d’après nos informations, l’audience, qui s’est tenue fin septembre devant les hauts magistrats, donne à la députée une raison d’espérer. Les conclusions du procureur de la République vont dans le sens de la cassation du jugement d’appel (la responsabilité de la Région n’ayant pas été tranchée), ce qui toucherait l’ensemble de l’arrêt. Les positions du parquet étant souvent suivies, Sylvie Andrieux pourrait donc être rejugée devant une cour d’appel délocalisée.

Rappelons que cette élue, exclue du PS en 2013, a été condamnée en septembre 2014 à quatre ans de prison dont trois avec sursis et cinq ans d’inéligibilité pour « détournement de fonds publics ». Un jugement qui sanctionne son implication dans les détournements de subventions du Conseil régional Paca : plus de 740 000 €, via le financement d’associations souvent fictives entre 2005 et 2009.

La cassation de cette condamnation ne blanchirait pas Sylvie Andrieux. Et l’on voit mal comment la députée pourrait se représenter dans la 3e circonscription, où elle est élue depuis dix-neuf ans. Mais au PS, personne ne doute de son influence dans ce secteur où le FN est aux aguets. Des socialistes d’autant plus dans l’embarras que la guerre de l’investiture est déclarée dans ce secteur. L’option Christophe Masse, député entre 2002 et 2007, plutôt ancré dans ces quartiers, est avancée. Mais bien qu’appuyé par une majorité de socialistes marseillais, Masse se heurte à un écueil statutaire : pour garantir la parité, le PS impose que soit désignée une femme sur les terres d’une députée sortante. Elles sont trois en lice : Nadia Brya, Sarah Soihilila et Anne Di Marino.

Sondage

Pour y voir plus clair, la fédération du PS prévoit un sondage. « Homme ou femme, peu importe, l’enjeu est trop important. Il faut que l’on choisisse le meilleur pour affronter le FN », estiment le député Patrick Mennuccci et le conseiller municipal Benoît Payan. Mais cette enquête d’opinion doit encore être approuvée par Solférino.

« Sans sondage avant fin novembre, Masse sera écarté de fait en raison de la parité », commente un élu marseillais qui redoute le retour en scène d’une Andrieux revigorée : « Avec les réseaux qu’elle a conservés, c’est elle qui choisirait sa candidate. » On peut même se demander si l’une des postulantes ne servirait pas de « lièvre » à un hypothétique retour de la sortante…

Sophie Manelli pour la Provence

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