Quand le monde manquera de métaux

500 Tours Eiffel : c’est ce que nos sociétés modernes consomment en métal chaque 24 heures. De la moindre puce électronique jusqu’aux gigantesques buildings, les métaux sont partout. Or certains sont en voie d’épuisement : les gisements de cuivre, de nickel ou de zinc n’ont plus que quelques décennies devant eux. Et si le recyclage se développe, la consommation s’emballe. Enquête sur une pénurie désormais annoncée.

L’humanité est accro aux métaux. Câbles électriques et circuits électroniques, transports individuels ou collectifs, électroménager ou BTP… Les métaux sont partout. On en oublierait presque qu’ils constituent une ressource non renouvelable. Comme pour les hydrocarbures, il faut plusieurs millions d’années pour en renouveler les stocks. Or, côté consommation, la tendance est à l’emballement. « En l’espace d’une génération, nous devrions extraire une quantité plus grande de métaux que pendant toute l’histoire de l’humanité », prévient Philippe Bihouix, ingénieur centralien et co-auteur d’un livre de référence sur le sujet.

Moins de vingt métaux étaient exploités dans les années 1970. Ce chiffre a depuis été multiplié par trois. Mais les réserves ne sont pas infinies. Une cinquantaine de métaux – sur la soixantaine exploités – seraient menacés de pénurie. Il reste plus d’un siècle de réserve pour le cobalt ou le platine. Celles de l’argent, de l’antimoine (utilisé notamment dans l’électronique), de l’indium (utilisé dans les cellules photovoltaïques ou les écrans LCD) se limiteraient à 20 ans, pointe l’étude de Philippe Bihouix. Et il ne resterait que 30 à 60 ans de réserve pour la plupart des grands métaux industriels : zinc, cuivre, nickel, plomb…

500 Tours Eiffel par jour

Environ 2 milliards de tonnes de métaux sont consommés chaque année, surtout du fer (1,7 milliard de tonnes [1]). L’équivalent de 200 000 Tours Eiffel par an ! Soit plus de 500 par jour. Et chaque Français « consomme » en moyenne l’équivalent de 700 grammes de métaux en 24h !

Pourquoi s’inquiéter, rétorqueront certains, les métaux sont présents partout : dans la roche, dans chaque poignée de terre, dans l’eau de mer. La quantité totale de cuivre dans les terres émergées – jusqu’à une profondeur de 1 km sous terre – serait d’environ 20.000 milliards de tonnes. Soit un million d’années de notre consommation actuelle. Tout irait bien… S’il n’était pas impossible de passer l’ensemble de la croûte terrestre au tamis.

Une pénurie de cuivre en 2040 ?

Les véritables « réserves », elles, sont limitées. Les réserves constituent les ressources identifiées que l’on peut techniquement extraire au prix actuel. Les réserves de cuivre sont ainsi 10 000 fois moindres que la quantité totale présente sur la planète [2]. L’humanité consomme actuellement 16 millions de tonnes par an, notamment pour les fils électriques. Ce qui laisse, à production constante, une trentaine d’années avant de manquer de cuivre.

Trouvera-t-on de nouvelles réserves dans les décennies à venir ? Les sols ont déjà été beaucoup explorés. Cas emblématique : l’or. C’est le seul métal à avoir franchi son « pic » de production. Son extraction n’augmente plus, bien que 45 % des dépenses d’exploration lui sont consacrées. Le défi à relever n’est pas tant la diminution des dernières réserves, que l’énergie croissante nécessaire pour exploiter les futurs filons.

Extraire les métaux à la petite cuillère ?

« Une mine d’or, en Afrique du Sud ou en Australie, produit à peine 5 grammes par tonne, contre 20 il y a un siècle. Vu le prix, on peut aller chercher quelques grammes d’or par tonne de terre, mais on ne pourra pas se le permettre pour le cuivre », explique Philippe Bihouix. Les gisements les plus rentables, créés par la tectonique des plaques, le volcanisme ou le cycle de l’eau, sont déjà exploités. L’extraction des réserves moins concentrées a déjà commencé. Alors qu’on produisait 18 kg de cuivre par tonne de roches extraite dans les années 1930, on n’en trouve plus que 8 kg aujourd’hui.« Il n’est pas possible de dépenser plus d’énergie pour tous les métaux. On ne va pas ramasser à la petite cuillère les dernières ressources naturelles », pointe l’ingénieur.

