Promesses tenues et brisées : le bilan 2013 de François Hollande

Tout au long de l’année, l’équipe de Lui Président a suivi pas à pas la réalisation des promesses de campagne et des annonces de François Hollande. Pour vous aider à voir plus clair dans celles qui ont été tenues – et celles qui ne l’ont pas été –, nous avons sélectionné quinze promesses représentatives de l’année qui vient de s’écouler.

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» Les promesses tenues

  • 1 – Le mariage et l’adoption pour tous

La promesse n° 31 de François Hollande a été votée au printemps, à l’issue d’un long et houleux débat parlementaire. La loi Taubira ouvre le mariage et l’adoption aux couples homosexuels, mais a laissé de côté l’épineuse question de la procréation médicalement assistée (PMA). Egalement lancée pendant la campagne, cette promesse dépend désormais du Comité national consultatif d’éthique (CNCE), qui doit organiser un débat autour de la question début 2014.

Lire notre zoom : La PMA, retour sur une promesse chahutée

  • 2 – Renforcer les moyens de lutte contre la fraude fiscale

Le dispositif annoncé dans le programme de François Hollande a été étoffé après l’affaire Cahuzac. Il a pris la forme d’un projet de loi, définitivement voté à l’automne. Le texte prévoit notamment des sanctions plus lourdes contre les fraudeurs, des moyens renforcés pour la police, la création d’un parquet financier spécialisé dans les délits financiers et l’établissement d’une liste officielle des paradis fiscaux.

 Reste en suspens la question de l’échange automatique de données fiscales, que le G20 s’est engagé à mettre en place en 2015.

  • 3 – La nomination des patrons de l’audiovisuel public

Nicolas Sarkozy avait choisi de nommer lui-même les présidents de France Télévisions et autres groupes de médias publics ; François Hollande a rendu cette prérogative au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), comme il l’avait promis. La loi, adoptée en octobre, devrait notamment s’appliquer pour le remplacement de Jean-Luc Hees à la tête de Radio France, en avril.

  • 4 – Rétablir la formation initiale des enseignants

Autre rupture vis-à-vis du quinquennat précédent : la création à la rentrée 2013 des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE), qui viennent remplacer les IUFM, trois ans après leur dilution dans les universités. Nicolas Sarkozy avait mis en place la réforme de la « masterisation », qui permettait de recruter des professeurs à niveau bac + 5, en réduisant le volet pratique de leur formation.

Avare en détails au cours de la campagne, François Hollande s’était contenté de promettre « un nouveau système de retraite solidaire » à l’issue d’une « négociation globale avec les partenaires sociaux ». Avec un an de retard, la réforme a finalement été votée en décembre. Elle prévoit notamment un passage progressif à quarante-trois annuités de cotisation d’ici à 2035 et la création d’un compte pénibilité en 2015.

» Les promesses partiellement tenues

  • 1 – La réforme bancaire

François Hollande avait-il anticipé toutes les implications en promettant une séparation « entre les activités bancaires utiles à l’investissement et à l’emploi, et les opérations spéculatives » ? Le résultat final est loin de la promesse initiale : les activités dites spéculatives ne seront pas séparées, mais isolées dans une filiale de la même entité bancaire. Surtout, la liste de ces activités est très réduite : seul le trading haute fréquence « taxable » sera prohibé, ce qui ne concernerait que 10 à 20 % de ces activités spéculatives, selon La Tribune.

  • 2 – La taxe à 75 % sur les hauts revenus

L’engagement phare de la campagne de François Hollande a connu un parcours sinueux avant d’aboutir, fin 2013, à une mesure en décalage vis-à-vis de son ambition originelle. Devenue provisoire (« le temps du redressement »), la mesure a été censurée par le Conseil constitutionnel en 2012. Un an plus tard, sa seconde mouture vise non plus les particuliers, mais les entreprises rémunérant leurs employés au-delà d’un million d’euros. Confrontée notamment à la menace d’une grève brandie par les clubs de football, la majorité a tenu bon. Mais pour préserver les sensibilités, la taxe a été plafonnée à 5 % du chiffre d’affaires de l’entreprise.

