La malbouffe et l’obésité : un constat qui dérange

obesite

Les véritables causes de l’obésité sont complexes et diverses.

Il n’y a pas de cause unique… divers facteurs y contribuent, à la fois interne (notre biologie) et externe (notre environnement).

Non seulement cela, mais la combinaison de facteurs peut varier considérablement entre les individus. Ce qui cause l’obésité chez une personne peut n’avoir aucun effet sur une autre.

La Recherche moderne sur l’obésité est de plus en plus orientée vers le cerveau qui joue un rôle dominant dans la façon dont notre stockage de l’énergie (graisses) est réglementé.

Dans cette vidéo (an Anglais), le Dr Stephan Guyenet, un chercheur sur l’obésité explique comment le cerveau est censé réguler l’équilibre de l’énergie… et pourquoi il ne fonctionne pas actuellement.

Il utilise un argument convaincant concernant le cerveau, en particulier les centres « de récompense » ainsi qu’une zone appelée l’hypothalamus, figurant parmi les principaux acteurs de l’obésité.

Si vous êtes intéressé par la nutrition, la santé et les causes de l’obésité, alors vous pourriez trouver utile de regarder cette vidéo (en Anglais).

C’est un élément essentiel du puzzle pour comprendre pourquoi certains aliments, mais pas d’autres, rendent les gens gros.

Notre apport calorique a considérablement augmenté ces dernières décennies
Les chiffres sont renversants… de 1960 à 2009, l’obésité a augmenté de 13 à 34% et l’obésité extrême (IMC> 40) a augmenté de 1 à 9%.

Bien que le taux d’obésité a augmenté doucement tout au long du 20e siècle, il a ensuite commencé à monter en flèche autour de l’an 1980.
On a assisté en parallèle à une augmentation massive du diabète de type 2, qui s’associe souvent à l’obésité. Il y a eu beaucoup de théories différentes sur ce qui est à l’origine de l’épidémie d’obésité, mais un fait incontournable est que l’apport calorique a augmenté considérablement en même temps (1).

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Sur le graphique, la ligne bleue montre l’augmentation de l’obésité, alors que la ligne verte montre l’augmentation de l’apport calorique.

L’augmentation correspond à environ 363 calories par jour. Les sources varient sur les chiffres exacts, mais à peu près tout le monde s’accorde à dire qu’il y a eu une augmentation importante.

Conclusion : L’obésité a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, en corrélation presque parfaite avec l’augmentation de l’apport calorique de la population.

L’augmentation de l’apport calorique provient des aliments emballés et transformés (ainsi que les Boissons)

Bien sûr, nous ne consommons pas seulement plus de nourriture… nous mangeons des aliments plus transformés, préparés industriellement.

Il y a un siècle, nous mangions des repas souvent simples, faits maison. Aujourd’hui, un grand pourcentage de l’apport alimentaire de la population provient des fast-foods, et de l’alimentation industrielle.

Des études ont également montré que  la consommation de boissons riches en sucres a augmenté, ce qui explique environ la moitié du surplus de l’apport calorique dans la population (2).

La vérité est que, partout où nous trouvons des aliments (occidentaux) transformés, l’obésité va suivre.

Conclusion : La consommation accrue des calories au cours des dernières décennies est expliquée par une augmentation des aliments transformés, les aliments emballés et les boissons sucrées.

La malbouffe affecte les centres cérébraux de régulation de la faim

Le cerveau humain est l’objet le plus complexe de l’univers.

La plus grande partie de ce dernier est la couche la plus externe, appelée le cortex cérébral.

C’est là que la plupart de nos fonctions « avancées » ont lieu… comme la logique, la créativité, la langue, les mathématiques, etc.

Cependant, la partie logique de notre cerveau n’est pas toujours sous contrôle.

Il existe d’autres zones du cerveau qui prennent soin des fonctions physiologiques comme la respiration, le rythme cardiaque, la température corporelle et d’autres.

Ces fonctions physiologiques sont contrôlées inconsciemment… nous n’avons pas à y penser parce que tout se passe automatiquement.

