Ce qui se cache derrière les conflits croissants dans l’UE

Ils nous avait bien fait rire Hollande avec « l’ennemi à combattre, la finance »! Tellement convaincu de son discours que non seulement il lui fait de jolies courbettes (pour ne pas évoquer une position à 4 pattes interdite aux moins de 18 ans…), mais en plus il enfonce le clou de manière magistrale! L’article au final nous parle d’un « programme socialiste pour mettre en place des gouvernements ouvriers pour exproprier les banques et les grandes entreprises etc…« , mais pas un socialisme à la française qui joue le même jeu financier que l’UMP, je vous rassure, il faut reprendre le pouvoir, le souci, c’est que cela n’arrivera jamais sans que la masse ne réagisse, et pour cela….. Comme on dit, l’espoir fait vivre.

Bien que la plupart des gouvernements et des parlements soient partis en vacances d’été une intense dispute a lieu entre les capitales européennes au sujet de l’avenir de l’euro.

Le Premier ministre italien Mario Monti est en tournée européenne pour promouvoir l’extension illimitée du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage de l’euro. Il jouit du soutien du président français, François Hollande, mais il rencontre une forte résistance de la part de l’Allemagne.

Le volume du MES est actuellement limité à 500 milliards d’euros pour lesquels les Etats-membres de la zone euro sont responsables. Le 29 juin, le sommet de l’Union européenne (UE) avait décidé d’octroyer les fonds du MES directement aux banques et non aux gouvernements, comme c’était précédemment le cas. Ceci devait permettre un sauvetage direct de certaines banques espagnoles sans renflouer le gouvernement espagnol, ce qui aurait peut-être surmené la limite de 500 milliards d’euros du MES.

Toutefois, bien que le sommet ait débloqué 100 milliards d’euros pour les banques espagnoles en difficulté, les marchés financiers n’ont pas été satisfaits. Les taux d’intérêt des obligations espagnoles et italiennes avaient aussitôt grimpé à des niveaux record.

Monti et Hollande veulent actuellement pourvoir le MES d’une licence bancaire. Le MES équivaudrait alors à une banque commerciale, à laquelle il serait possible d’emprunter de l’argent auprès de la Banque centrale européenne et de racheter des obligations gouvernementales sur les marchés. Ces obligations devront être acceptées en garantie par la Banque centrale européenne. Au fond, le MES servirait ainsi de relais à des sommes d’argent illimitées imprimées par la Banque centrale européenne pour renflouer des banques ou des gouvernements.

Une telle mesure ne stopperait ni ne ralentirait les mesures d’austérité qui ont précipité dans la misère une grande partie de la population grecque et espagnole. Les promoteurs de la licence bancaire pour le MES ont souligné que le rachat d’obligations souveraines par le MES serait lié à des exigences strictes pour de nouvelle mesures d’austérité.

Voilà la véritable raison qui a motivé les projets visant à impliquer le MES. Contrairement au MES, dont les agissements doivent être unanimement approuvés par les ministres des Finances de la zone euro, la Banque centrale européenne n’est pas en mesure de dicter aux gouvernements concernés l’application de mesures d’austérité. Le MES, tel qu’il est prévu par Hollande et Monti, serait une agence pour injecter des milliers de milliards dans les coffres des banques tout en dictant des coupes à hauteur de plusieurs milliers de milliards à l’encontre de la classe ouvrière.

Ce n’est pas par hasard que ceci a aussi trouvé l’appui des gouvernements américain et britannique dont les secteurs financiers seraient gravement touchés par la défaillance d’un pays de la zone euro.

En Allemagne, toutefois, la proposition s’est heurtée à une opposition farouche. Le dirigeant du Parti démocrate libéral (FDP), qui fait partie de la coalition gouvernementale, Rainer Brüderle, l’a décrite comme étant une « mission suicide inflationniste. »

Berlin craint d’être entraîné plus profondément dans le tourbillon de la crise financière s’ils acceptent de prolonger davantage le MES. Bien que les entreprises allemandes ont tiré des bénéfices de l’euro comme aucune autre entreprise, ils s’opposent à toutes les activités financières qui profitent à d’autres pays en exigeant au lieu de cela des programmes d’austérité draconiens même si ceux-ci devaient provoquer un effondrement social et économique en Europe, à commencer par la Grèce et l’Espagne.