Métaux et ressources énergétiques sont étroitement liés. Il faut toujours plus d’énergie pour extraire des métaux moins concentrés. Et les métaux sont toujours indispensables pour produire de l’énergie… Quand atteindrons-nous la limite énergétique qui rend l’extraction d’un métal non rentable ou impossible ? C’est le même processus que pour l’exploitation du pétrole. La production de 100 barils de pétrole nécessite 2 barils en Arabie Saoudite, contre 10 à 15 barils pour l’extraction offshore dans le Golfe du Mexique. Et 25 à 35 barils pour l’extraction des sables bitumineux de l’Alberta au Canada [3].

Sans métaux, plus d’énergie

Nous dépensons aujourd’hui environ 10 % de l’énergie primaire mondiale pour l’extraction et le raffinage des métaux. Combien en dépenserons-nous demain ? Et plus on consomme d’énergie, plus on émet de CO2… pour la même quantité de métal [4]. Sans compter les conséquences environnementales et sociales, lorsque, les réserves diminuant, il deviendra rentable de lancer l’extraction dans des zones protégées ou inaccessibles, avec des procédés plus polluants et des conditions de travail plus pénibles. Une spirale infernale, alors que les conditions d’extraction minière sont déjà très dures [5].

Toutes nos sources d’énergie actuelles sont dépendantes des métaux. Des raffineries pétrolières aux gazoducs, des cellules photovoltaïques aux turbines d’éoliennes, des moteurs de véhicules aux batteries électriques… Les énergies renouvelables, nucléaires ou fossiles ne peuvent se passer des métaux. Côté nucléaire, « les « crayons » de combustible sont emballés dans des gaines de zirconium : 50 ans de réserves. Les centrales et les conteneurs pour les déchets nécessitent nickel, chrome, titane, cobalt, tungstène et plomb : 50 à 100 ans de réserves pour les plus abondants », détaille Philippe Bihouix. « On ne pourra pas tenir 10 000 ans avec le nucléaire. » Comment sans ces métaux renouveler les parcs nucléaires une ou deux fois par siècle ?

L’impératif du recyclage

Que faire face à cette situation ? Mieux recycler les métaux semble une évidence. Les grands métaux, comme le fer, l’aluminium ou le cuivre sont, en théorie, recyclables à 100%. Et leur recyclage est très rentable énergétiquement : récupérer de l’aluminium consomme 20 fois moins d’énergie que la production de métal neuf ! Reste qu’on ne pourra jamais en recycler 100 %. Difficile de collecter toutes les agrafes utilisées, les opercules de pot de yaourt ou les paires de lunettes ! Le pourcentage de perte diffère selon les métaux. Il est par exemple de 30 % pour le nickel, un métal pourtant bien récupéré dans des filières de recyclage…

La multiplication des alliages posent aussi problème. Impossible de séparer les éléments imbriqués ou les matériaux composites. Ou de faire du tri dans les 3 000 sortes d’alliage de nickel. Comment recycler complètement un ordinateur portable, qui contient 30 métaux différents ? Ou un « superalliage » de l’aéronautique, composé de 15 métaux ? De quoi compliquer sérieusement une tâche déjà immense. Surtout quand notre système économique basé sur la consommation – et un taux d’équipement toujours plus élevé – provoque l’accélération des cycles de production et des innovations… Concernant les déchets d’équipements électriques et électroniques (D3E), une directive européenne impose leur collecte à hauteur de seulement 20%.

Revenir à l’âge du fer ?