Il se trouve que notre poids corporel est également contrôlé en grande partie par le cerveau (3). Cela implique une zone du cerveau appelée l’hypothalamus, qui régule les hormones et toutes sortes de fonctions internes.

Elle implique également un système appelé le système de récompense, qui est activé lorsque nous faisons les choses qui nous donnent du plaisir, comme rire ou manger.

Malheureusement, le cortex cérébral (de la logique et la raison) n’a pas vraiment le plein contrôle sur la prise alimentaire, qui est fortement influencée par d’autres régions plus «primitives» du cerveau.

Le cortex cérébral peut essayer… mais il y a d’autres parties du cerveau qui cherchent constamment à exercer leurs influences, en mettant la pression sur nous pour prendre des mesures qui ne sont pas forcément dans notre intérêt.

Il se trouve que la malbouffe affecte directement certains de ces centres du cerveau qui contrôlent et régulent l’appétit, la faim et la graisse du corps.

Lorsque le cerveau des personnes qui ont une tendance à prendre du poids est affecté de cette manière, une forte poussée physiologique à manger plus (et brûler moins) est créé.

La force de retenue cognitive (la «volonté») pâlit en comparaison.

C’est l’une des principales raisons pour lesquelles la malbouffe, et non les aliments « normaux », conduisent à l’obésité… et peut-être d’autres maladies.

Conclusion : Chez les personnes qui ont une tendance à prendre du poids, manger de la malbouffe peut conduire à une forte poussée physiologique dans le cerveau entrainant l’envie de manger plus et de consommer des matières grasses.

La malbouffe peut provoquer une inflammation dans le cerveau, qui entraîne une résistance à la leptine

La principale zone dans le cerveau qui régule l’équilibre énergétique est appelée l’hypothalamus.

Il détecte différents signaux, y compris les hormones qui nous font sentir rassasiés ou affamés.

Le cerveau régule la prise alimentaire à la fois à court terme (repas par repas), ainsi qu’à long terme (4).

La principale hormone impliquée dans l’équilibre énergétique à long terme est appelée leptine, elle est produite par les cellules adipeuses du corps (5).

Plus il y a de cellules graisseuses, plus il est produit de leptine… et cela fonctionne comme un signal au cerveau signifiant que nous avons beaucoup d’énergie stockée et que nous ne devons pas manger.

Lorsque nous perdons du poids, nos cellules graisseuses deviennent plus petites et commencent à produire moins de leptine. Le phénomène est interprété par le cerveau comme une sensation de faim: nous devenons affamés et commençons à brûler moins de calories.

Inversement, (avec un excès de graisse) nos cellules graisseuses sécrètent plus de leptine, et notre cerveau se rend compte que nous ne devons pas manger, donc nous nous sentons rassasiés et brûlons des calories à un rythme normal.
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Voici comment le cerveau « défend » sa masse de graisse et est censé nous aider à éviter la famine ou de devenir gros. Les deux auront des effets négatifs sur notre capacité à survivre dans la nature.

Le problème est que ce système très intelligent, qui a été conçu tout au long de l’évolution afin de réguler notre bilan énergétique est brisé, parce que le cerveau ne détecte pas le signal de la leptine.

Le phénomène est appelé résistance à la leptine et on pense que cela fait partie des causes profondes de l’obésité.

Quand le cerveau ne «voit» pas la leptine provenant des cellules graisseuses, il ne voit pas que les cellules graisseuses sont pleines de graisse. En d’autres termes, le cerveau pense que nous sommes affamés, même si nous avons beaucoup de graisse stockée.

Mais si la résistance à la leptine compte parmi les principaux facteurs de l’obésité, alors qu’est-ce qui motive la résistance à la leptine?

Selon le Dr Guyenet, l’inflammation dans l’hypothalamus peut être ce qui est à l’origine de la résistance du cerveau à la leptine.