Des voix nationalistes se multiplient au sein des médias allemands pour réclamer l’expulsion de la Grèce ainsi que d’autres pays de la zone euro lourdement endettés ou la création d’un bloc monétaire pour les pays du Nord de l’Europe et sous domination allemande.

La plupart des grandes entreprises allemandes rechignent à prendre de telles mesures. Les représentants des entreprises exportatrices craignent un effondrement de l’euro.

C’est pour cela, que la chancelière Angela Merkel et le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, ont indiqué la possibilité de nouvelles concessions après que le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, se soit envolé pour l’Europe pour parler avec Schäuble et le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi. Ceci pourrait toutefois faire éclater la coalition gouvernementale de Merkel au sein de laquelle les adversaires à une politique inflationniste se trouvent de plus en plus ouvertement en conflit avec les défenseurs de celle-ci.

Le MES fait l’objet de bien des querelles. Bien qu’il doive entrer en vigueur ce mois-ci, l’Allemagne ne l’a pas encore ratifié. Il se trouve bloqué par la Cour constitutionnelle allemande qui ne décidera que le 12 septembre s’il est compatible ou non avec la constitution allemande.

Le degré des tensions entre les gouvernements européens a été révélé ce week-end lors de plusieurs entretiens faits par des politiciens influents qui se sont insultés les uns les autres, en renonçant à toute retenue diplomatique.

Lundi, dans le journal Süddeutsche Zeitung, le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a accusé l’Allemagne de traiter « la zone euro comme une succursale ». L’intégration européenne est « un échafaudage très fragile », a-t-il prévenu. Il a ensuite ajouté : « Des ressentiments qu’on pensait oubliés nagent très près de la surface. Plus de 60 ans après la Seconde Guerre mondiale, ils ne se trouvent pas à des kilomètres de là, mais seulement à quelques centimètres sous la surface. »

Les politiciens allemands n’ont pas tardé à répondre. Le secrétaire général de l’Union chrétienne-sociale (CSU), Alexander Dobrindt, a qualifié les remarques de Juncker d’« impertinence inégalable » en suggérant que Juncker envisage de démissionner.

Les conflits entre les gouvernements européens vont de pair avec de nouvelles attaques contre la classe ouvrière. Sur cette question, la classe dirigeante européenne est unanime.

En juin, le taux de chômage a atteint un niveau record de 11,2 % dans la zone euro. 17,8 millions de travailleurs sont sans emploi et les niveaux des conditions de vie sont en train de s’effondrer. En Espagne, le chiffre d’affaires du commerce de détail a chuté de 5,2 % en un an, en Grèce, il dégringolé de près de 8,8 %. Même en Allemagne, les ventes au détail ont baissé de façon continue au cours de ces trois derniers mois. Six pays de la zone euro sont officiellement entrés en récession.

L’UE sert de forum à la classe dirigeante pour régler ses divergences aux dépens de la classe ouvrière. C’est un instrument pour assujettir l’Europe aux dictats des marchés financiers. L’UE ne peut pas être réformée, elle doit être abolie et remplacée par les Etats socialistes unis d’Europe.

La classe ouvrière ne peut défendre ses droits et les acquis sociaux que si elle s’organise indépendamment de toutes les ailes de la classe dirigeante. Les travailleurs doivent s’unir à travers toute l’Europe et lutter pour un programme socialiste pour mettre en place des gouvernements ouvriers pour exproprier les banques et les grandes entreprises et pour organiser l’économie conformément aux besoins sociaux et non selon les exigences de l’aristocratie financière.

Source: Sott.net

17 commentaires

  • KD.2-mésou-6

    HSujet: mais important que vous en preniez note

    L’activiste anglo-syrien Danny a été démasqué avec laChaine CNN DE tromper leurs auditeurs, toujours plus de propagande…

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=w1iFHqa_BdI

  • elzaza

    je suis d’accord avec la conclusion. Question; comment motiver les peuples à se soulever et par quel moyen procéder?
    La plupart des gens de mon entourage subissent les choses sans même avoir envie de réagir et prônent le fatalisme. C’est décourageant et enrageant.

  • ratgana

    Ordolibéralisme contre économie de marché « libre » ?
    Si la classe ouvrière veut changer le système, il faut qu’elle le comprenne ! C’est loin d’être gagné.