Lire notre zoom : Taxe à 75 %, histoire d’une promesse

  • 3 – Lutter contre les délits de faciès dans les contrôles policiers

Pour lutter contre le délit de faciès, Manuel Valls s’en est remis à un code de déontologie commun à la police et à la gendarmerie. Entré en vigueur le 1er janvier 2014, il interdit le recours à des critères physiques pour le choix des contrôles et impose le vouvoiement. Il prévoit également le retour d’un matricule pour identifier les forces de l’ordre qui procèdent à ces contrôles. Le gouvernement a donc abandonné deux pistes auparavant évoquées : une circulaire sur les bonnes pratiques et la délivrance d’un récépissé lors des contrôles.

  • 4 – Arrêter les commandes de sondages par l’Elysée

A la lettre, François Hollande a rompu avec l’appétence de Nicolas Sarkozy pour les sondages d’opinion. Pas un euro n’a été dépensé par l’Elysée sur ce poste depuis le début du quinquennat, selon la Cour des comptes. Pourtant, comme l’a révélé L’Express en juillet, la réalité est plus complexe : la présidence utilise en réalité les sondages commandés par le Service d’information du gouvernement (SIG). Au total, ce service rattaché à Matignon a dépensé en enquêtes d’opinion 1,7 million d’euros en 2013.

  • 5 – La réforme du mode de nomination au CSA

Pour renforcer l’indépendance du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), le candidat Hollande avait promis qu’aucun de ses membres ne serait nommé directement par l’Elysée. A cause du retard pris par la réforme, François Hollande a pourtant nommé en janvier 2013 le nouveau patron de l’institution, Olivier Schrameck, en vertu des anciennes règles. Un dévoiement de sa promesse qui n’a pas été corrigé dans la réforme adoptée en octobre : si elle renforce le rôle de l’Assemblée nationale et du Sénat – qui nomment chacun trois des sept membres du collège –, c’est toujours le président de la République qui nomme le président du CSA.

» Les promesses brisées

  • 1 – L’inversion de la courbe du chômage

François Hollande l’avait promis sur le plateau du 20 heures de TF1, le 9 septembre 2012 : « la courbe du chômage s’inversera d’ici un an ». Si le président a depuis discrètement repoussé le délai de trois mois (« d’ici à la fin 2013 »), la courbe ne s’est pas encore inversée, malgré les espoirs placés par le gouvernement dans les chiffres de décembre 2013, qui seront publiés fin janvier 2014.

Lire notre zoom : Inverser la courbe du chômage, une promesse au parcours sinueux

  • 2 – « Pas de nouvel effort fiscal après 2013 »

L’engagement, qui avait été lancé il y a quinze mois par l’ancien ministre du budget Jérôme Cahuzac, a été repris par François Hollande en août 2013 sous le nom de « pause fiscale ». A l’issue d’une cacophonie gouvernementale, la « pause » a finalement été reportée à 2015, et 3 milliards d’euros d’impôts supplémentaires ont été votés dans le budget 2014. Après la stabilisation en 2015, le gouvernement a même promis que les impôts baisseraient à partir de 2016.

  • 3 – Réagir à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie

Un an avant une preuve valide de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, avait pris un engagement : si l’utilisation d’armes chimiques, interdite par le protocole de Genève, était confirmée, « la réaction de la France » serait « immédiate et fulgurante ». Mais François Hollande s’est heurté au refus de la communauté internationale qui, Etats-Unis en tête, a renoncé à une intervention militaire, lui préférant un accord de désarmement chimique.

  • 4 – Encadrer les rémunérations abusives, les bonus et les stock-options

Ces mesures de régulation, annoncées lors de la conférence sociale de juillet 2012, devaient être intégrées dans une grande loi sur l’organisation des entreprises privées. Le gouvernement a finalement renoncé à légiférer, au profit d’un code de bonne gouvernance établi par le patronat, comme l’avait fait l’équipe Fillon avant lui. Celui-ci encadre les stock-options, mais ne prévoit rien pour les bonus, et se cantonne à un dispositif non contraignant pour les salaires : le « say on pay », qui prévoit la consultation des actionnaires.

  • 5 – Le maintien des dotations aux collectivités locales

Le gouvernement n’a pas réussi à établir « un pacte de confiance et de solidarité entre l’Etat et les collectivités locales ». En février, il a indiqué que les dotations de ces dernières baisseraient de 3 milliards d’euros en deux ans, pour financer le nouveau crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Or, François Hollande avait promis de les garantir à leur niveau actuel. En contrepartie, Jean-Marc Ayrault a toutefois annoncé le déblocage de 20 milliards d’euros sur cinq ans pour des prêts à long terme aux collectivités.

