Libor : les USA lanceraient des poursuites pénales

Cet énorme scandale dont « on ne parle pas » commence à faire de sacrées vagues! Angleterre, Etats-Unis, Allemagne, France…. Non, la France étant le pays du déni, il ne se passe rien, et surtout pas de scandale du Libor! L’Amérique ne serait rien quand à elle sans l’argent, et cela risque donc de se régler « à l’amiable », en payant, bref, avec la corruption classique pour étouffer l’affaire… Normal!

La banque britannique Barclays a déjà obtenu en Europe le statut de témoin repenti.
La banque britannique Barclays a déjà obtenu en Europe le statut de témoin repenti. Crédits photo : CARL COURT/AFP

La justice américaine constitueraient un dossier d’accusation contre des banques et leurs employés, selon le New York Times. Plusieurs établissements devraient tenter de trouver un accord pour éviter des condamnations.

Après la Grande-Bretagne à la fin du mois de juin, c’est aux États-Unis d’ouvrir une enquête pénale sur l’affaire de la manipulation entre 2005 et 2009 du Libor, l’un des principaux taux de référence pour la finance à l’échelle mondiale. Selon le New York Times, la justice fédérale américaine prépare des poursuites pénales à l’encontre des grandes banques et des individus au cœur du scandale. Des dossiers d’accusation seraient en cours de constitution contre plusieurs établissements financiers et leurs employés, notamment des traders de Barclays, principal établissement incriminé. Les autorités envisageraient de lancer des poursuites criminelles contre une banque au moins d’ici à la fin de l’année, souligne le journal.

L’enquête britannique a déjà poussé trois dirigeants de Barclays à la démission. D’après le New York Times, toutes ces actions «pourraient coûter au secteur bancaire des dizaines de milliards de dollars». Un rapport publié par Morgan Stanley chiffre en outre les conséquences du scandale en termes de coûts et d’image à 20 milliards de dollars. Une dizaine d’établissements financiers, dont la banque française Société générale, devraient ainsi débourser environ 850 millions de dollars (690 millions d’euros) d’amende chacun.

Témoins repentis

L’enquête du département de la Justice s’ajoute à une autre menée par les autorités de régulation financière américaines et un certain nombre de plaintes en recours collectif auxquelles travaillent plusieurs cabinet d’avocats pour regrouper des investisseurs. La perspective de ces poursuites devrait pousser un certain nombre d’établissements financiers à parvenir à des accords avec le gouvernement afin d’éviter des poursuites et des condamnations, comme le permet la loi américaine. Le 27 juin dernier, Barclays a ainsi annoncé qu’elle allait payer, après négociation, environ 360 millions d’euros pour mettre fin à des enquêtes des régulateurs britannique et américain.

Ce dimanche, la Deutsche Bank a aussi proposé aux autorités européennes et suisses de coopérer avec les enquêteurs, afin d’éviter une condamnation trop lourde, rapporte l’hebdomadaire Der Spiegel. L’établissement a ainsi demandé à bénéficier d’un statut de «témoin repenti». Ce statut, qui permet d’atténuer les dommages aussi bien financiers que ceux touchant à son image, ne pourra pas totalement exonérer la banque allemande. Car seul le premier établissement à proposer sa coopération jouit d’une immunité totale. Or la suisse UBS et la britannique Barclays ont déjà obtenu ce statut. Deutsche Bank pourra donc au mieux espérer un allégement de sa condamnation, précise l’hebdomadaire.

De son côté Barclays s’emploie à relativiser sa position de principale protagoniste. Outre Manche, l’affaire prend en effet une tournure politique tandis que le Trésor britannique recherche des preuves de complicité du côté de la Banque d’Angleterre (BoE). «À mesure que d’autres banques trouveront des accords à l’amiable avec les autorités, et que les détails en seront rendus publics (…), notre situation sera finalement mise en perspective», déclare le comité exécutif de Barclays dans une note aux salariés datée de vendredi. Si la direction de l’établissement admet que ses clients, actionnaires et régulateurs «ont tous le droit de se sentir déçus», elle estime que les amendes bientôt infligées aux autres banques atténueront sa propre implication. Enfin, la note interne écarte l’hypothèse d’une vente ou d’une scission de sa banque d’investissement et tout autre brusque changement de stratégie. «Notre stratégie et notre modèle d’entreprise étaient bons pour Barclays avant les événements récents, et ils demeurent bons pour Barclays à présent», affirme le document.

(Avec AFP)

Source: Lefigaro.fr

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