  • Pikpuss

    La classe ouvrière n’existe pratiquement plus, la classe paysanne se meurt, la société est fragmentée en communautés,
    qui va donc se révolter ? Ceux qui oseront, seront d’abord ridiculisés et massacrés dans tous les sens du terme…

    • Lilith Lilith

      seul ceux qui n’on plus rien a perdre pourrons se révolté mais je ne me fait pas d’illusion il faudra encore beaucoup de temps avant que cela n’arrive…………..

      la majorité des gens vivent encore très confortablement il ni a qua voir les aeroports, les gares et les routes durant les la période des vacances

  • Lilith Lilith

    hors sujet mais en rapport avec l’europe et qui pourrait être une cause de révolte sur le long terme

    reportage ARTE rediffusion le 22/0/ à 11:55
    http://rutube.ru/video/8068d75dc0b8d788697a8ef464d6bca3/

    Une passionnante enquête sur les détournements des fonds d’aide européens. Ou comment, d’une affaire de beurre frelaté normand, on remonte jusqu’à la mafia italienne !

    Les aides financières attribuées par Bruxelles ont parfois des utilisations détournées qui mettent en jeu des millions d’euros. L’enquête commence sur une petite île danoise où un agriculteur a construit des pistes de ski sur ses terres grâce aux subventions européennes. Elle se poursuit en Normandie où le responsable d’une laiterie a été mis en examen pour une fraude de plusieurs millions d’euros. De cette escroquerie portant sur un commerce de beurre frelaté on remonte jusqu’à la mafia italienne qui fabriquait la matière grasse chimique. En Calabre, on découvre un chantier d’autoroute financé par l’argent européen, dont l’achèvement est repoussé d’année en année depuis quinze ans… Mais que peut faire l’Europe pour lutter contre ces fraudes et ces abus ? À Bruxelles, les réalisateurs constatent que d’anciens commissaires européens se reconvertissent dans le conseil d’entreprises privées, ce qui soulève la question des conflits d’intérêt. Un documentaire sans concession sur les vices de forme de certains règlements et sur l’absence de contrôle efficace.

  • PACO

    Belle analyse pour une triste situation.
    Peut-être qu’il faudra attendre que le peuple de France approche de la situation grecque pour réagir. Dommage, plus le trou est profond plus il est difficile de s’en extirper.
    Pourquoi refuser et/ou retarder l’inéluctable ?

  • Pikpuss

    Les Grecs n’auraient qu’une chose à faire : assigner à résidence surveillée tous les députés dans le Parlement jusqu’à ce qu’ils crachent le morceau et tout cela en direct
    à la télé 24 heures sur 24… Le font-ils ? Et bien non : on leur a concocté un parti extrêmiste pour canaliser la colère des plus virulents…et pendant ce temps, le pillage du pays continue et s’intensifie…

  • silex

    Ce que je vois moi c’est que c’est surtout la classe moyenne qui est écrasée surpompée et au chômage. Ils vont pas encore nous faire le coup du Léninisme et du Stalinisme !

  • Lilith Lilith

    article intéressant que j’ai déniché sur ce site l’article date du 23/06/2012 et parle du renforcement des rivalité géopolitique en Méditerranée suite a la crise Grecque.

    http://www.wsws.org/fr/articles/2012/jui2012/cris-j29.shtml

    (Article original anglais paru le 23 juin 2012)

    La catastrophe économique et sociale qui se développe en Grèce ramène au premier plan des conflits géopolitiques anciens.

    Les désaccords régionaux entre la Grèce et la Turquie et la compétition montante entre les grandes puissances en Méditerranée orientale pourraient évoluer vers une confrontation dans le contexte d’une incertitude économique qui s’aggrave.

    Ces inquiétudes se sont intensifiées ces dernières semaines avec les discussions qui envisageaient ouvertement la perspective d’une sortie grecque de l’euro. Outre les troubles économiques que cela pourrait créer en Europe, l’alignement politique futur de la Grèce fait également question.

    Comme l’a écrit Robert Kaplan, le directeur des analyses économiques de la compagnie privée de renseignements américaine Stratfor, à la veille des élections grecques le 12 juin, « les intérêts des occidentaux exigent maintenant que même si la Grèce quitte la zone euro – et c’est un grand « si » – elle devrait rester tout de même ancrée dans l’Union européenne et l’OTAN. Que la Grèce abandonne l’euro ou pas, elle sera confrontée à des années d’une sévère austérité économique. Ce qui implique, étant donné sa situation géographique, que l’orientation politique de la Grèce ne devra jamais être tenue pour acquise. »

    Les craintes d’un réalignement d’Athènes qui s’éloignerait de son orientation traditionnelle vers les puissances occidentales européennes et les États-Unis sont alimentées par la présence de plus en plus importante de la Russie et de la Chine dans la région.