» 2013 : le tableau complet des promesses

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Source : Blog  sur le Monde « Lui Président »

Trouvé sur Actuwiki

18 commentaires

  • robertespierre

    Que de mansuétude pour un type qui pèse 2%

    y voir clair

    Faut avoir de la merde dans les yeux
    pour pas voir clair

    On cherche de quoi se boucher le nez
    tellement ça pue

  • walter kurtz walter kurtz

    « selective colapse » je commence à aimer l’anglais…

    • Maverick Maverick

      « Selective collapse » ? Tu penses à quelque chose en particulier ?

      • walter kurtz walter kurtz

        ben oui , et c’est encourt…je regarde bfm tv et je me dis tout va bien , mais comme après je n’ai que le choix de m’informer parmis toutes ces pages webs de confiance et de debunkage…dans l’oeil de l’ouragan…je pense.

  • Freija Freija

    Rien dans le domaine agricole et « écologique »?

    A quand un président qui pronera la sobriété heureuse?

  • comment les franchouilles ont-ils cru à ce bonhomme ?

    • Maverick Maverick

      Sur ceux qui ont voté pour Flamby, combien voulaient se débarasser de Sarkozy à tout prix ? Et le retour « annoncé » de ce dernier (si ça arrive) pourrait bien se terminer dans la rue. Je disais dés le premier jour que Flamby était le candidat de rechange élu pour les mauvaises raisons, et qu’il ne finirait probablement son mandat. Si on ne passe pas par une « Cohabitation » d’ici-là, la Présidentielle de 2017 et sa suite vont être (très) chaudes pour l’UMPS. En attendant, voyons voir ce que vont donner les scrutins de cette année …

  • Larbin

    difficile de croire a la politique quelque soit la couleur . Ils n’ont aucunes solutions devant une situation qui les depasse et qui est perdue .

  • robertespierre

    Merci à zébuzzéo
    ce texte en 2ème page distraira le lecteur sans gêner l’actualité
    Les Trois Cauchemars Du Roi Hollande

    François Hollande hanté par trois cauchemars

    Nous ne résistons pas au plaisir de vous offrir ce texte de Bongobi

    A la veille des voeux aux Français, les nuits du président François Hollande seraient peuplées de cauchemars, conte Hervé Karleskind, sous la plume de Madame de Sévigné.
    A la veille du Nouvel An, François Hollande aurait perdu ses illusions, commente Madame de Sévigné.

    Paris, le 30 décembre,

    Vous me reprochâtes de ne vous écrire que de mauvaises nouvelles: j’ai donc laissé passer un peu de temps, en espérant que les cieux se montreraient plus cléments. En vain.

    Oserai-je vous donner quelques échos de la cour? Ils ne sont guère réjouissants: le comte d’Artois, toujours à écouter aux portes et à frayer au cul des bonnes, pardonnez ma mie l’extravagante licence de mes mots, raconte que le roi, après avoir peint du plus seyant rose le cours des choses, voit à présent tout en noir. Le voici hanté de cauchemars, au nombre de trois.

    Le voici hanté de cauchemars, au nombre de trois [seulement?]

    Le premier l’a gagné dans la nuit qui suivit la Nativité. Il rêva en effet que, contrairement à ce qu’il avait ardemment souhaité, le nombre des désoeuvrés n’avait point désenflé, tout au contraire. Il s’éveilla, baigné de mauvaises humeurs, tremblant de froid et de fièvre. Il ne se rendormit plus jusqu’au petit matin blafard de ce coeur d’hiver, quand vint l’heure tant redoutée de l’audience de Monsieur de Monbeausapin. L’infortuné ministre avait une bien mauvaise nouvelle pour son roi qui lui confessa, en guise de préambule, qu’il avait passé une nuit exécrable.

    Hélas, les artifices du ministre, un homme rompu aux aphorismes de cour, ne lui furent d’aucun secours: il ne put que confirmer le sombre songe du roi. En dépit de ses efforts restés vains à juguler cette épidémie, le fidèle serviteur dut avouer, nolens volens, que le roi avait échoué, et que ses imprécations s’étaient perdues dans le vent des promesses non tenues. Le désoeuvrement grossissait encore, comme les rivières de Bretagne, ne laissant aucun répit. Le roi, pensa Monbeausapin, se trouvait beau d’avoir fait son miel de résolutions insensées, jouant les Rodomont pour terrasser cette hydre qui semblait se grossir des coups qu’il lui portait.