A ces limites s’ajoutent les usages « dispersifs » : l’incorporation de métaux dans des produits chimiques ou des objets de consommation courante. Mercure dans les shampoings, plomb et cobalt dans les teintures capillaires, bismuth dans le rouge à lèvres, ou titane et sulfate de zinc, comme colorant blanc de votre dentifrice ! Encres et pigments du papier, déodorants, pneus, peintures, engrais et pesticides, incorporent des métaux à des degrés divers.

Des usages dispersifs qui peuvent représenter une part importante de la production : 20 % pour le cobalt, 98% pour le titane (qui, sous forme de dioxyde, est le colorant blanc universel). Et les innovations ne manquent pas : les chaussettes « anti-odeur » aux nanoparticules d’argent qui partent dans les égouts au bout de quelques lavages, ne vont pas arranger la situation. « Ce sont autant de métaux qui ne seront pas disponibles pour les générations futures. Quand on crame du cuivre, du plomb ou du lithium dans les feux d’artifice, ce n’est pas très sympa pour l’Homo sapiens de 2250 qui en aura besoin, » illustre Philippe Bihouix.

Quels substituts aux métaux ?

Substituer un métal par un autre s’avère aussi compliqué. Des métaux, utilisés comme catalyseur dans le secteur de la chimie, pour fabriquer du nylon ou de la margarine par exemple, pourront peut-être, pour certains, être remplacés par une « catalyse enzymatique ». Pour quelques applications, des solutions seront imaginées. Mais le problème est systémique : comment substituer en même temps plusieurs métaux par d’autres ? Certains sont irremplaçables, comme l’or, le nickel, le cobalt ou l’étain – utilisé pour les soudures en plomberie ou dans les cartes électroniques.

Sans oublier le cuivre, qui sert au transport du courant électrique : 8 millions de kilomètres de câbles de cuivre maillent l’Europe ! Les voitures contiennent en moyenne 2 km de câble de cuivre ! Et les réserves se limitent à quelques décennies, au rythme de production actuel. La croissance des pays émergents devrait augmenter encore les besoins… La croûte terrestre est composée à 99 % de 12 éléments dont 6 minéraux : fer, aluminium, silicium, magnésium, manganèse et titane. Ces métaux ne devraient pas manquer à moyen terme. Mais ils ne suffiront pas à remplacer toute la richesse de ceux qui sont en voie d’épuisement.

Spéculation effrénée et tensions géopolitiques

Cette situation commence à préoccuper les États. En 2010, des tensions entre la Chine et le Japon – et la menace d’un embargo – ont fait prendre conscience de la dépendance mondiale aux « terres rares », ce groupe de 17 métaux utilisés dans les produits de haute technologie (téléphones portables, écrans LCD, éoliennes, scanners médicaux…). Ces métaux sont aujourd’hui exportés à 97 % par la Chine, qui dispose d’environ un tiers des ressources mondiales. L’Europe importe 48% de son cuivre, 100% du cobalt, du platine et du titane… Quant à la production française, elle est en constante régression [6].

Résultat : les prix des métaux flambent. Entre 2005 et 2009, la demande en minerai de fer a augmenté de 47 % et les prix de 93 % ! Quant au cuivre, sa valeur a triplé entre 2009 et 2011. Une situation aggravée par la financiarisation des échanges : investissements spéculatifs sur les réserves de métaux, développement du « trading de haute fréquence », concentration des opérateurs.

Des réserves contrôlées par quelques multinationales

Le poids financier des métaux représente désormais un quart de celui du marché du pétrole. Et 20% des échanges internationaux de matières premières [7]. De quoi attirer les spéculateurs… Au point que les exigences de rentabilité financière l’emportent sur le souci de répondre à la demande mondiale en métaux. Quelques multinationales ont fait main basse sur une partie des stocks : la multinationale suisse Glencore, leader mondial sur le négoce de métaux, contrôlerait ainsi 60 % du zinc mondial, 50 % du cuivre, 22 % de l’aluminium [8]… A la fois propriétaire de sociétés minières et acteur du négoce mondial, Glencore peut intervenir sur les stocks physiques et donc le prix des matières premières, et en même temps parier sur les marchés… Une situation qui n’augure rien de bon pour la gestion de la raréfaction des métaux !