    L’implication de la Chine dans l’économie grecque a augmenté de manière significative depuis le début de la crise économique. En 2010, Pékin a investi d’importantes sommes dans la réhabilitation du port de commerce du Pirée près d’Athènes.

    Lors d’une réunion récente pour commémorer le 40e anniversaire de l’établissement des relations entre Athènes et Pékin, le Président grec, Karolos Papoulias, a noté que le commerce annuel entre la Grèce et la Chine avait atteint 3 milliards de dollars. Faisant référence à un Partenariat stratégique de grande envergure, signé par les deux pays en 2006 et qui organise la coopération dans un certain nombre de secteurs économiques clefs, Papoulias a commenté, « je pense que les années précédentes pointent vers une diversification de nos relations dans les années à venir. »

    La Russie a renforcé en même temps son rôle dans la région en passant des accords avec Chypre. En 2011, un prêt de 2,5 milliards d’euros (3,1 milliards de dollar américains) à Nicosie a évité à Chypre de demander un renflouement à l’UE, ce pays étant toujours exposé à la crise grecque, des rapports récents supposent que Chypre pourrait être en négociations avec Moscou au sujet d’un nouveau prêt de 5 milliards de dollars – soit un quart du PIB du pays.

    La compagnie pétro-gazière russe Gazprom a une présence importante dans le secteur grec de l’énergie, et Athènes est actuellement en difficulté pour honorer des dettes très élevées envers la compagnie.

    Kaplan a attiré l’attention sur ce qu’il voit comme l’occasion d’augmenter l’engagement de la Russie, notant, « Il a été évoqué dans les médias qu’avec le manque de liquidités de la Grèce et le surplus dont jouit la Russie, si les Russes étaient éjectés des ports syriens à la suite d’un changement de régime là-bas, Moscou pourrait trouver le moyen à terme d’utiliser les installations portuaires grecques. »

    Ces tensions économiques sont exacerbées par l’emplacement stratégique de la Grèce en Méditerranée orientale et à proximité du Moyen-Orient.

    Comme l’indiquait dans une récente analyse Vassilis Fouskas, professeur de relations internationales à l’Université Richmond de Londres, « la Grèce, par exemple, en vertu de sa position dans la Mer Égée, a le pouvoir de bloquer la Mer Égée (commerce, lignes de communication, voies maritimes, transports aériens, etc), ce qui causerait un chaos dans le trafic commercial passant par les détroits turcs, interrompant les projets de gazoducs et oléoducs, et sapant la sécurité de l’OTAN et de l’UE dans la région […] Qu’on ne s’y trompe pas : si la Grèce s’énerve, c’est-à-dire si la société grecque et la politique intérieure sont poussées par des puissances extérieures, c’est-à-dire la « Troïka », à des actes de désespoir, alors cette hypothèse n’est pas si improbable. »

    Il y a de nombreux points chauds qui pourraient déstabiliser la région. Les problèmes économiques de Chypre pourraient entraîner un regain des tensions entre la Grèce et la Turquie à propos de cette île coupée en deux, ce qui y attirerait les grandes puissances. La décision de la Turquie de changer le nom de la moitié Nord de l’île de République turque de Chypre Nord en République turque de Chypre a été interprétée comme une affirmation de ses intentions d’unir toute l’île sous son contrôle.

    Les litiges territoriaux anciens entre la Grèce et la Turquie ont repris de l’intensité avec la découverte de grandes quantités de pétrole et de gaz en Méditerranée orientale. À la fin 2010, le gouvernement d’Athènes a commencé à investir dans la prospection pétrolière, et les dernières estimations indiquent que plus de 4 milliards de barils de pétrole se trouvent au Nord de la Mer Égée, et au moins 22 milliards de barils en Mer ionienne au large de la côte occidentale de la Grèce. Des découvertes supplémentaires sont prévues au Sud de la Mer Égée, qui n’a pas encore été explorée.