Son laboratoire a fait des études chez le rat, où il a comparé des souris nourries avec un régime standard (chow rat) à des souris nourries avec un régime d’engraissement, pendant 7 jours. Les résultats ont été stupéfiants:

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Les couleurs vert et rouge vif sont les taches qui mettent l’accent sur les cellules inflammatoires dans le cerveau. Comme vous pouvez le voir, leur nombre, la taille et l’activité augmente de façon drastique lors d’un régime d’engraissement en seulement 7 jours.

Mais cela va au-delà des rongeurs… il a également été démontré qu’il existe probablement une inflammation se produisant dans le cerveau des humains obèses (6).

On a également fait des études montrant que les rongeurs qui manquent d’une réponse inflammatoire ne deviennent pas résistant à la leptine, ce qui donne un crédit supplémentaire à cette hypothèse.

Fait intéressant, cela ne se produit pas chez les souris nourries avec un régime alimentaire normal… et lorsque les souris passent d’un régime d’engraissement à une alimentation saine, ces changements peuvent s’inverser complètement.

Cela indique que ce processus est aussi bien réversible chez l’homme, s’il parvient à maintenir une alimentation saine à base de vraie nourriture.

Mais cela nous amène à un autre problème… parvenir à éviter ou manger moins d’aliments nocifs, qui sont par ailleurs addictifs dans notre alimentation moderne.

Conclusion : La consommation de malbouffe hautement transformée peut provoquer une inflammation dans l’hypothalamus, ce qui provoque une résistance à la leptine. Le cerveau en vient à penser que le corps est affamé.

La malbouffe est savoureuse, ce qui peut causer une dépendance chez certaines personnes

Un autre problème avec la malbouffe, est qu’elle est souvent savoureuse. Elle nous donne du plaisir.
Ce que nous percevons comme du plaisir est en fait un flot de dopamine dans le système de récompense du cerveau.

Cela fonctionne comme un signal au cerveau que ce comportement est bon, et le cerveau est programmé à rechercher des comportements qui stimulent la libération de dopamine.

Bien que ce système ait bien fonctionné dans l’environnement alimentaire naturel, la malbouffe moderne est « super-stimulante. » Elle  provoque une libération intense de dopamine, similaire à certains médicaments abusifs, comme l’effet de la cocaïne.

En fait, de nombreuses études ont montré que la malbouffe transformée active les mêmes zones du cerveau que lors d’abus des drogues (78).

Pour les personnes qui sont sensibles, cela peut carrément  conduire à la dépendance, où les personnes perdent complètement le contrôle sur leur consommation alimentaire.

Il existe des études qui montrent que la malbouffe conduit à divers symptômes qui sont proches des symptômes de la toxicomanie (91011).

Plus simplement, les effets hyper récompensant de la malbouffe « dérèglent » les voies dans le cerveau qui ont été conçues pour nous aider à chercher des comportements qui nous donnent du plaisir et sont bons pour notre survie.

Pourtant, même chez les personnes qui ne sont pas « accro » à la malbouffe, beaucoup font l’expérience de divers symptômes semblables à ceux de la dépendance, telles que les envies et les pensées obsessionnelles sur la nourriture, ce qui entraîne une consommation accrue d’énergie ainsi que le gain de graisse (12).

Les industriels alimentaires sont bien conscients de tout cela… et utilisent toutes sortes de « trucs » pour rendre leurs aliments aussi «enrichissants» que possible.

A retenir

Si vous voulez approfondir tout cela, le Dr Guyenet a écrit une série d’articles détaillés en 7 parties sur son blog (partie I,  IIIIIIVVVIVII).

Bien que les causes de l’obésité soient complexes et variées, les preuves sont clairement orientées vers le fait que les problèmes dans le cerveau font partie des principaux contributeurs.

La meilleure chose que vous pouvez faire est de suivre un régime alimentaire à base de « vraie » nourriture, en adoptant une hygiène de vie saine, ce qui ne favorise pas d’inflammation.

Éviter les aliments transformés riches en sucre, céréales raffinées, les huiles végétales et les gras trans en les remplaçant par des aliments réels est un bon point de départ.

La mauvaise nourriture vous rend gras et malade… mais, les aliments entiers à ingrédient unique sont la clé d’une bonne santé.

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Source: Therapeutesmagazine.com

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