La prochaine guerre ? La Crimée, enjeu entre la Russie et l’Ukraine…

Vers quoi nous dirigeons nous?

Carte de la population de l’Ukraine : la Crimée est la seule région majoritairement russe (« Atlas des peuples d’Europe centrale » de J. Sellier et A. Sellier, éd. La Découverte, 2002) /img/rue89

Il est temps de réviser votre histoire et votre géographie avant le prochain conflit. La Crimée, ça vous dit quelque chose ? La « guerre de Crimée », un vague souvenir scolaire ? Yalta, un peu plus ? Sébastopol, autre chose qu’une station de métro parisien ?

La Crimée et ses 2 millions d’habitants ont tout pour devenir le nouveau point chaud de la crise ukrainienne, après l’euphorie qui a suivi l’issue du carnage de Kiev ces derniers jours.

Vous avez aimé l’Ossétie du Sud, voici le tour de la Crimée. L’Ossétie du Sud, c’est cette région de Géorgie dont la majorité des habitants sont russes, et qui, après avoir unilatéralement fait sécession, a été l’enjeu de la brève guerre russo-géorgienne de 2008. Elle reste aujourd’hui séparée de la Géorgie et occupée par l’armée russe.

La Crimée peut potentiellement suivre la même voie. C’est la seule partie de l’Ukraine à avoir une population majoritairement russe, et la flotte russe de la Mer noire y est basée. C’est peu dire que les développements politiques à Kiev sont vécus de manière particulièrement dramatique en Crimée.

Des milices russes en formation   


Cette photo (tweetée dimanche par Paul Sonne, un journaliste du Wall Street Journal sur place) de Russes de Simferopol, capitale de la Crimée, s’inscrivant pour rejoindre des milices de protection contre les opposants pro-européens désormais aux commandes à Kiev, ressemble à s’y méprendre aux veillées d’armes nationalistes qui ont conduit aux désastres dans les Balkans et ailleurs.

François Heisbourg, président de l’Institut international des études stratégiques (IISS) de Londres, pose la bonne question en retweetant la photo : « La Russie soutiendra-t-elle, ou calmera-t-elle » cet embryon de guerre civile en Crimée ? C’est à Moscou, en effet, que tout se décidera.

Sus aux « fascistes »

On voit dans cette vidéo, filmée également ces derniers jours en Crimée, à quel point les tensions sont vives. Un meeting de l’opposition pro-européenne est attaqué par des Russes aux cris de « fascistes »et de maigres forces de police tentent de protéger les Ukrainiens des coups et des insultes.

On les voit également brûler un drapeau américain, en écho aux accusations de Moscou contre les Occidentaux qui attiseraient le feu à Kiev.

(…)

Lire la suite sur rue89.com

Source Rue89

« Fuck the EU » suite : l’Ukraine et la tentation de la guerre froide

De Manille à Kiev, les manifestants adorent les palais de dictateurs

Ioulia Timochenko, une « Evita Perón ukrainienne », selon Edouard Limonov

23 commentaires