    La manne qu’apporterait l’exploitation complète de ces ressources n’est pas passée inaperçue pour les grandes puissances. Une partie des clauses du renflouement de l’Etat Grec par l’UE et le Fonds monétaire international disposent qu’Athènes doit privatiser ce qu’il lui reste de son domaine public, dont les ports et les compagnies pétrolières. Cela ouvrirait cette industrie hautement profitable aux investissements étrangers, et surtout aux firmes américaines.

    C’était là l’objet d’une visite à Athènes de la ministre des affaires étrangères américaine Hillary Clinton en juillet dernier, durant laquelle elle a discuté de la future exploitation énergétique avec des représentants du gouvernement. Après ces négociations, le gouvernement grec a révélé la création d’une agence gouvernementale pour gérer les permis d’exploration et les droits de forage des groupes internationaux.

    D’après l’analyste William Engdahl, les politiciens grecs ont été sous pression de la part de Clinton et ses conseillers pour qu’ils abandonnent tous les plans de collaboration avec le russe Gazprom pour la construction du gazoduc « Sud » qui doit passer par la Méditerranée orientale et alimenter le marché européen. En 2007, Athènes avait signé un accord avec la Bulgarie et la Russie pour le construire, ce qui aurait contourné la Turquie. Il est actuellement prévu d’en commencer la construction en décembre 2012.

    Washington avance depuis longtemps sa propre proposition, celle de transporter le gaz depuis Bakou, à travers la Géorgie et le port turc de Ceyhan, pour que ces ressources échappent au contrôle russe. Lors de la réunion de juillet dernier, Clinton aurait insisté auprès des politiciens grecs pour qu’ils parviennent à un accord avec la Turquie sur la question de l’exploitation conjointe des réserves de gaz et de pétrole de la région.

    Cette proposition se heurte au problème des relations tendues entre la Grèce et la Turquie. Le contrôle de la mer Égée est depuis longtemps une pierre d’achoppement entre Athènes et Ankara. Les propositions grecques d’établir une Zone économique exclusive (ZEE), qu’Athènes prétend avoir le droit de créer suivant les termes du traité des Nations unies, se sont vu opposer une fin de non-recevoir de la part de la Turquie.Les représentants d’Ankara ont déclaré que toute tentative d’Athènes d’étendre son autorité en Mer Égée par une ZEE serait considérée comme un acte de guerre.

    En avril, l’on a appris que la Turquie avait décidé le 16 mars de décerner des permis d’exploration pour du pétrole et du gaz au Sud des îles de Rhodes et de Kastelorizo, que la Grèce considère comme des eaux territoriales.

    Il y a des sentiments de plus en plus forts dans l’ensemble du monde politique grec en faveur d’une action unilatérale au mépris des menaces turques. Durant la campagne électorale, le dirigeant de SYRIZA (la coalition de la gauche radicale) Alexis Tsipras a indiqué son soutien entier à la création d’une ZEE en Mer Égée. Il a déclaré lors d’une réunion avec les ambassadeurs des pays du G20 que la Grèce a « un droit inaliénable » à l’établissement d’une ZEE en Mer Égée, pour commencer « l’exploitation de la richesse sous-marine de la zone. »

    Evangelos Kouloumbis, ex-ministre de l’industrie, a explicitement désigné la Turquie comme l’obstacle majeur lorsqu’il a commenté au début de l’année que la Grèce pourrait répondre à « 50 pour cent de ses besoins avec le pétrole qui se trouve dans les champs au large en Mer Égée, et le seul obstacle à cela c’est l’opposition turque à une éventuelle exploitation grecque. »

    En plus des vastes bénéfices économiques qu’une telle entreprise pourrait rapporter, le renforcement des tensions nationalistes avec la Turquie sert un objectif politique vital pour la classe dirigeante grecque. Dans des conditions d’effondrement social, blâmer la Turquie et se parer du drapeau national leur permet de faire diversion à peu de frais des mesures d’austérité dévastatrices appliquées contre la classe ouvrière.

  • LG

    très juste mais ceci : « Les travailleurs doivent s’unir à travers toute l’Europe et lutter pour un programme socialiste pour mettre en place des gouvernements ouvriers pour exproprier les banques et les grandes… » fout tout en l’air, ça se barre en quenouille ! et pourquoi pas une nouvelle Unio soviétique ? Si les nations ne reprennent pas la main, nous sommes cuits !