Pétrole : le chinois Cnooc annonce un investissement sans précédent au Canada

Là, il va être relativement intéressant de suivre les répercutions d’un tel investissement! Les USA ne sont pas vraiment de bons joueurs quand il s’agit du pétrole, surtout qu’il s’agit ici de la Chine avec qui ils ne sont pas en trop bons termes en ce moment….

Un logo de la compagnie pétrolière Cnooc

Le grand groupe pétrolier chinois Cnooc a annoncé lundi un accord avec le canadien Nexen prévoyant l’acquisition de ce dernier pour 15,1 milliards de dollars américains, potentiellement le plus important investissement chinois jamais effectué au Canada.

Ce montant, qui représente un prix de 27,50 dollars par action Nexen, offre une prime de 61% par rapport au cours de clôture du titre vendredi, ont souligné les deux sociétés dans un communiqué commun, et de 66% par rapport à la moyenne des derniers 20 jours ouvrables.

Un argument de poids pour convaincre les actionnaires qui doivent se prononcer d’ici le 21 septembre.

D’autant que l’acquéreur accepte en outre la dette de Nexen atteignant 4,3 milliards de dollars.

Le titre de Nexen est monté en flèche lundi matin à Toronto, gagnant 53,5% moins d’une heure après l’ouverture par rapport à la clôture de vendredi, pour s’établir à 26,54 dollars.

Le communiqué présente la transaction comme quasiment acquise, mais celle-ci doit être encore approuvée par le gouvernement fédéral d’Ottawa qui décidera si elle apporte un « bénéfice net » à l’économie canadienne.

Les refus en la matière sont rares de la part du gouvernement conservateur canadien, mais comme il s’agit d’une importante compagnie énergétique – la 12e du pays – devant passer aux mains d’un groupe public chinois, les analystes ont immédiatement rappelé le précédent du rejet de l’offre d’achat hostile, en novembre 2010, de l’anglo-australien BHP Billiton sur le numéro un mondial des engrais, le canadien Potash Corp.

En même temps, ils supposent que le géant chinois a dû chercher des assurances officieuses auprès d’Ottawa avant de se lancer dans l’opération.

Le groupe chinois a pris soin de préparer le terrain. Il a investi depuis 2005 quelque 2,8 milliards de dollars au Canada, et notamment dans une société partenaire de Nexen dans les sables bitumineux, MEG Energy.

Lundi, il a souligné son intention de garder les dirigeants canadiens de Nexen, d’établir son siège pour l’Amérique du Nord et l’Amérique centrale à Calgary, en Alberta, dans l’ouest du Canada, et d’introduire son titre à la bourse de Toronto.

Cette acquisition « renforce les positions de Cnooc au Canada, au Nigeria et dans le Golfe du Mexique, lui donnera une présence significative dans la mer du Nord britannique et diversifie sa base de croissance », a estimé le groupe chinois, qui financera l’opération au comptant à la fois par sa trésorerie et par endettement externe.

Le Conseil d’administration de Nexen s’est prononcé en faveur de l’opération, et recommande à ses actionnaires d’en faire de même.

La société canadienne a connu ces temps derniers quelques difficultés, ont relevé plusieurs experts: ses opérations en mer du Nord souffrent de nouvelles taxes britanniques, sa production off shore au Nigeria et à Long Lake, au Canada, a été freinée par des difficultés techniques sur le terrain. Et à l’automne dernier, Nexen a perdu un important contrat au Yémen, ce qui a entraîné le départ abrupt de son chef de la direction, Marvin Romanow, en janvier.

Les deux sociétés comptent finaliser la transaction au cours du quatrième trimestre.

La production de Nexen s’établissait en moyenne à 207.000 barils équivalent pétrole par jour (après royalties) au deuxième trimestre 2012. A fin 2011, ses réserves prouvées atteignaient 900 millions de barils équivalent pétrole et ses réserves probables, 1,12 milliards. S’y ajoutent des réserves estimées de 5,6 milliards de barils, surtout dans les sables bitumineux au Canada.

L’éventuelle acquisition de Nexen par une société chinoise risque de susciter des réactions politiques aux Etats-Unis, où les républicains reprochent au président Barack Obama de pousser le Canada dans les bras de Pékin en refusant d’approuver le tracé de l’oléoduc Keystone XL, ce qui a conduit Ottawa à favoriser les exportations de son pétrole vers la Chine.

Ainsi, Washington pourrait être conduit à suggérer à Ottawa de ne pas autoriser la transaction, estime ainsi le quotidien de référence The Globe and Mail, tout en restant sceptique sur l’impact d’une telle démarche.

Source: boursorama.com

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