Amende de 7,5 millions de dlrs pour Blackwater pour trafic d’armes

Il n’y a pas que les banquiers qui paient pour échapper à la justice, Blackwater maintenant appelé Academi a ouvert le tiroir-caisse pour échapper à un procès, à vomir alors qu’une telle « entreprise » devrait tout simplement être fermée et interdite d’activité, au même titre que Monsanto après l’histoire de la ville d’Anniston et du procès de 2002, entre autres saloperies dont est responsable la compagnie semencière. La justice n’est pas la même pour celui qui paye, vraiment pas…

L’entreprise de sécurité Blackwater, désormais appelée Academi, a conclu un accord avec la justice américaine pour éviter un procès. Elle payera une amende de 7,5 millions de dollars pour exportation illégale d’armements, a annoncé mardi le département de la Justice.

Cette affaire coûtera au total près de 50 millions de dollars à la société. Outre l’amende, elle avait déjà conclu en 2010 un accord avec le département d’Etat pour lui verser 42 millions de dollars pour avoir violé la loi et les réglementations internationales sur les exportations d’armements à destination notamment de l’Irak et du Soudan, annonce un procureur fédéral de Caroline du Nord, Thomas Walker.

Cinq ans

La société, privée de contrats en Irak après une fusillade sur des civils en 2007, a été un important partenaire des militaires américains en Irak et en Afghanistan. Elle faisait l’objet d’une enquête depuis cinq ans.

La justice lui reprochait d’avoir exporté des fusils d’assaut et des équipements militaires sans licence et fourni des renseignements secrets sur des hélicoptères et des transports de troupes blindés à des ressortissants étrangers. Blackwater avait également fourni un entraînement militaire à l’étranger sans en avoir informé les autorités américaines.

Au total, la société était menacée de 17 chefs d’accusation, selon le procureur fédéral.

En novembre 2005, elle avait ainsi exporté au Soudan des téléphones satellitaires cryptés sans les autorisations requises. Entre octobre 2004 et mars 2006, elle est accusée d’avoir exporté sans licence des munitions et des gilets pare-balles en Irak et en Afghanistan ou encore d’avoir entre 2006 et 2008 « fourni des données techniques et d’ingénierie relatives à la construction de transports de troupes blindés à des ressortissants de Suède et du Danemark sans autorisation », selon Thomas Walker.

Cette décision « conclut une enquête longue et complexe sur une société qui a fourni de précieux services au gouvernement des Etats-Unis mais qui, par moments et de nombreuses manières, a manqué de respecter d’importantes lois et réglementations relatives à la façon dont notre pays interagit avec nos alliés et nos adversaires », affirme le procureur Walker, cité dans le communiqué.

Emblématique

Créée en 1997 puis cédée en 2010 par Erik Prince, un ancien membre des forces spéciales de la marine, les Navy Seals, Blackwater avait déjà changé de nom pour celui de Xe, avant de devenir Academi fin 2011.

Elle est la plus emblématique de ces sociétés privées dont le rôle a été prépondérant en Irak et en Afghanistan pour assurer la sécurité des convois, des ambassades ou encore pour gérer les milliards de dollars d’aide internationale.

Blackwater a accumulé les revers ces dernières années. Elle a été interdite d’exercer en Afghanistan, le président Hamid Karzaï l’accusant, elle et d’autres, de représenter « un système de sécurité parallèle au gouvernement afghan », générant « pillages et vols ».

Elle a de même été sommée de quitter l’Irak après avoir été impliquée dans plusieurs scandales, en particulier la mort de 14 à 17 civils à Bagdad en septembre 2007, et a dû cesser de s’occuper de la protection des diplomates américains à Bagdad en mai 2009.

Source: Agence de presse via Romandie

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