Face aux enjeux du contrôle des métaux, la Commission européenne a adopté en 2008 la stratégie « Initiative sur les matières premières », sous la pression des lobbys indutriels et miniers. Objectif : exiger des autres pays du monde un abandon ou une très forte limitation des « restriction aux exportations ». L’Europe veut sécuriser ses approvisionnements, à n’importe quel prix.

Des abysses du Pacifique à la planète Mars

En France, le Sénat s’est également emparé de cette question [9] et le gouvernement a créé en 2011 un Comité pour les métaux stratégiques (Comes), piloté notamment par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Mais ses intérêts semblent avant tout économiques : « La première préoccupation est que chaque entreprise connaisse sa vulnérabilité », explique le secrétaire général du Comes. « Des politiques restrictives, des grèves, des accidents pourraient mettre des filières industrielles en péril en quelques semaines. » Et comment la France, complètement dépendante des importations, fera-t-elle face aux pénuries qui s’annoncent ? La question ne semble pas à l’ordre du jour…

La stratégie actuelle des États et entreprises semble être la recherche incessante de nouveaux gisements. Et quand ceux-ci ne suffiront plus, ira-t-on chercher des métaux au fonds des océans ou sur d’autres planètes ? En juillet 2011, des chercheurs japonais ont annoncé la découverte d’immenses gisements de « terres rares » au fond du Pacifique : près de 100 milliards de tonnes. Des réserves 1000 fois supérieures à celle recensées jusqu’à présent, selon l’étude publiée [10]. Mais quelle débauche d’énergie et de technologies seront nécessaires pour exploiter ces gisements, situés entre 4 000 et 6 000 mètres de profondeur ? Quel prix faudra-t-il payer demain pour aller prospecter de nouvelles réserves de métaux à plus de 2000 mètres sous la couche terrestre ? Quant à faire de la Lune ou de nos planètes voisines nos futures réserves géologiques… « C’est la vie, la tectonique des plaques qui créent les concentrations de métaux. Sur la Lune, vous risquez de ne trouver qu’une soupe indifférenciée », décrit Philippe Bihouix. Pas de quoi rentabiliser le voyage aller-retour.

Nos arrières-petits enfants, des « ferrailleurs-cueilleurs » ?

Face à l’emballement de nos besoins en métaux et les rendements décroissants pour les extraire, l’ONU appelle à « découpler » le taux de croissance économique du taux de consommation des ressources naturelles. Les estimations ont de quoi faire peur : le volume de minéraux, minerais, combustibles fossiles et biomasse consommés chaque année par l’humanité pourrait atteindre 140 milliards de tonnes d’ici 2050. Soit trois fois les niveaux actuels. Et 23 fois plus qu’au début du 20ème siècle. Chaque être humain consomme en moyenne 8 tonnes par an de ressources naturelles – produits agricoles, bois, énergies fossiles ou métaux [11]. Soit 22kg par jour ! Les gisements bon marché et de bonne qualité de certaines ressources essentielles comme le pétrole, le cuivre et l’or commencent déjà à s’épuiser, souligne l’ONU, qui invite « à modifier considérablement les politiques des gouvernements, le comportement des entreprises et les modes de consommation du grand public. »

Recycler davantage, ralentir les cycles de consommation, en luttant par exemple contre l’obsolescence programmée, réparer plutôt que jeter, diminuer les usages dispersifs. Les moyens sont nombreux pour réduire l’actuel gaspillage des pays économiquement développés. Mais cela ne suffira sans doute pas, sans changer profondément nos modes de vie, de production et de consommation. « Quel avenir veut-on laisser aux générations futures ? Un retour à l’âge de fer, un monde où quelques dizaines de millions de « ferrailleurs-cueilleurs », survivants de la grande panne ou de l’effondrement, retrouveront l’abondance en exploitant le stock de métaux en place dans les bâtiments délabrés, les décharges, les usines à l’arrêt ? » questionne Philippe Bihouix. Reste à faire prendre conscience des enjeux, pour freiner la course infinie à l’extraction, avec toujours plus de conséquences sociales et environnementales. « Expliquer le pic du pétrole est déjà compliqué ! Avec les métaux, on a 60 histoires différentes… ». Nous n’aurons pourtant bientôt sans doute plus le choix.

