Les forces russes s’emparent de bases militaires en Crimée

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Des troupes russes, appuyées par des véhicules blindés, ont pris le contrôle samedi 22 mars de la base militaire ukrainienne de Belbek, près de Sébastopol en Crimée, et des coups de feu ont été tirés en l’air, ont indiqué des journalistes présents sur place. Un véhicule blindé a forcé l’entrée de la base et des hommes armés y sont entrés, bien équipés, visiblement très entraînés et en uniforme suggérant l’appartenance aux troupes d’élite. Ils ont pointé leurs armes sur les soldats ukrainiens. Une ambulance est arrivée sur les lieux, sa sirène activée.

Le colonel Iouliy Mamtchour, commandant de la base, a déclaré qu’un soldat ukrainien avait été blessé et que lui-même était emmené par les Russes dans un lieu inconnu pour des discussions à l’issue de cette opération menée à l’aide de véhicules blindés, d’armes automatiques et de grenades assourdissantes. Selon un journaliste présent sur place, les assaillants avaient donné une heure aux soldats pour se rendre, sous peine d’ouvrir les combats.

We are at #Ukraine‘s Belbek airbase in Crimea where the Russians have just given them 1 hour to surrender or face storming.

— Tom Barton (@TomBartonJourno) March 22, 2014

La situation s’est ensuite calmée et les hommes armés ont abaissé leurs armes, évoluant dans le calme dans la base. Ils se sont montrés hostiles envers les journalistes et ont contraint une journaliste de l’AFP à leur remettre les cartes mémoires contenant les images vidéos de l’incident. Un photographe de l’AFP a eu son appareil photo endommagé.

Les soldats ukrainiens sont restés bloqués à l’intérieur après l’assaut. « Je ne sais ce qu’il va se passer maintenant. Je ne sais pas ce qu’ils vont faire de nous », a reconnu l’un de ces hommes. Un porte-parole du ministère de la défense ukrainien, Vladislav Seleznev, a indiqué que des milices pro-russes avaient pénétré dans la base, cernée par des « forces spéciales » russes. « Des informations font état d’un journaliste blessé », a-t-il ajouté.

LA BASE DE NOVOFEDORIVKA ENVAHIE

Un peu plus tôt, un groupe prorusse d’environ 200 hommes, non armés, avait envahi la base aérienne de Novofedorivka (ouest) en criant « Russie ! Russie ! », et en cassant des fenêtres. Les militaires ukrainiens se sont barricadés à l’intérieur des bâtiments et ont lancé des fumigènes sur les intrus depuis les toits.

La veille, des marins russes ont pris le contrôle du seul sous-marin ukrainien en Crimée, le Zaporijia, et l’ont remorqué vers la base russe de Sébastopol. Ces derniers jours, plusieurs autres bases et navires ukrainiens ont subi le même sort, les militaires ukrainiens cédant sans combattre devant les forces russes et pro-russes.

Le ministère de la défense ukrainien a affirmé samedi que les soldats rentrant de Crimée seraient bien accueillis et ne seraient pas traités comme des déserteurs, mais comme des anciens combattants et de « véritables héros ».

SUR LE FRONT DIPLOMATIQUE

Face à cette série d’humiliations, le gouvernement de Kiev a reçu samedi le soutien de deux alliés de premier plan, l’Allemagne et le Canada. Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier, venu à Kiev, a décrit le rattachement de la Crimée à la Russie comme une « tentative de scinder l’Europe », inacceptable.

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