La menace sur les aquifères s’intensifie à Fukushima-Daiichi

Alors que certains observateurs résolument optimistes (1) estimaient que le problème de l’eau radioactive serait réglé en début d’année… 2012, il s’avère qu’à Fukushima-Daiichi, l’opérateur nationalisé Tepco n’en finit pas de patauger dans une eau radioactive dont il voudrait se débarrasser à tout prix, quitte par exemple à la rejeter à nouveau dans l’océan Pacifique.

Fukushima : la menace aquifère s'intensifie

Le site abrite actuellement 200.000 tonnes d’eau contaminée, ce qui représente environ 4000 de ces citernes de 50 tonnes ! (d.r. Zuma)

Tepco envisage de rajouter une nouvelle fois des réservoirs surnuméraires

Les 200.000 tonnes de stockage actuelles – soit l’équivalent de 80 piscines olympiques – ne suffisent plus en effet à contenir l’eau radioactive sortant des réacteurs éventrés de la centrale de Fukushima-Daiichi.  Yuichi Okamura, responsable des eaux radioactives à Fuksuhima-Daiichi (sic) vient en effet d’annoncer qu’il était désormais nécessaire d’ajouter quelques nouvelles citernes de 50 tonnes supplémentaires mais qu’il risquerait peut-être d’y avoir malgré tout comme un léger problème car la place de stockage disponible commence à manquer sur le site, pourtant assez étendu (2).

Le dégôut d’Okimura

Le responsable des eaux radioactives de Fukushima-Daiichi (re-sic) a ainsi déclaré lors d’une interview effectuée cette semaine par l’agence Associated Press et mise en ligne ce jour  :

« Cette question [du stockage de l’eau radioactive] devient cruciale car le terrain que nous occupons est limité [3] aussi nous finirons immanquablement par manquer de place [de stockage]. »

 

Des experts Japonais s’inquiéteraient – enfin – de la situation de l’eau radioactive de Fukushima-Daiichi

D’après l’AP., certains experts « extérieurs » à Tepco s’alarmeraient de la situation si elle venait à s’aggraver et s’inquiéteraient même – tout arrive – que des dommages n’aient déjà été créés dans la biosphère locale par les fuites non maîtrisées de cette eau radioactive.

La nappe aquifère déjà contaminée ?

Selon l’ingénieur nucléaire et professeur d’université Masahi Goto cité par l’AP., l’accumulation d’eau contaminée « provoquera des problèmes sanitaires à long terme et représente une menace environnementale ». C’est très bien de le dire maintenant, il aurait été mieux encore de le dire nettement plus tôt car, rappelons-le, cette situation perdure depuis presque 19 mois !

« On ne peut revenir en arrière sur des fuites radioactives ! »

Une autre déclaration pleine de bon sens du même maître de conférences Goto : « Une fois échappée, il est impossible de tracer la fuite radioactive ni de faire marche arrière pour remettre la radioactivité à sa place d’origine ». La probabilité que les fuites radioactives se soient déjà disséminées dans la biosphère à des distances importantes est en effet plus qu’alarmante.

Les vidanges volontaires d’eau radioactive très mal vues par les autorités internationales

Le précédent avait fait grincer des dents de nombreux experts internationaux, AIEA en tête, ainsi que certains responsables politiques (4) : Tepco avait procédé du 4 au 10 avril 2011 à une vidange sauvage de plusieurs milliers de litres d’eau contaminée pour les déverser directement dans la poubelle ultime : l’océan Pacifique. Tepco envisagerait donc de reproduire l’opération après avoir « rincé » l’eau une énième fois dans une nouvelle unité de décontamination expérimentale.

Le « service des eaux radioactives » de Fukushima-Daiichi emploie 55 personnes, et votre serviteur n’y travaillerait pour rien au monde.


(1) Le journaliste Huet n’annonçait-il pas péremptoirement le 12/9/11 sur son blog de Libération (« surveillé » par Mme Lauvergeon en personne) que le problème de l’eau contaminée serait définitivement réglé à la fin de l’automne 2011 et « dans le pire des cas pour la fin de l’année 2011 » ?

(2) Le site de Fukushima-Daiichi s’étend sur 350 hectares soit l’équivalent d’environ 500 terrains de football (données FIFA, p.7)

(3) En fait le terrain est imposant mais la gestion de l’espace est très compliquée du fait des niveaux de contamination, des nombreux débris radioactifs résiduels, de la solidité et de la stabilité des aires de stockage (eh oui !), de la difficulté supplémentaire posée par un risque de nouveau tsunami emportant « les bidons » vers l’océan Pacifique etc.

(4) Les Chinois avaient ainsi fustigé peu après l’incident l’augmentation conséquente de la radioactivité dans les eaux internationales


Source : Japan nuke plant water worries rises, yahoo news / AP. via gen4.fr

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