Source et références utles: Bastamag

7 commentaires

  • fotoulavé

    Vivement que l’on soit obligé de fondre toutes les armes pour faire des outils de jardinage.
    Je me doute un peu que c’est pas pour tout de suite !

  • frisquette

    cette planête est litéralement pompé de tout ce qu’elle fabrique ; les métaux , les énergies , l’eau , la flore , la faune , ….rien n’échappe à la gloutonnerie humaine ; c’esdt une planête morte que nous laissons aux futures génération ; et quand on sait qu’une seule partie de l’humanité à accés à tout ses trésors mais que les dégats sont malgrés tout considérables ………

  • Bouffon

    C’est exactement comme lors de la grande dépression de 1860-1890, le mine ne produisait plus autant qu’avant.
    Il a fallut attendre que le pétrole remplace le charbon pour que l’extraction redeviennent rentable et prospère.
    On a exactement le même problème eux. Ils connaissaient le pétrole depuis 1850, mais il faudra attendre 1900 pour que son utilisation se généralise, nous on connais les énergies alternatives depuis 1970, mais on se demande si en 2020, les gens auront abandonnée le pétrole.

    Bien sur ça ne remets pas en cause le problème du gaspillage. mais il faut relativiser avec la situation actuelle et n’oublions pas que nous avons un secteur minière important complètement inexploitée; nos anciennes décharges. Donc si nous devons vider celle-ci avant de retrouvé une situation minière prospère ce n’est pas un mal au contraire ça ne peut être que bénéfique pour la nature.

    Le véritable problème qui est passée sous silence et que personne ne veut aborder c’est la démographie.
    Donc arrêtons de pinailler pour tout et concentrons-nous sur les priorités.

  • plop

    a quand l’homme sortira de son bocal qu’est la Terre?
    comment avoir un avis objectif quand on est dans le bocal?

    il y a pas assez de place ou de ressources, partons en trouver ailleurs.

  • Richa83

    extrait d’un article financier (dont je n’ai malheureusement plus les coordonnées…)
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    L’ARGENT CONNAÎTRA UNE FORTE HAUSSE

    Il y a au moins dix raisons qui, conjuguées ensemble, provoqueront une forte hausse du métal argent.

    1. Les mines d’argent seront épuisées d’ici quinze ans environ (2020/2030).

    2. Les stocks mondiaux sont tombés de 10 milliards d’onces en 1950 à 1 milliard en 2010. Si ce mouvement continu (et il n’y a aucune raison qu’il s’inverse), il n’y aura plus de réserves du tout d’ici peu d’années.

    3. De nouvelles applications industrielles ou médicales voient le jour, qui consomment de l’argent. Dans chaque voiture, chaque ordinateur, chaque panneau solaire, il y a de l’argent.

    4. L’argent consommé par l’industrie n’est généralement pas du tout recyclé.

    5. À la fin des années 1960, les USA et les États européens ont retiré de la circulation les pièces de monnaie en argent. Ces pièces ont été fondues et converties en lingots pour les investisseurs. Les couverts en argent ont été également fondus et transformés en lingots. Comme il reste de moins en moins de pièces et de couverts à fondre, ce type de recyclage diminue progressivement.

    6. L’argent est cinq fois plus rare que l’or. Il y a 4983 millions d’onces d’or en stock, mais seulement 965 millions d’onces d’argent.

    7. Le ratio or/argent est actuellement (été 2010) de 1 : 65 (1 lingot d’or a la même valeur que 65 lingots d’argent), alors que l’argent est plus rare que l’or, et que la moyenne séculaire était de l’ordre de 1 : 15. Le ratio actuel redescendra vers la moyenne normale, c’est-à-dire que l’argent montera en valeur par rapport à l’or.