    Que pouvait-il mander à présent qui ne fasse penser à quelque piège abscons?

    La cour, toujours à sombrer dans la vanité, se gaussa de comparer le Flou à Héraclès, raillant son peu d’allant et décriant sa parole à présent ruinée. Cette calamiteuse nouvelle plaça le roi dans un embarras abyssal: n’avait-il pas prévu de prononcer son rituel discours de fin d’année tout à la gloire de son action et signifier ainsi à ses sujets qu’il était parvenu à faire reculer le monstre en lui tranchant quelques tentacules? Que pouvait-il mander à présent qui ne soit amphigourique, qui ne fasse penser à quelque piège abscons?

    Il convoqua sur le champ son aréopage de mages et de maîtres à penser à des fins de les enjoindre de trouver une formule magique propre à faire passer l’infâme potion qu’il allait devoir servir à ses sujets.

    Las, la nuit suivante, notre pauvre roi fit un deuxième cauchemar: vous vous souvenez, ma chère et tendre, qu’il avait promis que nos soldats ne perdraient pas de temps à mater les illuminés qui terrorisent l’un des plus pauvres pays de notre monde: la guerre serait courte et joyeuse, croyait-on innocemment. Là encore, le cauchemar du roi se vérifia. Nos armées, chichement pourvues, peinaient à défaire les rebelles au point que cette expédition prenait les allures d’un bourbier au coût exorbitant. Le Flou se montra du reste fort déçu du peu d’empressement des cours européennes à qui il avait tendu la sébile dans le dessein d’abonder les finances de cette croisade.

    Là aussi, la cour dauba. Qui parla d’échec, qui d’aventure insensée, qui encore de prestige perdu, qui, pour finir, d’humiliation.

    Le roi fit un troisième cauchemar

    En cette fin d’année, échaudé par tant de cruels revers, le roi en venait à redouter l’Epiphanie. Hanté par ses mauvais songes, ne craignait-il pas que les Rois mages vinssent à tourmenter ses nuits pour lui offrir des présents tout aussi empoisonnés que ceux que l’année qui s’achevait lui avait réservés?

    En cette période d’ordinaire apaisée par ce que l’on nomme parfois abusivement « trêve des confiseurs », je vous le donne en cent, je vous le donne en mille, le roi fit un troisième cauchemar.

    Il rêva que le Bref, son rival à présent déclaré, prononçait des voeux à l’adresse de ses anciens sujets, laissant entrevoir qu’il ne tarderait plus à remonter sur le trône. Le sommeil du roi fut alors gâté par un bien vilain songe: le Bref s’était introduit en son ancien château pour lui croquer un orteil en lui susurrant qu’il allait bientôt perdre des villes à pleine charretées et que le siège du Parlement de Strasbourg signerait une défaite tout aussi cuisante.

    Le roi a besoin de quiétude à des fins d’affronter la nouvelle année

    Ses gens racontent sous le manteau que le Flou s’éveilla en criant si fort que la maisonnée s’en fut toute chamboulée. Madame lui fit porter une potion apaisante: mais rien n’y fit. Le roi, hors de ses esprits, jura qu’il avait vu le Bref, déguisé en Méphisto, danser et chanter au pied de son lit de douleurs.

    Personne ne le crut, mais tout le monde s’accorda pour mander que le roi avait besoin de quiétude à des fins d’affronter une nouvelle année placée sous de bien mauvais augures.

    Pressé de livrer ses présages lors de notre dernier souper, le comte d’Artois à qui l’on demandait de peindre l’avenir du roi, se tira d’affaire par une pirouette. « Quel chemin devrait-il donc prendre pour en finir avec la guigne? », osa mander une petite baronne un peu effrontée. « Aucun, laissa tomber d’Artois, légèrement dédaigneux. Ses chemins ne mènent ni à Rome ni à Canossa: mais à une impasse ».

    PaSiDupes: A l’Elysée, notre cauchemar fait des cauchemars
    à 12:07 Liens vers cet article