Les médecins sont-ils des brutes ?

Un article du journal Le Point met en avant un livre sur les relations entre les patients et leurs médecins, plus particulièrement dans le domaine hospitalier. Les médecins eux-même seraient-ils des maltraitants? C’est donc la grande question qui se pose avec le livre « Les médecins sont-ils des brutes? » écrit par le Docteur Winckler.

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« On attend d’un médecin qu’il écoute, rassure, explique, s’efforce de guérir parfois, soulager souvent, consoler toujours. On attend d’un médecin qu’il soigne », écrit le Dr Martin Winckler. « En France, la réalité est autre. » Nul doute que le nouveau livre de celui qui a exercé la médecine générale de 1983 à 2008 en zone rurale (dans la Sarthe) ainsi qu’à l’hôpital du Mans va faire grincer bien des dents. Dès le titre Les Brutes en blanc*, le ton est donné. Le sous-titre
L’auteur, qui participe désormais à la formation des futurs médecins à l’université McGill d’Ottawa (Canada), décrit un certain nombre de situations qu’il juge inacceptables.

Il dénonce ces médecins qui reprochent au patient d’être malade parce qu’il s’est « mal comporté », de ne pas aller mieux parce qu’il « y met de la mauvaise volonté » ou parce que « c’est dans la tête ». Il vilipende les blouses blanches qui manifestent du mépris pour les croyances, les sensations et les sentiments du patient. Il s’insurge aussi contre ceux qui insultent (« Vous êtes complètement folle de vouloir garder cet enfant alors qu’il est trisomique ! »), qui engueulent (« Vous êtes inconscient de ne pas vouloir vous faire opérer ! Pensez à votre famille ! ») ou qui punissent (« Puisque c’est comme ça, je ne renouvelle pas votre prescription ! »). sic…

Comment en est-on arrivé là ? « Dans les facultés de médecine françaises, on n’enseigne pas la compréhension et le soin des personnes », note l’auteur. « On enseigne la pathologie, le diagnostic et la thérapeutique. On y forme les futurs membres d’une classe privilégiée, pour la plupart impatients de faire partie de l’élite sociale. […] Les soins, c’est l’affaire de la profession infirmière, des sages-femmes, des kinésithérapeutes et des psychologues. L’affaire des médecins, c’est le savoir et les pouvoirs qui en découlent. » Le verdict est rude.

Article en intégralité sur Le Point

Il faut dire que si certains médecins sont des modèles de gentillesse et de bienveillance, d’autres souffrent du « complexe de Dieu » et ne parviennent pas à cacher le mépris qu’ils peuvent avoir pour le patient.

J’ai 17 ans de travail auprès des patients comme du personnel médical dans un hôpital, et durant tout ce temps, j’ai pu voir des comportements plus que limites. Le pire de tout concernait un médecin venu d’un pays indéfinissable, je ne saurais pas dire où il avait été récupéré celui-là, mais disons qu’au niveau relationnel, il fait partie des pires que j’ai pu rencontrer au cours de ma vie. Il a cumulé tant de plaintes dans l’hôpital qu’il a été muté, fait rarissime.

Dans les faits qui lui étaient reprochés, son « naturel » avec les patients, tellement naturel qu’il se permettait de lâcher des gaz en présence de patients notamment aux urgences. Le pire à mes yeux, avoir dit à mon père qu’avoir le diabète était grave, qu’il aurait mieux fallu qu’il ait le cancer… Abominable de sortir cela à un patient!

Mais l’exemple de maltraitance le plus courant de la part d’un médecin n’est-il pas de ne pas écouter son patient et ses choix? Car le patient a légalement le droit de s’impliquer dans le choix du traitement, combien de fois cela lui est-il refusé notamment pour le cancer comme l’expliquait le Docteur Nicole Delépine? Si un patient refuse, il faut lui faire changer d’avis, c’est la ligne officielle…

Pourtant, le patient à le droit de choisir ou de refuser un traitement:

Article L1111-4

Toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu’il lui fournit, les décisions concernant sa santé.

Le médecin doit respecter la volonté de la personne après l’avoir informée des conséquences de ses choix. Si la volonté de la personne de refuser ou d’interrompre tout traitement met sa vie en danger, le médecin doit tout mettre en oeuvre pour la convaincre d’accepter les soins indispensables. Il peut faire appel à un autre membre du corps médical. Dans tous les cas, le malade doit réitérer sa décision après un délai raisonnable. Celle-ci est inscrite dans son dossier médical. Le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant les soins visés à l’article L. 1110-10.

Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment. Plus sur Legifrance.gouv.fr

 

4 commentaires

  • Musashi Musashi

    Cela fait un moment que je me suis vu expliquer les choses : un médecin est là pour apporter un soin au vu d’une pathologie et n’est pas compétent pour le reste, c’est le travail d’autres spécialistes .

    • http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_good.gif
      Bonjour Musashi,
      je vous suis dans votre réponse, c’est pourquoi nous nous tournons de plus en plus vers nos médecins « généralistes » qui récupèrent des malades dont les spécialistes ne peuvent trouver les solutions par incompétences ou incapacités d’ avoir le médicament bien ciblé. il ne manquerait plus que ça que l’on offre des médicaments qui nous soignent de suite…Et les labos alors, comment vivraient-ils?.
      Donc nous faisons appel à la médecine par les plantes ou Chinoise. Par contre nous avons besoin de certains chirurgiens, infirmières et infirmiers…

      • kalon kalon

        On peut même considérer qu’un grande partie du déficit chronique du budget des soins de santé vient de l’incompétence des médecins « spécialisés » à regarder un problème de santé de façon holistique !
        Rien qu’au niveau cardiaque, vous devez faire appel à plusieurs « spécialistes » pour avoir une vue d’ensemble d’un problème: Rythmologues, cardiologues, hématologue, vascularisation, pneumologues et quelques autres !
        Pour la plupart du temps, et douze mois plus tard, vous entendre dire:  » on ne connait pas la cause mais on peut vous maintenir +/- en vie et calmant les effets »
        Pour parcourir ce chemin du combattant depuis 18 mois, je ne peut que constater que la « patient » est devenu une variable d’ajustement budgétaire et un prétexte à faire tourner la machine à facturer.
        La plupart des hôpitaux sont en état de faillite permanente mais ne font que s’agrandir et signer des investissements colossaux !
        Les hôpitaux sont en faillite, mais qu’en est’il des « spécialistes » qui hantent leurs couloirs ?
        Aujourd’hui, internet nous permet d’avoir un dialogue constructif avec nos médecins,
        résultat: la plupart d’entre eux ne vous raconte plus que des banalités afin de dissimuler leurs incompétences.
        Nous avons une médecine du 21éme siècle pratiquée par des médecins ayant gardé la mentalité de ceux qui pratiquaient au 19éme siècle: du paternalisme et de la suffisance ! http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_negative.gif

  • Yanne Hamar

    Merci pour cet article, oui il y a de la brutalité, de l’avidité aussi quand je vois mon dentiste laisser une infection sans la traiter. Ce sera plus rentable quand le mal sera plus étendu. Idem pour l’ophtalmo qui m’a ôté un chalazion (80€ ) alors que ça se traite facilement avec du cantharis 9ch (12€le tub)
    Ma soeur a connu la vengeance d’un gynéco qui lui a fait subir un curetage à vif parce qu’elle demandait une analgésie au lieu d’une anesthésie générale.
    Moralité, on est très mal soigné en Franche Comté.