    8. Au sommet de la précédente hausse des métaux précieux (1980), l’or culminait à 850 $ l’once et l’argent à 50 $. Le cours actuel de l’or est supérieur à celui de 1980, mais le cours actuel de l’argent est inférieur à celui de 1980, donc il a une large capacité de rattrapage avant qu’on puisse parler de «bulle».

    De plus, en tenant compte de l’érosion monétaire du dollar (inflation du papier-monnaie), on doit multiplier par sept le prix nominal de 1980 pour avoir l’équivalent en pouvoir d’achat de l’an 2010. 50 $ x 7 = 350 $. Le cours actuel de l’once d’argent est loin d’avoir atteint ce niveau-là.

    9. La bourse des matières premières COMEX à New York est incapable de livrer l’ensemble des contrats de vente à terme (futures) venant à expiration, car ses stocks d’or et d’argent représentent seulement une fraction du volume global des transactions. Tant que les spéculateurs se contentent de se faire payer leurs bénéfices en dollars, la « réserve fractionnelle » de métaux peut suffire, mais si jamais trop de personnes en même temps venaient à exiger la livraison physique du métal, cette bourse devrait déclarer forfait. Ce système de réserve fractionnelle est également pratiqué par certains ETF (exchange-traded fund).

    Une banque américaine à elle seule vend « à découvert » un tiers de la production mondiale annuelle d’argent.

    Un seul et même lingot est vendu 50 fois sur papier. Cette manipulation baissière échouera le jour où les vendeurs de certificats en papier ne pourront plus honorer les demandes de livraison physique, parce que leur « réserve fractionnelle » sera devenue insuffisante, en raison de l’épuisement des réserves mondiales réellement disponibles.

    10. Quand tout le monde veut acheter le même produit, il faut surpayer sa valeur. Au contraire, quand peu d’investisseurs sont intéressés, on peut l’avoir à prix sacrifié. Or l’argent est un placement méconnu. Par rapport à l’ensemble de la population, seuls quelques rares avertis en thésaurisent. Par conséquent, la valeur de l’argent est largement sous-évaluée. L’ensemble de toutes les réserves mondiales (1 milliard d’onces) vaut à peine 20 milliards de dollars ; le marché des emprunts pèse 100’000 milliards et celui des actions 40’000 milliards ; si seulement 1 % des sommes investies en obligations se dirigeaient vers le métal argent, le prix de ce dernier serait multiplié par 50. Si on prenait 10 % des obligations et des actions, le prix serait multiplié par 700.

    11. Les dix arguments évoqués ci-dessus ont d’autant plus de force qu’ils s’additionnent. Les dix facteurs haussiers se feront sentir simultanément, ce qui décuplera l’impact sur le prix. Voici le scénario : mines épuisées et plus de pièces anciennes ni de couverts à recycler ; stocks mondiaux tombés à zéro ; industriels cherchant désespérément la matière première indispensable à leur production ; panique des vendeurs à découvert, qui doivent acheter à n’importe quel prix pour honorer les exigences de livraison de métal physique ; investisseurs se ruant sur ce placement dont tout le monde parle ; épargnants cherchant à se réfugier dans une valeur sûre, parce que le système financier mondial croule sous leurs yeux affolés et que le guichet de leur banque reste fermé.

    Edité Volti:
    Je me permets d’ajouter le lien: ( est ce le bon?) http://argent-or.blogspot.fr/2011/06/fondamentaux-de-largent-10-raisons.html

  • rouletabille rouletabille

    l’Univers attend le crédit des banquiers,un Univers endetté,hahah,l’Univers dois du fric à une bande de cons..
    ICI cela marche,alors pourquoi pas ?

    j’adore ces mecs ,(j’en suis pas) c’est tellement bête de pas profiter de l’idiotie et de la bêtise inculquée et distillée des la naissance,rendons nous compte que nous nous battons contre nous même à travers les guerres ..
    Bof,c’est un divertissement rigolos et c’est pas ma faute.