Pesticides : soutien au viticulteur poursuivi pour avoir refusé de polluer

Emmanuel Giboulot, vigneron en biodynamie à Beaune, encourt jusqu’à six mois de prison et 30 000 euros d’amende. Son délit ? Avoir refusé de traiter son vignoble avec un insecticide pour lutter contre une maladie de la vigne. Un collectif de soutien composé d’une vingtaine d’organisations associatives, syndicales et politiques appelle à un rassemblement devant le tribunal de Dijon, où le viticulteur est convoqué, le 24 février. Basta ! relaie cet appel.

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Emmanuel Giboulot, viticulteur à Beaune (Côte d’Or) est convoqué le 24 février 2014 à 13h30 au tribunal de Dijon pour avoir refusé de traiter, à titre préventif, sa propre production avec un pesticide de pyréthrine (le pyrevert). Il encourt 30 000 euros d’amende et 6 mois d’emprisonnement (lire l’article de Basta !)

Pour éradiquer la cicadelle vectrice de la maladie de la flavescence dorée de la vigne présente notamment dans le nord Mâconnais, en Saône-et-Loire, les pulvérisations d’insecticides ont été rendues obligatoires en juin 2013 par un arrêté préfectoral sur l’ensemble des vignobles de la Côte d’Or excepté ceux du Châtillonnais et de l’Auxois. Et ce malgré l’absence de diagnostic préalable sur la présence avérée ou non de flavescence.

Préserver les équilibres biologiques de la vigne

Emmanuel Giboulot travaille justement depuis plus de 40 ans à préserver les équilibres biologiques de sa vigne. Viticulteur engagé en biodynamie, un mode de culture relativement proche de l’agriculture biologique, il exploite 10 hectares de Côtes-de-Beaune et de Hautes-Côtes de Nuits. Or, la biodynamie rejette catégoriquement l’épandage préventif de pesticides qui n’ont d’effets que ponctuels et à court terme mais qui risquent de détruire un écosystème équilibré mis en place depuis 43 ans par Emmanuel pour favoriser l’autorégulation des maladies et du parasitisme.

La gestion sanitaire d’une maladie uniquement par des traitements chimiques systématiques, très dangereux pour l’environnement et dont l’efficacité n’est pas avérée, n’est pas en accord avec notre conception du vivant. Elle est contradictoire avec l’engagement de la France à réduire sa consommation de pesticides de 50% en 2018 (300 fois plus de résidus de pesticides dans le vin que dans l’eau).

L’être humain, simple variable d’ajustement ?

De plus en plus de viticulteurs font la démarche de certifier leurs domaines en bio afin de produire des raisins de qualité en supprimant l’emploi de produits de synthèses, préserver leur santé et celle de leurs salariés, préserver l’environnement, leur terroir et la pérennité de leur vignoble. Cette gestion phytosanitaire est en outre une contre publicité pour les viticulteurs bourguignons qui, pour répondre à l’attente des clients demandeurs de produits biologiques, se sont engagés dans une démarche réglementée et contrôlée lisible par tous.

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