En Allemagne, une faillite menace 75.000 petits épargnants

La faillite de la société d’éoliennes Prokon jette une lumière crue sur le marché « gris ».

C’était l’investissement parfait pour les 75.000 petits actionnaires de Prokon : éthique et ultrarentable. Un peu trop parfait, sans doute, à en juger par les déboires de l’installateur allemand d’éoliennes qui est tombé en faillite la semaine dernière. Fondée il y a dix-huit ans, la société de employant 1.300 personnes a joué un rôle de pionnier dans la transition énergétique allemande. Elle possède 54 champs éoliens et des installations de biomasse. De quoi assurer la bonne conscience de ses actionnaires. Cerise sur le gâteau : Prokon leur promettait des intérêts de 6 à 8 % par an.

La presse allemande avait cependant alerté à plusieurs reprises sur son modèle économique, soupçonné de fonctionner comme une pyramide de Ponzi, les nouveaux actionnaires finançant les rendements des anciens. Son dépôt de bilan, précipité par des échéances de remboursements, jette une lumière crue sur les actions de Prokon, qui sont en fait des « droits de jouissance » ou titres participatifs. Concrètement, l’argent est placé dans un instrument financier donnant droit à un intérêt annuel mais aucun droit de vote.

Avec le risque d’une liquidation imminente, le remboursement du titre participatif risque d’intervenir après les autres créances. Les épargnants détenant des titres Prokon risquent donc la perte totale de leur mise. Au total, 1,4 milliard d’euros. Des cabinets d’avocats s’affairent déjà pour éviter cette issue fatale. Une voie serait de réclamer des dommages et intérêts en clamant par exemple que l’information délivrée dans le prospectus était trompeuse.

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